Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Les primaires françaises et le pas dans le vide

    Obama 14 04 12 bis

    Pour avoir participé à de nombreuses équipes de campagnes lors de primaires américaines, à 6 mois d'un vote dans ce cadre je n'ai jamais constaté une telle démobilisation qu'actuellement dans les primaires … françaises. Le discours officiel "ils seront 3 millions à voter". Pourquoi ce chiffre ? Réponse souvent donnée : "parce qu'il est probable". Une réponse de ce type, c'est le pas dans le vide, le saut de la foi comme dans Indiana Jones.

    Mais actuellement, c'est le néant. Ou plutôt le seul militantisme du clic. Avec les réseaux sociaux, cliquer pour "aimer", pour retwitter …

    Donc d'abord le règne de l'entre soi.

    Les vraies primaires, c'est quand dans les Communes des équipes se créent, travaillent, distribuent, font du porte à porte pour alimenter des fichiers bien renseignés. Combien de permanences de proximité ouvertes ?

    C'est aussi des candidats qui passent du temps sur le terrain. Leurs collaborateurs qui se déplacent pour

    (suite…)

  • Economie : la belle forme de Hop !

    Hop 15 04 16

    En France, il est de bon ton de mettre en évidence les échecs. Il devrait être au moins aussi agréable de mettre en lumière les … succès. C'est le cas de Hop ! pour les liaisons aériennes intérieures françaises. Depuis un an, Hop ! assure l’ensemble des vols court-courrier en France et en Europe proche. Le taux de remplissage moyen est de 72,3 %. Le déficit a été réduit par 2 entre 2012 et 2014. Puis il a été encore divisé par 2 entre 2014 et 2015. La ponctualité est remarquable. Les efforts faits sur l’amélioration de la ponctualité des vols ont donné des résultats manifestes. Même dans les temps de tempêtes de cet automne et cet hiver, la ponctualité est restée exemplaire.

    Pour les villes dotées d'un aéroport de proximité, la qualité des liaisons par ce support améliore désormais considérablement la performance économique de ces villes. 

    Par rapport au TGV, c'est une nouvelle donne importante que cette réussite qui change fortement les contraintes de communication. Une réussite qui mérite d'être saluée.

    Hop 2 15 04 16

     

  • La belle respiration

    Landes 14 04 16

    Déplacement professionnel chargé mais heureusement un temps de belle respiration au bord de l'Atlantique. 30 minutes de soleil et de vent dynamisant.

  • FMI : sur la route des crises généralisées

    FMI 12 04 16

    Hier, le point de conjoncture du FMI avait de quoi démoraliser même les plus optimistes. Et pourtant aucun diagnostic n'échappait à la lucidité nécessaire. Quant à la France, le FMI accélère son déclassement …

    Avec ce niveau de stress, le mouvement Nuit Debout a bien choisi son nom. Il y a en effet matières à insomnies …

  • L’échec n°1 de F. Hollande : quand la France devient une « nation d’ennemis »

    Nuit debout 12 04 16

    Rarement à ce point la France semble devenue d'abord une nation d'ennemis. Pour reconstituer son fonds de commerce électoral, la gauche veut faire revivre la lutte des classes. C'est reparti pour le choc entre le "patronat exploiteur qui se gave" et les "travailleurs exploités". A ce schéma, la droite répond en opposant les "travailleurs sur-imposés" face aux "branleurs fainéants qui ont droit à tout sans rien faire". Puis les catholiques stigmatisés par les affaires de pédophilie dans l'Eglise très largement couvertes dans les médias opposent la "pédophilie discrète" dans l'enseignement public. Bien entendu, à ce tableau, il manque la crise de l'identité quand l'islam met en question les fondements religieux de la France. Et le tout dans un contexte où les médias deviennent les "ennemis de la vérité puisque, comme chacun le sait, les médias sont aujourd'hui tantôt tenus par le grand capital qui les muselle et quand ce n'est pas le cas ce sont les gauchistes qui en font leurs terrains d'expressions".

    Bref, en France, dans ce contexte, l'ennemi est partout. L'autre est quasi-systématiquement un ennemi. L'ennemi est le voisin de chaque instant. Et dans le cadre du décrochage des mots de tout sens réel, le PS va proposer le terme … "alliance" pour vivre la campagne présidentielle 2017. 

