Vendredi, Alain Mérieux a été l'invité d'une conférence mensuelle organisée par Marc Fraysse au sujet de sa dernière initiative pour lutter contre la pauvreté. Alain Mérieux a choisi un mot qui est menacé en France : possible (l'entreprise des possibles). Tout est maintenant organisé pour que rien ne soit possible en France. La France ne peut pas agir puisqu'il y a l'Europe. La Région ne peut agir qu'à la condition que les Départements soient d'accord et inversement. Les Communes ne peuvent plus agir sans les intercommunalités. Et la vie publique française est ainsi devenue un entrelacs avec une conséquence concrète : impossible. Impossible de réformer. Impossible de faire. Impossible d'agir. Tout est figé. Bloqué. Est-il encore possible que le mot "possible" retrouve sa place ? Rien ne parait garanti.
Auteur : Denis Bonzy
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Possible : le mot qui disparaît progressivement du vocabulaire français
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Quand l’âge (+ de 5 siècles de références) ne protège même plus de l’indifférence …
Avec le recul, pour la France, la période actuelle sera jugée très sévèrement pour la perte de valeurs collectives pourtant indispensables. Aujourd'hui, dans le quotidien régional, heureusement 3 élus réagissent sur le scandale des Pompes Funèbres Intercommunales de la Région Grenobloise. Ils ont un mot terrible "faire cesser l'omerta". L'omerta, selon la définition officielle du dictionnaire, c'est "la loi du silence dans les milieux mafieux". C'est un scandale qui n'est qu'à son début mais qui montre quoi pour l'essentiel : maintenant même la gestion du deuil peut ne plus relever du sacré. Ce qui, au-dessus du droit, est moralement terrible. Pendant longtemps il y avait un autre sacré : le fruit du temps. En Isère, le fruit du temps avait consisté à mettre en relief 7 Merveilles dont la Fontaine Ardente du Gua. Dès 1523 il est question dans des écrits de ce phénomène naturel de la Fontaine Ardente du Gua, là où "l'eau vomit des flammes". Des travaux considérables ont été effectués par le passé. Par respect pour le … passé. On m'a signalé qu'elle était à l'abandon. Quasi inaccessible. Je suis allé vérifier. C'est exact. Y descendre après une pluie est quasi impossible. Arrivé sur place, même pas un seul panneau explicatif à proximité de la flamme. C'est un désintérêt total de la part des collectivités publiques. Du jamais vu à ce point. Même l'âge (5 siècles) ne protège plus de l'indifférence. Impensable à ce point.
Relive '16/03/2019 : sur le terrain : Le Gua'
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Et si tout explosait …
Une jeune femme de 30 ans aux Etats-Unis est peut-être inspirante au point de changer la politique bien au-delà de son pays ? Jusqu'à ce jour, très souvent un mandat public c'est quoi ? C'est l'entrain d'une campagne électorale qui fait vivre la créativité et l'énergie. Puis c'est le choc du réel. Les promesses perdent de leur lueur. Ensuite, c'est le retour aux vieilles méthodes. Enfin, c'est la gagne des repères vicieux : se fondre dans un moule pour continuer à être élu et ainsi d'abord cumuler durablement les indemnités. C'est ce cercle vicieux qui a cassé les démocraties occidentales. Parce que l'opinion n'est plus dupe. Elle a identifié les vraies clefs. C'est la raison du crépuscule des démocraties. Actuellement, à la Chambre des Représentants des Etats-Unis, une femme, au milieu d'un groupe plus large de femmes, incarne l'explosion de tous les vieux codes : Alexandria Ocasio-Cortez. Elle a déjà mené une campagne très courageuse puisque promise au départ à la défaite inéluctable. Elle a gagné la primaire contre tout pronostic. Mais elle a gagné en présentant sa vraie vie : le métro, son service au bar, les difficultés pour ses études …
Bref, la vraie vie. Et une fois élue, elle casse tous les codes en restant sur la vie d'hier. Elle danse dans les couloirs du Congrès au moment où elle est mise en cause pour une vidéo d'une danse sexy quand elle était étudiante. Elle monte les meubles Ikea avec son équipe. Elle prend la parole au gré de ses priorités et non d'une discipline de groupe politique … Bref, elle fait vivre une nouvelle démocratie. Ce sont des profils de ce type qui feront bouger les lignes. Des personnes qu ne vont pas dans les instances publiques pour respecter les codes mais pour les faire exploser. Parce que les codes ont attesté de leur capacité à dysfonctionner. Le vrai marqueur des prochaines municipales en France dans moins d'un an : combien de tempéraments de ce type ?
