Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Laisser de la place à … l’espace

    Le Grand Sorbier 2 18 03 19

    Mémoire Commune. 30 ans. 30 progrès. Notre histoire (8/30) : dans l'agglomération grenobloise, le "politiquement correct local" a progressivement imposé ses dogmes. Ainsi, il ne faudrait pas prendre l'automobile pour se déplacer même à partir de points non desservis par les … transports collectifs. Il faudrait considérer des tags parfois objectivement monstrueux comme un "ajout artistique" au patrimoine historique de base. Et dans cette longue liste de pensées totems, il faudrait respecter l'espace en ne l'occupant pas. Le problème est double. 1) L'espace non occupé n'est pas entretenu. 2) La densité de proximité crée des tensions. Occuper l'espace en laissant de la place pour un large espace approprié, c'est la meilleure façon pour respecter l'espace. Ce qui creuse le déclassement objectif actuel de l'agglomération grenobloise c'est 2 phénomènes. 1) Des a priori qu'on ne retrouve nulle part ailleurs à ce point. On n'a pas raison parce qu'on est AVEC les autres. Mais il faut quand même se méfier quand on pense avoir raison CONTRE tous les autres. 2) C'est une vie publique qui n'accepte plus ou très peu la diversité. La diversité territoriale est contestée par le PLUi. La diversité des modes de déplacements est contestée par le PDU et par un cortège de mesures dissuasives dans la ville-centre. Il y a désormais une culture d'uniformité locale qui devient très pesante. Bon nombre d'élus parfois connus de longue date s'y soumettent désormais alors même que leurs analyses de départ pouvaient être très éloignées de telles considérations. Mais le mimétisme et l'acceptation du calme par la soumission de pensées ont gagné beaucoup de terrain. Localement trop. Des opérations d'urbanisme répondant à d'autres données réalisées il y a 40 ans comme le Grand Sorbier sont des réussites durables manifestes. A l'opposé des craintes peuvent naître comme au sujet de la nouvelle salle des fêtes de St Paul de Varces. Sa localisation contribue à la densification. Le coût de cette densification est énorme. Où vont se garer les utilisateurs une fois que les 35 places de parking seront occupées ? Quels bruits pour le proche voisinage lors des départs en milieu de nuits à la fin d'une fête ? Quelle sécurité pour les enfants déposés quand ils doivent être récupérés en bordure de voirie très fréquentée et à la sortie d'un … virage ? Toutes ces questions pratiques seraient réglées de façon tellement plus simple sur un site dédié à l'écart avec de l'espace autour. Laisser de la place à l'espace autour d'une occupation publique ou privée mériterait d'être localement une valeur réhabilitée. 

    SPV 18 04 18

  • La plus belle des libertés : ne pas chercher à plaire

    DB 2 GJ 16 03 19

    Mémoire Commune. 30 ans. 30 progrès. Notre histoire (7/30) : le recul a toujours confirmé une règle simple : le succès du SVM : soyez vous même. Quand des étudiants me demandaient des "recettes de communication", ma réponse a toujours été la même : 1) soyez vous même. 2) Pensez positif et surtout n'ayez pas de concurrent qui retienne votre attention parce qu'à la longue vous allez finir par lui … ressembler. Plus le temps a passé, plus ces règles me sont apparues évidentes. Pourquoi les Gilets Jaunes dans la réalité de leur mouvement sont forts. Parce qu'ils ne cherchent pas à plaire. Ils sont à bout. Ils cherchent des résultats. Pas des images. Après ce week-end marqué par des événements graves indéfendables, ils sont soumis à des manipulations inacceptables dans une démocratie. Si les Gilets Jaunes sont associés aux casseurs dans un total irrespect de la nuance des chiffres, les membres du Gouvernement étaient au Noto. Comme ils faisaient du ski à la Mongie. Si le rapport des chiffres conduit à assimiler le nombre aux comportements de quelques uns, il faut que cette approche soit permanente, générale. La souffrance ne doit jamais être méprisée. J'ai parlé avec des membres des GJ de longue date et encore samedi sur Vif dont leur très dynamique animatrice locale. Ils étaient au carrefour pour prendre la route du Genevrey. J'en connais de longue date plusieurs d'entre eux. Ce sont des gens bien. C'est scandaleux de chercher à nuire à leurs causes en les assimilant à des agissements qu'ils n'ont jamais pratiqués, jamais cautionnés, jamais souhaités. Dans la gestion publique tout particulièrement, il faut respecter autrui, chercher à le comprendre. Parce que personne ne fait quelque chose pour rien. Il y a toujours une cause. Et c'est l'identification de cette cause qui permet de faire évoluer les situations. Le Gouvernement a tort d'avoir oublié cette réalité. Sa responsabilité est immense. Il est prisonnier de trop de personnes qui défendent l'indéfendable au seul motif de plaire aux chefs, dire ce qu'ils pensent qu'ils veulent entendre. Ce réflexe, c'est la chute de toute bonne décision. Car une bonne décision repose sur la plus belle des libertés : dire ce que l'on pense sans chercher à plaire. 

