Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • J – 36 : 2016 : l’enfant de … 2010 ou quand, dans une démocratie, l’opinion a toujours raison …

    Trump 05 04 16

    Le véritable phénomène nouveau majeur de la démocratie américaine date de novembre 2010 avec l'émergence du Tea Party. En 2008, la victoire de Barack Obama a été d'abord la victoire d'un leader charismatique face au rejet des "années Bush" qui avaient installé une réelle détestation de l'ensemble du camp des Républicains dont John McCain pourtant très distant vis à vis des "années Bush". En 2010, les élections intermédiaires de novembre ont été marquées par la poussée du Tea Party. Des candidats locaux ont alors soutenu des thèses et déployés des termes qui sont actuellement ceux de Donald Trump.

    En 2012, la ré-élection de Barack Obama a été, une fois de plus, celle d'une personnalité, d'un style. Mais sur le fond, le Tea Party progressait toujours dans le camp des Républicains. 

    Lors des élections intermédiaires de novembre 2014, nouvelle progression des idées et des candidats du Tea Party. La démission de John Boehner de sa fonction de Speaker montrait en 2015 l'incompatibilité des thèses entre les modérés et les radicaux au sein même du Parti républicain.

    Et en 2016, un candidat, Donald Trump, reprenait les thèses, les termes et remportait la primaire des Républicains.

    Cette leçon montre que, quand une démocratie ne veut pas régler sérieusement les problèmes portés par l'expression populaire, elle s'expose à être débordée. Elle ne fait que repousser le problème. Dans une démocratie, l'opinion a toujours raison. Ceux qui ne veulent pas entendre les alertes prennent la responsabilité de faire augmenter l'impact des problèmes non traités. 2016 est l'enfant de 2010. C'est une expérience à méditer dans de nombreuses autres démocraties dont la France face à des expressions populaires que des accords de partis visent à canaliser, à contenir. Jusqu'à quand ?

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  • Quand consulter le peuple c’est devenir … populiste !

    Voter 02 10 16

    Face aux guerres modernes (religions et climat), un système politico-médiatique perd manifestement ses repères. A l'exemple ce jour des commentaires sur la Hongrie et son référendum sur les conditions d'accueil de personnes extérieures où il est question de "populisme" parce que les citoyens sont consultés par référendum. 

    Le vote populaire qui devrait relever du beau temps dans une démocratie est présenté comme un bulletin météo d'orage dans une démocratie. Un non sens absolu. 

    L'accusation de populisme devient actuellement l'injure suprême, la disqualification de la part de directeurs de conscience qui ont progressivement interdit des mots (à l'exemple du mot "race"), défini le mauvais goût (à l'exemple y compris de menus dans des cantines scolaires), pour qui la démocratie doit se construire et vivre sans le … peuple.

    Pour cette classe, tout est supposé permis sauf ce que cette classe politico-médiatique réprouve. Cette "église moderne" est supposée lutter contre tous les interdits sauf les … siens. Des interdits qu'elle véhicule avec nonchalance comme une douce évidence mais avec pour voisine permanente une rigueur implacable.

    Le problème pour cette paroisse qui ne dit pas son nom c'est que ses méthodes commencent à être décryptées, refoulées, rejetées.

    Quand dans une démocratie le peuple est consulté c'est que la démocratie fonctionne. Vive ce populisme en regrettant que la "consultation populiste" ne soit pas plus fréquente dans tant d'autres démocraties soit nationales soit locales.

  • COP21 : la différence considérable entre l’objectif et les moyens

    Californie 3 09 09 16

    Hier, pour ne pas être à la traîne d'autres grandes puissances, l'Union Européenne a accéléré son processus de ratification de l'accord de Paris (COP21). Elle y avait également intérêt pratique pour ne pas être à l'écart de certaines discussions de la COP22 qui s'ouvre prochainement au Maroc. C'est un dispositif international important dans la lutte indispensable contre le réchauffement climatique qui est une menace réelle majeure déjà constatable.

    Ce qui est étonnant en France, c'est la méthode mise en oeuvre pour ratifier cet accord. Dans de très nombreux autres Etats, à l'exemple de l'actuelle discussion parlementaire au Canada, le processus de ratification s'accompagne d'un acte précis d'orientation sur les mesures concrètes à mettre en oeuvre pour que l'Etat concerné respecte sa contribution à cet accord.

    En France, la ratification est intervenue seule. L'objectif est affiché. Mais les moyens pour atteindre cet objectif ? Tout reste à faire ! C'est un jeu lassant que de séparer ainsi l'objectif et les moyens. Trop de médias se complaisent dans cette technique du simple affichage. Cette méthode conduit à toujours repousser le traitement sérieux d'un dossier. Si bien que la spécialité française c'est de ne jamais régler un dossier une fois pour toutes. Cette superficialité permanente fait que le même sujet revient de façon récurrente avec ce sentiment des crises toujours pendantes qui minent le moral collectif : le pays où les mêmes crises vont de ré-inviter en permanence comme la veille … C'est aussi ce constat qui explique l'actuelle perception d'impuissance publique.

