Denis Bonzy

Blog

  • Le nouveau Président (épisode 7/11) : un électorat éclaté

    Le blog 2villepin a mis en ligne le 7ème épisode de ce feuilleton d’été. C’est l’occasion pour présenter l’évolution de l’électorat Français très impacté par les conséquences de la crise économique.

    J’espère que vous aurez plaisir à parcourir ce septième épisode. A cette fin, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :


    http://2villepin.free.fr/index.php

  • Le test de la réforme sur la santé

    La réforme de la santé divise les Etats-Unis.

    Elle divise les démocrates et les républicains car ces derniers y voient l'installation d'un système bureaucratique, onéreux et peu efficace.

    Elle divise aussi les démocrates. Des Sénateurs démocrates s'élèvent contre le coût de la réforme. La crise actuelle a sensibilisé les contribuables à l'état des finances de l'Etat fédéral. La réforme de la santé fait craindre que l'option publique n'impacte excessivement les finances publiques et conduisent à une augmentation rapide d'impôts.

    Techniquement, l'administration Obama a choisi une procédure qui ouvre le débat sur les modalités. Elle a considéré que l'échec de Clinton en 1993 sur ce dossier était lié au fait d'avoir présenté un projet entièrement ficelé. Par conséquent, aujourd'hui, seuls les principes généraux sont arrêtés mais les modalités pratiques sont remises au débat. Or, c'est ce choix de procédure qui ouvre les critiques puisque, faute de modalités techniques précises, chacun peut agiter des conséquences qui effraient l'opinion.

    Actuellement, les Congressistes sont en vacances. Ils participent beaucoup à des fêtes de comtés. Le sujet de la réforme de la santé est très souvent en première ligne des points abordés. L'opinion semble très remontée ; ce qui fragilise d'autant le soutien au sein même des démocrates et tout particulièrement ceux qui repassent devant les électeurs en 2010.

    Dans de telles circonstances, le devenir de cette réforme est de plus en plus incertain.

  • Et demain …

    Ce Gouvernement est en train de battre le record des annonces sans lendemain.

    Prenons des exemples concrets. Le rapport Attali et les 300 mesures : aucune suite. La notation des Ministres supposée installer une culture du résultat au plus haut niveau : aucune suite. La modification de la gestion des boni bancaires : aucune suite. La diminution du nombre des Ministères : aucune suite…

    La vie publique française vit sous un régime où l'annonce est supposée régler le problème comme si l'ordonnance pouvait permettre au malade de ne pas prendre les médicaments …

    Dans ces conditions, aucun problème de fond n'est réglé. L'été 2009 en donne une illustration dans trois domaines. En matière d'environnement, avec la question des algues vertes, ce sont des secteurs entiers victimes de pratiques industrielles connues depuis plusieurs décennies déjà. Rien n'est fait. Second dossier, l'insécurité progresse. Le progrès le plus inquiétant n'est pas tant dans les chiffres mais dans la violence et dans le niveau d'armement de certaines géographies qui vont exposer les forces officielles de sécurité dans des conditions sans précédent. Le décès d'un représentant de forces officielles de sécurité est désormais inscrit dans la logique des tendances de radicalisation de certains territoires. Enfin, en matière de fiscalité, la taxe carbone vise-t-elle réellement à changer les moeurs en matière de lutte contre la pollution ou à renflouer les caisses de l'Etat sous un nom de baptême plus porteur …

    Et demain qu'en sera-t-il sur ces dossiers ? Nouvelles annonces dans nouveaux domaines d'urgences … Jusqu'à quand ce rythme continuera-t-il sans impact sur le réel ?

  • Titrer c’est trahir

    C'est toujours difficile de trouver un titre qui résume avec rigueur l'esprit d'un texte surtout quand ce texte est technique et nuancé.