    GJ 3 18 03 19

  • Rien ne peut calmer le doute

    ZAC des Coins 09 02 19

    Mémoire Commune. 30 ans. 30 progrès. Notre histoire (6/30) : la place de l'arbitraire dans la vie publique française est particulière. L'arbitraire est l'ennemi du calme dans le débat public. Pour qu'une décision soit acceptée, il faut non seulement qu'elle soit juste. Il faut aussi qu'elle soit perçue comme juste. C'est une dimension décisive. Je l'ai vu hier dans les discussions à la fête du Gua. Si Jack Lang est un mannequin au point de voir ses costumes offerts pour 200 000 € : qu'il vive de la mode et non pas de l'Institut du Monde Arabe. Si Castaner peut participer à un concours de vodkas, qu'il explique qui décide en son absence … Et la liste d'arbitraires cités pourrait durer longtemps. Dans ce cas, l'arbitraire c'est quoi ? Quelqu'un bénéficie d'un avantage impossible pour d'autres. Lang reçoit des largesses. Castaner échappe au dépistage de l'alcool. C'est une dimension que je n'ai pas nécessairement su gérer comme elle le mérite tout particulièrement en matière d'urbanisme. L'urbanisme, via des terrains urbanisés ou pas, c'est le loto avec le gros lot assuré au moindre grattage. C'est d'une ampleur financière telle qu'il faut écarter tout soupçon d'arbitraire. J'ai à l'esprit deux échecs. 1) La localisation du Collège de Varces. J'ai été aux côtés des propriétaires mais nous n'avons pas protesté assez fort. Rien ne peut justifier qu'un m² vaille 10 € à l'ouest d'une route et 310 € à l'est de la même route, 3 mètres de l'autre côté ! La position des élus varçois d'alors a été scandaleuse dans ce dossier. 2) Comme maire, des décisions d'urbanisme à destination de particuliers ont été parfois perçues comme privilégiées. Je suis reconnaissant aux bénéficiaires d'avoir montré dans le temps combien ils pouvaient avoir été bénéficiaires et opposants vis à vis de ceux qui avaient pris alors les décisions. Et tout particulièrement ces derniers mois. Mais la leçon à tirer c'est qu'il faut toujours veiller à ce que le doute ne naisse pas. Car rien ne peut calmer le doute. Un vrai sujet d'actualité quand le doute est maintenant partout. 

