La culture du "nuage de Tchernobyl" est finie : les pollutions ne s'arrêtent plus aux frontières administratives. Malheureusement, une classe politique figée dans de vieux réflexes s'obstine toujours dans cette culture. Deux exemples récents. 1) Il y aurait scandale à ne pas révéler l'immensité du complot dans l'assassinat de JFK à Dallas quand dans le même temps il est possible de penser que tout naturellement un ministre en France (Boulin) songe à aller se noyer tout seul en bordure d'étang dans 20 centimètres d'eau. 2) On devrait tout savoir de l'immensité de la perversité de Weinstein qui sévissait à Hollywood à 10 000 km de Paris mais dans le même temps tout ignorer de la "perversité présumée" de Pierre Bergé qui a fait régner "l'ordre intellectuel" pour ne pas dire "moral" sur le microcosme parisien pendant des décennies. Ces barrières décrédibilisent tout le système politico-médiatique français car l'opinion est lasse d'être manoeuvrée au gré des coups d'éclairages aussi sélectifs : connaître la vérité mais à la condition qu'elle soit lointaine. C'est un dispositif du "tout le monde perdant" qui est lourd de mauvaises conséquences à terme pour la démocratie française.
Auteur : Denis Bonzy
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Des démocraties occidentales gravement malades
Historiquement, les démocraties occidentales avaient pour vocation de montrer au monde comment l'esprit de tolérance permet d'avancer de façon la plus efficace possible : vivre en acceptant les différences d'autrui, c'est plus fort que vivre en cherchant à tuer les différences d'autrui. Pour de tels idéaux, c'est une triste période. Avec la Catalogne, l'Espagne montre que des changements issus des urnes sans violence sur autrui peuvent conduire à la prison des personnes qui n'expriment aucune menace sur la sécurité physique d'autrui. Et là aux Etats-Unis un doigt d'honneur lors du passage du convoi présidentiel conduit au … licenciement. Ce qui est une confusion irréelle entre la qualité de citoyen et le statut professionnel. Une femme de 50 ans a été licenciée par son employeur après avoir revendiqué sur les réseaux sociaux une photo d'elle de dos, brandissant son doigt en direction du convoi de Donald Trump qui la doublait. Employée du service marketing et communications de la société Akima LLC, cette femme s'est vu reprocher de ne pas avoir respecté le règlement de la société liée au gouvernement par des contrats. La législation du travail, particulièrement souple dans l'Etat de Virginie, a permis son licenciement sans autre forme de procédure. Avec la décentralisation, il y a combien de doigts d'honneur en France qui ne sont pas faits par des personnes qui ont peur pour des contrats, pour leur emploi … Au moment où les démocraties occidentales s'avèrent bien faibles à lutter contre un radicalisme religieux qui veut leur destruction, elles s'affirment de façon surprenante bien raides face à des expressions qui devraient incarner la belle liberté de l'opinion et de l'expression dans un cadre démocratique.
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L’idéal européen est-il compatible avec la notion de « prisonniers politiques » ?
Comment imaginer que, dans un Etat clef de l'Europe, une procédure de sanctions d'opinions relatives à l'organisation constitutionnelle puisse conduire à la prison sans le moindre appel à une violence de nature à mettre en péril la sécurité d'autrui et sans le moindre jugement à l'issue d'une procédure contradictoire ? C'est ce qui se passe actuellement en Espagne et dans l'indifférence quasi-totale des autres pays. Et dans le même temps, une française revenant de Raqqa où elle a tenu les armes verra probablement sa dé-radicalisation en toute liberté financée par les contribuables avec ses enfants probablement placés dans une famille d'accueil financée aussi bien sûr par les contribuables et le tout sans la moindre mesure sérieusement contraignante jusqu'au prochain "passage à l'acte". Ce n'est pas là un "idéal européen" très attractif pour ceux qui croient à la liberté d'opinion tant qu'elle n'impose pas la violence physique à autrui …
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Ethique : le jour où les Français en seront là …
A force de s'enfermer dans des débats franco-français si souvent liés à des sujets accessoires, la France décroche dans la quasi-totalité des domaines. Prenons l'exemple de l'éthique. Sur l'actuelle campagne municipale de Montréal, le Maire sortant est attaqué pour ne pas avoir déclaré deux invitations à des matchs de soccer. Le Maire aurait ainsi contrevenu au code d'éthique des élus montréalais, qui exige de déclarer tout avantage reçu de plus de 200 $. L'article 18 du code d'éthique des élus montréalais oblige en effet un élu à déclarer par écrit au greffier de la Ville tout avantage ayant une valeur de 200 $ ou plus, ou encore si la somme des avantages consentis par une même personne est de 200 $ ou plus à l'intérieur d'une période de six mois. Et en cas de contravention avec ce code, le bénéficiaire doit rembourser sur ses deniers personnels ! Si les élus français devaient être astreints à un tel code avec une sanction analogue en cas d'irrespect et surtout la transparence totale sur les sujets déclarés, l'estime pour les élus changerait vite. En France, la billeterie souvent de stades municipaux ou avec des collectivités locales parmi les principaux sponsors est un système de clientélisme assez honteux. Difficile ensuite de demander de la considération avec le constat de telles comparaisons.
