Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Courir jusqu’à rêver … d’auto-stop

    DB running 19 03 16

    Surprenant après-midi hier. Un temps de printemps. Une douceur idéale pour courir. Préparer ses musiques. Chausser les baskets. Le running débute. Tout va pour le mieux. Même de mieux en mieux. Et tout d'un coup, le coup de pompe. Un sentiment irréel qui transforme une ligne droite en un champ d'horizon donc un bout inatteignable. Porter toutes les années même celles que l'on n'a pas encore. S'interroger sur le temps du retour. Et rêver d'auto-stop. Je n'ai jamais pratiqué l'auto-stop. Entrer dans une voiture que l'on ne connait pas. Découvrir des odeurs qui peuvent être désagréables. Devenir dépendant d'un tiers. Tout cela ne correspond pas à mes repères. Mais hier, j'ai rêvé d'auto-stop. Tous les freins habituels étaient levés. Chaque voiture devenait l'aide éventuelle pour rentrer. Facilement. Rapidement. Sans effort. Ne pas faire signe mais espérer qu'une personne que je connais s'arrête. Une des voitures s'arrête pour parler. Pour dire bonjour. Une embellie. Mes "sauveurs" sont donc arrivés. Je regarde avant d'évoquer cette hypothèse. Sur le siège avant (seul praticable) deux passagers mais … un siège bébé. Donc impossible. Difficile de solliciter de retirer un siège bébé aussi bien ancré. C'est l'auto-stop qui refusait l'expérience que j'acceptais pour une fois. Comme quoi, il y a des rendez-vous qui manifestement ne sont jamais faits pour intervenir. 

  • Periscope passe en tête des téléchargements en France

    Periscope 17 04 15

    Dès l'origine, j'ai signalé l'importance majeure de cette application : faire vivre le direct par la vidéo sans limitation de durée. Le dernier exemple en date en France : hier après-midi, Patrick Labaune diffusait via Periscope la présentation des mesures en faveur du pôle numérique de la Drôme. Une initiative très réussie.

    Actuellement, Periscope passe en tête des téléchargements en France. Une fois de plus, les français montrent le même comportement face aux nouvelles technologies : démarrer après les autres mais vite rattraper le retard. 

    Cette application est la vraie nouvelle génération de l'information numérique. Des vidéos en direct sans limitation de durée. Voir un événement, une réunion comme si on y était. 

    Une nouvelle étape s'engage et elle promet des changements forts au moins autant que la première. Alors, à bientôt sur Periscope.

  • Qu’est ce qu’on fait aujourd’hui ? Des images !

    Angelina jolie

    C'est du show-biz. Une caricature. Régulièrement, une vedette du show-biz fait sa promo en faisant des … images. Ephémères. Ces images ne règlent rien. Mais dans le narcissisme ambiant, c'est le coup de projecteur pour s'associer à une cause consensuelle. Les règles sont simples. Vestimentaires : très prolo. Le bonnet de Judd Law à Calais. Ou hier la robe "mormone" d'Angelina Jolie. Bien scénarisé : la larme indispensable. Et surtout compter sur la complicité avec les journalistes pour faire humble, très humble.

    C'est le seul moment de "vérité". Il y a de quoi faire humble car quand les intéressés repartent, rien n'a bougé. Ils n'accueillent pas une seule famille de migrants dans l'une de leurs propriétés. Qu'ont-ils fait ? Des images ! C'est tout.

    Et les médias accompagnent. Suivent. Des médias qui en France sélectionnent très rigoureusement les images :

    • la gauche n'aime pas voir le Brésil dans la rue pour protester contre la corruption du pouvoir = peu d'images,
    • Brésil
    • Benzema est présenté comme entendu en "audition libre". Il passait sur le trottoir, a vu de la lumière. Il est entré. Il a sifflé un juge qui a pris sa déposition. Puis il est reparti. Mais dans le dossier Notre Dame des Landes, le gendarme qui était sur le terrain exécutant la décision prise dans le salon doré d'un ministère est … convoqué. Le mot change !
    • Itélé bat le record de ces mots ou images terriblement sélectionnés. Itélé fait-il toujours de l'info ou est-ce un salon de promos : la question est ouverte quand chaque intervenant fait la promo commerciale de son livre, son film … ?

    Un climat irréel qui explique le discrédit nouveau des médias dans l'opinion. Grave et dommage. Et de moins en moins supportable.

  • La naufrage de la raison mimétique

    Trump 12 03 16

    Pourquoi la période actuelle va très mal ? Parce que la raison mimétique a trop régné. La raison mimétique, c'est quoi ? C'est la sécurité de penser comme l'autre, comme l'opinion dite dominante. Par mimétisme !

