Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Le leadership public moderne : d’abord être aimé pour que le reste soit possible !

    Obama 2 06 09 16

    La leçon principale des démocraties occidentales : pour bien gouverner, un socle indispensable : être aimé. Et le reste est alors possible. La démocratie d'opinion est une démocratie d'adhésion. Pour un responsable politique, être aimé c'est quand le regard sur lui fait disparaître tous les reproches qui seraient objectivement faits aux autres. Etre aimé emprisonne les critiques. Les modère. Les gomme même parfois totalement comme si le trajet entre la critique et son expression devenait terriblement long. C'est d'être aimé que Barack Obama a tiré son leadership. Une qualité jamais réunie par Hillary Clinton. Le vrai tournant de la campagne 2017 de Fillon quand il dit "je ne vous demande pas de m'aimer mais de me soutenir". La formule la plus dramatique et suicidaire d'une campagne électorale moderne. Comment aimer un candidat qui ne le veut pas ?  A l'opposé d'Emmanuel Macron. C'est la force d'être aimé qui est désormais l'atout parce que cette force est le point de passage préalable à la capacité à susciter l'adhésion. Et le temps de l'adhésion forcée est passé. Un changement majeur. Et l'une des clefs des prochaines législatives avec des surprises locales sur ce critère…

  • L’âme des pierres

    Groupe scolaire SVP

    Vendredi soir, réel plaisir pour moi que de revoir de l'intérieur un Groupe scolaire qui avait mobilisé largement une population dont de nombreux élus sur St Paul de Varces. Une conception intégrée dans l'environnement. Revoir les images de nos enfants jeunes à la sortie de l'école. Un nom de baptême qui est fort de signification : les Epis d'Or. Penser au nombre considérable des heures pour choisir un terrain qui soit un site protégé, à l'écart de la circulation …

    SPV Epis d'Or 1

    SPV Epis d'Or 2

     

    Avoir le regret d'observer que cet équipement qui avait reçu le prix rhône-alpes de la construction bois n'avait désormais même plus l'entretien de base avec des peintures de simple maintenance. Mais surtout écouter des élus exposer comment l'âme des pierres ne serait plus respectée. Un espace a une identité, une personnalité. Ce groupe scolaire qui me vaut tant de messages sympathiques d'anciens élèves a vocation à être au calme, à l'écart, au milieu des champs. Puis, un jour, contrairement à leurs engagements publics officiels d'hier, des élus décident de livrer ces champs à des promoteurs immobiliers pour construire des immeubles (+ 12 % de la population totale d'un coup !). La route qui avait vocation à n'accueillir que des parents d'élèves sera demain partagée avec un nombre considérable de véhicules. L'âme des pierres est oubliée, trahie, changée définitivement. Ce n'est pas bien de se comporter ainsi. De telles attitudes rendent incontournables des mobilisations qui, dans un cadre différent, n'avaient pas de raison d'être. L'âme des pierres comme les arbres centenaires méritent davantage de considération dans la durée.

    Groupe scolaire spv

  • Le vrai choc culturel posé par Trump : accepter qu’une dette puisse ne pas être que financière …

    Bears Ears 16 05 17

    Trump vient de réduire le pays qu'il annonçait vouloir grandir. Parce qu'il reste prisonnier d'une conception financiarisée de la notion de dette qui limite considérablement la réalité de la portée de toute action collective. En matière financière, la notion de dette, c'est reporter sur autrui une responsabilité non assumée immédiatement. C'est parfois justifié lorsque la nature d'un équipement le voue à durer dans le temps, donc à profiter à plusieurs générations. Cette durabilité d'usages justifie la durabilité du financement. Progressivement, dans le domaine public, la notion de dette est devenue celle d'un puits sans fond. Conception qui annonce des réveils difficiles. Mais il y a de nombreuses autres dettes qui n'ont pas de valeur financière stricte mais dont l'importance va dépasser considérablement des volets financiers. Il y a aujourd'hui par exemple une dette éducative qui se creuse : le temps éphémère immédiat tue la mémoire, l'Histoire, le sens des racines dans tous les domaines y compris culturels dont la richesse de l'apprentissage par des auteurs fondamentaux. Il y a une dette environnementale : dans quel état une génération lègue la planète aux générations futures ? C'est l'enjeu du choc de Trump : son insensibilité exposée, assumée aux valeurs qui ne sont pas financiarisables. C'est le contre-sens culturel majeur de sa gouvernance. Bush avait oublié la dimension morale avec la guerre du Golfe : prétextes mensongers pour une aventure guerrière dramatique dans la durée. Obama a corrigé cette faute. Il ne peut pas y avoir de leadership sans valeur morale. Des valeurs qui dépassent le seul volet financier pour donner une sens collectif partagé. La réalité de la puissance d'un Etat comme d'une collectivité ne peut se réduire à sa puissance financière ou militaire. Il faut une dimension morale. Cette dimension morale aujourd'hui prend de nombreux visages : la diversité des droits, le respect des libertés, le respect de l'environnement pour ne pas créer une dette insurmontable pour les générations futures. Ne pas ajouter d'autres espèces à celle des espèces animales déjà perdues. Ne pas ajouter d'autres espaces naturels à la liste de ceux perdus à jamais. Trump vient en effet de réduire le pays qu'il voulait grandir. Il est en train de s'inscrire sur la liste des présidents honteux dans le temps : Nixon, Bush Jr … Surprenant à ce point.