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La sagesse, c’est considérer chaque jour comme le premier mais aussi comme le … dernier
Sur le terrain, ce début de campagne électorale me plait. D'abord parce qu'il me permet de revoir tous ces endroits qui ont fait ma vie depuis mon enfance. Ensuite, parce que j'apprends. L'étape du bulletin de participation (181 réponses) a été très instructive. Des propositions ont été faites alors même que je n'avais parfois jamais pensé à tels ou tels projets. Cette étape m'a surtout montré, une fois de plus, qu'il faut vivre chaque jour comme le premier. Ne pas être accroché au passé. Ce qui pouvait être bon hier ne l'est pas nécessairement aujourd'hui. Chaque personne qui a envoyé une réponse nominative a reçu, reçoit ou recevra un mot de remerciement. Enfin, cette période apporte aussi un lot de tristesses. Vivre une géographie c'est aussi revoir les visages d'absents. Des absents qui ont souvent beaucoup compté. Qui lors de campagnes passées ont mis leurs gestes, leurs âmes, leurs coeurs à aider. Tout le chemin parcouru n'a été possible que grâce à eux. Avec désormais le recul de l'âge, le recul de l'expérience, souvent le regret de ne pas avoir pris le temps nécessaire d'imaginer que le premier jour n'est pas nécessairement suivi d'une infinité d'autres jours. Avec la jeunesse, nous pensions alors que la route serait très très longue. Elle fut si souvent interrompue brutalement. Sous cet angle, cette campagne me peine davantage que d'ordinaire.
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Ne même plus chercher à connaitre ce qui peut exiger le premier pas nécessaire vers la transformation …
Il y a toujours un côté positif dans une épreuve, dans un échec : chercher à comprendre pourquoi. Donc identifier ce qui doit être changé pour transformer, pour s'améliorer. Sur le plan personnel, cette étape a été celle des maladies et des décès de mes parents. C'est une césure absolue : avant / après. Comment connaître cette étape qui ouvre une sortie positive : c'est la méthode de l'arrêt. Avoir beaucoup d'activités, c'est une facilité redoutable. Le "nez sur le guidon" déculpabilise du manque éventuel de recul, de réflexion. C'est cette facilité qui nuit beaucoup actuellement à la mise en relief de véritables priorités dont celle de l'environnement. Toutes les contributions sont utiles dans ce cadre. Celle des scientifiques ne doivent pas passer au second rang car moins émotionnelles. Chaque jour apporte désormais une contribution scientifique sérieuse d'alerte. Des données vérifiées. Des chiffres comparés. Cette semaine, des chercheurs de l'Université de Zurich ont publié une étude terrible sur la fonte des glaciers canadiens. Ils fondent en ce moment 5 fois plus vite que dans les années 60 ! A ce rythme, avant la fin du siècle, les glaciers de ces régions auront disparu ! C'est impensable d'imaginer qu'il puisse en être ainsi. L'un de mes plus beaux souvenirs a été un vol du matin pour effectuer la liaison Canada – Boston. La météo était dégagée. Avec Marie et nos enfants, nous avons voyagé dans un petit avion d'une trentaine de places. Je n'avais jamais vu une nature aussi belle, gigantesque, féerique. Elle est en train d'être menacée. Et le pire dans l'indifférence. Comment changer quand ce premier pas de la connaissance des faits ne suscite même plus l'effort nécessaire ? Un constat angoissant.
