Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • 26 juin ou la première formule universelle symbole de liberté après la seconde guerre mondiale

    JFK 2 26 06 17

    Le 26 juin 1963, JFK est à Berlin. Il prononce un discours qui fait l'Histoire avec une formule "Je suis un Berlinois" qui est une première formule universelle à ce point que sa structuration sera reprise plus de 50 ans plus tard "Je suis Paris, Nice, Londres …" en fonction d'épreuves collectives dramatiques face au terrorisme des années 2015 et 2016. Quelques mots trouvent alors une force particulière parce qu'ils résument un sens, une direction collective. 

    Un passage de son discours fait le tour du monde : 

    « Il y a beaucoup de gens dans le monde qui ne comprennent pas ou qui prétendent ne pas comprendre quelle est la grande différence entre le monde libre et le monde communiste.
    Qu'ils viennent à Berlin !

    Il y en a qui disent qu'en Europe et ailleurs, nous pouvons travailler avec les communistes. Qu'ils viennent à Berlin ! Lass sie nach Berlin kommen !

    Notre liberté éprouve certes beaucoup de difficultés et notre démocratie n'est pas parfaite. Cependant, nous n'avons jamais eu besoin, nous, d'ériger un mur […] pour empêcher notre peuple de s'enfuir. […] Le mur fournit la démonstration éclatante de la faillite du système communiste. Cette faillite est visible aux yeux du monde entier. Nous n'éprouvons aucune satisfaction en voyant ce mur, car il constitue à nos yeux une offense non seulement à l'histoire mais encore une offense à l'humanité. […]

    Tous les hommes libres, où qu'ils vivent, sont des citoyens de Berlin. Par conséquent, en tant qu'homme libre, je suis fier de prononcer ces mots : Ich bin ein Berliner ! ».

    C'est tout le problème de l'époque présente. Aucun leader occidental n'a encore trouvé les mots et les lieux porteurs de symboles universels pour parler ainsi à toute la communauté internationale au sujet de causes planétaires (environnement, terrorisme, climat …). Ce sont pourtant de tels moments qui font bouger les frontières et pas les textes officiels.

  • La force de la passion

    AVG 25 06 17

    Dans quelques semaines, une association locale (les Amis de la Vallée de la Gresse) va fêter son 40 ème anniversaire. Elle vient de publier le 79 ème numéro de sa revue. 60 pages d'informations et de photos précises sur l'histoire de patrimoines locaux : un monument, une fontaine, un bâtiment … Et tout est retracé méthodiquement. Il y a toujours à s'inquiéter quand dans un pays l'édition dite régionaliste ne vit que par des passionnés pour des passionnés. C'est le marqueur que des pouvoirs publics passent à côté de l'une de leurs fonctions prioritaires : protéger un éclairage sérieux dans le temps. Pour certains, la passion emprisonne parce qu'un sujet cache tous les autres. Pour d'autres, la passion libère parce que l'examen méthodique de ce sujet donne du recul, de la place à la vérité de faits justes … L'un des échecs majeurs de l'édition française a été de ne pas reconnaître un espace pour cette édition régionaliste. Pour l'association en question (les Amis de la Vallée de la Gresse), chaque publication  lue est pour moi un moment très agréable. Je n'ai jamais douté de l'utilité d'un tel regard de passionnés. C'est la raison pour laquelle j'avais à l'époque, jeune Conseiller Général de l'Isère, beaucoup bataillé pour une aide départementale sérieuse.

    Denis Bonzy

    Je suis reconnaissant à ma successeure d'avoir maintenu cet intérêt.

