Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • La nature éducative

    La Lampe 07 10 19

    Pendant des décennies, la pratique était d'abord à l'enseignement du terrain. Pour les enfants, les enseignants pratiquaient alors beaucoup les sorties scolaires : faire découvrir sur le terrain. Progressivement, comme chaque sortie devenait d'abord le théâtre d'un risque avec les conséquences judiciaires qui peuvent en résulter, les sorties sont devenues moins fréquentes. Puis totalement exceptionnelles. Les craintes des enseignants méritent d'être comprises. Dans la société de la précaution absolue, l'accident potentiel fut-il mineur peut prendre une proportion démesurée. C'est une évolution très pénalisante car la nature a directement une fonction éducative. C'est le cas par exemple du sentier pédagogique de la Lampe.

    La Lampe 26 04 19

    Il mérite un examen détaillé. La municipalité sortante a décidé de le faire découvrir. Enfin. C'est si rare qu'elle ait pu trouver matière à mettre en relief l'un des travaux de ses prédécesseurs que cela ne peut que mériter l'attention. Ce choix du terrain est un bon choix. Car la nature est éducative. Elle apprend combien elle peut être délaissée, abandonnée. Le dimanche 7 octobre 2018 dans la matinée, je suis allé constater l'état de ce secteur de risques torrentiels. Tout était à l'abandon. Il pleuvait. La plage de dépôt de l'ultime barrage envahie par les herbes hautes laissait stagner ces eaux de ruissellement. C'est triste désormais si souvent de constater que la fonction éducative de la nature consiste à montrer combien elle peut être … non entretenue.

    La Lampe 2 07 10 18

  • 136 ans ou le vrai tournant

    Epis d'Or 2004 19

    Comment l'Etat qui a les impôts parmi les plus élevés au monde avec en même temps une dette publique au montant historique peut-il cumuler autant de dysfonctionnements manifestes graves de son secteur public ? Pour une raison très simple : au titre des impôts payés, il est toujours demandé + à ce secteur public. C'est une spirale vicieuse sans fin qui déresponsabilise l'individu. Cette spirale est d'ailleurs contraire aux racines de notre histoire collective qui comprenait une forte dose d'implications familiales, associatives ou de simples voisinages. Prenons l'exemple des Sous des Ecoles. Leurs implications dans le financement des Ecoles a été considérable. Sur une Commune comme St Paul de Varces, en 1883 (date de la création), c'est le Sou des Ecoles qui faisait vivre la solidarité : de l'achat de vêtements à la gratuité de fournitures scolaires ! Retracer l'histoire d'une association de ce type sur 136 ans permet d'identifier les étapes clefs d'une déresponsabilisation individuelle progressive. Baisser les impôts n'est pas seulement une nécessité pour rendre du pouvoir d'achat. C'est aussi une nécessité qui rendre de la responsabilité individuelle. Sinon, même avec des impôts qui grimpent au ciel, le secteur public ne pourra jamais tout faire. Pour prendre connaissance des étapes détaillées du Sou des Ecoles de St Paul de Varces, cliquer sur le lien suivant : 136 ans ou les belles solidarités.

  • Ces équipements publics qui ont longtemps pas la … moindre année

    Musee de Grenoble 23 04 19

    Il y a au moins un domaine où la vie publique mérite son féminin : le rapport à l'âge. Toujours sans âge. Quand sur le terrain, on écoute des habitants arrivés dernièrement dans une Commune, les équipements publics n'ont pas d'âge. Pas de parent. Surgis de nulle part. Tombés du ciel. Immédiatement inscrits dans le patrimoine collectif c'est à dire devenu l'oeuvre de tous donc de chacun, donc de personne. Celle ou celui qui traverserait la vie publique française en espérant que le fruit de travaux lui resterait attaché dans le temps se vouerait à des insomnies douloureuses ou pire encore à une torture intense. Le vide est à la remise des clefs. La magie d'appropriation collective opère alors. Localement, Synchrotron, nouveau Musée, Collèges, voiries … : pas d'âge. Nés avec la géographie concernée. En France, l'oubli est désormais plus contagieux que la grippe. C'est peut-être ce qui motive certains à faire si peu ? Dans la durée, ils seront ainsi parents d'équipements publics qu'ils n'ont jamais travaillés et partageront le vide avec d'autres parents involontaires. Le spectacle du temps perdu est peut-être l'un des actuels facteurs du déclassement manifeste des engagés dans ce domaine ? Inédit à ce point. Instructif à constater. 