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Travailler : le mot qui a disparu de trop de dictionnaires individuels
Mémoire Commune. 30 ans. 30 progrès. Nous avons écrit des pages d'Histoire ensemble (16/30) : hier vendredi c'était une journée ordinaire dans l'agglo grenobloise. A partir de 17 heures, tout est bouché. Des élus Verts passent la soirée à expliquer aux automobilistes qui osent lever la question que c'est la faute des automobilistes parce qu'ils refusent de se déplacer en vélo. Le Conseil de la Métro s'est tenu sur la musique classique du : "je te complimente, tu me complimentes, ils se compliment, nous nous complimentons …". Il y a une délibération intéressante : celle sur la fermeture de déchetteries de proximité dont celles de St Paul de Varces et de Claix pour le sud agglo. L'élu de St Paul de Varces prend la parole, ce qui est exceptionnel et il s'excuse presque de … protester. Il y met les formes pour tenter de dire qu'il n'est pas d'accord. Il s'était abstenu en février 2018 et là, ultime audace, il va pousser l'effort jusqu'à voter … contre pour une fois. Car avec la délibération d'hier c'est fini. La déchetterie est fermée. Et sur le sujet des artisans qui protestent sur le nouveau régime des professionnels que répond le Vice-Président "ceux qui protestent sont ceux qui veulent cacher leurs travaux au noir …". Avec des réflexions anti-entreprises ou anti-commerces de ce type, c'est sûr qu'on est bien dans l'agglo grenobloise. 1) Si par le passé nous avions mis aussi peu de travail à préparer les dossiers en amont, l'agglo et beaucoup de Communes auraient été en troisième division depuis si longtemps déjà. 2) Si on veut gagner, il faut y croire et pas s'excuser d'y croire. Quand Carignon, De Leiris, Michal … ont par exemple négocié le Synchrotron, ils y allaient "morts de faim". Comme après sur tant d'autres dossiers. Des dossiers verrouillés jusqu'au moindre détail. Sinon nous n'aurions jamais renversé la tendance. Et on pourrait citer tant d'autres exemples locaux. La meilleure définition de la négociation m'a été donnée par Xavier Ellie, un professionnel remarquable. A l'école de Robert Hersant. Il m'avait proposé d'intégrer le groupe. Et Xavier Ellie me dit comment il négocie : "vous mettez le couteau sur la table pour afficher votre force. Vous posez la main droite à côté. Avec la main gauche sous la table, vous tenez le revolver. Et je pose mes lunettes de soleil à côté du couteau pour détendre quand même l'atmosphère. Alors la discussion peut commencer ...". Maintenant pour rester dans ce registre, ils n'arrivent qu'avec … les lunettes de soleil. C'est sûr que la discussion commence mais elle a toutes les chances de mal se terminer aussi. C'est vérifié pour les déchetteries et demain ce sera le même cas notamment pour les collèges de proximité.
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La politique en France actuellement : un carnaval dans une morne plaine
Pour qu'un système soit respecté, il faut qu'il soit respectable. Pour ce qui me concerne, même avec les contraintes de mon éducation et de ma formation, cette étape là n'est plus possible. Comment respecter un dispositif qui n'est qu'un immense carnaval dans une morne plaine. Prenons les dossiers importants récents. 1) Affaire Tapie : Stéphane Richard prend l'habit de celui qui aurait abusé la Ministre. Et comment l'Etat "sanctionne" celui qui abuse une Ministre : nomination à la tête d'Orange. Et la Ministre en question comment est-elle récompensée pour ne pas savoir choisir des collaborateurs capables de loyauté : elle donne des leçons à la terre entière à la tête du FMI. Dans le même registre, qui peut imaginer qu'une instance arbitrale de ce niveau ait pu être composée sans se renseigner préalablement sur l'antériorité du cursus des arbitres ? Presque à croire qu'ils aient surgi de nulle part, tirés au sort. Le jour de la réunion, ils passaient, ils ont vu de la lumière et ils sont entrés dans la pièce … Et comme toujours, en France, une banque n'est jamais sanctionnée. Elle peut surveiller à l'euro près les comptes de millions de Madame Michu mais ne jamais voir les milliards évaporés de Jérôme Kerviel en plein coeur de ses bureaux centraux. De même dans l'affaire Adidas, le Crédit Lyonnais qui a coûté des dizaines de milliards d'euros aux contribuables peut donner des leçons de morale et de bonne gestion à Tapie sans faire l'objet du moindre grief. 2) Affaire Goshn : où est passé l'Etat actionnaire ? Qui suivait le dossier Renault – Nissan pour le compte de l'Etat français principal actionnaire ? Quand les résultats étaient bons, les politiques se précipitaient pour être associés comme "co-décideurs" et maintenant ils sont où quand il faut s'expliquer sur des dizaines de millions évaporés ? 3) Qui peut encore avoir de la considération pour une "Justice" qui fait passer en vitesse turbo des délits mineurs mais organise une course de lenteur dès que le justiciable est le chef d'un parti politique : des emplois fictifs de Marine le Pen à ceux de Bayrou : quelles étapes ? Fillon : son "jugement judiciaire" a-t-il seulement consisté à être sorti de la présidentielle 2017 ? Et la liste pourrait durer longtemps. Aux Etats-Unis, Manafort (ex directeur de campagne de Trump) est en prison en ce moment pour un dossier qui a débuté en mai 2017. Ici, c'est le carnaval avec des personnes qui prennent un habit voulu ou subi mais dans une morne plaine parce que l'issue est déjà connue. Comme hier. Rien ne change. L'erreur et la faute de ce système c'est de ne pas prendre conscience combien la fin de ce carnaval est souhaitée. Parce que le jeu est désormais connu mais plus toléré. L'actuelle principale erreur de jugement de Macron et de sa majorité.