  • Premières audaces …

    Chevaux 03 10 17

    30 ans. 30 progrès. Notre histoire (5/30) : Il n'y a probablement rien de pire que de constater combien des atouts donnés par la nature peuvent être maltraités. C'est le cas des cours d'eau, des rivières dans l'agglomération grenobloise. Les berges de l'Isère sont une poubelle à ciel ouvert. Les rives Ouest du Drac sont impraticables. Des tronçons des berges de la Gresse sont envahis par des chenilles processionnaires. Et des bancs anciens détruits. La liste des faits pourrait durer longtemps. Il y a des territoires qui respectent les cours d'eau. Ce qu'a fait Michel Dantin à Chambery est remarquable. De même Marlène Mourier à Bourg les Valence en lien avec la Compagnie Nationale du Rhône. Comme dans tant de territoires de Gironde, d'Aveyron, de Dordogne, du Jura … Ici, dans l'agglomération grenobloise, les cours d'eau sont des mal aimés. Mal entretenus. Surtout marginalisés alors même que leurs berges devraient être des lieux privilégiés de détente, de découverte de l'environnement. Car l'eau c'est le premier mystère de l'environnement pour un enfant. Il tourne un robinet et il voit l'eau jaillir. C'est magique. Comme les berges d'un cours d'eau marquent les premières audaces. Au début, les vaguelettes d'un cours d'eau donnent le sentiment de tempêtes.  Puis la fraîcheur de l’eau éveille les passions. La douceur de sa musique rassure.  Les premières audaces sont là ! Un rêve d’enfant prend corps. Toute sa vie, cet enfant verra désormais les rivières sous un autre jour. Mais encore faut-il assurer cette découverte. Nous avons beaucoup travaillé pour qu'il en soit ainsi sur le Lavanchon. Jean Luc Bénis, Georges Behague alors élus municipaux ont effectué un travail considérable.

    Lavanchon juillet 1990

    Le papa de Jean Luc avait dressé un inventaire précis des points sensibles. Des animations d'été organisées par Gérard Guillot ont effectué des travaux considérables sur les berges avec les jeunes. L'entreprise Martin Grand a déployé son professionnalisme. Quand on constate désormais l'état d'abandon, c'est non seulement l'irrespect de tous ces efforts d'hier mais c'est aussi une terrible gifle donnée à la nature.

    Lavanchon 2 28 01 18

    Et le pire c'est que dans le narcissisme ambiant, cette réalité est ignorée. Elle n'existe pas. Elle ne doit pas être vue. L'arrogance de ceux qui veulent gagner sur la nature en la méprisant est d'un autre univers. Une situation locale totalement décalée.

  • Le budget ou quand les comédiens se démaquillent

    Ecole choc des photos mars 2019

    30 ans. 30 progrès. Notre histoire (4/30) : En France, il est souvent question du "cinéma politique". C'est une formule juste tant les visages d'individus peuvent changer entre leur vrai tempérament et l'image qu'ils souhaitent donner lors d'un engagement public. Il y a alors une culture du "rôle cinématographique". Pour le comédien professionnel, il y a un moment où il tombe le masque : dans sa loge quand il se démaquille. Pour le politique, ce moment, c'est le budget. Là, on voit les vrais tempéraments. On constate le "faux sympa" qui parle beaucoup du commerce local de proximité mais qui achète pour un montant considérable à … la grande distribution dans les Communes voisines. Celui ou celle qui demande aux associations des efforts budgétaires considérables mais dont l'équipe municipale fait supporter par les contribuables des abonnements de mobiles dont la "flotte", terme alors très approprié, laisse entrevoir qu'il pourrait y avoir un mobile dans chaque poche du pantalon et de la veste … Et la liste concrète pourrait durer longtemps. Quand le comédien se démaquille, le visage réel est parfois terrible. L'expérience a également appris une autre réalité : un équipement consensuel n'a pas d'âge. N'ayant pas d'âge, il n'a donc ni père ni mère ou plutôt il a beaucoup de pères et beaucoup de mères dont tous ceux qui n'y ont été pour … rien. Cet équipement ne retrouvera un âge que si naît un problème. Dans ce contexte général, la quiétude d'avoir respecté 3 vraies priorités : celle donnée aux services publics de l'enfance dont l'école. La protection contre les risques naturels. Et l'austérité dans le budget "fêtes et cérémonies" puisqu'elles étaient payées par une mutualisation mensuelle d'une partie des indemnités des élus. Dans ces conditions, le passage par la "loge du démaquillage" n'a pas été difficile à supporter dans le temps. 

