Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • La compréhension est la source des indulgences nécessaires

    Les Mallets 1 02 01 19

    L'un des problèmes majeurs de la période actuelle : la compréhension a quitté le champ des réflexes de base. Dans trop de cas, les comportements sont des blocs d'attitudes à prendre ou à laisser. Or il reste un formidable besoin de compréhension. C'est ce que je constate sur le terrain dans les contacts (photo ci-dessus : dialogue sur le terrain aux Mallets le 02/01/19). Chercher à comprendre c'est respecter autrui. Dans le fonctionnement d'un être humain, un moteur existe toujours. Il change selon les tempéraments : argent, besoin de reconnaissance, intérêts directs … c'est ce terrain là qui ouvre l'espace de l'entente. L'absence de moteur, c'est la définition même de la stupidité (à ce sujet livre remarquable chez les PUF sur les lois fondamentales de la stupidité humaine / 7 €). L'individu stupide est le plus dangereux parce qu'il échappe à la rationalité. D'où cette conclusion l'homme sait tout affronter sauf la … stupidité. Dans la vie courante, c'est un constat que chacun a pu faire. Mais les vrais stupides sont rares. Heureusement. De plus en plus rares. Si davantage de temps était consacré à chercher les raisons plutôt que d'immédiatement s'invectiver, les solutions et les résultats gagneraient probablement en rapidité. La compréhension est toujours la source des indulgences nécessaires pour fonctionner en groupe. C'est pour cela qu'il y a matière à s'inquiéter de la voir actuellement si fragilisée. 

    Les Mallets 3 02 01 19

  • Les livres qui restent et ceux qui passent

    Livres Noël 2018

    La période de Noël est toujours agréable pour la lecture. Les livres sont de beaux cadeaux. Si on préfère le calme de la lecture à la fièvre des soirées de fêtes, c'est le calme absolu pour … lire. 5 livres : 2 recommandations très fortes. 1) La vie secrète des animaux : livre remarquable avec un auteur qui a le sens de l'observation. Un délice. 2) Belle réussite aussi le livre d'Yvon Chouinard (confessions d'un entrepreneur). Le témoignage de l'utilité des entreprises citoyennes. Une réalité trop sous-estimée en France. Ce sont 2 livres que je recommande tout particulièrement. Puis il y a les livres qui passent. 3) Le livre de Mike Horn sur l'Antarctique : moyen. Et deux fortes déceptions : le livre de Gonin sur Robert Kennedy : pour qui connait déjà un peu le  cursus de RFK, on apprend rien. Et il y a des approximations assez irréelles. Et le livre "Devenir" de Michelle Obama, très probablement écrit par un auteur rémunéré. Rien de particulier. Banal. Un esprit "Jours de France" sans les photos. La différence entre les livres qui restent et ceux qui passent.

  • Et si le Pape était jeune, séduisant et moderne …

    Jude Law Pope

    Nous vivons la chute des "dinosaures tétanisés". Toutes ces institutions qui refusent de s'adapter au monde moderne. Le premier socle de la crise, c'est de refuser de regarder les problèmes avec lucidité. Prenons l'Eglise catholique. J'ai fait toute ma scolarité dans des institutions catholiques jusqu'à l'université. Quand je l'évoque, je me crois obligé de mentionner que je n'ai jamais au cours de ces années été victime ou témoin de situations de nature à prêter à "confusion". C'est irréel. En pleine guerre (ou + plus pacifiquement en pleine compétition des religions), il faut que le Pape soit vieux, rétrograde, fermé aux arbitrages de nature à susciter des enthousiasmes parmi les jeunes. Compétition perdue. Imaginons un Pape jeune, séduisant, condamnant la pédophilie par des exclusions vives, acceptant le mariage des prêtres … beaucoup changerait dans l'attractivité de l'Eglise catholique. Même situation pour la politique en France. Dans une démocratie, aucun pouvoir ne gagne contre l'opinion. Même "dinosaure tétanisé". Imaginons si Macron avait engagé de vastes économies avant de les demander aux citoyens : suppression du Comité Economique et Social et traçabilité réelle sur les économies ainsi réalisées, Gouvernement de 16 membres, des vrais juristes nommés au Conseil Constitutionnel et non pas le placard doré à copains, les parlementaires reversant à un régime social pour seniors la cagnotte prévue pour leurs retraites qui sont des parachutes dorés … : la situation serait méconnaissable. Finalement dans la nature humaine, la vraie mutation n'intervient-elle que quand elle devient le facteur évident de survie ? Si c'est le cas, cette étape ne devrait plus tarder parce que les "dinosaures tétanisés" paraissent bien en état de coma avancé. 

