Denis Bonzy

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  • « Dites moi ce qui va bien, ce sera plus bref … »

    Gironde 09 01 16

    La rentrée de septembre 2018, c'est la caricature d'un patient qui se rend chez le médecin et qui voit ce dernier poser une question simple : "dites moi ce qui va bien ce sera plus bref …". Qu'est ce qui fonctionne bien en France aujourd'hui ? La justice n'a pas les moyens d'informatiser les calendriers des relances formelles pour éviter les vices de procédures même dans des dossiers très sensibles. L'hôpital public est malade. Un pourcentage élevé des routes est à risques. Les réseaux d'eau ne sont pas renouvelés à temps. La morale ne retrouve manifestement jamais sa place en politique (Benala + Nyssen + tous les dossiers en suspens qui semblent se perdre dans les couloirs du temps pour les puissants comme si dans cette monarchie les rois ne peuvent jamais mal faire …). Le monde urbain a la fièvre avec ses quartiers sans droit. Et le monde rural se meurt tant il est oublié, déserté. La liste est interminable. Et tous ces maux dans le pays aux impôts records et à la dette astronomique. En principe, prendre conscience de la source de ses difficultés, c'est le premier pas vers la transformation indispensable. Cette étape là, c'est pour quand ? Qui peut sérieusement penser que ces maladies généralisées vont pouvoir durer encore longtemps ?

  • Le pays attrape-désespoirs …

    Lyon St Exupéry 08 07 16

    JD Salinger a eu une formule magique pour résumer la relation qui peut parfois exister avec une géographie : "attrape-coeurs". Des paysages. Des odeurs. Des lumières. Des habitants qui portent des coutumes. L'attrape-coeurs peut fonctionner. Pour la France, cette rentrée va le démontrer une fois de plus, c'est l'attrape-désespoirs. Emmanuel Macron gomme sa magie avec l'affaire Benalla et pire encore avec la basse opération de com montée par Europe 1 au sujet d'un enfant de 6 ans. La croissance n'est pas au rendez-vous alors qu'elle est vive ailleurs. Les impositions douces en apparence mais violentes sur le pouvoir d'achat foisonnent comme le prix record de l'essence avec 70 % de taxes ! Plus un plein à moins de 50 €. Les réformes annoncées s'accompagnent des grèves qui sont leurs soeurs immuables. Aucun sujet sérieux sur l'immigration ne peut être ouvert sans un déchaînement de caricatures opposant ceux qui portent le coeur en bandoulière et ceux qui succomberaient à la sécheresse des sentiments égoïstes. Des agressions graves et les médias ouvrent le #NoName : pas de nom de l'agresseur donc désormais chaque agresseur devient un … "étranger caché". Une spirale infernale à terme. C'est vraiment désespérant. Tout sauf l'envie de rentrée. Ou plutôt une rentrée si ordinaire qu'elle donne immédiatement envie de sortir …

  • Et si c’était fini … ?

    Village dordogne 17 08 18

    Pour moi, la chanson de l'été c'est celle des 3 cafés gourmands : à nos souvenirs (cf vidéo ci-dessous). Cette chanson résume la France de mon enfance. Comment en 30 ans, ce pays a-t-il été capable de produire ce qu'il est devenu aujourd'hui ? Pourquoi ? A ce rythme, qu'en sera-t-il dans 10 ans ? Les chansons étaient douces avec des paroles porteuses de sens (de Brel à Trenet en passant par Bécaud ou Ferrat). On était loin de l'univers du rap avec cette violence vulgaire permanente dont cette conception de la femme objet vouée à exhiber d'abord son attirance sexuelle. Les vieilles pierres des bâtiments étaient respectées. Les seniors occupaient leurs fonctions de passeurs de mémoires sans se croire obligés de succomber à un ridicule jeunisme . Les habits étaient simples voués à être choisis pour leur utilité et non pas par identification à des marques qui plument leurs acheteurs. Un enfant pouvait jouer dans les champs loin de chez lui sans craindre l'agression et quand il revenait à la maison les voitures ralentissaient pour le protéger. Et la liste pourrait durer longtemps de tout ce qui a été perdu. Ce qui hier apparaissait naturel relève aujourd'hui de l'exception, de la magie. Comment un pays peut-il produire en 30 ans autant de dommages ? Il serait quand même temps de répondre sérieusement à cette question de fond. Parce qu'il faut en même temps se poser une autre question : et si cet âge là était fini pour de bon … ? 