    SPV Epis d'Or 1

    SPV Epis d'Or 2

    SPV Epis d'Or 3

  • Intégrer que l’environnement est la nouvelle frontière des inégalités

    Les Charmats 15 02 19

    30 ans. 30 progrès. Notre histoire (3/30). Depuis la conférence remarquable organisée à Toulouse en juillet 2015 avec plus de 600 chercheurs ou scientifiques présents, chacun doit avoir à l'esprit que le dérèglement climatique va amplifier les inégalités sociales. Des destructions environnementales majeures rendront invisibles des exploits de la nature qui actuellement peuvent paraître ordinaires : des espèces animales de proximité, des fleurs sauvages … Des générations futures ne les verront probablement que dans des vitrines de musées. Mais même si l'inégalité sociale existe déjà par la localisation de quartiers, demain, cette inégalité sera terriblement amplifiée par les quartiers fours, des îlots de béton et de bitume qui vont stocker la chaleur le jour et la "restituer" la nuit rendant ces quartiers invivables. C'est pourquoi à ce jour, deux actions sont d'intérêt général : re-végétaliser les villes et ne pas bétonner les campagnes. Il y a 30 ans, cette actualité là ne s'était pas imposée à ce point. Quand il était question de respecter la nature, c'était surtout un enjeu de respect de l'histoire, respect des racines et respect d'une beauté naturelle. C'est ce qui a conduit à de nombreux choix dont la localisation du Groupe Scolaire Les Epis d'Or : au milieu des champs ! Aujoud'hui d'autres critères ajoutent à l'opportunité des raisons du choix d'alors. Ces critères mériteraient d'être mieux considérés sur un projet comme le Villarey qui est en total contre-sens sur de très nombreux volets essentiels. Ceux qui ont la chance de pouvoir compter sur de l'espace et des prairies ne devraient pas gâcher cette chance de façon irréversible. 

    Le Meinget 1 1018

    SPV Le Villarey 10 11 18

    Groupe scolaire 15 02 19

  • Pas de passagers. Que des membres d’équipage.

    Coeur village référendum 1991

    30 ans. 30 progrès. Notre histoire (2/30) : dans l'agglomération grenobloise, St Paul de Varces est la Commune qui a organisé le plus de choix par référendum sur les 30 dernières années. Alain Carignon à Grenoble avait montré la voie en juin 1983. Je suis un esprit libre. Le dire c'est reconnaître une réalité. Et il faut toujours se méfier de ceux qui veulent travestir les réalités. La réalité d'alors est simple. Sans la force du suffrage universel, le tramway ne serait jamais passé dans certaines rues de Grenoble. Donc le tramway serait resté un projet abstrait. Puis j'ai observé le référendum sur le dossier de la voie sur berge. Même constat. Par conséquent, à partir de ces réalités, j'ai toujours été persuadé de la force du referendum. Dans la vraie vie, il y a deux hypothèses. Soit un projet figure clairement dans le contrat présenté lors de l'élection et il bénéficie de l'onction du vote. Soit ce n'est pas le cas et c'est sain de donner la parole aux habitants. C'est une conception forte du rôle du citoyen : pas de passagers, que des membres d'équipage ! Etre associés. Co-décider. Une fois que ce précédent est pris, c'est difficile de revenir sur ce processus. St Paul de Varces a organisé 4 référendums sur 30 ans. 1 sur le Coeur Village. 1 sur les rythmes scolaires. 1 sur le Villarey. 1 sur la salle polyvalente. Celui sur le Villarey organisé par la municipalité de Francis Diaz et Jean Claude Michaud a été techniquement novateur sur la séquence temps d'ouverture du vote. Cela a montré que des consultations référendaires peuvent vivre selon des formats variés et réussis.

