Denis Bonzy

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  • Des villages font de la résistance …

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    Réunion de travail très intéressante ce matin avec Claude Soulier et Maurice Cros. Plus des entretiens se déroulent, plus je suis surpris par trois tendances actuelles. 1) Dans l'agglomération, des villages de plus en plus nombreux font de la résistance face au nivellement métropolitain. 2) Rares sont ceux qui, sur ce sujet, ont de la continuité dans les esprits, surtout parmi les actuels élus sortants quand on relit leurs documents de l'époque. 3) Et encore plus rares sont ceux qui ne cèdent pas au clientélisme local qui transforme si vite la politique en épicerie à avantages divers financés par les impôts de tous. Claude Soulier et Maurice Cros ont de la continuité dans les idées. Ils sont restés à l'écart de ce clientélisme local. Et le déroulement des élections municipales à Brié et Angonnes en 2014 montre, si besoin était, comme reconnu par le Tribunal Administratif de Grenoble, que la "Métropole apaisée" a encore parfois beaucoup de progrès à faire dans l'organisation de sa démocratie de proximité et pas seulement dans la lutte contre les délinquances. 

  • Quand voter contre, c’est aussi voter pour …

    Poules photo 21 05 18

    La cause animale a enregistré dimanche un très grave échec. Des députés ont refusé de voter des dispositions de bon sens parce que le bien être animal n'est pas une priorité pour eux.  Dimanche, l'Assemblée Nationale était appelée à se prononcer sur une loi introduisant de nombreux droits nouveaux pour les animaux. Parmi eux, l’interdiction de l’élevage en cage des poules pondeuses ou encore l’instauration d’un contrôle vidéo dans les abattoirs. Propositions quasi toutes rejetées par les députés. Beaucoup de promesses du candidat Macron ont ainsi été brisées. Des caméras de vidéosurveillance seront installées uniquement dans les abattoirs volontaires, pour deux ans, sans aucun caractère obligatoire. Les vidéos seront consultables uniquement en interne ou par des vétérinaires. Les amendements visant à interdire le broyage des poussins mâles et canetons femelles, la castration à vif des porcelets, les cages pour les lapins ou encore les "fermes-usines" ont également été rejetés. Dans une démocratie moderne, active, les permanences des députés qui ont participé à ces votes de la honte seraient aujourd'hui assaillies d'appels téléphoniques. Des journaux indépendants rendraient compte des votes avec des demandes d'explications. Mais en France, entre deux élections, c'est le légitimisme qui règne, le clientélisme quand ce n'est pas la mendicité discrète pour des aides diverses ou passe-droits. La France ne s'est jamais remise de ses années de la seconde guerre mondiale parce qu'elles ont mis en évidence un niveau de soumission au pouvoir qui ne correspond en rien à  l'image de révolte qu'elle a voulu construire dans l'imaginaire de son Histoire. Et dimanche l'Isère a été l'un des Départements qui a compté le plus grand nombre de députés à voter contre la cause animale donc à voter pour la poursuite d'actuelles atrocités intolérables. On va s'en rappeler durablement !

  • Indiscutablement le plus utile et le plus beau des combats : l’espoir de vaincre la maladie

    Enfants bis

    Belle participation hier à la course puis au déjeuner champêtre au profit d'une association qui a le plus noble des combats : l'espoir de vaincre la maladie. Il faut beaucoup de force au plus profond de soi quand cette épreuve a frappé un enfant de sa famille. Cela demande alors de faire appel à deux valeurs fortes : refuser que d'autres puissent être frappés par la même injustice et surtout refuser l'impuissance. J'ai toujours beaucoup d'estime et d'admiration pour les familles qui puisent au plus profond de leur courage pour trouver l'énergie nécessaire dans de telles circonstances. C'était le cas hier. C'est une énorme leçon pour celles et ceux qui attachent parfois tant d'importance injustifiée au moindre tracas bénin de l'ordinaire. D'autres vivent de réelles épreuves. Et pourtant, ils sont là. Debouts. Et ils ont la mémoire dynamisante. Capables de lever des montagnes pour tenter de changer la vie d'autres personnes. Je ne suis pas sûr qu'une telle force puisse m'animer dans de telles conditions. Hier j'ai effectué la boucle de 10 km en respirant l'air du moment comme jamais, en regardant ces paysages que je connais depuis des décennies avec un regard particulier. Et surtout constater ce joli dynamisme d'humanité et de solidarité. Un temps précieux quand trop d'énergies sont perdues dans des causes de divisions. Pour celles et ceux qui veulent s'associer, c'est possible de faire des dons pour toujours renforcer les moyens financiers et matériels qui conditionnent tant les résultats concrets. Pour disposer de plus amples renseignements, il suffit de cliquer sur le lien suivant : Leucémie Espoir Julien 38. 

