Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Jumbo Wild et la nouvelle bataille de Patagonia

    Jumbo Wild Patagonia

    Le glacier de Jumbo est situé en Colombie Britannique au Nord-Est du Canada. Depuis 24 ans un projet de station de ski avec une trentaine de remontées mécaniques, un domaine skiable de 5 925 hectares culminant à 3419 mètres d’altitude, 5500 lits hôteliers, 750 lits destinés au personnel et autant d’emplois à la clé, divise les populations.

    C’est le cas des Shuswap, le peuple amérindien proche du glacier. C'est l'objet de la campagne lancée par Patagonia à compter de décembre 2015 : la défense des derniers sanctuaires naturels.

    Ce projet menace à la fois un territoire sacrée chez les autochtones, une importante source d’eau glaciaire et l’habitat des grizzlis. 

    Une fois de plus, c'est une société qui va mener la bataille de sensibilisation internationale face à l'abandon des autorités politiques. Au-delà du sujet central, c'est quand même une question qui méritera d'être sérieusement traitée : pourquoi c'est l'initiative privée (société ou individus) qui doit aujourd'hui mener la bataille pour la défense des derniers sanctuaires naturels ?

     

  • Sigfox et la révolution des objets connectés

    San Francisco Running

    Sigfox est une start-up toulousaine. En quelques années et en prenant techniquement le contre-pieds des choix des autres compétiteurs cette entreprise change la donne, s'installe parmi les leaders mondiaux. Elle sera bientôt à Lyon pour une présentation de ses prestations.

    Le changement est considérable dans la vie quotidienne. Prenons l'exemple de l'eau. La relève de la consommation est effectuée selon des modalités techniques diverses à une ou deux reprises dans l'année. Si des surconsommations sont intervenues (pour raisons de fuites ou pas) la réactivité est nulle compte tenu des périodes d'informations.

    Demain avec un objet connecté Sigfox :

    • le consommateur peut chaque jour avoir connaissance de sa consommation,
    • s'il a renseigné sa fiche familiale, il pourra même comparer avec le segment analogue à sa famille,
    • il est loin en vacances, il va sur son smartphone et constate qu'il a consommé de l'eau = soit fuite ou problème dans l'occupation de sa maison

    Pour la collectivité :

    • elle sectorise ses zones et chaque jour elle peut comparer les ressources adressées et les ressources consommées = identification immédiate des fuites et leur zone,
    • elle peut facturer sur des bases immédiates et sans contestation compte tenu de l'info donnée aux consommateurs puisque si le compteur tourne pendant 48 h = possibilité de fuite = le consommateur reçoit un mail + un sms d'alerte,

    Bien davantage, la collectivité a installé des objets de ce type dans :

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  • Quand le cinéma voit des réalités ignorées par des … responsables politiques

     

    Made in France film

    Made in France est décrit comme un «thriller-choc» qui décortique «la menace intérieure». Il raconte l'histoire de Sam, journaliste indépendant de culture musulmane, qui infiltre les milieux intégristes de la banlieue parisienne. Il se rapproche d'un groupe de quatre jeunes dont la mission est de créer une cellule djihadiste pour semer le chaos au coeur de Paris.

    C'est la deuxième fois cette année que la sortie de Made in France, tourné en 2014, est déplacée. La production avait décidé de retarder le lancement la première fois après le massacre de Charlie Hebdo, en janvier dernier. Le réalisateur, un ancien journaliste, a procédé à une enquête sur le terrain pour préparer son film. M. Boukhrief a fait un terrible constat qui a orienté la manière dont il a traité le terrorisme dans Made in France: «Le danger va grandissant. Chaque jour, des jeunes hommes et des jeunes femmes […] basculent dans l'islamisme. Je ne parle pas d'une armée en train de se lever en masse mais

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  • #MadeInGrenoble : UShareSoft passe sous pavillon étranger

    UShareSoft

    En passant devant le 12 rue Ampère à Grenoble (ex batiment Cémoi), peu de Grenoblois se doutaient qu'ils passaient devant l'une des entreprises les plus prometteuses : UShareSoftun éditeur de logiciels en pointe sur la simplification du delivery de solutions logiciels de virtualisation ou de cloud.

    Entreprise innovante du bassin grenoblois, UShareSoft a fait l'objet d'une rencontre très instructive en février 2014 lors de la venue de Denis Payre à Grenoble. Et son Président Alban Richard a effectué une présentation détaillée passionnante exposant une réelle vision pour les devenirs de ses métiers.

