Denis Bonzy

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  • La fracture entre le « Lou cass can » et le « bonjour urbain »

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    Sidération depuis lundi sur les commentaires stupéfaits face au record d'abstentions de dimanche. Pourquoi la politique échapperait-elle à l'indifférence généralisée désormais installée en France ? Il y a 60 millions de Robinson Crusoë échoués dans la jungle de leur vie quotidienne où l'agression peut venir de partout : depuis la violence d'un voisinage jusqu'à la précarité d'une situation économique. Le "sauve qui peut" règne. C'est l'étape du "bonjour urbain" dont la caractéristique est que le "bonjour"… n'existe plus. Hier, dire "bonjour" comme répondre à un courrier étaient la politesse élémentaire. Aujourd'hui, ne pas répondre à un courrier c'est … gagner du temps et dire bonjour, c'est prendre le risque que le destinataire ne comprenne pas pourquoi il est ainsi salué. Voilà la réalité de la vie urbaine maintenant. Il reste des zones d'humanité où les traditions de proximité ont encore un sens. Ce week-end, un ami m'expliquait qu'il avait fait le tour pour respecter la tradition du "Lou cass can". Il a été messager pour porter l'invitation à un mariage. Pourquoi Lou cass can ( chasse-chien ) ? Car le messager arrivait endimanché, canne enrubannée à la main pour chasser les chiens trop enthousiastes d’où chasse-chien ! Les familles invitées, si elles comptent participer à la fête, en informent Lou cass can et accrochent une bandelette de tissu coloré à la canne. Après avoir fini sa tournée et avoir été très bien accueilli,  le messager remet la canne à la famille qui l’a mandaté et ainsi ils connaissent le nombre de foyers présents aux festivités à venir. Un autre monde au sein d'un même pays. Si les citoyens ne retrouvent pas ce sens de l'autre, l'abstention a de très beaux jours devant elle. Pourquoi la politique échapperait-elle à l'indifférence généralisée qui sévit désormais dans tant d'endroits ?

  • 20 juin 2021 : je jour où la France a basculé dans une abstention historique

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    Il y eut l'étape du "dépenser coûte que coûte". C'est désormais l'étape du "gagner coûte que coûte". Ceux qui s'abstiennent pensant punir les professionnels de la politique devraient réfléchir et constater qu'ils se punissent eux-mêmes en s'excluant du jeu démocratique parce que, pour les professionnels de la politique, le seul programme c'est : gagner. Peu importe le nombre des votants. Peu importe les règles. Je n'ai jamais constaté autant de règles non respectées que dans la campagne du 20 juin 2021. Ceux qui s'offusquent que des jeunes ne respectent pas des règles donnent d'abord l'exemple eux-mêmes de ne pas les respecter. Toutes les règles sont balayées dès qu'elles peuvent faire obstacle sur le chemin de la victoire : de la neutralité des institutions publiques à la neutralité des pouvoirs sortants qui devraient en principe redevenir candidats parmi les autres, comme les autres au moins le temps de la campagne officielle. Aux Etats-Unis, il est question de l'esprit "barstool" : le tabouret de bar où chacun raconte des histoires souvent plus fausses que vraies mais en donnant le sentiment d'y croire. La France est en avance sur ce chemin. C'est si facile de condamner les abstentionnistes. Mais qui prend encore soin pour donner envie de participer ? 

  • Dans un univers d’indifférence et de violences, y-a-t-il encore un espace pour la mobilisation et pour la tendresse ?

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    Petit Elliot a besoin de nous. Le traitement médical d'un chien exposé à une épreuve grave coûte cher. Chacun de nous le sait pour l'avoir vécu. Mais ce qui est parfois difficile seul devient si facile à plusieurs. Par conséquent, à juste titre, la "famille d'Elliot" a ouvert une cagnotte. 870 € ont déjà été collectés sur Leetchi.  

    La semaine dernière, le texte de la famille Biden à l'occasion du décès de leur chien était remarquable. Tout y était. Qu'écrivaient-ils ? "Nos cœurs sont lourds aujourd'hui car nous vous faisons savoir à tous que notre berger allemand bien-aimé, Champ, est décédé paisiblement chez nous. Il a été notre compagnon constant et chéri au cours des 13 dernières années et a été adoré par toute la famille Biden. Même lorsque la force de Champ a diminué au cours de ces derniers mois, lorsque nous arrivions dans une pièce, il bougeait immédiatement sa queue. Où que nous étions, il voulait être et tout allait instantanément mieux quand il était à côté de nous. Il n'aimait rien de plus que se reposer à nos pieds devant un feu à la fin de la journée, se joindre à nous comme une présence réconfortante dans les réunions. Dans ses plus jeunes années, il était le plus heureux de poursuivre les balles de golf ou courir pour attraper nos petits-enfants dans notre jardin dans le Delaware. Dans nos moments les plus joyeux et dans nos jours les plus tristes, il était là avec nous, sensible à nos sentiments et à nos émotions. Nous aimons notre gentil garçon et il nous manquera toujours". C'est un très beau texte qui parle à ceux qui ont connu des moments de ce type. Elliot a besoin de nous. Nous participons donc à cette chaîne de solidarité pour relayer cet appel. Marie a déjà effectué une première participation. Donnons à Elliot toute notre aide. Merci par avance.

