Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Quand en une soirée le « nouveau monde » saute aux yeux … : les révolutions silencieuses !

    Periscope-Twitter

    La vie est surprenante. On s'habitue à des modifications. Et d'un coup, sous l'effet d'ailleurs d'événements inattendus, on s'aperçoit que tant a changé. Ce fut le cas pour moi hier soir. D'abord sur Arte une émission remarquable sur le journalisme à l'heure de Donald Trump. Je n'avais encore jamais perçu à ce point grâce à un documentaire remarquable sur Arte combien désormais la densité de la course à la vitesse pour être le premier à informer pouvait être soutenue. Et d'ailleurs l'un des responsables des rédactions reconnaissait cette évolution. Et seconde "révélation", la soirée sur … Periscope. Et là, d'un coup, tout accessible en live : depuis la diversité des chaînes de TV jusqu'aux réactions des candidats. Des pages significatives sont réellement tournées. C'est impressionnant à ce point dans tant de domaines et avec tant de révolutions silencieuses qui ont manifestement enterré un ancien monde. 

  • Le 4 novembre 2008 ou la bonne illustration du mot passion

    Barack Obama sous la pluie

    La passion c'est quoi ? C'est quand une activité ou une personne cache toutes les autres activités ou toutes les autres personnes. C'est simple. Mais c'est si vrai. Le 4 novembre 2008, Barack Obama gagnait la présidentielle américaine. Et le regard des Français sur les Etats-Unis changeait. Pour les Français traditionnellement plutôt américanophobes, l'image du Président cachait alors celle de tous les Américains. Obama c'était David vainqueur de Goliath (Hillary Clinton), une détermination à toutes épreuves, un parcours éreintant … Obama c'était l'image aimée par les Français : cool, capable d'auto-dérision, une Amérique humble soucieuse de respecter les autres pays, une famille unie, des discours forts porteurs d'émotions … bref, un Président comme les Français en rêveraient probablement pour leur pays. 10 ans qui paraissent désormais aujourd'hui si loin. Trump a succédé à Obama. L'ère post-vérité d'un bloc a remplacé les nuances d'hier. Le "America First" a remplacé l'Amérique parmi les autres … Et la liste pourrait continuer longtemps. Le problème des passions c'est justement quand un seul volet cache trop tous les autres car ces derniers ne tardent jamais à se réveiller et la passion est alors sévèrement mise à l'épreuve … 

  • C’est le regard qui imprime le vrai mouvement de la pensée

    Chiens 02 11 18

    Les fossés se creusent actuellement entre les différences de l'opinion française. Ils se creusent à un point tel que, sur des sujets majeurs, le "vivre ensemble", formule qui fut très mode, semble en péril ou pour le moins très compromis. Comment "vivre ensemble" avec des personnes qui ne s'entendent plus, voire même se détestent manifestement ? L'un des fossés réside en France dans le rapport aux animaux. Il y a d'un côté les personnes qui ont la capacité, l'intelligence de savoir lire dans le regard des animaux, d'y voir leur sensibilité forte et les autres, plus primaires, qui se refusent à un tel exercice ou qui n'en sont pas capables. Car il faut sortir du tout se vaut et il importe d'avoir la lucidité de constater que l'humanité génère un contingent assez préoccupant d'abrutis qui sont à des distances considérables de l'intelligence animale. Le regard c'est ce qui imprime le vrai mouvement de la pensée. Il peut y avoir un divorce entre les mots et le regard. Mais le regard ne ment pas. C'est ce qu'il y a de plus inquiétant dans bon nombre des actuels gouvernants : ils ont le regard faux. Le regard imprime une pensée qui n'est pas celle des paroles. Macron a actuellement le regard manifestement fatigué, épuisé mais il se déclare en … pleine forme. Même quand il rit ou fait semblant de rire, Mélenchon a le regard dur, sévère, violent. Le Pen a le regard vide, sans luminosité particulière … et la liste pourrait durer longtemps. Regardons le regard ci-dessus de ce chien. Tout y est : de la fatigue au début de cataracte sur un oeil plus voilé que l'autre. L'aspiration au repos. Son regard porte les ans comme les poils blancs de sa moustache. A la prochaine présidentielle, si je vote, je sais que je voterai que pour celui ou celle qui me montre qu'il (ou elle) est d'abord capable de lire le regard d'un animal en refusant enfin que notre pays ne cède à des violences intolérables à destination des animaux : depuis ml'interdiction de l'abattage halal jusqu'aux amendes élevées pour maltraitance d'animaux. C'est le point de passage obligé et il risque de s'avérer très sélectif.

