Denis Bonzy

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  • 10/04 : la fonction de député en faillite … rémunérée

    36 députés pour voter un texte très important sur Internet (voir vidéo ci-dessous) : c’est un exemple d’une fonction en crise. Une fonction débordée par les grands « féodaux locaux » qui à la tête de collectivités locales puissantes disposent eux des moyens financiers et humains. Une fonction qui n’est plus considérée par la haute fonction publique qui sait que les carrières sont faites par le loyalisme auprès d’un petit cercle de l’autorité présidentielle. Enfin, sur le terrain, cette démocratie dite représentative, donc fondée sur la fonction d’intermédiaire, n’est plus reconnue. Ce sont des actions directes qui sont engagées pour tenter d’obtenir satisfaction à l’exemple des occupations d’usines.


    La crise impacte directement la fonction représentative.


    Mais les premiers concernés font comme si de rien n’était car leur train de vie collectif comme individuel n’est en aucune manière modifié. C’est l’invention de la faillite rémunérée.

  • 09/04 : pour des états généraux de la dépense publique locale

    Le Forum pour la gestion des collectivités territoriales vient de publier ses conclusions pour 2009 et ses prévisions pour 2010. Ce qui attend pour 2010 a de quoi inquiéter. La crise fait chuter des recettes importantes dont les produits des droits de mutations.

    L'agglo connaît une hausse considérable de sa fiscalité locale sur 2009. A Vif et à Varces, des hausses à deux chiffres placent ces Communes sur le "podium" des augmentations fiscales les plus lourdes. Ces chiffres pourraient apparaître modérés face à ceux de 2010 compte tenu de baisse de certaines recettes.

    Il est temps de mettre davantage de transparence sur les économies possibles et d'engager très en amont les préparations des prochains budgets pour que les économies soient mieux partagées et permettent de limiter les hausses fiscales sur 2010.

  • 07/04/09 : s’occuper enfin avec sérieux de risques naturels locaux majeurs

    Le séisme en Italie rappelle que des risques naturels majeurs méritent une attention particulière. La vidéo ci-dessous date de l’émission des dossiers de l’écran du 4 septembre 1979, il y a 30 ans … Le débat alors naissant sur le réchauffement climatique est particulièrement prémonitoire.


    Sur le plan local, Haroun Tazieff a mis en évidence des risques naturels. Plusieurs décennies plus tard, l’immobilisme a sévi. Bien davantage, dans plusieurs endroits, l’urbanisation en zone dangereuse a progressé dans des conditions stupéfiantes.


  • 06/04 : la frontière entre la contestation et la colère

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’entretien accordé hier par Ségolène Royal au Journal du Dimanche. Cette ancienne candidate à la présidentielle subit actuellement des moqueries quasi-permanentes alors même que ses analyses sont parfois judicieuses.


    Aujourd’hui, le temps n’est plus à la contestation. Il est à la colère. Les images ci-dessous concernant Caterpillar donnent une tonalité de climat qui mérite l’attention. Les médias traditionnels édulcorent à ce jour la réalité de ce climat. Les images sont plus feutrées. Ne le sont-elles pas trop ? Les voyages présidentiels sont contruits avec des précautions rarement atteintes.


    La situation actuelle est particulièrement grave parce qu’elle ouvre trois sentiments nouveaux :


    * la frustration matérielle : la vie est globalement trop chère,


    l’insécurité psychologique : la sortie du tunnel paraît impossible,


    * mais surtout un besoin de vengeance contre les élites qui sont jugées comme à l’origine des difficultés, incapables de nous en sortir collectivement alors même qu’elles sont individuellement épargnées.


    Ce dernier sentiment est explosif. Le temps de la simple contestation est bien passé. La colère est ouverte.


  • 05/04/09 : Avec Vincent Peillon, l’ennui n’est pas au balcon

    La jeune garde du PS a au moins l’avantage d’avoir des personnalités qui échappent à une sorte de fadeur qui affecte le personnel politique Français. Il y en a deux dont nous allons probablement entendre parler : Benoît Hamon et Vincent Peillon.


    Ce dernier est doté d’un contenu d’analyses de qualité. Bien entendu, sur de très nombreux points, je suis en désaccord avec lui. Mais au moins ce contenu existe ; ce qui est loin d’être le cas chez d’autres responsables politiques. Et de plus, de temps en temps, il se lâche dans des moments atypiques où les formules sortent des chemins battus, voire même de l’imagination classique dans des circonstances comparables. Etre désigné dans une Région, et qualifier ce choix de « crève coeur », c’est original. A Grenoble, il a été amené à commenter la « sortie de Bernard Soulage » et, une fois de plus, les termes sont surprenants avec un mélange de cynisme et de décalage qui leur donnent une dimension particulière qu’il faut savourer.


  • 04/04 : Barack Obama et … les autres

    Derrière les images, l’installation du nouveau Président Américain correspond à une réelle transformation de fond. Trois données majeures séparent désormais Barack Obama et les autres leaders occidentaux dont Nicolas Sarkozy.


    Première différence : incarner l’optimisme dans la crise. La crise crispe bon nombre d’autres leaders dont Nicolas Sarkozy qui donne désormais le sentiment d’être en crise avec tout le monde (patrons, salariés, syndicats, Ministres, Conseillers …). A l’opposé, Barack Obama a choisi une attitude décontractée. Certes la crise est là. Mais « on » va en sortir. Il faut être lucide mais pas dramatique.