    Brigitte Périllié

    L'érosion des passions, c'est l'un des problèmes majeurs actuellement rencontrés dans notre pays. Leur retour est probablement la clef d'un vrai changement positif …

  • Une opinion toujours à la recherche d’elle-même

    Manifestations US 12 11 16

    Ce qui caractérise la période présente, c'est que les schémas classiques de représentation dans les démocraties occidentales ont explosé. Ils sont fracassés. Partout. C'est le point commun entre la quasi-totalité des démocraties occidentales à de très rares expressions près (Allemagne, Grande-Bretagne …). Trump, Tsipras, Macron, Trudeau … mais aussi le Mouvement des 5 étoiles en Italie ou les partis populistes des ex pays de l'Est … : tous ne sont que le résultat de fins d'une vision traditionnelle de la représentation. Ces opinions savent d'abord ce qu'elles ne veulent plus : mensonges, scandales, corruptions, tromperies multiples … Les vieux partis battus aux élections sont bien des cadavres. Ils ont été tués par ce rejet. Ils n'avaient pas vu ou pas voulu voir le phénomène, ils commettent actuellement la même erreur pensant que, comme les cadavres, ils vont revenir à la surface. Mais quand les cadavres reviennent à la surface, ils sont … décomposés. Il en sera de même pour ces vieux partis incapables de se réformer, de s'ouvrir sérieusement à la société civile, pris dans les vieilles habitudes du mimétisme. Une période très particulière est ainsi ouverte. Savoir ce que l'on ne veut plus est une chose. Mais ignorer pour une grande partie, ce qui devient possible en est une autre. Le dégagisme n'est qu'à son début. Comme au début de sanctions expéditives surprises lors d'élections y compris à destination d'actuels bénéficiaires de cette première vague …

  • Combien de veufs de villages dans quelques années ?

    Ain 23 06 17

    Il m'a fallu attendre le cadeau d'un livre l'été dernier par un ami pour trouver à ce point un auteur qui exprime aussi bien le lien affectif qui peut exister entre des personnes et un territoire. Parmi une multitude de très belles expressions, il a cette formule "je suis veuf d'Europe" (Paul Morand : Venises). C'est l'expression qui convient. Ce matin, dans l'Ain, pour un déplacement consistant à accompagner des amis lors d'une cérémonie religieuse pour cause de décès d'un proche parent, la redécouverte de beaux villages. Des villages comme on peut encore les découvrir dans les Landes, en Gironde, en Dordogne … Vous allez dans un commerce, les clients disent bonjour aux autres personnes présentes. Les commerçants incarnent la confiance rassurante. A la pharmacie, tout est simple. Une personne laisse sa carte dans l'attente de revenir parce qu'elle a d'autres courses à faire avant que la livraison de son médicament n'arrive. L'enterrement est très fréquenté parce qu'il y a tant de souvenirs partagés à honorer. Toutes ces personnes ne savent pas nécessairement ce qu'elles voudraient d'autre mais elles savent qu'elles ne veulent pas perdre ce cadre de vie là. Il y a un "esprit village" qui est une remarquable réussite. C'est cet esprit village qui est menacé en France actuellement. Pour deux causes essentielles : 1) dans les zones rurales, les villages sont désertés, abandonnés. 2) Dans les zones péri-urbaines, les villages sont inquiétés par le développement des villes en tâches d'huile et souvent par des élus qui n'ont pas d'attaches solides avec la Commune qu'ils sont supposés représenter. Dans ce cadre, il y a un test simple : savoir où un élu souhaite être enterré ? S'il ne choisit pas "sa" Commune, c'est qu'il a déjà avancé dans son esprit la faculté de zapper. Dans quelques décennies, le retour sur la période présente risque d'être sévère : une période qui a préféré finir que chercher à continuer ou à commencer positivement.

  • « Mais il connait pas Raoul ce mec ! »

    Karen Handel 22 06 17

    Pendant des années, lorsqu'une personne me semblait exprimer une opinion sur autrui différente de ma perception, c'était ma formule préférée :"mais il connait pas Raoul ce mec !" me rappelant les formules d'Audiard si remarquables. Maintenant le "moindre Raoul" est connu de tous, parce qu'il a tout fait pour être … connu. De lui-même sans avoir à chercher. En effet, Raoul a tout mis sur les réseaux sociaux : âge, centres d'intérêts, déplacements, amis, même ses vacances … A force de connaître tous les "Raoul", les commerces et la politique changent de méthodes. L'enjeu n'est plus de chercher à connaître mais de synthétiser tout ce qui est connu. Hier, c'était pas assez. Aujourd'hui, c'est gérer le trop. Dans cette gestion du trop d'infos, le Parti Républicain américain a-t-il pris une avance technologique. La question s'était posée en novembre avec la victoire de Trump (le rôle de Palantir, Cambridge Analytica …). Depuis la victoire surprise totalement inattendue mardi de Karen Handel, les mêmes suppositions repartent de plus belle. Les campagnes électorales sont peut-être en train de vivre un réel nouveau tournant ?