    Actuellement aux Etats-Unis, Obama bat des records de popularité parce qu'il a su détendre la politique, tenter de faire vivre l'entente ce qui était son choix majeur en 2008.

    Obama 3 08 08 15

    S'il pouvait être un peu plus influent intellectuellement en France dans ce domaine, ce serait agréable et utile. Ce climat de "guerre civile permanente" est d'une improductivité absolue. Et surtout cette instrumentalisation est une terrible manipulation au détriment des citoyens. 

    Il faut dire que le Gouvernement donne l'exemple de cette nouvelle mentalité. Jamais à ce point un Gouvernement n'est aussi ouvertement l'expression d'inimitiés fortes. Valls / Macron, Eckert / Baylet … Même dans cette instance, l'autre semble l'ennemi.

    C'est assez surprenant de constater que l'un des pays qui passe son temps à se moquer le plus de Trump est celui qui vit déjà dans son univers conceptuel sauf pour le sacre de l'argent bien sûr ...

     

  • Ne pas vouloir ce dont on n’a plus envie

    Liberté 02 03 14

    Contrairement à de nombreux commentaires sévères sur le mouvement Nuit Debout, j'ai toujours beaucoup de tendresse pour celles et pour ceux qui s'engagent dans de telles opérations. D'abord, tout ce qui témoigne de l'engagement est sain, positif, dynamique. Il est possible de ne pas être d'accord mais rien n'est pire que l'abandon, la résignation, la haine sourde rentrée qui voue aux pires réflexes. Or s'engager, c'est d'abord ne pas abandonner. Ensuite, la citoyenneté c'est la fête de l'égalité. Et il faut des domaines où l'égalité règne. Cette victoire de l'égalité c'est la preuve de la considération accordée à chaque être humain loin des barrières culturelles, loin des classements matériels. Ce progrès de la citoyenneté, c'est l'une des plus belles conquêtes de notre civilisation occidentale sans considération de religion, de sexe, d'origines. C'est le plus beau progrès conquis après des siècles de souffrances, de luttes, d'injustices. 

    Mais surtout, des mouvements de ce type sont l'affirmation d'une qualité essentielle : ne plus vouloir ce dont on n'a plus envie. Ce combat c'est la plus belle affirmation de soi.

    Je suis souvent surpris quand je constate dans de telles circonstances les reproches effectués. 

    Il faudrait interdire parce qu'il y aurait de la violence. Interdit-on le football où règne si souvent une violence considérable ?

    Chaque fois qu'il y a quelque chose de neuf, il faut interdire ce que des usages acceptent pourtant par ailleurs. C'est un réflexe français appliqué dans tous les domaines. En matière économique, le dernier exemple a été le paiement par Internet. Des tricheries vouaient certains à demander l'interdiction de payer par Internet. Mais a-t-on interdit les billets sous prétexte de la fausse monnaie ? A-t-on retiré les chèques au motif des chèques en bois ? Non. Et la liste pourrait être longue.

    Pourquoi demander à ce qui est neuf ce qui n'est pas respecté par des usages anciens ?

    Pourquoi condamner tout de suite à prendre fin ?

    Il faut attendre. Laisser une chance. Pourquoi faudrait-il considérer que demain doit nécessairement être pire qu'aujourd'hui ? Pourquoi faudrait-il avoir une cravate et un cursus pour pouvoir s'exprimer ? Jusqu'où sera-t-il possible d'exclure en pensant que les exclus n'ont que vocation à accepter ?

    Dire non, c'est parfois le plus beau oui pour autre chose. 

    Actuellement, le pays de la citoyenneté ne s'honore pas à condamner aussi rapidement un Mouvement qui mérite l'écoute, le respect et l'attention. Attendons au moins la communication des propositions. 

  • La faucille du temps qui se venge

    Nuit Debout 1

    Le déroulement d'un mandat public en France répond désormais à des cycles assez classiques. Première étape : l'installation du pouvoir : à cette étape, en dehors des militants irréductibles opposés au vainqueur, à entendre les déclarations, tout le monde a voté pour le … vainqueur. Une approche qui témoigne d'un légitimisme assez sain en démocratie mais aussi d'un clientélisme assez malsain sur le thème "pourquoi s'opposer à un pouvoir dont il est possible d'avoir besoin ?". Cette période dure deux ans.