    Californie 2 09 09 16

  • 30 ans et déjà l’âge de l’épuisement …

    DB Barnier JO

    Il y a 30 ans, les assemblées régionales nouvellement élues pour la première fois au suffrage universel direct débutaient leurs travaux pour le budget 1987. Effectuer alors les arbitrages budgétaires était un plaisir réel tant la marge de manoeuvre financière était élevée. Très peu de fonctionnement. Beaucoup d'investissement. 30 ans plus tard, les régions ont sombré dans les travers des autres collectivités publiques françaises : fonctionnement, dette … La spirale classique de l'épuisement est en marche.

    A l'âge de 30 ans d'existence sous la forme d'une collectivité élue au suffrage universel direct, ce qui est très jeune, ces collectivités sont épuisées financièrement et elles ont déjà vécu une réforme du mode de scrutin et une réforme de leurs contours territoriaux. 

    Conseil Régional 1986

    Nulle part ailleurs, une telle instabilité juridique n'existe. 

    Bien au contraire, la force d'institutions naît de leur ancrage dans la durée. 

    Tant que les citoyens français n'auront pas la capacité à sortir de l'immédiateté pour se poser des questions de ce type à savoir comment et pourquoi une collectivité publique peut être épuisée après seulement 30 années de focntionnement, le déclassement de ce pays continuera. 

    Comment est-il possible d'être épuisé à 30 ans après avoir déjà connu deux "opérations" lourdes (l'une sur le suffrage et l'autre sur son territoire d'actions) ? Si cette structure était une entreprise, elle aurait été liquidée depuis longtemps dans un tel contexte d'épuisement. Mais là, l'argent des contribuables pousse toujours à repousser la durée du coma collectif. Irréel à ce point.

     

  • Présidentielle US 2016 : l’information via les réseaux sociaux ou la nouvelle âme de la nation

    Harvard 2 29 08 16

    Selon le Pew Research Center, actuellement près de 75 % des Américains s'informent sur la présidentielle 2016 via les réseaux sociaux là où ils étaient près de 40 % en 2012. C'est donc une progression considérable. En France, il n'y a pas d'étude disponible aussi détaillée mais le constat de la progression permanente des audiences sur les réseaux sociaux montre une tendance forte identique à la progression des réseaux sociaux dans les supports d'informations choisis par les citoyens.

    L'un des volets qui se développe considérablement en dehors de l'audience, c'est le fact-checking : la vérification des faits. Un chiffre est énoncé : est-il juste ou faux ? Une comparaison est faite : juste ou fausse ? …

    La forte audience + le fact-checking révolutionnent le circuit classique de l'information : c'est la chute du sacré. Hier, le sacré résidait dans le support institutionnel et dans la parole officielle. Aujourd'hui, cette information officielle c'est de la moraline juste bonne à susciter les réactions, les vérifications. 

    Tant que les professionnels de la politique n'accepteront pas en France cette double révolution (la diversité des sources d'informations comme la culture de la vérification des faits), le fossé restera important entre les citoyens et la classe politique. L'opinion n'est pas ingrate. Elle est devenue plus exigeante. Elle n'est pas indisciplinée. Elle est devenue plus mature donc indépendante. L'âme de la nation a changé dans son rapport avec l'information officielle donc avec le pouvoir. 

     

  • Drôme saveurs : une application remarquable à pratiquer

    Abricots

    Lundi 26 septembre, le département de la Drôme a mis en service une application remarquable : Drôme saveurs. L'objectif : favoriser la consommation auprès des producteurs locaux et le tourisme de proximité. Une excellente idée. Patrick Labaune qui préside le conseil départemental de la Drôme vient de lancer cette application particulièrement réussie.

    Drôme bis 28 09 16

    Au moment où il est tant question d'aider à juste titre les producteurs locaux comme de contribuer à la découverte des merveilles de proximité, c'est une application très réussie. Une initiative à découvrir, à pratiquer et qui devrait inspirer de nombreux autres départements. C'est concret, simple et utile. Toutes les qualités pour faire et non pas seulement parler sans lendemain. La technologie au service du quotidien pour mener de belles causes (producteurs locaux et environnement de proximité) : un bel exemple. 

     

  • Une période formidable : émois mais surtout « et moi … »

    Clinton 27 09 16

    La photo ci-dessus est une caricature de l'évolution de la politique américaine avec la campagne 2016. Elle ne vit plus sur la raison mais sur des émotions : colères, angoisses alimentées … Et surtout c'est le règle du "moi". Les personnes qui se sont déplacées pour écouter Hillary Clinton lui tournent le dos pour faire le selfie. Et Clinton est montée sur un petit "tremplin" pour paraître plus grande. En une photo, tout n'est qu'artifice. Inquiétant quand même à ce point …

  • Jean Boissonnat et l’enjeu de la prise de conscience

    Boissonnat Jean

    Une journée particulière non seulement par la disparition si accélérée d'une personne de ma famille vers laquelle vont toutes mes pensées les plus tristes et affectueuses mais aussi en plus avec le décès d'un journaliste qui a structuré une partie importante de ma formation intellectuelle : Jean Boissonnat. Pour la personne de ma famille, je sais combien ses proches tiennent à l'intimité et à la discrétion que je respecte. Pour le journaliste, c'est un article qui vise à exprimer toute ma reconnaissance. Quelle chance d'avoir pu vivre une période où étudiant je dévorais les éditos de Jean Boissonnat.