    Cette société est passée sous pavillon étranger pour 100 % de son capital. J'espère que cette évolution renforce la formidable volonté d'aventure et d'innovation qui animait cette belle équipe et qui, je le souhaite, l'anime toujours également. 

  • Le vrai tournant depuis vendredi : la fin des crédules

    Attentats paris 2 17 11 15

    Un tournant est bien intervenu : celui enfin de l'échec de la crédulité. Etre crédule, c'est croire facilement, donner la confiance "à la légère". Et l'opinion n'est plus prête à croire facilement. Parce qu'elle a déjà été trop trompée. Et que sa sécurité intérieure c'est un sujet trop important pour accepter de l'être une fois de plus comme d'ordinaire.

    Les faits :

    – il faut relire le discours du Bourget le 22 janvier 2012 et comparer avec les faits. Pour relire le discours du Bourget, cliquer sur le lien suivant : discours.

    La caricature des mots sans suite : la lutte contre la finance. Pas une action entreprise. Bien davantage, à peine élu, l'économie était confiée à un conseiller émanant de la … finance et qui aujourd'hui est passé à la case … Ministre !

    – Rungis 27 décembre 2012 : "la courbe du chômage sera inversée en 2013". Là encore relire la déclaration : Rungis.

    3 ans plus tard, la France bat les records de …. chômage.

    Et la liste est longue des mots sans lendemain. On ne vit pas dans l'univers des mots mais dans l'univers des actes. Toutes les "guerres" annoncées par le pouvoir ont été perdues par lui. Pourquoi celle-là échapperait-elle à cette liste ?

    Le discours du 16 novembre s'ajoute à

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  • Le Juge Marc Trévidic doit réintégrer ses fonctions

    Marc-Trevidic

    Il y a un moment où il faut sortir de la superficialité des choses et de la béatitude devant des postures. Prenons l'exemple du Juge Trévidic. Avec ce Juge de 49 ans, la France compte l'un des meilleurs experts de l'anti-terrorisme. Internationalement reconnu. Une vie consacrée à cette fonction risquée, difficile qui demande de l'expérience pour connaître les réseaux, les filières, les noms …

    Dans quel pays menant la "guerre" contre le terrorisme son meilleur élément serait muté en dehors de la cellule compétente pour rejoindre une fonction subalterne en province ? Nulle part. 

    Paye-t-il le prix de déclarations intransigeantes ?

    Ce qui est sûr c'est que les politiciens se couvrent de ridicules quand il y a un tel écart entre les postures et la réalité des faits.

    Au lieu de pleurer sur les plateaux TV qu'ils réintègrent celui qui est unanimement jugé comme le meilleur professionnel. 

    Tous les citoyens désireux de paix et d'efficacité devraient partager cette exigence urgente. Quand on est en guerre on ne prive pas son pays de ses meilleurs éléments ou alors il y a de sérieuses questions à se poser …

  • En finir avec un politiquement correct suicidaire

    Attentats 3 14 11 15

    La France se déclare en "guerre". Officiellement. Mais où est la riposte ? Vendredi soir en me couchant après l'information du drame, j'étais persuadé que le lendemain matin en me réveillant j'apprendrais que plusieurs terrains d'entraînement de l'EI en Syrie auraient été transformés en parking pendant la nuit suite à des raids aériens français. Mais le lendemain matin : rien. J'ai pensé que ce serait pour la nuit de samedi à dimanche. Et dimanche matin : rien. La France va "mener la guerre" comme elle fait le reste : des mots, des annonces sur les plateaux TV, des coups de mentons … mais dans les faits : rien. 

    Dans ces conditions, la France va continuer à perdre la guerre comme elle l'a perdue depuis plusieurs années déjà. Pourquoi ?

    1) Parce que ses pouvoirs régaliens n'ont plus les moyens de bien fonctionner. Il suffit de parler avec des fonctionnaires concernés pour apprendre ce que les médias nationaux ne disent pas : la pauvreté irréelle des moyens des militaires en mission à l'étranger, la pauvreté des moyens de la police comme de la justice …

    La guerre, la vraie, c'est d'abord une affaire de moyens.

    Et la France n'a actuellement pas les moyens de la faire.