  • – 60 % ou le rapport qui devrait faire la Une pendant des jours …

    Patagonia 30 10 18
    La Terre a vu ses populations de vertébrés sauvages ( Mammifères, oiseaux, poissons… ) décliner de 60 % entre 1970 et 2014, annonce le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans son bilan annuel. Le déclin de la faune concerne tout le globe, avec des régions particulièrement affectées, comme les Tropiques, selon le 12 ème rapport « Planète vivante », publié avec la Société zoologique de Londres et basé sur le suivi de 16 700 populations (4000 espèces). Le 10 ème rapport faisait état de – 52 % entre 1970 et 2010. Rien ne semble freiner l’effondrement des effectifs à – 60 % désormais. La zone Caraïbe/Amérique du Sud affiche un bilan « effrayant » : – 89 % en 44 ans.  Amérique du Nord + Groënland s’en sortent un peu mieux, avec une faune à – 23 %. La vaste zone Europe, Afrique du nord et Moyen-Orient est à – 31 %. Et les chiffres au rouge vif sont listés dans ce rapport.
    Regardons autour de nous : qu'est ce qui est fait pour sauver les paysages nécessaires à la bio-diversité ? Des arbres centenaires sont abattus dans l'irrespect le plus absolu. Des champs sont voués au béton et au bitume dans l'indifférence quasi-générale comme actuellement dans l'agglomération grenobloise avec le PLUi. Des zones humides indispensables sont mal-traitées comme si les conséquences étaient nulles. Tous ces éléments du patrimoine naturel sont nécessaires pour que des animaux vivent. Pour illustrer cet article, j'ai choisi une photo qui me parait le résumé de la situation. L'être humain est petit au milieu d'un cadre naturel gigantesque d'une beauté exceptionnelle. Et le "petit intrus" fout tout en l'air : sur-consommation, pollutions …  Une situation irréelle. 
  • Le + beau des cadeaux : l’ordinaire agréable

    Boston 29 10 18

    Hier, les Boston Red Sox ont réalisé un exploit dans l'histoire du baseball. Comme tant d'autres équipes de Boston le font dans d'autres domaines dont Tom Brady en football américain. Tant d'autres pourraient être cités. Quand une ville est olympique dans l'ordinaire, elle n'a pas à candidater pour organiser des Jeux Olympiques. En juillet 2015, Boston à ce titre a retiré sa candidature pour les JO 2024. Et l'argument officiel d'alors fut simple : "nous n'avons pas besoin d'une opération exceptionnelle dont le montant financier pour les contribuables est inconnu pour le trou à combler à l'issue". Et d'ajouter à juste titre, "il faut aussi une pause dans les grands travaux après le Big Dig". Des arguments d'un bon sens implacable. Le Gouverneur qui va passer devant les électeurs le 6 novembre a défendu cette "approche humble". Dans un Etat historiquement Démocrate, ce Gouverneur (élu avec l'étiquette des Républicains) dispose actuellement de 40 points d'avance sur son concurrent démocrate là où les autres candidats à des fonctions différentes vont voir des élus Démocrates gagner facilement : Elizabeth warren, Joe Kennedy III. Le bon sens du Gouverneur est récompensé par un électorat libre capable de récompenser les décisions qui lui ont plu. Le jour où la démocratie française retrouvera des couleurs de ce type, elle pourra peut-être recommencer à donner des exemples à autrui. Pas sûr que ce soit dans un calendrier rapproché car le + beau des cadeaux reste l'ordinaire agréable et c'est ce qui fait beaucoup défaut actuellement en France.  

  • Avant le temps soignait. Maintenant il tue !