    Les résumés sur le texte d'Olivier Blanchard sur le redressement de l'économie varient beaucoup selon les supports techniques. Certains sont très surprenants par rapport au contenu de ses analyses …

    Ce qui est sûr, c'est que selon cet économiste réputé :

    – le redressement de l'économie prendra du temps (au moins plusieurs années),

    – la clef de la reprise dépendra de l'Asie et en particulier de la Chine,

    – des hausses d'impôts considérables sont annoncées pour plusieurs Etats notamment occidentaux qui n'ont plus "les réserves" pour conduire leurs missions classiques. La France appartient à cette catégorie. A quand l'annonce officielle ?

  • Le pays qui aime trop le pouvoir …

    Chaque nation porte une culture spécifique. L'actuel débat sur la réforme de santé aux Etats-Unis fait naître des réactions inconcevables en France notamment.

    Dans un autre domaine, une radio nationale révèle la "mise en scène " qui accompagnerait des reportages TV sur Luc Chatel en visite dans des hypermarchés : tout serait scénarisé et les "familles" avec lesquelles il dialogue seraient des adhérents de l'UMP bien briefés …

    Si cette information est exacte, c'est une faute déontologique grave de la part des chaînes TV de se prêter à de telles manoeuvres. Mais, loin de susciter un débat sérieux, cet épisode relève de l'anecdote.

    En France, il faut être "bien avec le pouvoir". Il n'y a pas de structure sérieuse de contestation du pouvoir comme Moveon ou Democracy Watch. Le pouvoir peut se tromper par exemple sur le chiffre des suicides en prison (impossible d'avoir le bon chiffre alors même qu'il ne dépasse pas le seuil de 100 … : cela relativise la fiabilité de la statistique publique). Il peut scénariser des déplacements en province … Bref, il peut tout. En dehors de périodes rares de contestation violente, le citoyen Français est emporté par son légitimisme. Il laisse les principes au vestiaire pour penser aux accords individuels possibles. Cette culture s'installe actuellement comme "la règle du jeu" avouable et avouée. Appliquée à la décentralisation, cette culture transforme bon nombre de collectivités locales en "cours du grand Turc" où s'est installée une comédie de la satisfaction qui permet de ne pas fâcher le pouvoir … C'est souvent assez pathétique à ce point là, il faut quand même le reconnaître.

  • Reprise économique : tout et son contraire

    La journée d'hier a été un exemple caricatural des informations désormais contradictoires qui surgissent au sujet de la reprise économique.

    Le matin, la presse technique faisait état d'une étude de JPMorgan Chase annonçant une reprise rapide et surtout très vigoureuse. Certes, cette étude conditionnait la vigueur de la reprise à quelques critères techniques. Mais l'optimisme était possible.

    Au même moment, les bourses ont plongé. Des analystes produisaient un document différent considérant que l'actuelle période était un statu quo lié aux financements massifs des Gouvernements. En conséquence, lorsque ce statut quo prendra fin alors même qu'aucun traitement de fond n'est opéré, une nouvelle crise se produira donnant naissance à un phénomène de récession "à double creux".

    Les Bourses ont engagé un mouvement généralisé de baisses significatives.

    L'ambiance devenait même très morose considérant que le rebond avait été excessivement anticipé.

    Difficile de disposer d'analyses aussi contradictoires dans la même journée. La matin avait bien débuté et le soir devenait significativement morose. Alors aujourd'hui ?

  • Le débat sur les théories dominantes

    La "sortie de crise" s'accompagne d'un débat très intéressant sur les théories dominantes. Pour la première fois à ce point prend naissance un échange sur l'explication de la pensée unique qui sévit dans la vie publique française.

    Cette situation serait le fruit de 4 facteurs :

    – la logique de "niche" qui prévaut dans "l'expertise" médiatique : quelques experts trustent les médias importants et moindres,

    – le vide du débat politique : la position des experts est d'autant plus forte que le débat politique n'existe plus sur les enjeux importants,

    – l'opinion qui aspire à croire et non plus à réfléchir : il faut lui livrer du prêt à penser bien emballé,

    – le règne du "tout ce vaut" : l'opinion passe très vite d'un sujet à l'autre, d'un extrême à l'autre. Elle manque de recul. Par conséquent, elle ne tire pas les conséquences des alertes, erreurs ou fautes dont elle se reconnaît pourtant victime.