  • #FDLM : voilà ma playlist et la vôtre c’est quoi ?

    DB Running 10 05 14

    Avant d'évoquer la liste des musiques que j'aime, deux préalables s'imposent. Pour moi, la plus belle musique en dehors de moments particuliers, c'est le … silence. Et la pire des musiques c'est celle imposée par autrui et à plus forte raison de façon répétitive. Pour moi, le sport, plus particulièrement le running, est le moment de la … musique. A cet égard, insister pour le sud de l'agglo sur deux besoins : renforcer les parcours en sites propres donc sécurisés car courir en bord de route devient de plus en dangereux avec des voitures qui frôlent dans des conditions irréelles. Et second point, il serait souhaitable que les parcours "sécurisés" soient entretenus. Par exemple, les berges de la Gresse dans la zone de Rochefort sont envahies par les chenilles processionnaires … Ces préalables effectués, ma playlist est la suivante :

    • Rihanna : Love on the brain
    • les chansons d'Adele dont Set fire to the rain
    • celles de Christine & the Queens dont Les Paradis perdus
    • des chansons françaises qui traversent bien le temps comme Alain Souchon (Ouvert la nuit), Thomas Dutronc (Qui je suis), Françoise Hardy (je suis moi)
    • ma chanson française préférée en ce moment : Grand Corps Malade et Anna Kova : Espoir adapté
    • et dans les moments difficiles de la course : des "fondamentaux" qui redonnent le punch : pour moi c'est : Haddaway (What is Love), Mariah Carey (Without you) et Otis Redding (Send me some lovin'). 

    Voilà des musiques qui méritent d'être découvertes le cas échéant. Au plaisir de partager d'autres découvertes recommandées. Merci pour vos conseils.

  • Réchauffement climatique : jusqu’à quand le déni ?

    Chatham MA 09 07 16

    John Holdren est Président de la Faculté des sciences de l’environnement à Harvard. Que dit-il tout dernièrement : la canicule de 2003 sera un été normal dans 15 ans  et un été frais dans 30 ans. La semaine dernière, publication d'une étude sur 780 espèces de poissons de 4 400 régions, représentant 74 % des prises mondiales. Qu'indique-t-elle ? Cette étude indique que dans des territoires frappés par un fort réchauffement le tonnage de poissons ramené à port chutera de 15 % à 20 % et cette activité économique sera totalement modifiée parce que les poissons vont migrer vers des courants froids. En ce moment, c'est Vinexpo à Bordeaux. Un sujet fort : le réchauffement climatique. Des changements considérables. Un exemple parmi beaucoup d'autres :  le champagne Taittinger a investi en Angleterre pour y produire dans quelques années du vin qui ne sera plus possible dans d'actuelles régions. Et la liste pourrait continuer longtemps. Le seul domaine où cette réalité est ignorée dans des conditions irréelles : la politique, l'urbanisme et l'eau. Le réveil dans certaines Communes françaises quand en plein été aucune goutte d'eau ne sortira d'un robinet ouvert s'annonce particulièrement rude. Le déni face à certaines réalités sera très difficile à assumer le moment venu.