  • Toutes les mamans gagnent chaque jour les JO !

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    La qualité qui ne s'apprend pas. Le diplôme qui n'existe pas. Mais la présence qui ne s'oublie jamais. Pas une seconde. Au-dessus de tout le reste. Avec talent, la vidéo ci-dessous résume bien les âges de la vie. La chance d'avoir connu ce privilège comme enfant puis de l'avoir constaté comme père aux côtés de Marie. Toutes les mamans gagnent chaque jour les JO. Les vraies héroïnes du quotidien. 

  • D’abord la stabilité émotionnelle …

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    C'est d'une particulière bonne humeur que je rédige ce billet, ce qui n'est pas toujours le cas loin s'en faut. Parce que tôt dans la journée j'ai lu un article qui mettait en évidence une réponse comme je l'attendais à une question de fond qui me préoccupait beaucoup : avons-nous bien traité la fin de vie des animaux qui ont tant donné à notre famille ? Et maintenant avec les réseaux sociaux, sur chaque sujet, il y a souvent une profusion d'avis, donc d'avis contraires, ce qui ajoute au désarroi. Progressivement sur ce sujet important, les articles et les livres ont été de plus en plus nombreux et ce matin celui d'un expert reconnu ajoute une appréciation qui progressivement fait consensus : d'abord respecter la stabilité émotionnelle ! De longue date, depuis une épreuve brutale connue en 2004 (cancer sur une patte postérieure de notre chienne briard Manhattan), nous nous étions posé la question : comment, alors que la communication orale est impossible, être sûrs que nous lui rendions une fin de vie la plus harmonieuse possible ? Le bon sens nous avait alors conduit à une décision : ne pas changer tout ce qui lui plaisait avant mais simplement baisser l'intensité pour ne pas l'éprouver. Ne pas ajouter des changements brutaux qui puissent la mettre à l'épreuve pour qu'elle perçoive alors que son corps ne pouvait plus répondre. C'est ce que nous avons toujours fait après dans des circonstances analogues avec écoute et douceur. Cette stabilité émotionnelle vaut tous les médicaments. L'auteur de cet livre n'imagine probablement pas comme il a pu embellir ma journée que de me conforter ainsi dans cette décision qui avait été la nôtre. 

  • Mai 68 ou le sens d’un anniversaire raté en France

    Cohn Bendit Cannes 2018

    Au 21 mai 2018, un constat simple : l'anniversaire du cinquantenaire de mai 68 a été un bide total. Pour rappel, les manifestations ont concerné la période du 3 au 13 mai 68. A partir du 18 mai, la priorité était aux accords de Grenelle (27 mai). Ce n'était pas une évidence au départ qu'une telle indifférence collective. Tant les auteurs de cette époque semblaient rêver d'inscrire cette date comme un temps fort du patrimoine français. A quoi tient cet échec ? Probablement à une multitude de facteurs dont un : avec sagesse, l'opinion publique française a constaté que ces anciens combattants ne rêvaient pas de changer le système mais de prendre les meilleures places dans le système. Et 50 ans plus tard, le moindre reportage voit les "révoltés" de l'époque devenus des bons bourgeois bedonnants agitant la nostalgie d'une époque où ils étaient encore capable de courir et de prendre des risques. La caricature de cette "évolution" de révoltés qui aiment ensuite tant les plumes et paillettes de l'establishment c'est Cohn-Bendit qui célèbre le 50 ème anniversaire de mai 68 sur les marches du … Palais des Festivals de Cannes en noeud papillon alors que 50 ans plus tôt il vociférait contre ce "mal du système". Et il célèbre le cinéma l'année où le cinéma montre son pire visage avec les révélations de #MeToo comme s'il fallait coucher pour tourner. Avec de telles images, pour les personnes de bon sens, le rideau de mai 68 se baissait pour de bon. Le rapport en France avec les supposés "révolutionnaires" est toujours compliqué à suivre dans la durée quand les idéaux proclamés passent à l'épreuve des faits …

  • La vraie mutation grave en cours : tout ce qui est excessif devient … signifiant !