    Pour aider Elliot cliquer sur le lien suivant : ENSEMBLE. 

  • Carnet de campagne (05/08) : et si un photographe n’était pas là … ?

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    Dans mon soutien à Claude Soullier et à son équipe, un facteur a été décisif sur le plan humain : sa passion pour les animaux. Cette passion, tous ceux qui le connaissent de longue date savent combien elle est réelle. Les habitants de Brié le voient avec son chien. Les membres de sa famille font beaucoup notamment pour les chevaux. Pour moi qui ait eu l'occasion de l'accompagner à quelques reprises sur le terrain, deux gestes ont beaucoup compté. 1) En voiture, si un animal est en bord de route, il va considérablement ralentir pour ne pas prendre le moindre risque de lui causer un souci. Je l'avais constaté de longue date et lorsque nous sommes allés à Prélenfrey du Gua, dans le dernier virage avant d'arriver à la Place des Justes, j'ai vu un chien seul en bord de route. Claude et Delphine étaient dans une autre voiture et je me suis dit "il va presque s'arrêter" et ce fut le cas. 2) A chaque sortie où un animal est à proximité, il fera les pas nécessaire pour aller le saluer, lui parler, le caresser. C'est une chaleur d'âme qui me plait. Authentique. Belle. Elle me plait encore plus par contraste quand je sais la liste Doffagne – Martin Grand soutenue par la parlementaire iséroise qui, par ses votes à Paris, est classée avant dernière des parlementaires dans la défense de la cause animale. Il y a des contrastes qui en disent long loin des images. Quand le photographe n'est pas là ! 

  • Carnet de campagne (04/08) : a-t-on encore le droit de dire que cela pourrait aller mieux ?

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    Ce qui est le plus surprenant dans les circonstances actuelles, c'est que la bien pensance a franchi une frontière nouvelle en France : non seulement il est peu permis de penser autrement mais surtout de laisser supposer que cela pourrait aller mieux. La pensée unique a revêtu un habit de plus : le compliment permanent. C'est la culture des pouvoirs sortants. Ils installent deux chapes de plomb : rien d'autre n'était possible et dans ce seul possible rien de mieux ne pouvait être fait. Avec de tels verrous, par définition, le débat devient impossible. Ce qui est le plus surprenant c'est qu'au pays des débats, cette logique de croyance puisse s'installer. Il y a heureusement quelques foyers de "résistance". Des sortants sortent de cette arrogance pour témoigner de l'humilité. Et des challengers refusent de devenir otages d'une telle logique. Heureusement, dans le canton de Le Pont de Claix, nous avons la chance de compter sur une équipe qui pratique une autre mentalité faite de modestie, de réflexion, de nuances. J'espère que le 20 juin, les citoyens manifesteront leur attachement à ces valeurs en apportant leur confiance à l'équipe de Claude Soullier qui fait une très belle campagne de propositions réalistes, de projets portés par des convictions solides.  

  • Carnet de campagne (03/08) : où va une démocratie quand s’engager dans le débat public c’est accepter de prendre le risque de s’abîmer … ?

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    Pour résumer la valeur de la citoyenneté, des auteurs du siècle des Lumières avaient une formule forte "c'est n'être bon à rien que d'être bon qu'à soi". Une formule qui célébrait la valeur de l'altruisme, la valeur de l'engagement public. Aujourd'hui, c'est presque l'opposé de cette formule qui pourrait résumer la nouvelle situation. Ceux qui s'engagent dans le débat public acceptent de prendre le risque de s'abîmer alors même que leurs qualités seraient unanimement reconnues en l'absence d'un tel engagement. Pourquoi ? 1) Parce que l'engagement public a perdu son sens : le débat d'idées. Faute de débat d'idées, il tourne à vide alimenté par des rumeurs, par des malveillances qui visent à éliminer d'abord et non pas à progresser. 2) Parce que faute d'une limitation des mandats publics dans la durée, des professionnels de la politique ont fait de la politique leur métier et défendent leurs places à n'importe quel prix avec pour programme réel "garder ma place". 3) Parce que la société française traverse des crises profondes et ne croit plus à son "modèle". C'est une société qui suscite les haines, les contestations permanentes et pire encore beaucoup de départs de ceux qui devraient rester si le pays veut rester fort. La culture du "tout se vaut" fait perdre la valeur à tout. Dans ces circonstances, j'ai beaucoup de respect pour des candidats que rien n'obligeait à candidater parce que leur vie professionnelle et personnelle sont déjà bien remplies et qui le font avec le sourire laissant sur le bord de la route les critiquent malveillantes du cortège des jaloux. Ce sens de l'engagement mérite la considération. C'est le cas pour l'équipe de Claude Soullier dans le canton de Le Pont de Claix. 