  • Rien ne doit calmer le doute

    Yvon Chouinard 26 12 18

    Qu'est ce qui est le plus effrayant actuellement en France ? Il n'y a plus d'espace pour le doute. Le doute, c'est le sens des nuances. C'est l'ouverture à des questions au moins collatérales. Maintenant en France, tout n'est que bloc d'affirmations sans le moindre doute. "Untel est nul… La sortie de l'Europe est la solution… Si les citoyens pouvaient tout décider tout directement, tout irait tellement mieux …" : le point d'interrogation a disparu de la grammaire française. Tout n'est que points d'exclamations. Péremptoires. Sans appel. Avec la période de Noël, un livre mérite la lecture (Yvon Chouinard : confessions d'un entrepreneur …"). Une leçon permanente : pour avancer, il faut … douter. C'est le doute qui permet d'apporter des réponses parce qu'une bonne réponse naît d'abord d'une … bonne question. Si la question est mauvaise, la réponse ne pourra être bonne, utile, efficace. Certes, des rendez-vous essentiels ont été ratés en France : l'entreprise citoyenne existe peu, la réelle confiance n'est qu'un mot, le sens du collectif a disparu, la qualité de la sobriété dans la consommation est contestée dans un cycle d'apparats probablement inédit à ce point … Tous ces travers sont démultipliés par la disparition du doute. Le doute mérite désormais un comité de défense car il est trop menacé en France. Il n'y a pas de … doute en la matière. 

  • Le premier Noël d’Ottawa

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    1er Noël pour Ottawa. Adorable. Premiers cadeaux de Noël dont sa laisse et son collier d'adulte à venir. Une réelle émotion de retrouver tous ces réflexes qui font le charme des briards. Aspen (briard noir) nous manque tellement depuis bientôt deux ans.

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  • Ottawa et son premier sapin de Noël …

    Ottawa 23 12 18

    Le premier sapin de Noël d’Ottawa. Curieuse et intriguée par les lumières tout particulièrement. Mais peut-être l’une des dernières fois que Marie peut la porter ainsi ? Elle grandit si vite …

  • #SurLeTerrain : #LesCombes2

    Les Combes 21 12 18

    Le dialogue sur le terrain est toujours très instructif. Aujourd'hui, le plaisir de retrouver, même sous la pluie, un hameau que j'ai toujours beaucoup aimé : les Combes. Il offre une vue magnifique sur la vallée et sur la chaîne de Belledonne. Un hameau au croisement de 3 Communes : le nord de St Paul de Varces, le Sud de Claix et l'Ouest de Varces. Un peu excentré de chaque pôle urbanisé, il en a un calme enviable. A 5 minutes d'une sortie de l'A 480, d'un coup, on a le vrai sentiment de ne plus être dans l'agglomération urbaine mais à la campagne. Une montée redoutée que nous avons pratiquée tant de fois en VTT en famille. Le souvenir d'être à la peine quand Jonathan et Thomas "changeaient alors de braquets". Puis la quiétude de ce plat à l'ombre avec une fraîcheur particulière même en plein été. Un moment très agréable. 

    Les Combes 2 21 12 18

  • Le vrai pied à terre …

    DB 20 01 18 (Copier)

    L'une de mes premières observations de la politique sur le terrain a été aux côtés de Jacques Chirac dans le Sud Isère. Sur la route de Mens, dont le Conseiller Général était alors Pierre de Villard, il s'arrête pour saluer un agriculteur au fond d'un champ humide. Il revient les chaussures crottées de terre comme le bas de son pantalon. Il avait le symbole de son "pied à terre" pour le reste de la journée. Personne ne douterait qu'il avait fait du … terrain. Plus tard, j'ai appris que cette "méthode" était classique pour l'intéressé. Les chaussures en disent en effet long sur le rapport d'un individu avec le terrain. Imaginez-vous recevoir une leçon de terrain par une femme munie d'escarpins d'orsay impeccablement cirés à talons aiguilles de 15 cm. Serait-elle crédible ? C'est comme la génération des hommes à mocassins à glands toujours remarquablement cirés. Quand on a le pied à terre au vrai sens du mot, la terre laisse des traces. C'est que j'ai toujours constaté et encore davantage actuellement sur le terrain avec des jours de pluie. Des traces pas seulement dans le raisonnement. Quand on a le recul de l'âge pour comparer les situations, c'est fou ce que l'arrogance des escarpins à talons aiguilles ou des mocassins à glands a pu gagner comme terrain dans la vie publique française sans connaitre le … terrain. C'est finalement pour une grande partie la bataille du gilet jaune contre les mocassins à glands que vit la France actuellement. Le vêtement a toujours une dimension qui dépasse sa seule utilité primaire. 