    Trump 1 22 01 17

    Pendant des décennies, l'un des socles de la sagesse collective était la formule : tout ce qui est excessif est insignifiant. Citation prêtée à Talleyrand. L'idée de fond : ce qui est sérieux demande de la modération. Ce qui était excessif devrait susciter de l'indifférence, voire de l'inquiétude. Depuis près de 5 ans, l'opinion moderne vit au rythme du tout ce qui est excessif devient signifiant. Pire encore, il faut que ce soit excessif pour être signifiant. L'opinion est ainsi engagée dans une course accélérée au toujours plus excessif dans tous les domaines. Les mots doivent être forts, violents pour devenir … signifiants. Les actes doivent porter des symboles forts pour mériter l'attention. Et la liste pourrait continuer longtemps. Donald Trump est le produit de ce climat. Si le climat avait été à la modération, il n'avait aucun espace. Ce qui est très préoccupant, c'est que ce rythme s'auto-alimente pour faire vivre une violence permanente croissante. C'est fatiguant à ce point. Pour ce qui me concerne, ce rythme m'agresse. Il me donne envie de décrocher par souci de protection. La raison élémentaire conduit à se demander jusqu'où ce rythme peut aller ? Quelles limites ? Quelles conséquences sur la mentalité collective ? Ce serait agréable dans ces circonstances d'entendre des voix nombreuses effectuer un rappel à la modération, aux nuances, au calme. Autant de critères qui sont quand même les signes durables des décisions sérieuses. 

  • Quand la bataille du grand air n’est plus livrée ou la fragilisation de la « montagne magique »

    Lac + montagne

    Pendant des décennies, la mode était à la magie de l'air pur. Nos parents et grands-parents s'organisaient pour que les enfants ou petits-enfants aient des séjours à la montagne pour prendre un "bol d'air pur". Cette mentalité reposait sur des décennies de réputation du "grand air". Même Pasteur avait cru que les bactéries faiblissaient en altitude. Les vertus thérapeutiques étaient telles que des stations ont alors construit des réputations avec des "centres de remise en forme" comme si la forme revenait en respirant simplement le "grand air". Chaque fois que je vais à Villard de Lans, je revois ma mère me parlant du grand air qui guérissait les malades dans un sanatorium local … elle y croyait fermement. Et le "bol de grand air" faisait partie des temps forts de l'année. Il y avait la même logique avec la construction du centre de sport de Font Romeu pour lequel l'altitude + le grand air devaient booster les exploits de nos athlètes. Maintenant, l'air pur ne fait plus vendre. C'est un sujet qui a disparu. Une magie de plus qui a disparu. Le doute est né sur la réalité de l'air pur. Puis le doute est né sur les effets de l'air pur à condition qu'il le soit encore. De doute en doute, la magie a disparu. C'est très étonnant comme l'establishment français y compris médical a la capacité à faire naître des doutes sur des sujets qui faisaient vivre … l'espoir et à ignorer les sujets qui mériteraient d'être sérieusement traités pour ne plus susciter l'inquiétude légitime. Un entre soi qui fonctionne à l'envers. 

  • L’affaissement jusqu’où ?