    L'analyse de Frédéric Lordon, "économiste critique", est terrifiante quand il expose les évolutions des uns et des autres. Les mêmes auteurs arrivent toujours à expliquer l'actualité … passée en convenant qu'elle correspondait à leurs prévisions même si c'est totalement contraire à la réalité. C'est un supermarché des idées qui a de quoi inquiéter en effet.

  • Le nouveau Président (épisode 6/11) : 1er meeting de campagne

    Le blog 2villepin a mis en ligne le 6ème épisode de ce feuilleton d’été. Nous entrons dans la campagne active avec la tenue du premier meeting de campagne et la présentation de mesures fortes.

    J’espère que vous aurez plaisir à parcourir ce sixième épisode. A cette fin, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :


    http://2villepin.free.fr/index.php

  • Présidentielle US 2012 : déjà plus de 12 candidats sérieux

    Les difficultés de la réforme de santé, une cote de popularité désormais en-dessous du score de novembre 2008 … : il n’en fallait pas moins pour revigorer les candidatures au sein du Parti Républicain. Ils sont désormais plus de 12 candidats sérieux à avoir confirmé leur engagement probable dans la course pour 2012.


    Ce climat de compétition ouverte naturelle change beaucoup avec le « jeu » qui culturellement domine en France où il faudrait se dévoiler le plus tard possible par une démarche imposée par les « circonstances » ne laissant aucune place bien entendu à l’ambition personnelle… C’est le refrain empreint d’hypocrisie qui domine en France dans ce domaine comme dans tant d’autres. Habituellement prompt à signaler ce que je reproche à la politique présidentielle, là je reconnais que je trouve courageux et positif que Sarkozy ait cassé ce code usé en assumant aussi ouvertement sa volonté présidentielle.


    Pour revenir à la campagne US, le plus intéressant actuellement est la progressive acceptation de la course au centre. Pour gagner, il faut convaincre les classes moyennes qui veulent des résultats concrets et non pas de grandes batailles idéologiques. Parmi les candidats, plusieurs d’entre eux ont ouvertement effectué ce choix de la course au centre comme Eric Cantor ou John Thune (voir vidéo ci-dessous) notamment. Le choc avec les « intégristes Républicains » (Palin, Jindal, Romney) sera très intéressant à suivre.


  • Barack Obama et les trois dossiers explosifs

    Le Président Américain est exposé à trois dossiers très délicats.

    1) l'éventuel scandale Blackwater : Blackwater est l'une des sociétés de mercenaires qui interviennent en Irak et en Afghanistan. Pour respecter ses engagements de retraits des troupes, l'administration US aurait de plus en plus recours à des mercenaires. Pour la seule année 2009, l'administration Obama aurait versé 174 millions de dollars à la seule société Blackwater. Or, deux ex-employés de Blackwater viennent d'exposer des détails peu "avantageux" sur les méthodes mises en oeuvre.

    2) La réforme de la santé divise le pays dans des conditions rares. Elle rouvre le jeu politique. Les élections de 2010 s'annoncent serrées. les candidats républicains aux primaires pour 2012 se multiplient.

    3) Les mouvements armés d'extrême-droite se multiplient. Ces mouvements sont une composante classique de la vie politique US. Les plus organisés et "motivés" sont estimés à près de 900 groupuscules pour l'ensemble du territoire US. Depuis le printemps 2009, leur nombre serait en considérable progression et la détermination des "historiques" serait de plus en plus forte notamment pour des considérations raciales. Les conditions de sécurité autour d'Obama seraient considérablement renforcées.

    La rentrée de septembre 2009 intervient dans un contexte très difficile pour la nouvelle administration US.