    A mi-mandat, l'interrogation naît. Quand le bilan du pouvoir en place (national ou local) est "délicat", l'expression devient interrogative.

    Puis c'est la dernière année du mandat. Et si le pouvoir a déçu, la faucille du temps qui se venge frappe. Implacable. Plus la déception a été forte, plus la faucille est actionnée alors avec vigueur. Plus les deux premières années de mandat ont été marquées par la "compréhension" face aux engagements non tenus, plus la dernière année s'annonce redoutable. Comme si le temps de la complicité devait être chassé par le temps de la "facture". Ainsi fonctionne la démocratie française à tous les niveaux. Nuit Debout n'innove pas. C'est la reconnaissance de ce cycle maintenant classique de la démocratie en France. 

  • Souriez : le reste suivra !

    Le Gratin Dauphinois

    Hier , le plaisir de découvrir sur Grenoble un nouveau restaurant qui a ouvert début avril 2016 : Le Gratin Dauphinois. Une superbe découverte. Une qualité d'accueil particulièrement agréable, ce qui est malheureusement trop rare dans d'autres établissements. Dans beaucoup d'autres endroits, à peine arrivés, on a le quasi-sentiment de … déranger. Là, à l'opposé, l'accueil est chaleureux, hyper sympa. Du sourire ! Une table excellente à un prix très raisonnable. Bref, toutes les qualités. Digne de la rue Mercière de Lyon qui est pour moi une véritable référence de restaurants de vraie qualité.

    Les Enfants Terribles

    Toutes mes félicitations à Sylvain Rosset pour cette nouvelle initiative. A quelques pas de la gare de Grenoble, c'est une belle réussite :  52 avenue Félix Viallet. 

    Le Gratin Dauphinois 2

  • Marche ou crève : la vraie réalité du moment !

    Do it 01 07 12

    Au rythme des tendances structurelles actuelles, dans trois décennies la France sera sur la porte de sortie des 10 premières puissances économiques mondiales ! Que faut-il pour changer ? Trois qualités qui font terriblement défaut : la lucidité, la volonté, l'ambition.

    La lucidité, c'est quoi ? Regarder les faits comme ils sont. Les accepter. Ne plus se nourrir d'illusions ou de faux débats.

    la volonté, c'est quoi ? C'est la vitamine intérieure qui donne la force des progrès. Le refus des abandons. Du statu quo. De l'immobilisme. Depuis plusieurs mois déjà un entrepreneur français a posé ce socle : Manuel Diaz.

    Manuel Diaz

    Des profils de ce type sont les conditions du rebond de notre pays. Les Etats-Unis ont des moteurs de ce type. Ils partagent leur énergie et non pas les pleurnicheries. Ils ont la gnaque. Et la gnaque contagieuse ! Quel plaisir. La France ne doit pas seulement changer sa représentation politique. Elle doit changer tous ses corps intermédiaires. Prenons deux exemples concrets : la loi sur le travail et la

    (suite…)

  • L’alerte de Powa Technologies …

      Powa Technologies

    L'aventure de Powa Technologies passe relativement inaperçue en France. Au départ, cette société britannique, créée en 2007, est valorisée plus de 2 milliards de dollars en 2014 au titre des "licornes" les plus prometteuses. Sur les seules trois dernières années, elle a levé plus de 250 millions de dollars dont une très large majorité de ce capital-investissement auprès de Wellington Management. 

    Seconde quinzaine de février 2016, elle se met sous administration judiciaire avec 250 000 dollars en caisse et 17 millions de dollars de dettes. La société s'avérait incapable de faire des recettes ! Elle ne savait que consommer l'argent levé …

    Au moment où il est tant question de "finance folle", c'est quand même fabuleux de constater l'écart qui peut exister entre des demandes d'entrepreneurs qui ont des métiers qui produisent des recettes et qui luttent avec difficulté pour obtenir des prêts bancaires et les "facilités" de sociétés qui font "rêver", qui obtiennent des dizaines de millions de prêts alors même que leur métier ne leur permet pas de faire entrer des … recettes.

    Il y a quand même là un écart que le moindre bon sens élémentaire peine à accepter. Les banques ont vraiment pris trop d'autonomie face aux pouvoirs publics qui ont depuis longtemps renoncé à la moindre régulation bancaire sérieuse.