    Ville de Grenoble CM mai 1893

    Dernièrement, des internautes qui commentent souvent les articles de GrenobleAgglo m'ont adressé deux documents qui m'ont beaucoup touché. Je les en remercie. Cela me gêne même. 1) Un exemplaire du programme d'aménagement de l'agglomération grenobloise datant de mai 1962. Remarquable de qualité d'écriture et surtout d'humilité. Les auteurs identifient des questions qu'ils considèrent comme incontournables dans les prochaines années mais indiquent ne pas disposer de réponses sécurisées au moment de la rédaction du rapport. Une formule aujourd'hui impossible : même ceux qui se sont toujours trompés sur tout savent toujours ce qu'il faut faire pour demain … 2) Un exemplaire des délibérations du Conseil Municipal de la Ville de Grenoble pour la séance du 9 mai 1893. Il y a plus d'un siècle. 320 pages d'une écriture très travaillée. Avec des mots de très grande qualité. Une grande sérénité : justifier dans le détail toutes les dépenses. Gager les dépenses nouvelles sur l'identification d'économies détaillées préalables. Un exemple de ce qui fodnait l'expression de "la gestion du bon père de famille". Quel contraste avec les actuels débats politiques ! Dernièrement, sur un appel d'offres, une Commune n'avait même pas fait l'effort d'indiquer la date précise d'un équipement qu'elle voue à la restructuration. Il y a la seule mention "réalisée dans les années 60 ...". Irréel d'approximation. De non travail de recherche. C'est ce que j'appelle la génération "fouzy" : "fouzy ce chiffre, ils s'en contenteront bien …". Hier soir, en rentrant de Lyon, je suis tombé sur une émission de radio à 21 heures 30 sur NRJ. Je n'avais jamais entendu autant de bêtises, d'impolitesses, de fautes de français … et le tout toujours ponctué par un éclat de rires de tous les participants. La vulgarité avait tout gagné. Face à de telles réalités, l'une de mes questions majeures actuelles est : jusqu'où l'affaissement de ce pays peut-il se produire dans l'indifférence quasi-générale ? C'est pour moi LA question n°1 du moment quand je constate l'accélération de l'effondrement de certains repères. 

  • En démocratie, l’opinion a toujours raison

    Obama 2008 The Economist

    Pendant les jours qui viennent d'entourer le 1er anniversaire de la victoire d'Emmanuel Macron, la France est retombée dans un de ses vieux travers : chercher à toujours tout expliquer. La caricature a été l'émission de BFM TV "le casse du siècle", où il était prêté à Emmanuel Macron non seulement la capacité à bien s'organiser mais même celle de prévoir tout ce qui allait se passer dans le camp des autres, ce qui est manifestement impossible tant une élection relève d'une alchimie totale. Il y a dans cette volonté une arrogance particulière alors que le processus mériterait tellement plus d'humilité en acceptant la part d'imprévisibilité dans une élection. C'est la culture du "on refait le match" en interprétant chaque action en fonction du résultat final désormais connu. A l'opposé d'une réalité qui demande beaucoup plus d'humilité. La meilleure illustration de cette humilité a été donnée en 2008 par The Economist dans son titre sur Obama "It's time" (c'est l'heure). Il y a un moment où le temps est venu. J'ai encadré cette couverture dans mon bureau comme rappel permanent à l'humilité. Une victoire est intervenue. Pourquoi ? Comment ? Les facteurs sont souvent très nombreux. Mais à ce moment là, ils se sont ajustés pour produire ce résultat. Les professionnels de la politique vivent à l'opposé de cette humilité. Ils sont les partisans de l'offre fermée c'est à dire l'offre qui passe par la leur. Cette époque là est finie. Obama l'a montré en 2008 : il a gagné … sans parti tenu alors par les Clinton, sans financement garanti, sans la bonne couleur de peau face à la tradition, sans expérience au Sénat… Tous les "moins" qui sont devenus des "plus". Comme Trump en novembre 2016. Comme pour Emmanuel Macron en 2017. Comme actuellement pour bon nombre de candidats qui créent des surprises dans les élections intermédiaires américaines de novembre 2018. L'opinion moderne n'a plus de "directeurs de consciences". Ou plutôt, elle chasse vite ceux qui veulent se comporter en directeurs de conscience. C'est ce regard qui a fait défaut ces dernières semaines. L'opinion a toujours été difficile à prévoir dans une démocratie. Et l'opinion moderne est encore plus imprévisible que jamais. C'est dommage qu'il n'y ait pas eu davantage de voix pour exprimer un constat simple : "c'était l'heure. Il a été celui qui a permis, notamment grâce à une couverture médiatique considérable, l'alternative face à une offre fermée que l'opinion ne voulait plus. Il ne pouvait pas prévoir et encore moins organiser que l'opinion publique ne veuille plus de cette offre fermée traditionnelle à ce point. Ce fut sa chance à ce moment là. C'était l"heure !".  Avec ce réalisme, on aurait économisé beaucoup d'heures d'antenne mais surtout gagné beaucoup d'honnêteté d'analyses.