    Une époque où le débat sur les enjeux collectifs étaient animés par lui, par Raymond Aron, par Jean Lacouture, par Jean Guitton, Jean François Revel, Claude Imbert, Françoise Giroud … Ce fut un privilège considérable. Aujourd'hui, pour Jean Boissonnat, c'est une expression de tristesse bien sûr mais surtout de reconnaissance.

    Le regret aussi que les générations suivantes n'aient pas pu bénéficier de tels talents au moment où désormais les comiques troupiers séquencent les images et pas les idées quand ils ne se vautrent pas dans une vulgarité pathétique.

    Ses livres sont un merveilleux refuge pour ne jamais perdre de vue des vrais enjeux dont le plus important : la prise de conscience individuelle.

    Pour tous ses écrits magnifiques, merci !

    Boissonnat décès

  • Twitter ou le début d’une éventuelle très belle séquence …

    Twitter bourse 25 09 16

    Le fait le plus important de la semaine écoulée : le bond de Twitter en bourse. Pourquoi ? Parce que derrière ce bond en bourse se cache peut-être l'ouverture d'une très belle séquence. De quoi est-il question ? De la fin du cycle des valeurs qui puisent leur fonctionnement chez les investisseurs et non pas chez les clients. Tout au long du premier semestre 2016, j'avais indiqué que ce cycle s'approchait. Il est probablement en train de s'engager.

    Les investisseurs ont misé sur des schémas de développement. Dans ce cadre, le coeur du "contrat" est sur l'année d'équilibre et ensuite sur le rythme de retour sur investissement.

    Pour de très nombreuses entreprises de nouvelles technologies, cette année d'équilibre est différée en permanence. 1ère conséquence concrète : les investisseurs sont moins téméraires dans les introductions boursières comme dans les augmentations de capital. C'est le cycle ouvert depuis mi-2015.

    Puis il y a une deuxième étape, les investisseurs initiaux ne veulent pas "remettre la main à la poche" et dans ce cas la société concernée doit vendre sa place de marché. Comme bon nombre de ces sociétés ont désormais construit leur développement sur des fonds levés en bourse, le rachat donne mécaniquement une sécurisation qui valorise le cours au moins temporairement après une "période d'agonie".

    Depuis le début des années 80, deux cycles systémiques de ce type sont intervenus. Le 1er a concerné la vague des OPA des années 80 quand l'économie découvrait les avantages de la taille et de l'internationalisation. la constitution du groupe LVMH est un exemple emblématique de cette époque. La seconde vague date du milieu des années 90 quand les entreprises ont repris confiance après le choc brutal de la 1ère guerre du Golfe.

    Aujourd'hui, avec le nombre de sociétés qui fonctionnent loin de toute rentabilité, si les investisseurs ont décidé de "mettre un terme au jeu", le cycle des cessions va débuter et pour des sociétés ayant qualité à être adossées à de grands groupes solides pour compléter leurs métiers traditionnels les rebonds boursiers s'annoncent prometteurs. 

    Twitter ouvre peut-être le bal … ? Une période passionnante s'engage.

     

  • Lundi : le début de la fin des années Obama

    Obama 2 03 09 16

    Avec le premier débat public lundi soir entre Trump et Clinton, c'est l'entrée dans le sprint de la présidentielle 2016. Dans une quarantaine de jours, l'élection sera intervenue. La transition débutera. Les années Obama prendront fin. Certes, des pans du bilan vont susciter de nombreuses analyses dont la politique internationale avec son volet de la lutte contre le terrorisme. Mais pour l'essentiel, les années Obama ont été marquées par trois temps forts. Tout d'abord, la décrispation de l'image internationale des Etats-Unis tournant la page des années Bush. En 8 ans, une réelle revalorisation de l'image internationale des Etats-Unis a été conduite avec succès.

    Ensuite, Obama a participé ou cédé à la tendance de la "politique divertissement". Mais il a su montrer que cette tendance ne s'accompagnait pas obligatoirement de la vulgarité, de la brutalité, de la soumission aux instincts populaires les plus "primitifs". La "politique divertissement" peut aussi être pratiquée pour faire avancer des causes nobles : la qualité de l'alimentation, la cause du jardinage, la bataille du climat …

    Barack Obama 13 08 16

    Enfin, c'est la cause des sanctuaires naturels. En 8 ans, Obama a fait plus que tous les autres présidents dans ce domaine. Et c'est une très belle cause que de considérer que la nature a parfois effectué de telles merveilles qu'il faut les préserver en héritage absolument protégé pour que ces merveilles soient transmises à toutes les autres générations.

    Avec le recul, les "années Obama" seront une belle période dans des circonstances très difficiles montrant le contenu d'un leadership moderne que tant d'autres pays recherchent.

    Obama 05 07 16