    Villarey réferendum Diaz

    Comme pour l'élection, la décision qui sort d'un référendum doit être sacrée. C'est pour cela que la position de l'actuelle municipalité de St Paul de Varces est intenable sur le Villarey. Ceux qui la cautionnent portent une très lourde responsabilité morale. Si vous mettez un référendum à la poubelle, tout le mécanisme de la confiance dans la démocratie partagée est cassé. Dans l'agglomération, le référendum le plus réussi à mes yeux : celui organisé par Jean Yves Poirier pour le centre – ville du Fontanil. La procédure a été remarquable techniquement. La participation a été forte. Et le score a été … positif. Lors du 1er référendum que nous avions organisé sur St Paul (le coeur-village rendu à la nature et une maison médicalisée pour personnes âgées dépendantes), nous avions reçu une "belle fessée" avec un rejet massif du projet. C'est la vie démocratique. Il vaut mieux que le projet ait été refusé qu'imposé. 

  • Surtout éviter la rancune qui referme les portes

    SPV historique 12 03 19

    30 ans. 30 progrès. Notre histoire (1/30) : Le 12 mars 1989, l'équipe municipale élue connaissait alors trois records. 1) il fallait remonter à 1935 sur la Commune de St Paul de Varces pour connaître une équipe élue dès le 1 er tour en totalité dans le cadre d'un scrutin uninominal (1 : liste des membres ci-dessous). 2) La participation au scrutin a été très élevée : 85, 9 % de votants. 3) C'est la première fois que des femmes représentent 30 % de l'équipe municipale. Ces 3 repères méritent l'attention. 30 ans plus tard, le scrutin uninominal a disparu pour laisser la place à la proportionnelle. La participation aux scrutins a fondu comme neige au soleil. Et la loi a imposé la parité hommes – femmes. Quand on dit que la "France est bloquée", c'est souvent faux. Des évolutions importantes interviennent. Quelles leçons tirer d'une élection ? Pour l'essentiel à mes yeux 3 leçons. 1) Il n'y a pas un mandat mais trois mandats en un. Les 2 premières années sont l'enthousiasme collectif du début. La mi-mandat est souvent le temps de la lassitude. Et les 2 dernières années deviennent celles des interrogations. Il y a indiscutablement 3 temps dans un mandat. 2) Ce qui n'a pas été engagé dès le début sera mal engagé plus tard. Une élection, c'est un contrat. Et si les termes du contrat passés et perçus par les citoyens ne sont pas immédiatement appliqués, le reste du mandat devient plus délicat. 3) La campagne électorale terminée, le meilleur service à rendre à la démocratie, c'est d'ouvrir la chance de travailler avec le plus grand nombre en respectant les différences. La rancune referme les portes. Elle réduit les esprits. Elle altère la qualité de l'analyse. C'est la plus redoutable ennemie de l'exercice d'un mandat. Ceux qui ratent leurs débuts de mandats ont souvent des traits de caractères communs : rancuniers, jaloux, arrogants, mal dans leur peau dont leur passé avec qui ils veulent régler des comptes par personnes interposées. L'exercice d'un mandat en dit toujours beaucoup sur le tempérament des titulaires. 

    1 : Lyne Burdin, Martine Gouilloux, Anne Marie Metzger, Raymonde Harlot, Jacques Menut, Jean Luc Bénis, Guy Heinrich, Michel Cachet, Jean Pierre Leva, Jean Baptiste Pichon, Henri St Pierre, Georges Behague, Daniel Molin, André Guyon, 