    2) Parce que l'information française nuit à la mobilisation nécessaire. C'est l'information "Marie Chantal" : des discussions de salons de thé entre initiés sur des sujets secondaires. Exemple concret : la semaine dernière, en France, le gros titre était sur … la sextape de Valbuena ! Sacré dossier international… Pour avoir des informations sérieuses, il faut désormais aller les chercher sur

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  • La V ème République est en train de mourir dans des conditions analogues à la IV ème

    Attentats 14 11 15

    Le parallèle entre la fin de la IV ème République et la mort actuelle sous nos yeux de la V ème République est impressionnant. Un pouvoir politique impuissant. Des finances exsangues. Le discrédit moral des gouvernants. Des combinaisons des partis politiques irresponsables. Un pouvoir politique incapable d'assurer la sécurité. Et maintenant la guerre. Parce que c'est bien de la guerre dont il s'agit.

    Plus rien ne peut et ne doit être comme avant le 13 novembre. 

    Il est temps de regarder des réalités en face. Sortir des manifestations stériles avec les slogans qui ne veulent rien dire dont le "fameux" : "plus jamais ça". Combien d'actes graves, encore et toujours plus graves depuis le début de cette formule…

    Quand c'est la guerre, on cogne. Et en acceptant la disproportion de la riposte, bien plus terrible que l'acte d'origine. L'heure devrait donc être à l'ampleur des ripostes sur les théâtres de guerre à l'origine de ces actes et à la révision en profondeur de nombreux règlements de fonctionnement intérieur sur le territoire français. 

    Que faudra-t-il encore pour que le pouvoir politique soit à la hauteur des défis ?

  • Le vrai ennemi de l’actuel système : la réalité

    Hollande Lucette 01 11 15

    La période actuelle restera marquée par le décrochage entre la version officielle souhaitée et la … réalité. C'est la caractéristiques n°1. C'est l'histoire d'une vieille nation qui veut toujours se regarder dans le miroir d'antan et avec des dirigeants qui ne parviennent plus à ne pas être victime d'une comédie du pouvoir qui n'intéresse plus personne.

    4 exemples concrets :

    1) la COP21 : en dehors de journalistes français qui servent le scénario de la présidence française, il est clair depuis longtemps que ce sera un échec. Les promesses sur la réduction des gaz à effet de serre, publiées par près de 160 États en vue de la COP, ne sont pas inscrites dans l’accord lui-même. Elles s’appellent d’ailleurs « contributions nationales volontaires », et surtout pas « engagements ». Même en ajoutant les perspectives, les 2° du réchauffement climatique sont largement dépassés. John Kerry ajoute une précision. Cet accord « ne sera certainement pas un traité […]. Il n’y aura pas d’objectifs de réduction juridiquement contraignants comme cela avait été le cas » pour le protocole de Kyoto de 1997, que les États-Unis avaient d’ailleurs refusé de ratifier, a expliqué John Kerry, dont le pays est le deuxième pollueur mondial après la Chine.

    Kerry 25 07 15

    Le scénario du "sauveur de la planète" a du plomb dans l'aile.

    2) Le FN : si les actuelles déclarations se vérifient, il va faire un score record historique. Pourquoi ? Parce que l'opinion n'en peut plus du cirque politique qui se déroule sous ses yeux. Qu'elle paye de plus en plus cher pour des résultats de moins en moins bons. D'où ce sentiment diffus qu'il n'y a plus "rien à perdre", que "ce ne peut pas être pire" …

    3) Le rebond de la croissance :

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  • Désobéir en démocratie

    Pouvoirs nov 2015

    Superbe lecture hier soir. Le dernier numéro de la revue "Pouvoirs". Le thème : désobéir en démocratie. Les auteurs : 13 universitaires d'ordinaire bien "classiques". Il y a 20 ans, ce thème était d'un contenu prévisible : "la démocratie doit être respectée. Il faut obéir à ses règles …". Il y a 10 ans, des nuances naissaient notamment la distinction, d'ailleurs inquiétante sur le fond, entre loi et légitimité. Aujourd'hui, le système est tellement discrédité que la dernière frontière est franchie : la démocratie = la désobéissance.

    La trame de fond : formé pour obéir mais désobéir pour survivre. Obéir c'est se soumettre. C'est accepter l'horizontalité. Désobéir c'est affirmer son autonomie. C'est choisir la verticalité : être debout.

    Le système a tellement vécu d'excès que résister au système c'est faire vivre la vraie démocratie.

    Les politiciens professionnels ont cassé tout le système en France. Nous sommes passés des aigles aux coucous. Les 1ers guidaient. Les seconds prennent les réalisations des autres. Faute de tout crédit moral c'est un système entier qui s'est effondré.

    Il est souvent question de "tournant", de "crise à venir …". Le tournant a eu lieu. Et la crise est en cours de façon très active. La vraie question est désormais de savoir quel sera l'état des décombres en sortie de crise.

    Une lecture que je recommande.