  • Climat : la réalité des faits et l’effet boomerang de la seule communication

    Obama Cop 21 signature 03 09 16

    Une déferlante, pour partie légitime, s'abat sur Trump suite à sa décision de retrait de l'Accord de Paris. Mais la même déferlante devrait s'abattre aussi avec bonne foi sur le mécanisme même de l'Accord de Paris. C'est une opération de communication avec un effet boomerang terrible aujourd'hui.

    1) Hollande, Royal, Fabius, Hulot … ont voulu faire croire qu'ils "sauvaient la planète". Faux. Ils montaient un cadre de "bonnes intentions" sans effet contraignant. D'où la facilité à obtenir des … accords à cette époque. D'ailleurs à les croire, certains pouvaient penser qu'il n'y aurait pas d'après COP21. Faux aussi. Il devait y avoir la COP22 (novembre 2016) pour tenter d'avancer sur les mesures concrètes.

    2) Hollande et ses collaborateurs ont voulu faire croire que cet accord avait valeur de traité. Faux. Si cet accord avait eu valeur de traité, la seule signature de Barack Obama n'aurait pas suffi pour "engager" les Etats-Unis. D'ailleurs l'administration Obama à cette époque avait défendu la nécessité d'un Traité au sens juridique du terme. Ce qui supposait un passage devant le Congrès et imposait une clarification de la position des Républicains.

    3) Hollande et ses collaborateurs ont voulu faire croire que la France était la bonne élève : faux. Dans les faits quotidiens, l'Etat français est en-dessous des défis. Pour un sujet aussi important que l'eau, l'Etat n'honore plus ses obligations de base. Il vampirise les trésoreries des agences de l'Eau. En avril 2017, l'Ademe n'arrivait plus à boucler ses fins de mois. L'ADEME a officiellement décalé ses subventions pour honorer les salaires de ses collaborateurs. Les canalisations n'ont jamais été aussi vieilles donc fuyardes donc pénalisantes pour le respect de l'eau … 

    Macron est décevant de ne pas tenir le discours de vérité. Une formule après une poignée de mains ne peuvent valoir une politique. Rien n'a changé sur le fond pour le moment en dehors d'un certain style plus flamboyant dans la forme.

    NB : pour rappel, toutes les phrases ci-dessus en gras et en couleur bleue ci-dessus sont des liens. Il suffit de cliquer sur ces phrases pour accéder à l'article en question dans sa totalité.

  • L’air d’un cadeau …

    Vercors 01 06 17

    Il y a des causes que l'on aime aussi, voire encore davantage, parce qu'elles sont détestées par des individus qui mettent tous les moyens pour être … détestés. C'est le cas de Trump aujourd'hui s'il retire les Etats-Unis de l'Accord de Paris sur le climat. Le mariage entre l'environnement et Trump semble impossible d'avance tant Trump incarne d'abord la vulgarité là où l'environnement a si souvent l'air d'un cadeau de beauté et de finesse. Une harmonie de couleurs si éloignée d'un bling bling brutal et primaire. Ce qui est le plus révoltant dans ce dispositif c'est que des personnes n'estiment pas utile de mobiliser toute leur énergie pour respecter les cadeaux de la nature. Il y a des endroits où rien n'est à retoucher. On peine même à imaginer que le cadeau puisse être aussi parfait. Et comment accepter l'égoïsme de ne pas le respecter pour les générations futures ? Les plus beaux cadeaux durent. Ceux qui ne sont pas capables de respecter de telles valeurs ne devraient pas mériter la confiance populaire qui se salit par de tels votes. 