  • Grenoble et le défi de la ville du XXI ème siècle

    Harvard square 18 06 17

    Aller prendre un café, s'asseoir à une table de jeux et attendre la personne (connue ou pas) avec qui le jeux va s'engager dans un climat cool : c'est une conception sympa, décontractée de l'espace urbain qui est très agréable. Contrairement à de nombreuses polémiques locales permanentes, Grenoble est probablement en train de poser les jalons d'une réelle nouvelle conception de la ville : les villes plaisirs. C'est un tournant décisif qui est engagé actuellement sur le terrain. Que constater ? Le renforcement des jardins communautaires, la belle opération "cultivons nos toits", le développement des jardins partagés, l'augmentation des pistes cyclables, le test sur les aires de jeux, la réussite de l'opération street art, le marquage couleurs d'espaces de voiries … : toutes ces initiatives changent la vie dans la ville et le regard sur la ville. Quand ces initiatives s'ajoutent à des opérations festives de plus en plus fréquentes et réussies, c'est un changement de fond qui est en train de se produire manifestement. Et ce changement peut faire l'objet d'un large rassemblement. Dans cette période de transition, il y a quatre défis qui méritent un accompagnement particulier pour que l'opération soit totalement réussie. 1) Il faut aborder la question de la sécurité sans logique sécuritaire mais sans esprit dogmatique opposé. 2) Une ville est agréable à la condition certes d'être conviviale, d'être esthétique mais aussi d'être propre. 3) Cette même mentalité doit être partagée dans l'agglomération. Or à ce niveau, la logique de certains outils d'interventions est très différente (EPFLRG).  4) Il faut mieux accompagner certains commerces dans  cette transition qui est une mutation totale de leur environnement de proximité, donc de leurs conditions de travail. Si ces volets collatéraux sont gérés avec davantage de considération, la Ville de Grenoble est probablement en train de mettre en oeuvre une logique de l'organisation de l'espace urbain qui correspond aux exigences modernes et qui fera consensus très rapidement une fois passée la période toujours difficile des travaux.

    Harvard square 2 18 06 17

  • Un leader sinon rien

    Eve Sleep

    Il y a des périodes où l'économie et la politique traduisent des tendances communes de façon impressionnante. Aujourd'hui, une entreprise compte si elle est leader de son segment de marché ou si elle porte la promesse de le devenir rapidement. Dernier exemple en date, Eve Sleep, 31 mois d'existence, elle change l'offre des matelas, introduite en bourse de Londres en mai 2017. Elle lève 40 M€ pour devenir leader européen du matelas et des dérivés. Il n'y a plus d'introduction réussie sans une promesse visible de leadership sur une offre. La période actuelle ne s'occupe plus des seconds et encore moins des au-delà. Etre le leader sinon pas de salut.

    C'est la même règle que la politique française vient de consacrer en 2017 avec une force d'une brutalité probablement inédite. Les partis traditionnels ont vécu des primaires qui ont décapité leurs leaders. A cette étape, occupés par leurs guerres internes, ils laissaient l'espace libre à une start-up politique (En Marche). Son leader prenait le segment du marché du changement. Et il allait affronter dans la présidentielle deux autres leaders reconnus (Le Pen et Mélenchon). Pour les autres, leur présidentialité disparaissait avec leur statut de seconds. Et pour les législatives, tout a été amplifié puisqu'en les partis traditionnels partaient au combat sans le moindre leader reconnu. faute de leader reconnu, ils n'ont même pas eu d'exposition, de visibilité. Mieux qu'Eve Sleep qui a attendu 31 mois pour une introduction irréelle en bourse, En Marche a raflé le marché parlementaire en 13 mois.  Du jamais vu en temps de paix dans une démocratie ancienne. C'est vraiment la période du "un leader sinon rien".

  • Grenoble et la belle réussite du street art

    Boston Street art 3

    Le graffiti est au street art ce que le juron est au goût des mots. Et si finalement la seconde vie des murs passait par les couleurs du street art ? L'institutionnalisation de cet art hier rebelle peut être une réelle réussite. Bien loin d'un graffiti posé à la va vite sur un mur. C'est ce qu'est en train de vivre Grenoble actuellement. A l'angle d'une rue ne plus voir seulement les montagnes, ce qui est déjà un merveilleux cadeau, mais découvrir l'inspiration d'artistes. Dans de nombreuses villes étrangères, cet art désormais à part entière est un succès considérable réconciliant avec un beau réflexe : la rue n'appartient pas qu'à ceux qui l'habitent, elle est aussi à partager avec ceux qui la traversent épisodiquement. Tout ce qui permet de rompre la monotonie du gris (béton) et du noir (bitume) est une belle initiative. Une pratique à partager largement notamment via les nombreuses photos qui se multiplient actuellement sur les réseaux sociaux à l'exemple de celle ci-dessous.

    Grenoble street art