  • Des terres d’aventures existent toujours …

    NZ le fermier volant

    Avec des cycles longs dans le temps, les compétitions territoriales font toujours naître de nouveaux rapports de forces. L'Europe est le territoire perdant du début du XXI ème siècle manifestement. L'entité s'érode. Le "modèle" européen ne fait plus référence. Des pays sont à bout de souffle dont la France qui poursuit sa fuite en avant au prix des taxations les plus "imaginatives". Les Etats-Unis hésitent entre protectionnisme et véritable isolationnisme. L'Asie s'est imposée. Et il reste les terres d'aventures. Tout dernièrement, remarquable émission sur France 5 sur les fermiers volants en Nouvelle-Zélande. Les terres sont tellement immenses que leur surveillance comme leur entretien passent par des déplacements aériens. L'Australie et la Nouvelle-Zélande apparaissent de plus en plus comme les "terres d'aventures" de ce siècle. Les repères sont différents. Les sociétés ne sont pas déjà bloquées. Pour autant, la "mentalité occidentale" reste possible sans chocs redoutables. A constater les entretiens, un sentiment de plus en plus partagé et une tentation de plus en plus forte. 

  • La défense des vertes prairies

    Patagonia

    Comme Patagonia sait si bien le faire, cette entreprise renforce sa vaste campagne de communication sur la défense des vertes prairies. Aux Etats-Unis, les grandes prairies, c'est le sang de l'Amérique. Ce qui a fait ce pays. C'est un sentiment fantastique que j'ai éprouvé pour la première fois il y a plusieurs décennies en survolant le Kansas pour se rendre à Denver. Nous avions la chance d'une très belle météo et voir des champs à perte de vue. Toutes proportions gardées, en France, c'est le même défi aux portes des villes. Là où la nature avait encore sa place. Mais en France, ce défi mobilise peu. Voire pas du tout. Comme si le béton et le bitume devaient toujours gagner sur la verdure. Ce qui se prépare en France dans les grandes agglomérations, c'est un univers irréel. Une urbanisation étouffante, ennuyeuse, uniforme et surtout terriblement violente. Un échec collectif immense pour le triste héritage laissé aux prochaines générations. 

  • Tourisme : la France : un pays rongé par les chiffres faux

    Metro panne

    Un été de plus, des médias acceptent de contrebalancer des réalités quotidiennes par un classement  flatteur : la France = 1ère destination touristique au monde. Comment ce classement est-il effectué en France ? Les étrangers qui passent sur le sol français même en simple transit. Depuis 2008, officiellement, l'INSEE alerte sur les corrections à opérer. Quels critères sont souvent retenus dans les autres pays ? Les dépenses effectuées par les touristes à partir des données des informations bancaires. Classement : 1) Etats-Unis : 186 milliards d'euros, 2) Espagne, 3) France (40 mds), 4) Thaïlande, 5) Chine, 6) Royaume-Uni… C'est le vrai classement. Comment mettre à égalité le touriste de passage en 1 jour et celui qui reste 10 jours ? Mais une fois de plus ce chiffre biaisé permet de minorer le pays où il faut attendre 3 heures pour visiter la tour Eiffel, puis voir ses vols décalés, prendre le Métro et terminer sur le quai par 40°, arriver à des escalators en panne, surveiller ses papiers face aux pickpockets des grandes avenues reconnus comme le fléau de la France … : la France est gravement un pays rongé par des chiffres faux. 

  • Les mots oubliés …

    Courtadon bibliothèque SPV 07 07 18

    Les mots oubliés révèlent autant sur des individus ou sur une collectivité que les mots prononcés. Peut-être même davantage ? Avec l'expérience, j'ai pu constater combien ceux qui font rien ou si peu ont du mal à se souvenir de ceux qui ont fait. On assiste alors à des équipements sans mémoire comme s'ils étaient tombés du ciel un beau matin. Un matin du 3 août 2009, une personne qui a beaucoup fait dans la discrétion est décédée : Christiane Courtadon. Une femme qui, dans la discrétion la plus absolue, a été une militante quotidienne du service public. Le service public de l'enseignement où elle a fait carrière comme professeure d'anglais puis principale de collège. Le service public de la culture en montant de toutes pièces la bibliothèque du Groupe Scolaire de St Paul de Varces : les Epis d'Or. Bénévole. Sans titre ronflant. Mais avec la passion partagée avec une équipe de … bénévoles. Un budget d'acquisitions d'ouvrages très limité. L'appel permanent aux dons. Et en quelques mois, une belle bibliothèque publique, neuve, avec des ouvrages diversifiés. Ce sont des personnes de cette trempe qui font que notre pays est encore debout ou pas tout à fait couché au sol encore. Des véritables héros du quotidien avec le moteur de la passion, la volonté de partager, l'ambition de servir autrui. En cette triste date anniversaire, que cette belle personne soit assurée d'une pensée fidèle, émue qui va bien au-delà des seules dates anniversaires. Si dans la même discrétion que celle qu'elle a pu témoigner hier sa mémoire était mieux célébrée ne serait-ce qu'en évitant que le bois d'une école ne pourrisse sur pieds, ce travail là serait mieux respecté dans le temps … 

    Ecole 25 07 18 (Copier)

  • En France, faut-il alimenter le parti de l’indifférence ?

