Denis Bonzy

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  • Où en est la réforme de l’Etat ?

    La rentrée de septembre 2009 sera marquée par les révélations d'ardoises fiscales. Pour les collectivités publiques, l'enjeu global est simple : les recettes chutent en moyenne de 25 % et leur train de vie est resté le même.

    C'est une situation hors du réel qui annonce au moins trois types de mesures :

    – des augmentations d'impôts et / ou de taxes diverses en cherchant d'ailleurs très probablement à reporter la responsabilité sur des tiers comme d'ordinaire,

    – une chute des budgets d'investissements,

    – une détérioration de fait de certaines prestations car les économies seront incontournables.

    C'est trois conséquences vont généralement se cumuler et produire une hausse supplémentaire des prélèvements publics sans amélioration de la qualité des services.

    En 2007, la réforme de l'Etat avait été annoncée : faire moins mais mieux. Cette réforme n'est pas intervenue. Dans ce contexte, la crise économique frappe encore plus lourdement l'Etat Français car son train de vie est trop élevé, son endettement est trop lourd et son allergie à la moindre réforme est excessive. 2010 annonce le début d'une période très délicate pour le secteur public Français faute d'avoir vécu sa réforme dans des périodes plus favorables.

  • Barack Obama face à la radicalisation du débat sur la santé

    Hier, Barack Obama était à Portsmouth, ville du New Hampshire. Cette partie de la cote Est est assez étonnante. La région de Boston est historiquement très démocrate. Les Etats voisins sont plus conservateurs à l'exemple du Maine ou du New Hampshire.

    La réforme de la santé divise le pays. Elle entraîne trois conséquences majeures. Les classes moyennes sont inquiètes face à une montée de la bureaucratie et des impôts. Le Parti Démocrate vit une érosion de confiance. Il est descendu sous le seuil des 45 % de cote de confiance. Mais surtout, dans des Etats clefs, le retrait des classes moyennes dans le soutien au parti démocrate ouvre 2010 sur des bases nouvelles.

    Beaucoup de réunions publiques qui se déroulent actuellement sur ce thème connaissent des violences verbales fortes. Certaines doivent même être annulées. Cette radicalisation annonce un vote au Congrès dans des conditions très délicates ; ce d'autant plus que la rentrée de septembre annonce le lancement des campagnes très actives pour les élections de 2010. En quelques semaines, le climat politique s'est couvert pour Obama.

  • Bagnolet : le débat impossible

    L'été 2009 bat-il des records d'insécurité ? Dans les discussions au quotidien, chacun donne des exemples de vols, de délinquances diverses dont le bruit qui devient une pollution importante. Mais il n'y a pas de chiffres sérieux disponibles permettant de construire une comparaison solide dans le temps.

    En réalité, le débat sur l'insécurité est progressivement devenu impossible en France pour trois raisons majeures.

    Tout d'abord, l'UMP occupe de façon excessive ce volet abandonné par le PS. La majorité présidentielle peut avoir un bilan mauvais en ce domaine, chacun est persuadé que "c'est déjà pas mal" tant cette situation serait pire avec l'autre formation dite de gouvernement. Il n'y a pas de compétition positive car le PS a acté sa disqualification en la matière et ce dans des conditions surprenantes.

    Ensuite, le bon sens semble avoir quitté ce sujet à l'exemple du dossier récent de Bagnolet. Quand la police poursuit un présumé délinquant, c'est pour le … rattraper. Certes des règles sont à respecter dans ce cadre mais l'accident par excès de vitesse du délinquant ne peut devenir systématiquement une "bavure policière" qui autoriserait tous les excès de "vengeance". De telles situations montrent que, même sous l'actuel régime, il existe toujours des zones de non droit qui n'ont pas été reconquises dans des conditions très inquiétantes.

    Enfin, la victimisation immédiate d'une partie de la société est désormais tolérée dans des conditions qui rendent impossible tout débat sérieux. La "chaîne d'autorité" est entièrement cassée dans de nombreux territoires en France par le fait de la démission des parents, d'enseignants. La réforme du service national n'a rien arrangé. Il y a aujourd'hui un "vide d'autorité" qui fait que des jeunes gens de plus de 20 ans n'ont jamais rencontré des limites à respecter. Dans cette "culture", le choc avec la "première autorité" devient encore plus violent. 

    Il serait temps de bâtir un consensus pour remettre à niveau des règles indispensables dans toute vie en communauté. 

  • Harper : première victime de la crise ?

    En septembre, il est possible que les Canadiens retournent aux urnes. La situation de cette belle démocratie donne des enseignements instructifs.

    1) Aujourd'hui comme hier, l'opinion vote toujours contre la crise. Par conséquent, le calendrier de sortie de crise va impacter directement les scores électoraux,

    2) l'opinion vote contre la crise mais encore faut-il qu'elle trouve un "leader de rechange". Michael Ignatieff a rendu sa crédibilité au parti libéral,

    3) tant que la crise est là, elle écrase tous les autres sujets.

    Le suivi de la politique canadienne donne des leçons bien au-delà de ce seul pays.

  • « Le nouveau Président » (épisode 5/11) : la campagne se muscle …

    Le blog 2villepin a mis en ligne le nouvel épisode du feuilleton sur la présidentielle 2012.