    OIseaux Rustica 26 10 18

    La crise a toujours fait partie de la nature humaine. Les crises ont été nombreuses, graves, parfois dramatiques. Mais ce qui était réconfortant, c'est que de chaque crise, les êtres humains trouvaient le remède pour éviter la prochaine crise de la même nature. La Société des Nations après 14-18. L'Europe et ce tandem franco-allemand après 39-45. La dissuasion après Hiroshima … Chaque crise donnait le sentiment qu'elle participerait à éviter la prochaine de la même nature. C'était agréable de voir l'humanité être ainsi capable d'apprendre de ses erreurs, de ses fautes. Et les corriger pour l'avenir. Cette étape semble passée. Tout dernièrement, j'ai reçu comme cadeau l'agenda 2019 de Rustica. A chaque semaine la présentation d'un oiseau. Superbe. Dans 20 ans, 15 pages au moins n'auront plus des actuelles images ! C'est irréel. Il devrait y avoir une large mobilisation consensuelle pour défendre la sauvegarde des paysages qui rend possible cette présence animalière. Défendre les prairies. Les haies…. Tout ce qui rend possible cette vie animalière de proximité. Non. C'est souvent l'indifférence. La résignation. Un tournant. Maintenant, le temps tue au lieu de soigner. Les chiffres tombent de tous les côtés. Tous les marqueurs sont au rouge vif. Mais rien n'y fait. Probablement un réel tournant collectif à ce point. 

  • La France, c’est un pays où la joie peut contrarier …

    Fleurs 27 10 18

    L'ambiance actuelle en France est terrible. Regardons les faits : l'actualité est sombre de tous les côtés : taxes, chômage, violences, colères généralisées … Regarder un feuilleton TV français : tout n'est qu'épisodes de meurtres, de séparations, de coucheries malheureuses … Un film français : le scénario est tout trouvé : une femme seule qui, de préférence a connu de graves violences, sombre dans le chômage au moment où son fils adolescent épouse la délinquance qu'elle n'avait pas vu venir. Une soirée de chansons en France : le rap qui cogne ou la reprise d'un vieux texte parce que les jeunes auteurs ont la fainéantise d'écrire ou le talent qui fait défaut. Un débat "d'idées" sur un plateau TV : une succession d'engueulades sectaires avec des invités choisis pour être malmenés ou pour agresser. Dans ce contexte, si on arrive encore à croiser quelqu'un de joyeux on le prend soit pour un provocateur soit pour un ignorant de tout ce qui l'attend pour de bon. En France, l'expression de la joie peut contrarier autrui. C'est quand même pesant à la longue que ce climat qui entretient à ce point "le bonheur d'être triste et agressif". Un minimum de joie et de cool attitude ferait beaucoup de bien.

  • Les actions du bien-être …

    Boston Nov 08 01

    Dans une démocratie, personne ne doit humilier un citoyen sans sa permission. C'est la règle de base. Et la permission c'est le non engagement. Le pire c'est la permission inconsciente quand un système a tellement matraqué des repères que l'abandon du citoyen est devenu coutumier. C'est ce qui guette les Français. J'ai eu la chance de vivre 3 temps forts de mobilisations. La victoire de Grenoble en 1983. Une vague enthousiaste irréelle. Les derniers jours de campagne électorale quand aux feux rouges des automobilistes baissaient leurs vitres pour crier "allez-y !". Puis ma première campagne cantonale quand je constatais le nombre d'affiches posées de façon volontaire dans des propriétés privées.

    DB marché 89

    Et il y 10 ans, jour pour jour, la campagne Obama à Boston. Choisir des photos de cette époque est difficile tant elles sont nombreuses. Les auto-collants sur les voitures. Les salles pleines de volontaires pour les appels téléphoniques. Les volontaires aux coins des rues pour distribuer des tracts. Mais une photo que j'ai faite a ma préférence : les magasins fermés le jour du vote pour passer un message simple : "fermé. Parti voter et vous, faites de même". Au pays de l'argent et du commerce, l'acte civique un mardi avait la préférence sur le chiffre d'affaires. Un symbole très fort. Et ces affiches étaient nombreuses sur les vitrines des commerces. Des rues entières avec les commerces fermés.  Tant qu'un peuple est capable de telles actions, il montre sa confiance dans la citoyenneté. A moins de 500 jours des municipales, il me semble que l'action locale va réserver une mobilisation hors du commun. Actuellement les citoyens ne s'ennuient pas en manifestant peu. Ils patientent. C'est davantage qu'une nuance. Mais l'énergie intérieure à déverser est très vive lors des entretiens. S'engager, c'est une action de bien-être dans une démocratie. Car c'est se mobiliser pour garder la propriété de son sort dans la vie publique. 