  • Journée mondiale de la Terre : ces agglomérations en France qui tuent les villages dans la quasi indifférence générale

    Village 22 04 19

    J'appartiens à une génération pour laquelle villes et villages représentaient deux mondes complémentaires. Différents mais constitutifs d'une même entité territoriale de proximité. La ville avait ses bruits, son rythme accéléré, ses immeubles, ses voiries dangereuses, ses quartiers à éviter, son anonymat … Le village avait son calme, ses maisons individuelles, sa sécurité, ses hameaux, sa personnalisation des relations… Deux univers. Il ne s'agissait pas de les hiérarchiser. Juste constater que deux "mondes" cohabitaient. Depuis 10 ans, cette cohabitation prend fin. La ville veut s'étendre partout. Il y a une culture de "pieuvre urbaine" qui chercherait à gagner toujours davantage d'espace, toujours prendre sur la terre pour la bétonner et la bitumer. L'agglomération grenobloise en est devenue une caricature. Il y a même localement un esprit milicien, ces volontaires auto-désignés qui s'accomplissent dans le respect le plus intégriste de l'ordre urbain dénonçant tout ce qui pourrait y contrevenir. Ce système de la pensée unique, produit confus de multiples facteurs dont principalement la jalousie, est insupportable. Et on constate des noctambules de la pensée environnementale s'effrayer pour la disparition de terres lointaines mais tuer les villages de proximité en toute douceur, en toute irresponsabilité. C'est une cause qui mérite la mobilisation. Villes et villages doivent cohabiter dans des territoires de proximité. La fracture territoriale ne doit pas être acceptée au point de ne penser retrouver des villages qu'en Aveyron, Creuse, Dordogne … La Terre doit aussi vivre à proximité des villes. A cette fin, les villages doivent être mieux respectés. Un défi sérieux. 

  • La belle complice

    Maison Geymond Gros Moran 21 04 19

    Si les mots pouvaient se défendre, le mot "complice" mériterait un solide comité de soutien. Son sens a été tellement abîmé par une connotation juridique éloignée du sens premier : favoriser l'accomplissement. Ainsi, la nuit est complice du silence. La pluie est complice de la fertilité des sols. Et la liste positive pourrait s'égrener longtemps. Demain, c'est la Journée Mondiale de la Terre. Pour moi, un lieu symbolise la Terre. Gros Moran. La maison en photo ci-dessus (photo prise ce matin à 09.00). C'est là que durant mon enfance, pendant les vacances scolaires, j'ai découvert la belle complice : la Terre. Avec des cousins, je participais aux foins sur le champ en face de cette maison inoccupée : la Terre nourrit. Puis quelques mètres plus bas sur la droite, un ruisseau (le Lavanchon) : l'endroit du dépôt des gourdes pour garder l'eau fraîche : la Terre rafraîchit. A midi, pour la halte, quelques bois coupés et le feu de bois faisait chauffer un plat : la Terre réchauffe. Et là aussi, les volets de la complicité pourraient être énumérés longtemps. Le soir, l'odeur des champs. La beauté du coucher de soleil. Des couleurs que l'homme a pu recopier mais pas imaginer. Dans la vie, il y a ceux qui ont eu cette chance de complicité. Chaque jour, j'ai une extrême reconnaissance pour mes parents qui ont tenu à me faire connaître cette facette en dehors des livres scolaires. Avec la Terre et l'esprit paysan, il y a de nombreuses autres valeurs indissociables. Bien choisir ses habits, solides, durables, à l'écart des modes éphémères. Accepter le temps long. Croire dans la force incontournable du travail … : la belle complice. Elle mérite que nous nous mobilisions encore davantage pour la protéger. J'ai confiance quand je constate des prises de consciences individuelles de plus en plus nombreuses. 