  • Vivre le moment présent sans couper les fils d’avant

    Mars 89 11 03 19

    Le temps est le meilleur informateur. Il faut toujours vivre le moment présent car c'est une chance formidable offerte par la vie. Et en même temps, il faut garder les fils d'avant, ces liens parfois discrets avec le passé qui donnent un éclairage instructif. Il y a 30 ans, le 11 mars, nous étions la veille des élections municipales de 1989. Dans le Canton de Vif, elles étaient jumelées avec l'élection cantonale suite à une décision de justice relative à des irrégularités très graves ayant frappé les élections d'octobre 1988. Jeune trentenaire à cette époque, le suffrage universel direct, donc les citoyens, m'a accordé la victoire. C'est une chance considérable que d'avoir été élu si jeune. J'ai toujours été reconnaissant pour cette confiance alors donnée à un si jeune état civil. J'ai toujours été indépendant de la politique. Matériellement par mon métier. Psychologiquement par mes centres d'intérêts. Mais j'ai toujours été intéressé par la vie publique. Sur une séquence temps de 30 ans, le temps se charge de dégager des lignes directrices claires. A l'écart des modes éphémères. Sur les 30 prochains jours, je vais faire le point : 30 ans. 30 progrès. Notre histoire. Un mandat, ce n'est pas l'histoire du titulaire. C'est un parcours collectif. Ce parcours collectif engage certes le titulaire du mandat électif mais bien au-delà car bon nombre des décisions concernent une large partie des citoyens. La veille d'une élection, c'est toujours un moment instructif d'abord sur soi. C'est comme les épreuves scolaires ou universitaires. Avec une question clef : ai-je fait tout le nécessaire ? Si la réponse est oui, le lendemain sera serein. Peu importe le résultat, le regret n'aura pas de place. Si la réponse est non, il est à craindre que des regrets s'installent. Ce 11 mars 1989, il y avait de la fatigue et de la sérénité. De la fatigue, car nous avions effectué du terrain comme rarement à ce point. Il y avait de la sérénité car nous avions travaillé sérieusement. Donc pas de regret à avoir. 

    Denis Bonzy campagne électorale

  • La fin des cadeaux à vie

    Sénat 26 02 19

    Emmanuel Macron et sa majorité parlementaire jouent très dangereusement avec le feu actuellement. Le sujet de fond : que les pouvoirs publics donnent l'exemple des économies avant de demander aux citoyens de faire des … économies. C'est la notion d'exemplarité. Les mesures attendues sont simples. Prenons 5 exemples concrets. 1) Pour éviter que la politique en soit un moyen de s'enrichir, les parlementaires sont payés sur la base de la moyenne des 5 dernières années de leurs rémunérations dans leurs vies professionnelles avant mandat. Sur cette base, iront ceux qui veulent servir et non pas se servir. 2) Suppression de tous les avantages monarchiques : dans aucun autre pays les contribuables payent les obsèques des sénateurs, ex-sénateurs, conjoints, enfants … En France, si. C'est comme l'affaire Lang. Qui va croire que Lang est le mannequin de la mode française : la Jane Fonda en pantalon ? Pour le croire, il faut pas avoir vu Lang depuis des décennies. Et à quoi peut servir un mannequin qui n'est pas … vu ? Qui va croire qu'un homme d'affaires balance son argent par les fenêtres pour rien ? Il y a un lien mais encore faut-il prendre la peine de la trouver. 3) Suppression de tous les fromages de la République où se casent les copains. 4) Suppression de la Cour de Justice de la République où les politiques se jugent entre eux c'est à dire se disculpent. 5) En finir avec ces gouvernements pléthoriques (et leurs cortèges de frais annexes) où on ne sait plus qui fait quoi. Des mesures de ce type sont nécessaires pour remettre les intéressés dans la vraie vie. Pour en finir avec les cadeaux à vie. Emmanuel Macron et sa majorité commettent trois erreurs de directions. Ils veulent réduire les Gilets Jaunes aux casseurs. Faux. Ils veulent réduire la contestation aux Gilets Jaunes. Faux. Ils vont vouloir noyer le coeur des revendications dans une multitude de réformettes. Faux. Cette troisième erreur, si elle est commise, va coûter très cher. Nous vivons une crise de système et non pas une crise dans le système. C'est donc bien le système qu'il faut changer et cela passe d'abord par l'exemplarité de ceux qui incarnent le système.