Denis Bonzy

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  • Elections régionales : c’est parti

    Hier, Valérie Pécresse a lancé sa campagne en publiant la date de sa première réunion publique de démarrage.


    5 Régions semblent retenir plus particulièrement l’attention de la majorité présidentielle :


    1) L’Ile de France : il est certain qu’une victoire dans la « Région Capitale » impacterait significativement l’appréciation globale sur le scrutin régional tournant du mandat présidentiel. Valérie Pécresse (voir vidéo ci-dessous) est une excellente candidate et ce facteur personnel devrait lui apporter un bonus certain,


    2) Les Pays de Loire : c’est « la » région d’ancrage du Premier Ministre. Sa défaite en 2004 avait été une forte surprise tant elle semblait improbable,


    3) La Région Centre : par son histoire comme par sa sociologie, elle devrait revenir dans le camp de la majorité présidentielle. Mais la compétition entre Hervé Novelli et Philippe Vigier peut contrarier certaines prévisions « classiques »,


    4) La Région Provence Cote d’Azur : là aussi, la sociologie et l’ancrage électoral de cette région devraient la ramener dans le giron de la majorité présidentielle,


    5) La Région Poitou-Charente : il est certain qu’une défaite de Ségolène Royal impacterait sévèrement son éventuel parcours présidentiel ultérieur.


    Ces 5 Régions seront à la une d’élections qui s’avèrent autrement plus disputées que le scrutin Européen du 7 juin.


  • Economie : les mots ou les actes ?

    Christine Lagarde est une remarquable Ministre de l'Economie. Ses déclarations sont documentées, claires et précises. Elle vient de la société civile et a su encore se protéger de certains travers politiques.

    Elle réaffirme souvent la priorité accordée au tissu des PME-PMI. Mais au même moment, elle laisse fermer des antennes régionales d'Euronext dont l'antenne de Lyon qui a fait l'Histoire de la Bourse Française.

    Si cette information devait se vérifier, ce serait une très grave régression en éloignant ainsi une telle antenne et les entreprises locales.

    Cette antenne a été au coeur de progrès considérables dans l'information financière, dans le conseil des entreprises, dans les liens avec les écoles de commerce …

    Il est surprenant de constater actuellement la faiblesse de la mobilisation pour défendre cette Institution de proximité. Peut-être en ira-t-il autrement à compter de septembre ? Mais n'est-ce pas déjà tard … ?

  • 09/07 : crise du militantisme ?

    Jacky Darne, 1er secrétaire du PS 69, vient de reconnaitre que plus de 820 départs de militants PS sont intervenus dans la fédération du Rhône sur un effectif global de 4 000 membres et ce pour le seul premier semestre 2009.

    La "purge" des fichiers devrait intervenir à fin août 2009 après plusieurs relances par courriers des militants "inactifs" et qui n'ont plus cotisé.

    D'autres fédérations pour d'autres sensibilités politiques seraient elles aussi exposées à des difficultés analogues. Ce serait le cas de l'Isère et de la Loire pour la majorité présidentielle.

    En Isère, les effectifs de l'UMP 38 seraient en chute libre. La nouvelle équipe départementale s'est toujours refusée à donner des chiffres publics périodiques contrairement d'ailleurs aux engagements qu'elle avait pris en la matière. De même, elle n'a jamais répondu aux demandes sur les critères de recrutements des derniers mois avant les élections internes. Un bureau de vote avait été tenu par une candidate du … Nouveau Centre quelques mois plus tôt lors d'une élection cantonale. Puis des Assemblées de circonscription se sont déroulées en "triant les militants conviés" ; ce qui dénote une conception très "originale" du dialogue interne.

    Tous ces procédés heurtent naturellement des militants qui se réfugient alors dans le retrait de leur engagement. C'est dommage qu'il en soit ainsi.

  • Enfin du parler vrai

    Le 24 juin 2009, l’Assemblée Générale de Carrefour se déroulait. Un actionnaire a alors pris la parole pour exprimer son appréciation sur différents produits (voir vidéo ci-dessous).


    Cette vidéo est significative de trois phénomènes plus globaux :


    1) les consommateurs s’aperçoivent enfin des « limites » de la grande distribution. En France, ce segment de l’économie a été le champion de la corruption politique en totale impunité tant l’échelle des infractions était généralisée. Mais surtout, il a tué le commerce de proximité et fragilisé la chaîne des fournisseurs dans des conditions gravissimes.