    Seconde différence : le leader Américain unit tandis que le Chef d’Etat Français s’isole. Le premier fait appel à toutes les compétences possibles y compris républicaines. Le second donne le sentiment de tout vouloir ramener à lui sans laisser d’espace à d’autres personnalités fortes.


    Troisième différence : Barack Obama reconnaît d’abord un professionnalisme à l’exemple des responsabilités confiées à Hillary Clinton, voire Joe Biden , deux anciens concurrents des primaires démocrates. A l’opposé, le Gouvernement Français semble d’abord composé de « fidèles » sans existence politique personnelle qui sont là « par nomination du Prince » et parce qu’ils lui doivent tout s’exécutent en permanence comme la « voix de son maître qui prévoit tout, qui règle tout, qui maîtrise tout ».


    Cet état d’esprit frappe-t-il seulement le sommet de l’Etat Français … ?


  • 03/04 : pour la suppression de la taxe sur l’électricité

    On assiste actuellement à une forte progression de la taxe sur l'électricité décidée par des Conseils municipaux. Ces décisions vont dans une mauvaise direction.

    Cette taxe sur la lumière est une "taxe aveugle" qui frappe les ménages sans considération de ressources. L'argument selon lequel plus la taxe est élevée, plus c'est reconnaître l'importance de l'environnement est un argument à la logique redoutable parce qu'il faut alors augmenter le prix de l'eau, le prix de l'essence, le prix du gaz …

    Avec le recul, lorsque la sortie de crise sera intervenue, le comportement de certaines collectivités locales Françaises sera jugé avec beaucoup de sévérité. Elles sont restées à l'écart d'une réponse à la crise comme si la réponse était un seul enjeu d'Etat. Cette réponse appartient à chacun, certes à l'Etat, mais aussi aux collectivités locales comme aux entreprises, aux artisans …: c'est le cumul des actions qui accélère la sortie de crise. Or décider des hausses fiscales dans les circonstances actuelles, c'est ajouter de la crise à la crise car c'est une ponction de plus sur le pouvoir d'achat.

  • 02/04/09 : la course sans fin à la hausse des impôts municipaux

    Je suis particulièrement surpris par la déresponsabilisation qui s'installe en matière de hausse des impôts municipaux. Le raisonnement souvent utilisé est simple. En cas d'alternance, le bilan est dramatique. De plus, la Commune est en-dessous de la moyenne de la Métro, comme si elle avait du "retard à compenser" …

    La moyenne de la Métro n'a aucun sens car le profil des Communes est trop différent pour être comparé. La seule comparaison technique qui vaille est celle de la strate démographique donnée par le Ministère de l'Intérieur.

    Mais surtout, ces hausses évitent les mesures d'économies à prendre dès cette année car la fiscalité sera impactée l'an prochain par la crise qui diminuera fortement notamment les produits de taxe professionnelle et les recettes des droits de mutations.

    Le début de mandat sur 2009 puis la crise sur 2010 sont des facteurs considérables de hausses s'il n'y a pas la volonté ferme de réduire la facture de la pression fiscale municipale.

    Avec un tel état d'esprit, les hausses sur 2010 vont battre tous les records car des pans de recettes seront en "chute libre". C'est une perspective très inquiétante.

  • 01/04/09 : Dominique de Villepin fait sa rentrée

    Ces dernières semaines, au sein même de la majorité présidentielle, des voix importantes font entendre leur différence. C’est le cas d’Alain Juppé lors des entretiens qui sont supposés accompagner la promotion de son dernier livre. C’est aussi le cas de Dominique de Villepin qui tient ce jour sa première conférence de presse depuis 2007.


    Dominique de Villepin, accompagné de 6 députés, tiendra ce jour sa conférence de presse sur la France et l’Otan. Il intervient donc principalement sur une question de relations internationales où chacun s’accorde à reconnaître sa compétence et donc sa légitimité à intervenir. Mais ses remarques devraient aller bien au-delà de ce seul dossier.


    Historiquement, la droite a toujours compté plusieurs sensibilités en son sein. Cette expression est probablement le retour vers cette situation historique.


  • 31/03/09 : Européennes : l’UMP à la traîne …

    Le PS a engagé sa campagne pour les Européennes. L’UMP est manifestement à la traîne. Cette situation n’incombe pas à sa tête de liste locale mais à la direction nationale de l’UMP qui peine à effectuer les derniers arbitrages. Cette direction nationale a officiellement reconnu ses difficultés en la matière. 


    Le scrutin Européen est aujourd’hui perçu comme le scrutin « pour de rire » mais qui pourrait faire pleurer la majorité présidentielle. « Pour de rire », parce que les citoyens ne visualisent pas les pouvoirs concrets des députés européens. C’est pourquoi, l’abstention et les votes sanctions guettent si facilement.


    La campagne doit « prendre racines » pour être efficace. En Isère, Michel Savin doit débattre publiquement avec André Vallini, Marie-Christine Tardy avec Michel Destot, Bernard Saugey avec Didier Migaud. Je cite ces trois noms car ce sont les trois responsables de la direction départementale de l’UMP 38. Mais bon nombre d’autres débats sont indispensables. Si dans ce Département, la tradition du débat républicain est une fois de plus sacrifiée, la campagne sera pliée sans être livrée.