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Enfin, le dernier jour !
Des lieux comme des dates alimentent le bien-être. Dans d'autres cas, c'est l'opposé. La tristesse peut aussi naître de dates comme de lieux. Je n'aime pas le mois d'octobre et je suis satisfait qu'il prenne fin aujourd'hui. C'est une situation paradoxale parce que c'est le mois de ma naissance. Mais il s'est chargé ensuite de se nourrir de tant de dates de décès dont celui de mon père le jour même de mon anniversaire. Octobre est ainsi devenu le cortège des dates qui font mal : mes parents, la maman de Marie… Or la mémoire est ainsi faite qu'un anniversaire semble se croire obligé de faire remonter à la surface les temps forts de l'événement concerné. Il n'y a alors pas d'effort de recherches à effectuer. Simplement subir un phénomène intérieur non maîtrisable. Il ne faut jamais s'enliser dans la tristesse. Comment des personnes qui nous ont tant aimés pourraient-elles souhaiter nous voir tristes ? Mais cela demande des efforts. La raison est parfois dure à atteindre. Et de façon surprenante, plus les années passent, plus ces efforts sont lourds. C'est donc une forme douce de satisfaction de voir ce jour le mois d'octobre prendre fin. La mémoire sera toujours là chaque jour. Mais avec la moindre densité des seules images de séparations.
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Justice : la comparaison de faits qui mérite la réflexion
Demain lundi, très probablement, Robert Mueller va publier les premières inculpations suite à un grand jury qui se serait tenu vendredi. Il a été désigné le 17 mai 2017 comme Procureur Spécial dans l'affaire du RussiaGate. Et il est même question d'une première arrestation. A quelques jours près, en France, François Bayrou devait quitter le Gouvernement ainsi que sa traditionnelle collaboratrice pour soupçons d'emplois fictifs. Quelles conséquences depuis ? A priori aucune. Les dossiers traînent dans les tiroirs. Et Fillon mis en examen depuis début mars 2017 ? Idem. Et on pourrait continuer la liste longtemps en évoquant en France des procédures de 5, 7, 10 ans pour des titulaires de pouvoirs. C'est une situation terrible puisque face à certains noms on ne sait même plus s'ils ont été condamnés ou pas, et si condamnés de quoi ? Et après le microcosme parisien s'interroge sur le sentiment d'impunité qui s'est répandu en province à destination des "élites". Et pourtant, Robert Mueller n'enquête pas sur une personne dépourvue de pouvoirs puisqu'il s'agit pas moins que du Président des Etats-Unis. Mais il y a la conviction que l'exemplarité doit accompagner le pouvoir. Comme l'impact juridique du parjure alors qu'en France à entendre tant de parties et leurs Conseils on a le sentiment que la Justice passerait son temps à condamner des … innocents. Tant que des modifications de ce type n'interviendront pas, il ne faudra pas s'étonner du discrédit si répandu en France.