    2) le vrai pouvoir est celui des consommateurs comme en politique c’est celui des citoyens. Encore faut-il que les consommateurs comme les citoyens prennent conscience de cette réalité et cessent d’être aussi dociles devant les « pouvoirs installés ».


    3) cette vidéo n’aurait jamais été « disponible » sans les circuits directs nouveaux d’information. Les circuits institutionnels n’ont aucune marge de vérité face à leurs annonceurs publicitaires, publics comme privés.


    Des actes de ce type montrent un changement d’ambiance salutaire. Bravo à cet intervenant qui a exprimé du réel dans des conditions exemplaires de calme d’expression ; ce qui ajoute encore à la force de sa démonstration.

  • L’emprunt pour l’avenir innovant …

    La majorité présidentielle a inventé le "plus blanc que blanc". Elle contracte un emprunt mais ce n'est pas "un emprunt comme les autres". Il ne s'agit plus de s'endetter mais de …préparer l'avenir à base d'innovations, d'inventions, bref de nouveautés.

    Pour écrire cet avenir, la majorité présidentielle pouvait faire appel à de jeunes scientifiques, des chefs d'entreprises qui ont vécu l'expatriation, des chercheurs à l'autorité technique internationalement reconnue.

    En France l'avenir qui décoiffe est écrit par un ticket de 72 ans d'âge. Le premier, Michel Rocard, est né le 23 aout 1930. Il a donc 79 ans. Le second, Alain Juppé, est né le 15 aout 1945. Il a donc 64 ans.

    A 72 ans de moyenne d'âge, ils vont inventer la France de demain.

    Pour les uns, ce choix montre combien la vie politique est toujours repliée sur les mêmes noms. La France compte-t-elle aussi peu de talents pour que toujours les mêmes noms reviennent ainsi ?

    Pour d'autres, c'est la nouvelle démonstration d'un monde politique entièrement replié sur lui-même, incapable de s'ouvrir à la société civile.

    Parmi tous ces arguments, chacun fera son tri.

    En ce qui me concerne, je ne porterai pas d'appréciation sur les âges officiels. Je constaterai simplement que, quand en 2007, il était question que ce pays trouve son nouveau souffle dans une "nouvelle génération" je n'ai jamais pensé à cette époque que cette "nouvelle génération" puisse s'appeler … Juppé et Rocard. Je ne pense pas être le seul d'ailleurs, peut-être ?

  • Nouvelle secousse financière en vue ?

    250 milliards d'euros pourraient être présentés par la communauté bancaire internationale au titre des pertes sur LBO. 30 milliards d'euros concerneraient les seules banques Françaises à ce titre.

    Le dispositif des LBO est techniquement risqué puisque le remboursement de la dette est un pari sur la rentabilité ultérieure de la société. Les repreneurs décident de financer une acquisition par une dette dont le montant sera acquitté par l'affectation d'une partie des dividendes à ce désendettement. Ce mécanisme est fragile puisqu'il suffit que l'activité se détériore, la rentabilité est alors moindre et les dividendes ne peuvent plus honorer cette charge de la dette.

    Le Groupe d'analyse Fitch vient de publier un rapport d'alarme. Les prochaines semaines risquent de connaître une nouvelle vague de dettes bancaires très lourdes. La crise est loin d'être finie.

  • Hénin-Beaumont et une nouvelle donne pour 2012 ?

    Progressivement, une nouvelle donne semble prendre naissance pour la présidentielle 2012. Le FN retrouve des couleurs. La majorité présidentielle se divise. Si Villepin et Boutin s'engagent dans la compétition, le score du 1er tour 2007 sera impossible à réaliser pour le Président sortant.

    L'éclatement progressif du paysage politique ramène plus probablement à des scores quasi-généralisés au-dessous du seuil des 20 % dans la lignée des présidentielles antérieures à 2007 dans des conditions où la qualification pour le second tour se joue alors à la marge.

  • « Un véritable homme »

    Lors des dernières législatives en Israël, la candidate à la fonction de Premier Ministre avait choisi cette formule pour ses affiches « un véritable homme ».