    Waterton Glacier de la Paix

  • 2017 : une communication électorale en fin de cycle

    Georgina Dufoix

    Avec les législatives 2017, la communication électorale est manifestement entrée en fin de cycle. Une bonne communication, c'est vivre un temps d'avance qui permet de se différencier positivement. Au cours des dernières décennies, trois tournants sont intervenus. 1) Les années 80 ou la communication "je m'affiche en grand" : c'est le règne du 4 m x 3 m. Les réussites sont considérables. Des élections basculent sous l'impact de belles images. C'est le coup d'épée du samouraï : une image et un slogan doivent couper le souffle. Dans le Gard, à cette époque, la campagne de Georgina Dufoix me semble l'une des plus belles, esthétiques et efficaces (cf photo ci-dessus). Puis progressivement cette méthode va passer. Trop partagée. Puis faute de supports avec la disparition des 4 m x 3 m et d'une règlementation plus restrictive.

    2) Avec les années 2000, c'est l'affirmation des réseaux sociaux. La référence c'est Obama 2008. Un tournant absolu : la campagne partagée. Les citoyens impliqués. Acteurs via leurs réseaux et non plus spectateurs.  Obama 1 22 06 13

    3) 2017 : la campagne post 2008 n'est pas encore née. Elle se cherche. C'est la communication "où est Charlie ?" : le candidat déambule, prend une photo, la poste et commente "j'étais là !". Sur le fond, la période est manifestement à la fin d'un cycle. Sur la forme, c'est encore davantage manifeste à quelques exceptions près.

  • Bon goût + bonne conscience = fait maison !

    Jardiner dans 1 m²

    Une véritable révolution culturelle est en route. La "génération fun" a pris le pouvoir. Hier marginale ou rebelle, cette mentalité progresse considérablement. Elle est en train de changer la donne. Elle fonctionne sur la logique de l'utilité ludique. C'est une mentalité entièrement différente des anciennes générations. Elle ne supporte pas le comportement surveillé, arbitré, programmé, uniforme. Elle veut concilier l'utile et l'agréable, le nécessaire et le plaisir. Mais surtout, elle personnalise le produit. Elle s'approprie un produit. Depuis plusieurs années, avec Eric Merlen, Béatrice Metenier et Lydia Menut notamment, nous avions anticipé cette évolution alors naissante avec des collections de guides pratiques (balades gourmandes, bivouacs sous les étoiles …). Mais depuis 4 à 5 ans, le phénomène a changé d'ampleur. Et nous ne sommes qu'au début d'une probable vague considérable. Le circuit de l'alimentation sera révolutionné. Actuellement ,l'une des plus belles ventes de l'édition c'est "jardiner dans 1 m²". Une excellente idée que de montrer que le jardinage est compatible avec le petit espace même le plus symbolique : 1 m² ! Idée excellente du possible partout. Des sociétés comme marché goodfood, Une Petite Mousse … font vivre cette culture. Quand l'environnement entre de cette façon par … le jardin, sa place dans le débat politique ne sera plus jamais la même. C'est l'un des plus beaux succès actuels à l'exemple des jardiniers urbains et des opérations "cultivons nos toits". 

  • 100 ans !

    JFK 29 05 17

    Le "Musée Kennedy" a multiplié au cours de la semaine écoulée des initiatives fortes pour fêter le 100 ème anniversaire de la naissance de John Kennedy (né le 29 mai 1917). Parmi les pièces nouvelles, la plus chargée d'émotion est la boîte des fiches tenues par Rose Kennedy sur chacun de ses enfants quand ils étaient petits. JFK est le leader le plus intemporel des démocraties occidentales. Celui qui a également apporté le plus grand nombre de changements dans la politique de communication des dirigeants modernes. Tous les autres leaders de son époque sont datés. Scotchés à un siècle manifestement lointain. Et lui échappe encore à cette grisaille portée par le temps. Irréel à ce point. Même ses conseils de campagne électorale demeurent d'actualité.

     

  • La fête à ne jamais oublier …

    DB enfant 3

    Il y a des mots que l'on entend encore longtemps et toujours après les avoir prononcés. C'est le cas du mot : maman. Probablement l'un des plus beaux. Une pensée encore plus forte aujourd'hui que les autres jours. Et le plaisir de voir la chaîne des âges continuer sur d'autres bases.

    MCB et enfants

  • Nous sommes faits de l’étoffe des rêves …

    Mark Zuckerberg 27 05 17

    Remarquable discours de Mark Zuckerberg à Harvard jeudi 25 mai. Son actuelle tournée sur le terrain suscite de nombreuses interrogations sur ses objectifs à terme. Ce qui est déjà sûr, c'est que Zuckerberg a délivré un discours de grande qualité qui est d'abord une invitation aux rêves individuels et à la lucidité collective. Au départ de tout, il y a un rêve. Ceux qui l'oublient s'engagent souvent dans une triste bouderie avec la vie. 

    Pour prendre connaissance des principaux extraits, cliquer sur le lien suivant : Mark.