    Sa rédaction est intéressante sur le plan de la méthode car elle confronte aux deux défis majeurs : comment faire vivre une campagne et surtout comment concevoir des initiatives qui puissent faire bouger les blocs électoraux de base ?


    J’espère que vous aurez plaisir à parcourir ce cinquième épisode. A cette fin, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :


    http://2villepin.free.fr/index.php

  • Barack Obama et le seuil des 200 jours

    Les seconds « 100 jours » ont été plus délicats que l’installation. L’électorat Américain est très pragmatique. Il juge sur des résultats. Or, les résultats en matière d’emploi se font attendre. Les résultats quant à la réforme de santé peuvent être une hausse significative de prélèvements fédéraux selon diverses modalités.


    Par conséquent, les classes moyennes passent sur la réserve. Mais le taux d’approbation demeure élevé. Surtout, le parti républicain est en panne de leadership. Sarah Palin s’engage mais elle est très controversée. Bobby Jindal apparaît trop conservateur. Eric Cantor n’a pas encore la notoriété fédérale incontournable. Bref, pour l’instant, il n’y a pas de solution de rechange.


    Les élections de 2010 s’annoncent encore assez aisées pour le parti démocrate. Elles seront le dernier test des rapports de forces avant le démarrage de la prochaine présidentielle.

  • L’éventuel véritable signe de reprise …

    La question majeure actuellement consiste à identifier le calendrier de sortie de la crise. Les analystes économiques exposent leurs prévisions. Et si l'indicateur était ailleurs ?

    Au Canada, le parti libéral a le vent en poupe. Il a retrouvé un leadership incontestable lié notamment à la personnalité de son nouveau responsable. Le parti conservateur est donc en difficulté. L'organisation d'un vote de confiance devrait conduire à une censure donc à sa chute. Les observateurs politiques sont persuadés que le parti libéral engagera ce vote de confiance juste avant la reprise afin que celle-ci ne permette pas au parti conservateur de se refaire une santé. Il importe donc d'observer attentivement la date de dépôt de cette motion qui devrait annoncer que nous sommes entrés dans la salle d'attente de la reprise.

  • Décès brutal de Christiane Courtadon

    C'est avec une grande tristesse que je rédige ce billet. L'engagement dans la vie publique m'a donné la chance de rencontrer des personnes d'une extrême qualité. Pour certaines d'elles, plusieurs années après leur disparition, elles habitent toujours mon quotidien. J'ai si souvent une pensée chaleureuse pour M Valfort qui m'a fait découvrir à près de 40 ans la force véritable de ceux qui ont la foi alors même que j'avais reçu une formation scolaire que dans des établissements religieux. J'ai souvent à l'oreille le rire éclatant de Mme Permingeat, femme du Sud dont le rire était le plus beau drapeau alors même qu'elle devait lutter contre des épreuves fortes qui en auraient démoralisé plus d'un. Je repense souvent à  l'opiniatrêté de M. Menut qui voulait toujours mener à bien une action engagée. La liste pourrait être longue.

    Mme Courtadon est au premier rang de toutes ces âmes d'une extrême qualité. Enseignante, elle aimait le service public. Courtadon 3 Ayant la passion des livres, elle mobilisa toute son énergie si grande pour faire partager ce volet de culture. Croyante, elle s'est beaucoup investie dans la paroisse et, avec l'aide de nombreuses autres personnes, elle suppléait les prêtres désormais si rares et parfois même si étrangement peu disponibles. A ce titre, elle a officié lors des cérémonies religieuses pour les décès de mes parents qu'elle avait tant connus et qui l'aimaient énormément.

    A son mari Raymond, à tous les membres de sa famille, à ses très nombreux amis, j'adresse mes plus sincères condoléances. Avec beaucoup de tristesse.

    Denis

    NB : la cérémonie religieuse aura lieu vendredi 7 août à 14 heures à l'église de St Paul de Varces

  • La France et les contrôles …

    Le débat sur les aides agricoles est le dernier exemple en date d'une spécificité Française sur les contrôles.

    La France aligne une liste impressionnante de gaspillages, de dénonciations a posteriori d'erreurs. Mais dans tous ces cas, le contrôle semble sans incidence. Le contrôle n'entraîne aucune "correction préventive" ni de véritable sanction a posteriori. Le peuple ne se plaint même pas comme si la fatalité frappait. Est-ce que cette situation tient au fait qu'en France 50 % des personnes paient des impôts contre 90 % en moyenne dans les autres pays ?

    Mais surtout, le contrôle fonctionne en interne. L'Etat se contrôle lui-même et, au sein de l'Etat, les mêmes corps administratifs occupent cette fonction. C'est la confusion des rôles et des genres. Dans de telles conditions, longue vie aux gaspillages quand de surcroît il suffit désormais de crier à la révolte de rue pour que la règle passe à la corbeille. En temps de crise tout particulièrement, ce sont quand même de bien surprenantes pratiques.

  • Alinghi et le nouveau patriotisme

    A ceux qui pouvaient douter de l’enthousiasme populaire suscité par les grandes compétitions sportives (débat ouvert sur les candidatures pour les JO), Genève apporte actuellement une réponse sans contestation : le défi d’Alinghi devient le défi de tous.


    C’est un défi qui transforme le sport en challenge de très haute technologie. En période de crise, des défis de ce type font naître de nouveaux patriotismes positifs qui mobilisent les énergies et font oublier, fut-ce un instant, les dures réalités présentes.