    Lavanchon 21 04 19

  • La France est-elle devenu le pays qui ne compte plus le moindre gentil ?

    Orvis

    Les vrais auteurs sont ceux qui devancent les tendances. Ils les annoncent. Ils les voient avant les autres. Malheureusement, ils ont peu accès aux plateaux médiatiques composés de ceux qui commentent les faits déjà intervenus, capables d'expliquer tout et son contraire en quelques minutes. L'actuelle crise était annoncée par Christophe Guilluy. Tout était dans ses ouvrages : "le crépuscule de la France d'en haut" et "la France périphérique". Pour ce qui concerne la séquence temps de cette semaine où l'annonce de dons a fait basculer la France dans l'image que même les gentils étaient des méchants, tout est dans l'ouvrage remarquable de Franck Martin "le pouvoir des gentils". Il date de début 2017 et il est remarquable. Comme la gentillesse est désormais assimilée à la naïveté, le gentil a disparu sauf du monde l'enfance. L'auteur explique comment dès l'école l'enfant entre dans un univers qui va lui apprendre qu'être malin, être victorieux … c'est surtout ne pas être gentil. On ne pense plus positif, on pense manoeuvre, tactique, méchanceté cachée … D'où pour des adultes cette quête de gentillesse auprès des enfants ou des animaux car l'innocence existerait encore dans ces âges ou ces domaines. Ou de la nature qui reste un symbole de pureté. Un livre terrible qui explique pourquoi même la gratuité peut être incomprise et désormais même le don aussi. Parce que le sentiment de bienveillance n'existe plus. J'avais beaucoup apprécié cet ouvrage. Cette semaine avec la polémique sur les dons pour Notre-Dame son contenu a pris une actualité particulière. 

    Gentils livre

  • Ces détails qui portent des messages qui méritent souvent l’attention …

    Villarey permis d'ensemble

    Les réseaux sociaux sont actuellement très injustement attaqués. Ils sont devenus une bibliothèque ouverte 7 jours / 7, 24 heures / 24 et surtout assurant une traçabilité remarquable. La traçabilité dans les détails. Et les détails portent souvent les messages qui méritent l'attention. Prenons l'exemple de l'opération immobilière du Villarey. 1) Le plan d'ensemble porte sur une autorisation de 80 logements. Il y a donc 6 permis de construire complémentaires du plan d'ensemble qui ont vocation à "décliner" le chiffre global par catégorie d'opérations. Mais dans cette seconde étape, il n'est question "que" de 76 logements ? Regardons le détail  : PC 1 = 8 + PC 2 = 6 + PC 3 = 31 + PC 4 = 7 + PC 5 = 16 + PC 6 = 8 : total : 76 ! Manque-t-il un 7 ème dossier de logements ? Pourquoi ce 7 ème dossier serait-il dissocié des 6 premiers ? 2) Il est question du Villarey 1 : 80 logements ! Ce qui confirme qu'il y aura bien un Villarey 2 et que le plafond annoncé initialement de logements sera explosé sur ces bases. 3) Qui donne l'autorisation donc qui a compétence ? La signature de tous ces actes est faite au nom de la Commune de St Paul de Varces, sur son papier à en tête  et pas de la Métro, fake news qui avait longtemps existé. 4) Qui est l'architecte ? Cabinet Isis. Fonctionne-t-il souvent avec l'opérateur immobilier ? Sur la liste des références officielles revendiquées des deux côtés : jamais. Il intervient avec Cogedim, Bouygues, HC Résidences, Foncière du Dauphiné, Icade … Mais pas d'autres références avec Gilles Trignat Résidences en dehors de St Paul de Varces. Pourquoi cette première opération intervient-elle sur St Paul de Varces et nulle part ailleurs ? Voilà des volets qui semblent devoir mériter de l'attention dans les prochains jours. 