  • Carnet de campagne (2/8) : derrière la vitrine …

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    De nombreux territoires sont malades du divorce qui existe entre la réalité et l'image. Avec le règne de l'image, la communication est simple : toujours présenter un territoire en "habits du dimanche" : il fait beau, tout est neuf, bien entretenu, pas une ombre au tableau du succès. Le commentaire est structuré de façon simple : un sujet, un verbe et surtout un compliment. Mais la réalité est différente. Et c'est la réalité qu'il faut changer et non pas se contenter des images couleurs. Prenons l'exemple de ce quartier de St Georges de Commiers. Vous êtes un couple qui vient habiter dans ce quartier. Votre vue, c'est quoi ? Un dépôt désaffecté d'une laideur inqualifiable. Tout est à l'abandon. A quelques mètres des wagons cassés, le goudron porte toujours les traces de véhicules brûlés. c'est cette réalité qu'il faut changer. Aller voir sur le terrain derrière la vitrine. Une seule équipe a effectué ce travail : celle de Claude Soullier. Elle a "mouillé le maillot" sur le terrain, partout dans l'urbain comme dans le rural, dans les rues comme sur les sentiers les plus isolés. C'est cette énergie là qui est indispensable pour changer les réalités et non pas participer au bal de ceux qui coupent les rubans pour inaugurer les vitrines. 

  • Carnet de campagne (1/8) : le nouveau visage de la centralisation …

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    Chaque campagne électorale est riche d'enseignements. Surtout quand on est observateur indépendant attentif aux messages du terrain comme marqueurs d'évolutions collectives. Sur l'ex canton de Vif où les citoyens m'ont accordé leur confiance pendant 12 ans, il m'est arrivé d'accompagner une équipe de candidats. Celle de Claude Soullier, qui est un ami de longue date. Un gars bien, honnête, sérieux, avec des convictions solides. Des évolutions fortes ont retenu mon attention sur le terrain. La première, avec l'intercommunalité, les Communes vivent le nouveau visage de la centralisation. C'est terrible comme constat. Dans les années 80, après le rapport Guichard, il y eut le livre de Jacques Delors (la démocratie à portée de la main). La décentralisation devait être "le pouvoir à la porte des citoyens". Mais avec l'intercommunalité, une autre centralisation est intervenue, encore plus redoutable que celle d'hier avec l'Etat. Il y a une paupérisation manifeste de Communes dans des équipements publics de proximité, une inégalité criante sur le terrain. La centralisation arbitraire est encore plus redoutable quand le pouvoir est proche que quand il est lointain. C'est un échec collectif considérable qui déstructure le pays. Il faut manifestement une nouvelle génération d'élus pour sortir de cette impasse grave. Heureusement, notre canton a la chance de pouvoir compter sur une équipe comme celle de Claude Soullier. 

  • En deux siècles, comment passer du pays des Lumières au pays des guichetiers …

    Denis Bonzy 09 06 21

    De 409 à ??? Lundi la Commune de Vif a connu une annulation d'élection municipale prononcée par décision du Conseil d'Etat. Il y a quelques années déjà, alors comme bureau centralisateur du canton de Vif, elle avait connu une annulation d'une élection cantonale. Comparons les deux ambiances. En 1989, face à des faits à la matérialité établie, 409 requérants engagent une procédure en 5 jours. Des personnes me téléphonaient pour défendre ce qu'elles considéraient comme leur démocratie locale. Certaines d'entre elles me disaient alors "on n'a pas voté pour vous mais on n'accepte pas ce qu'on a lu ou entendu". Quand Me Hubert Caillat dépose le recours, il y a 18 pages pour énoncer tous les requérants qui ont renseigné tous les éléments juridiquement nécessaires. 18 pages !!! Et ce matin quand je lis le quotidien régional, je suis sidéré à découvrir des commentaires pour une décision de Justice sur des motifs différents. Des réactions sur le thème du "revoter à quoi ça sert ?" "cette décision va pourrir l'ambiance communale" …. La démocratie française est devenue le pays des guichetiers (et cette profession mérite le respect le plus grand mais pas en démocratie). Les élus ont ouvert guichet. Ils s'adressent à des segments de marchés électoraux : ils s'adressent aux jeunes sur TikTok, puis à telle ou telle autre catégorie. Et les citoyens ont accepté de devenir des … clients. Clients de stages, d'emplois, de subventions, de marchés publics, d'accès à des locaux publics  … Et le client ne veut pas perdre ce qu'il pense être son avantage, donc il ne s'engage pas. Pire, il devient souvent reconnaissant pour bénéficier d'aides payées en réalité sur ses … impôts donc sur son propre argent que des élus s'approprient comme ils le font pour le reste en parlant de "ma" Commune, "mon" département, "ma" région … Le pays des guichetiers est celui des soumissions généralisées. L'élu se soumet aux cibles électorales. Et les citoyens se soumettent aux élus qu'il ne faut pas froisser. La démocratie c'est l'opposé : l'égalité de la citoyenneté. Quelle pathétique période. Il ne s'agit pas seulement de l'effondrement actuel de l'Etat de Droit. Il s'agit encore plus gravement de l'effondrement de la démocratie, sans débat, sans idée générale, et avec de moins en moins de citoyens …