  • Le marqueur du « parlons balcon, parlons nichons » …

    Bijoux

    De longue date, il y avait une compétition entre le contenu et l'audience. La question de fond : la qualité d'un contenu est-elle liée à l'audience ? La France de Vichy de Paxton, la Trahison des Clercs de Benda, les ouvrages d'Hervé le Bras … : tous ces titres remarquables sont-ils nuls faute d'audiences ? Pendant des décennies, le partage de la qualité et de la quantité était accepté. Aujourd'hui, il n'y aurait plus d'espace pour la qualité sans audience. Bien pire, un produit est de qualité parce qu'il fait de l'audience. C'est une évolution terrible. Surtout quand on connait les "ficelles de l'audience" en France : les 3 C : du cul, de la colère et des conneries qui peuvent faire polémiques. Plus la polémique peut être grosse, plus l'audience est assurée. Historiquement, l'Italie était le pays de l'art tandis que la France était le pays de la pensée : le siècle des Lumières, les grands auteurs … Le pays de la pensée fonctionne désormais au rythme de la "poésie des brèves de comptoirs" : la fâcherie éphémère, le coup de gueule, le mot déplacé, le jupon qui se lève …. Décadence totale. Et le pire c'est que s'insurger contre ce naufrage c'est être rétrograde. Désormais en France, la gestionnaire de la communication présidentielle serait une gestionnaire de paparazzi : le billet de Philippe Labro sur les "mimimarchanderies" est assassin. Le récent marqueur de cette évolution, c'est le billet de Charline Vanhoenacker sur France Inter. Elle est sympa. Elle a de l'humour. Mais ses billets souvent faits de nuances plafonnent à 10 000 vues sur YouTube. Que fait-elle pour booster ses audiences ? Elle enlève le haut. Résultat : 2 047 000 vues à ce jour. Un marqueur simple avec résultats assurés. Quand l'audience devient le marqueur de la qualité, la qualité en France ne requiert pas une imagination débordante. Une époque terrible de décadence. 

  • Les mots pour soi

    Nicolas Bonnet

    Souvent actuellement les mots en France sont maltraités. Et puis il y a des embellies. Les mots justes sont enfin utilisés. Un mot juste c'est toujours une promesse de bonheur. Le bonheur d'exprimer exactement ce que l'on pense. Celui d'avoir clarifié sa pensée. Car pour exprimer une émotion encore faut-il avoir identifié le sentiment. Le bonheur d'entendre exactement ce que l'autre pense. Les mots resteront donc intouchables dans le temps. Regardons l'actualité depuis 24 heures. Le dernier disque de Johnny. Dans les facteurs du succès hors du commun de cet artiste, certes une voix : qui peut imaginer qu'une personne atteinte d'un cancer du poumon puisse encore avoir une telle voix ? Mais des mots. Des mots forts. Justes. Des mots tellement forts et justes que l'on arrive à se les approprier parce qu'ils expriment des instants d'une vie. Ce goût des mots justes, un artiste l'a : Nicolas Bonnet. Dans ce constat, il peut y avoir de la partialité dans mon appréciation parce que je connais ses parents. C'est une partialité assumée parce qu'il y a un volet qui me plait beaucoup aussi dans cette réussite : le sentiment qu'un enfant peut exprimer une facette de tempérament que les parents avaient pu ou voulu ne pas laisser éclore de leur temps. Pendant des années, j'ai joué au tennis avec son papa. Dans nos discussions, alors même qu'il menait une vie professionnelle trépidante très minutée, il y avait une part de fantaisie et de sensibilité positive qui me surprenait tout le temps. Quand je revenais du tennis, je disais à mon épouse "c'est incroyable, Hervé passe sa journée à négocier des prix et il y a des moments où tu peux le découvrir sensible et plein de fantaisie". Je connais moins sa maman mais il y a une douceur dont on m'a souvent parlé que l'on retrouve dans les mots de son fils. C'est un aspect qui me touche toujours beaucoup que de constater ainsi combien un être humain est une construction complexe mais heureusement avec une part de logique dans la chaîne des âges. Avec un tel talent, nous avons la chance de pouvoir compter sur un artiste qui va ajouter son nom aux talents remarquables qui ont cette sensibilité pour exprimer des mots pour soi. Des mots qui nous touchent. Ceux que l'on s'approprie : les mots pour soi. Ils devenaient rares. Leur lumière n'en sera que plus forte. De très belles années sont devant lui. Et notre plaisir aussi.