    PC 2 19 04 19

  • Les jours d’après …

    Le Villarey 2 18 04 19

    La vie est faite de situations diverses qu'il faut être capables de distinguer. L'une des différences majeures est entre les décisions modifiables et les décisions irréversibles. Pendant des décennies, à St Paul de Varces, il y avait un sujet de consensus : un groupe scolaire au milieu des champs sur un espace dédié qui sécurise les enfants, qui a vocation à s'agrémenter d'équipements complémentaires sportifs, pédagogiques, environnementaux … Et face à ce consensus exprimé y compris par la voie d'un référendum municipal aux résultats sans la moindre contestation, que voulait la démocratie ? Que ce consensus demeure dans le temps. Mais ce temps là est fini. Vendredi 12 avril et lundi 15 avril, le maire sortant de cette Commune a vendu ce consensus à un promoteur immobilier en signant les autorisations de construire près de 100 logements sur la première tranche. Demain, des grues, des dizaines d'engins de chantier, du bitume, du béton, 300 véhicules … Qu'est ce qui est triste ? D'abord de voir que la démocratie puisse être ainsi bafouée. De constater aussi que des élus étaient hier pour la préservation de la nature et aujourd'hui pour sa disparition. Pourquoi ces revirements incompréhensibles ? De constater que des arguments reposant sur tant de fake news puissent devenir de supposés boucliers ? Que des citoyens donnent des leçons de nature mais parce que clients ou amis d'élus municipaux ils tournent leurs vestes sur cette cause dans ce dossier. Cette cause, c'est la bataille des citoyens libres. Ceux qui ne sont pas à acheter par des motifs secondaires parce qu'ils ne sont pas à vendre quand le devenir irréversible de leur coeur village est en question. Quand j'étais enfant, j'ai vu ce village lutter uni pour ne pas voir son fond de vallée dénaturé en devenant un champ de tir. La bagarre de l'époque a été terrible. Elle a été gagnée. Celle qui débute le sera pour le moins. D'abord nous allons demander toute la clarté car il y a des zones d'ombres qui ne peuvent pas demeurer. Ensuite nous allons engager toutes les voies de droit qui sont ouvertes dans un Etat de droit. Enfin, nous devons tenir pour que dans 300 jours les citoyens fassent revivre la démocratie face à ce mépris inqualifiable. La bagarre est engagée. Nous ne souhaitions avoir à la livrer. Mais les circonstances l'imposent. 

    Le Villarey 18 04 19

  • De l’ordinaire au dépassement de soi …

    BRGM nappes 16 04 19

    Le drame de Notre-Dame met en relief les capacités positives de sursaut de communautés. D'un instant, des personnes passent de l'ordinaire au dépassement de soi. C'est dommage qu'il faille un drame pour le constater. Mais dans le drame, c'est un volet agréable à observer. Il faudrait peut-être l'appliquer aussi à d'autres drames engagés plus sournoisement qui mettent en cause le sens même de notre vie en commun. La planète flambe. La sécheresse progresse toujours. Les espèces animales disparaissent. La liste des espèces menacées s'allonge. Pour la France, le BRGM vient de publier la carte des nappes phréatiques au 1er avril. L'alerte sur les ressources en eau est quasi générale. Il y a le feu qui brûle tout tout de suite (Notre-Dame). Il y a le feu qui couve et qui brûle plus discrètement. Et si ce dernier méritait une mobilisation analogue au premier, ce serait probablement aussi méritant, utile et salutaire. Puisse ce rebond collectif intervenir aussi pas trop tardivement.

  • Possible : le mot qui disparaît progressivement du vocabulaire français

    Merieux 2 12 04 19
    Vendredi, Alain Mérieux a été l'invité d'une conférence mensuelle organisée par Marc Fraysse au sujet de sa dernière initiative pour lutter contre la pauvreté. Alain Mérieux a choisi un mot qui est menacé en France : possible (l'entreprise des possibles). Tout est maintenant organisé pour que rien ne soit possible en France. La France ne peut pas agir puisqu'il y a l'Europe. La Région ne peut agir qu'à la condition que les Départements soient d'accord et inversement. Les Communes ne peuvent plus agir sans les intercommunalités. Et la vie publique française est ainsi devenue un entrelacs avec une conséquence concrète : impossible. Impossible de réformer. Impossible de faire. Impossible d'agir. Tout est figé. Bloqué. Est-il encore possible que le mot "possible" retrouve sa place ? Rien ne parait garanti.