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Une réalité à mieux considérer : la personnalité géographique
Il m'a fallu beaucoup de déplacements pour me faire à une idée : la personnalité géographique existe. Un territoire a une Histoire qui forge un tempérament local. Et ces tempéraments peuvent changer considérablement d'un territoire à l'autre. Ces personnalités géographiques doivent être intégrées, respectées sinon les chocs sont terribles. Je ne connais pas bien la Catalogne, voire même pas du tout. Donc je ne peux pas en parler de façon détaillée. Une des rares fois où j'y suis allé c'était avec Alain Mérieux dans le cadre des moteurs de Rhône Alpes. Pour ce qui était pour moi une "région d'Espagne parmi d'autres", la rencontre avec Jordi Pujol m'était apparue irréelle : déjà un chef d'Etat. Puis, plus les déplacements ont été nombreux, plus cette réalité de la personnalité géographique m'est apparue manifeste. Avec parfois des surprises considérables entre les idées de départ et les réalités perçues à l'exemple des relations entre le Québec et les français. Cette personnalité géographique est construite par de nombreux facteurs dont l'Histoire. A force de marginaliser l'Histoire, trop de tendances durables sont sous-estimées, parfois même oubliées. Cette Histoire génère des codes, des usages, des réflexes. Et des divorces brutaux deviennent implacables si ces composantes sont inconnues ou méprisées. C'est tout le problème des néos dans une géographie. Il faut beaucoup d'humilité, de curiosité pour apprendre quand on est nouveau. Sinon des décalages naissent vite. Avec les migrations actuelles d'origines diverses (économiques, pauvretés, guerres …), c'est un enjeu qui va prendre une importance croissante manifeste. Cette réalité mériterait d'être mieux considérée dans de très nombreux endroits.
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Le temps des simulateurs
Hier, Trump a apporté à la transparence totale promise sur l'assassinat de JFK à Dallas la même efficacité que celle pour désarmer tout de suite la Corée du Nord ou pour juguler rapidement la dette fédérale : un tweet qui annonce la foudre qui n'arrive jamais. La communication moderne a ouvert le temps des simulateurs. Il ne faut jamais aller dans la nuance. Mais surtout il faut être habile à exprimer ce qui n'est pas éprouvé : colère, tristesse, compassion, vertu … Triste évolution. Le problème c'est quand cette règle devient sur-jouée. Il faut beaucoup de talent pour faire semblant très longtemps. Au rythme des actuelles révélations, c'est à craindre que ce talent là ne soit pas si partagé qu'on pouvait initialement l'imaginer dans plusieurs pays.
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Pour moi, c’est fait !
64 hospitalisations dont plusieurs enfants de très bas âges, des centaines de personnes malades … : et cette réalité à quelques petits kilomètres de la dernière zone naturelle en France de captage de ressource en eau sans le moindre traitement chimique. En une phrase, l'immensité du scandale est résumée : l'ampleur du nombre des victimes, l'obstination dans le refus à écouter les citoyens, l'absence de traitement sérieux d'une zone de captage à gros risques déjà établis … : tout y est. Parce que tout y est, des citoyens ont refusé de banaliser ces faits.
Et ils ont raison.
Leur combat est celui de la vérité. Il doit donc être encouragé.
Il est aussi celui de la lutte entre des inégalités supposées insurmontables. D'un côté, la toute puissance d'une institution publique qui gère des milliards (La Métro). Et d'un autre côté, des citoyens qui sont isolés. Ce combat mérite d'être partagé pour défendre les citoyens.
Leur combat, c'est également celui de la responsabilité. C'est une belle valeur qui doit être respectée.
Et enfin, ce combat c'est celui du courage et du travail. Parce qu'il faut ces deux qualités pour engager une action judiciaire au pénal pour que la vérité et la responsabilité soient reconnues. Pour ces valeurs, une femme et une équipe sont mobilisées. Cette femme, c'est Mme Karine Maurinaux. Ce qu'elle fait est remarquable. Cela a d'ailleurs été reconnu par les citoyens de l'Isère qui l'ont élue personnalité 2016 de l'Isère face aux autres compétiteurs représentants les notables locaux classiques habitués à se partager d'ordinaire les distinctions. C'est la démocratie par les actes : information permanente, votes lors d'assemblées, honnêteté dans la collecte des informations … Pour ce qui concerne son équipe, ce sont les mêmes valeurs qui sont appliquées.
Quand on constate de telles qualités sur des sujets de cette importance collective, il faut participer pour qu'elles avancent. Pour moi, c'est fait. Le renouvellement de ma participation a été postée ainsi que celle de Marie. Toutes celles et tous ceux qui veulent faire avancer ces valeurs peuvent le faire aussi. Il suffit de cliquer sur le lien suivant : adhésion.