    Prenons 4 exemples concrets d'actualité de mimétisme :

    1) "Trump est un bouffon" : c'est la mode en France de se moquer de Trump qualifié de fou, bouffon … Mais dans la seule journée du 15 mars, Trump a collecté 3 187 233 suffrages sur seulement 5 Etats. 3 187 233 personnes votent donc pour installer un "bouffon" à la présidence. Raisonnement indéfendable.

    2) "Il y aura 15 candidats à la présidentielle en France" : la présidentielle en France c'est être capable au minimum de sortir 3 millions d'euros pour les seuls frais légaux de campagne. Pour ceux qui ne sont pas assurés de franchir le seuil des 5 % donc de bénéficier des remboursements par les contribuables, ils sont combien à pouvoir assurer ce "risque financier" ? Aucun. A quoi cela sert-il de s'emballer sur des fausses candidatures vouées à se terminer dans la discrétion des retraits de week-end d'été ?

    3) "Trump est dangereux, il n' jamais géré de

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  • Les idées de Trump largement majoritaires en France

    6 tableaux (issus du sondage de référence CEVIPOF / Sciences Po Paris Janvier 2016) montrent l'immensité du divorce entre le "politiquement correct" français et la réalité de l'opinion. Un déni des réalités de plus en France et une hypocrisie qui s'ajoutent à la liste de tous les fossés entre le déclaré et le … vécu. Il faudra bien un jour que la réalité des chiffres soit davantage respectée en France. Des réveils s'annoncent douloureux …

    Sur quoi repose les thèmes de Trump ?

    1) "Il faut sanctionner le système politique sortant qui ne mérite plus le respect".

    C'est ce que pensent les Français.

    Politique 1

    La preuve :

    2) "Il y a trop d'immigrés".

    Que disent les Français sur ce thème ?

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  • Combien de « quilles » doivent encore tomber plus bas ?

    CEVIPOF 14 03 16

    D'ordinaire les médias s'alimentent des sondages. Et pourtant, un sondage a échappé à cette habitude. Celui du CEVIPOF sur le baromètre de la confiance. La raison probable : c'est la fessée généralisée à toutes les institutions dont les … médias. 

    Mais c'est pourtant l'un des sondages reconnu comme parmi les plus rigoureux.

    Le constat : il y a le feu partout. Aucune institution française n'inspire le respect et la confiance.

    Combien de temps encore ce climat va-t-il durer ?

    Combien de "quilles" doivent tomber plus bas ? Et ce "plus bas" est-il tout simplement possible ?

    C'est une véritable crise systémique qui intervient actuellement : un système qui s'auto-détruit tant sa décomposition est actée, ostentatoire.

    Jusqu'où les acteurs politiques pourront-ils faire comme "s'il n'en n'était rien ?".

    Pour prendre connaissance de ce sondage dans sa totalité, cliquer sur le lien suivant : le baromètre de confiance.

    La lecture est très instructive sur le moral des français !

     

  • Quand chacun se sent agressé …

    Trump 14 03 16

    Séquence collective étonnante actuellement : celle du quand chacun se sent agressé. La présidentielle américaine bat des records sur ce terrain. Mais le même climat est présent en France et va s'exprimer prochainement. Deux exemples concrets :

    1) Les lycéens défilent sur le projet de loi du travail pour dénoncer la précarité. Mais qui défile pour dénoncer la précarité de celui qui ne connait pas le chiffre d'affaires d'un mois sur l'autre ? Cette précarité concerne des dizaines de milliers de PME, TPE, artisans, commerçants …

    Le président des étudiants UNEF a 27 ans et il cherche à terminer un second cycle d'économie sociale et solidaire. Mais qu'il commence à réussir ses études personnelles le garçon et il viendra ensuite donner des leçons à la société entière…

    Il se sent agressé par la loi sur le travail. Moi je me sens agressé quand c'est un profil de ce type qui parle au nom de la jeunesse qui travaille ou qui veut travailler. 

    Et la liste serait longue de perceptions de ce type.

    2) Quand Hollande, Valls et Cie ne tirent aucune conséquence des

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  • Edition en France : toujours à la recherche du nouveau modèle économique

    Librairie

    Les Presses Universitaires de France (PUF) font actuellement une opération de communication sur l'impression d'un livre à la commande. Est-ce l'évolution vers un nouveau modèle efficace pour sauver l'édition papier en France ?