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Connaître les budgets de plumes et les budgets de plomb !
Pour changer la vie publique française pour de bon, il devrait y avoir obligation légale de publication annuelle simplifiée du Grand Livre comptable de chaque collectivité publique. D'un seul coup, beaucoup changerait. Parce que la vie publique française fonctionne comme si les actions publiques n'avaient pas de prix. L'impôt est prélevé et ensuite tout devient confus, diffus. Pourtant, ce serait intéressant pour les contribuables de savoir combien d'abonnements de téléphones d'élus ils paient alors que souvent ils doivent faire attention à leur propre consommation personnelle. Combien pour les budgets de fêtes et cérémonies ? Les repas sympathiques et les "pots républicains" coûtent combien à l'année pour ceux qui n'y sont jamais invités ? Combien pour les frais de conseils alors même que des élus présentent des contentieux comme "fantaisistes" ? Le pourcentage des frais de personnels dans le volume budgétaire global ? Quand dans des Communes de 2 500 habitants, les contribuables apprennent qu'ils payent pour 950 000 € (charges comprises) les personnels municipaux qu'ils voient si rarement sur le terrain, l'ambiance change ... Si cette communication publique devenait obligatoire, cela modifierait totalement les discussions notamment de la part d'associations dont les bénévoles font un travail considérable et qui doivent se "répartir la misère budgétaire". Car il y a des budgets de plumes. Peut-être seraient-ils négociés différemment par les intéressés s'ils avaient connaissance des budgets de plomb qui vivent sur leurs impôts ?
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D’abord un terrain d’ententes
200 jours. Depuis déjà 200 jours, c'est le terrain qui porte des enseignements. Et ces enseignements sont nombreux. 1) Le rejet des énergies négatives. Ces dernières années, la Commune de St Paul de Varces a connu trop de crises. Un exemple : le Conseil Municipal. Il a subi le record de 7 démissions en son sein. Du jamais vu. Cette situation a beaucoup fragilisé la Commune. Il faut avoir à l’esprit que, si l’opposition municipale avait démissionné à son tour avant le 1er mars 2019, le Préfet aurait été dans l’obligation légale de procéder à la dissolution du Conseil Municipal. C’est dire la gravité exceptionnelle d’une telle crise intérieure à un Conseil. Quand on connait le détail des raisons des démissions, c'est le triomphe regrettable d'énergies négatives consistant à pousser autrui dans ses ultimes retranchements par le fait de mails, de sms … Des personnes engagées ne démissionnent pas pour rien. 2) Une formidable attente de services publics de proximité. Ce matin, j'ai remis aux membres de la Communauté de l'Ecole des premières propositions. Pour mobiliser les énergies positives, il faut d'abord être POUR. 3) Une attente de mobilisation collective sur des axes précis, concrets, constructifs. 181 réponses. Des réponses motivées. Avec des commentaires détaillés. Une réponse est encore parvenue hier. C'est agréable de constater que la Commune peut retrouver le sens de son existence : ce que nous avons en commun. Dans la période actuelle des crises quasi-généralisées, la priorité doit être à la construction de terrains d'ententes permettant de mobiliser tous les talents, toutes les énergies et ces talents sont nombreux manifestement.