    J’ai été surpris par cette formule. Certes, ce pays et sa population sont confrontés à des épreuves quotidiennes qu’ils affrontent avec un courage exemplaire créant ainsi un contexte particulier justifiant une telle formule quasi-provocatrice.


    En réalité, derrière cette formule, il y a une volonté d’assumer la féminité et de revendiquer un au-delà. 


    C’est une approche identique que va ouvrir Sarah Palin pour la présidentielle Américaine 2012. Elle vient de démissionner de sa fonction de Gouverneur de l’Alaska pour préparer la tournée des meetings de soutien lors des élections du mid term en 2010, tour de chauffe pour 2012.


    L’an dernier, un ex-collaborateur de Mitt Romney qui organisait la campagne de McCain pour une partie de la côte Est m’expliquait qu’il était persuadé que Barack Obama était trop élitiste pour plaire dans le temps aux couches moyennes de l’Amérique profonde. 


    Ces couches aiment un candidat BBQ qui partage leurs goûts, leurs racines, leurs repères. Le cow boy a toujours gagné sur l’intellectuel. A ce titre, jusqu’aux premières heures de la crise financière, le camp McCain demeurait confiant.Sarah Palin est à cette image. Elle se comporte en « véritable homme » visitant les troupes, respectant un emploi du temps hors du commun car là-bas les distances sont considérables …


    Après le premier Président métis, la première femme présidente ? Ce qui est sûr, c’est que la bataille sera belle. Il ne faut pas oublier que la victoire de 2008 a été certes celle de Barack Obama mais peut-être d’abord la défaite de Bush qui était devenu insupportable et insupporté à un point qui garantissait peut-être la victoire de tout candidat démocrate…?  


  • Le sondage qui révèle la profondeur de la crise

    Au Canada, un sondage Nanos vient d'être réalisé pour un groupe de presse. 1001 Canadiens ont été questionnés du 17 au 21 juin 2009.

    Le sondeur a choisi une méthode atypique : les questions ouvertes. D'ordinaire, une question précise est posée et la personne questionnée répond par oui, par non et par "ne sait pas".

    Là, dans cette enquête, la méthode est autre puisque le choix de la question ouverte consiste à collecter la réponse spontanée sans la guider.

    Dans les sondages, cette méthode est très peu utilisée puisqu'elle est onéreuse au niveau de son traitement technique car par définition le spectre des réponses est large puisque visant à couvrir une matière quasi-inconnue.

    Le sondage Nanos montre que, questionnés selon de telles modalités, les Canadiens étaient en mesure de citer que des lacunes ou des reproches à destination du personnel politique.

    Alors même que les reproches atteignent des taux de 65 %, la première qualité "plafonne" à 5 %.

    C'est une réalité qui est aujourd'hui connue au sein même des états-majors politiques mais ces derniers partent souvent d'un constat que la spécificité de la politique c'est que l'offre est limitée. La demande sera obligée de composer avec une offre peu élastique. Cette demande aspire à une nouvelle offre et, dans l'attente, elle zappe au gré des circonstances.

  • comment expliquer l’absence de traçabilité financière ?

    La société de gestion du parc immobilier de la Ville de Lyon vient de reconnaître qu'elle avait fait appel à des "emprunts toxiques". Le résultat est double. La perte financière sera de 30 millions d'euros dans "le moins pire des cas". Elle pourrait même monter à 120 millions d'euros si les conditions de sortie ne devaient pas être "favorables". C'est une part importante de la construction de logements sociaux qui est ainsi menacée.

    C'est un exemple de l'opacité considérable qui règne en France sur la gestion des dépenses publiques. Les frais de fonctionnement des structures publiques relèvent d'un quasi "secret défense". L'évaluation des dépenses ne donne lieu à aucun rapport public périodique. Les conditions de participation dans des structures privées sont peu ou pas suivies dans le temps.

    La France ne connaît que l'irrégularité financière et encore très peu car un "politiquement correct" s'est installé depuis 2002. A cette époque, la poussée du FN a été interprétée comme l'effet des "affaires" qui avaient occupé les gros titres …

    Mais entre l'irrégularité et la bonne gestion, il y a un espace considérable. La SACVL n'a pas commis d'irrégularité au sens légal du terme. En revanche, il ne s'agit pas davantage d'une bonne gestion. Il serait temps d'améliorer les conditions de la traçabilité financière de l'argent public.