  • Climat : à ce rythme, la bataille est manifestement perdue …

    Lake Louise Canada

    Il n'y a rien de pire que la capacité à vouloir se tromper. C'est la pire offense que l'on peut se faire à soi même. Dans la priorité collective actuelle qu'est la lutte contre le dérèglement climatique, à la sortie de la COP24, un constat s'impose : à ce rythme la bataille est perdue. 1) Il y a l'obstacle de la souveraineté des Etats. Impossible de forcer à faire sans le consentement de chacun. Or des profils "résistants" émergent : Etats-Unis, Brésil … C'est une contrainte lourde. 2) Mais l'un des enjeux clefs c'est de financer les actions dans les pays pauvres. Si on prend un pays comme la France : record des impôts, record de l'endettement et services publics intérieurs en péril, comment imaginer une contribution dans l'ambiance actuelle pour des destinations lointaines ? Impossible. L'allergie fiscale est déjà trop forte pour financer des "dépenses de proximité". La communauté scientifique prend actuellement une énorme responsabilité morale en ne permettant pas de visualiser concrètement les conséquences de cette bataille perdue. Ce devrait être aujourd'hui la mobilisation quotidienne. Il n'y a pas matière à des oppositions entre les fins de mois et la fin du monde. Pour que ces oppositions éventuelles cessent, il faut des révisions totales, brutales, radicales pour couper des pans entiers de dépenses publiques afin de ré-affecter les moyens ailleurs. Un plan d'urgence est indispensable. C'est irréel de vouloir une telle passivité en ce domaine. 

  • Bien vieillir, c’est devenir roseau avec les racines d’un chêne

    Tazieff_1

    Hier, deux des filles de M. Jacques Menut ont posté des billets émouvants à l'occasion de la date anniversaire du décès de leur papa. J'ai toujours pour lui une extrême reconnaissance. La vie est faite de rencontres heureuses et d'autres moins agréables. Des premières, il faut en extraire des enseignements durables lorsque les écarts d'âges sont importants. Dans ma formation, ce fut le cas avec Gustave Peiser, Ernest Escolano, Gilbert Anton, Robert Viargues notamment. Dans le professionnel, Pierre de Villard, René Michal, Christian Gauduel m'ont beaucoup appris. Dans la politique, dès qu'il fut question d'écarts d'âges importants ce fut le cas avec Jean Boyer, Haroun Tazieff, Guy Cabanel et Jacques Menut. Ces noms là incarnent tout ce qui a disparu ces dernières années. Et si les disparitions de valeurs continuent à ce rythme, c'est une terre brûlée qui attend dans les 30 prochaines années. Qu'ont-ils appris à ceux qui voulaient apprendre d'eux ? 1) Il ne faut jamais être un professionnel de la politique. Il faut avoir une existence professionnelle personnelle à part entière en dehors de la politique. C'est la condition de la liberté et de la connaissance de la vraie vie. 2) Il ne faut jamais couper la tête du messager porteur des mauvaises nouvelles sinon c'est la coupure garantie avec des opinions différentes et l'espace utile des parts de vérités disparaîtra. 3) Il faut garder des valeurs solides, durables, être éloigné d'un esprit de l'éphémère qui change d'idées comme de saisons. 4) A côté de sa vie familiale, il faut être ouvert à autrui. C'est l'autre forme de l'utilité préservant de l'égoïsme qui ne consisterait qu'à penser qu'à soi et qu'aux siens. Quand j'entends aujourd'hui parfois des élus se plaindre pour les efforts pour poser trois lampions et organiser une mini  choucroute party entre amis, je repense à toutes les animations qui ont … disparu. Celles qui mobilisaient la formidable énergie de M. Menut et de son équipe : grand prix cycliste, maisons fleuries, fête de l'artisanat de proximité, défilés de mode … Et des animations imaginées, préparées, organisées dans un cadre bénévole avec souvent des marges de rentabilité permettant d'organiser la prochaine animation. Tous ces écarts d'âges ont été porteurs d'expériences riches qui m'ont appris notamment une chose : bien vieillir c'est devenir roseau avec les racines d'un chêne. Roseau, parce que les nuances de la vie dont les épreuves fortes ont chassé la rigidité de la radicalité, ont appris la nuance donc la souplesse. Mais garder les racines d'un chêne, profondes, solides, inébranlables car c'est la garantie de la confiance : savoir où l'on est et où l'on va. Aujourd'hui l'un des problèmes de la France c'est que trop de générations veulent donner l'image de chênes en assénant des mots forts souvent criés d'ailleurs mais avec les "racines" du … roseau. Quand c'est le cas, la solidité ne peut pas être durablement au rendez-vous. Très inquiétant. 

    DB Valffort