    En effet, les PUF ont choisi «l'Espresso Book Machine» (EBM), un robot imprimeur créé par l'Américain Xérox et exploitée en France par le programme Irénéo. En librairie, les clients auront à leur disposition des tablettes sur lesquelles ils choisiront parmi une sélection de «près de 5000 titres du fonds et des nouveautés PUF, ainsi que plusieurs titres internationaux du domaine public», selon le communiqué. L'ouvrage choisi sera ensuite imprimé sur place en quelques minutes. Chaque impression ne pourra en revanche dépasser les 850 pages.

    Est-ce enfin le nouveau modèle qui relance l'édition en France ?

    Non. C'est une opération de niche. Sans plus. La relance du marché sinistré de l'édition papier en France suppose des mesures d'une autre ampleur. Des exemples concrets :

    1) supprimer le prix unique du livre : Lang a été le premier collaborateur des grosses maisons d'éditions. Où est la force d'un "petit" ? Dans sa réactivité immédiate. Le prix est l'un des facteurs de réactivité. Le prix unique du livre lui interdit cette réactivité. Le prix unique du livre, c'est la rente de situation des grosses maisons d'éditions,

    2) introduire des contraintes de proximité géographique pour les commandes publiques : la Province de Québec a mis au point un dispositif très performant en la matière,

    3) légaliser la publicité TV pour le livre : les émissions dites culturelles passent à 2 heures du matin quand il n'y a plus personne devant la TV et les publicités commerciales sur les livres sont interdites (encore loi Lang !). Conclusion : on ne parle jamais des livres. Or une vraie locomotive commerciale tire tous les wagons de l'édition. Donc chacun gagne à des locomotives de ce type.

    Faute de ces mesures, l'édition papier est devenue un marché sinistré en France. La loi est faite par les diffuseurs – distributeurs. Les libraires ferment les uns après les autres. Les éditeurs régionaux indépendants ont disparu. 

    Le nouveau modèle est dans le numérique en dehors de segments de niches. C'est l'analyse qui avait été la mienne dès

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  • La « révolution Trump » n’est qu’à ses débuts …

    Trump dessin

    La "révolution Trump" actuellement en cours aux Etats-Unis appelle trois commentaires. 1) D'abord est-ce bien une "révolution" ? Oui. C'est une rupture tellement profonde et brutale dans les usages que la situation actuelle peut mériter le mot de "révolution".

    2) De quoi marque-t-elle la victoire ? Du populisme. Le populisme c'est quoi ? C'est quand le peuple a acquis une double conviction. D'une part, il a eu raison avant, voire contre "l'élite". D'autre part, parce qu'il a pris conscience d'avoir eu raison le premier, il n'accepte plus de ne plus être écouté, considéré.

    3) Trump a-t-il été l'initiateur de cette rupture ? Non. En spécialistes du marketing, ses équipes ont analysé le phénomène et Trump a accepté d'en devenir le narrateur à l'opposé de ses ancrages publics anciens y compris lorsqu'il était pro-démocrate officiellement. C'est un positionnement marketing très professionnel.

    Cette révolution n'est qu'à ses débuts parce qu'elle est d'abord l'expression de la répulsion de l'opinion face aux systèmes inefficaces, corrompus, irresponsables.

    Le dessin qui résume le mieux la "révolution Trump", c'est le dessin ci-dessous. Le système c'est le

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  • Nouvelles technologies : jusqu’où ira la correction apportée par les marchés ?

    Jack Dorsey 11 03 16

    Deux questions majeures exigent une réflexion de fond actuellement :

    1) jusqu'où les banques centrales peuvent doper l'activité avec un loyer de l'argent aussi faible ? Et surtout quand et comment assurer la sortie de ce dispositif sans trop de "casse" ?

    2) jusqu'où ira la correction apportée par les marchés sur les valeurs de nouvelles technologies incapables de réaliser du CA et pire encore d'être rentables ?

    Depuis longtemps déjà, c'est un sujet abordé dans mes articles.

    Mais les "corrections" atteignent désormais des ampleurs particulièrement significatives.

    Des exemples concrets sur les 12 derniers mois :

    • l'action Twitter est passé de 45 € à 17 €,
    • l'axction Fitbit est passée de 30 € à 14 €,
    • l'action GoPro est passée de 38 € à 13 €

    Comme ces valeurs emblématiques ont qualité de comparables pour des multiples de valorisations, c'est l'ensemble des levées de fonds qui est corrigé en conséquence.

    C'est très inquiétant pour l'économie française de constater combien elle a été incapable de profiter des circonstances particulières ces 4 dernières années à la différence de la quasi-totalité des autres économies qui ont purgé une partie de leurs défauts (Portugal, Espagne, Italie …) et combien elle s'engage maintenant fragile dans des circonstances qui peuvent être considérablement plus rudes.