    Rivières 12 04 18

    Il y a toujours un moment où une pratique perd tellement d'intérêt qu'une question simple se pose : "et si je ne m'en occupais plus ?". C'est la première fois que cette formule est aussi souvent utilisée par des personnes que je rencontre et qui ont été pendant des décennies des personnes mobilisées par la vie publique. Les scandales occupent le devant de la scène (costumes de Fillon, Bygmalion, emplois du Modem, emplois du FN …), on assiste alors à un feuilleton de déclarations vives. Puis … le vide ! Incapable de savoir l'issue s'il y en a une. Pour Benalla, les personnes non engagées posent des questions simples : un député peut-il poser une question sans lire une fiche ? Quand manifestement il n'a pas été répondu à la question, pourquoi le député fait-il semblant d'avoir obtenu une réponse ? Pourquoi des questions d'une extrême simplicité ne sont-elles jamais posées ? … Et la liste pourrait durer longtemps. A l'issue des émissions, il y a une sorte de "gueule de bois" (formule que j'utilise sans connaitre le détail puisque j'au toujours échappé à ce travers). C'est irréel ce sentiment que finalement la sagesse serait d'alimenter le parti de l'indifférence. La République en Marche vient de montrer que c'était un parti comme les autres sous la Vème République. Une tâche lourde à porter dans le temps. Les médias sont égratignés une fois de plus. Et le personnel politique est fragilisé. Bref, pendant une semaine, une étage de moins vient d'être descendu. Qui peut dire s'il y a un gagnant ? Un seul ? On a toujours le sentiment que faire pire serait impossible. Mais non le + bas existe encore. Très préoccupant. 

  • La nature et les épisodes caniculaires

    IMG_7232

    Ceux qui travaillent la terre ont conscience que les épisodes caniculaires font vivre à la terre une épreuve tout à fait particulière. On le voit dans nos jardins ou nos pots de tomates-cerises. En 48 heures, faute d'arrosage éventuel, la terre devient une plaque imperméable tellement elle est dure lors d'un épisode caniculaire. C'est très impressionnant à observer. Là où il fallait des semaines pour parvenir à une telle sécheresse, avec les très fortes températures deux ou trois jours suffisent. Et il faut arroser avec douceur pour que la terre retrouve de la souplesse et de la perméabilité. Cette réalité montre l'urgence absolue de diversification d'alimentations en eau. Il faut assurer l'alimentation domestique mais penser aux autres usages comme les jardins ou les plantations. Cette diversification d'alimentations suppose souvent des travaux lourds de réseaux à tirer. C'est actuellement un volet qui ne bénéficie pas de l'attention qu'il mérite. Très inquiétant face à la réalité annoncée et programmée de la densité comme de l'étendue des épisodes caniculaires. 

  • Les mots de l’expérience ou quand peu de mots réveillent le bon sens …

    Jorge Lemann

    Il y a actuellement en France une fièvre ambiante assez inédite et irréelle. Tout est surjoué : de la joie qui tourne à l'hystérie (coupe du monde) comme de la déception qui tourne à la crise de régime (Benalla). Plus un moment est difficile, complexe, plus il faut s'en tenir à des règles d'une extrême simplicité. Parfois même un seul mot. Ce qui est très étonnant actuellement, c'est que les mots de l'expérience sont très souvent ignorés. Or il y a des personnes qui ont déjà connu certaines situations, qui ont réfléchi, qui ont pris le recul pour exprimer en toute honnêteté les leçons tirées. Pourquoi écarter ainsi ce regard ? Pourquoi s'en priver ? Prenons deux exemples concrets. Le populisme a "mauvaise presse" actuellement. Garderait-il cette image si on revenait à sa vraie définition donnée par Krista Tippett : "la colère est souvent le visage de la douleur lorsqu'elle se révèle en public". C'est si vrai. Pourquoi un microcosme parisien ne veut-il voir que la colère et pas les douleurs ? Deuxième exemple : "Réfléchissez de façon indépendante. Soyez un joueur d'échecs et pas un pion". Combien de parlementaires vont sortir terriblement durablement fragilisés pour avoir aussi facilement accepté d'être un "pion" ces derniers jours ? Lisant des fiches. Récitant des éléments de langage. Ils auraient mérité de mieux méditer cette phrase de Ralph Charell. Pour ceux qui veulent revenir à ces mots de l'expérience, je recommande le dernier livre de Tim Ferriss. Il fourmille de phrases simples, efficaces pour réveiller le bon sens. Il en est de même sur YouTube des conférences de Jorge Lemann, très discret mais actionnaire de référence de Heinz, Burger King, Cafés Maxwell … A 78 ans, sa sagesse est inspirante. Le jour où la traduction simultanée de vidéos aura gagné en efficacité, sa pensée gagnera en diffusion nécessaire. Parce que quand on dit "un pays a la fièvre, il faut toujours se méfier car c'est la fièvre qui a gagné le pays" (Sénèque) …