Denis Bonzy

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  • Nouvelle étape dans la crise : après les élus sans le peuple, des élus contre le peuple !

    Assemblée Nationale

    Depuis 2005, la France est en crise. Mais les pouvoirs publics refusent de regarder cette réalité en face. La réalité c'est quoi :  une nation en état permanent de quasi-guerre civile, une société laminée par le chômage avec un cortège de réelles misères, une économie déclassée, une classe politique déconsidérée, une Constitution démembrée avec un Parlement rabaissé dans des conditions inquiétantes, une position internationale marginalisée avec une France devenue une impuissance moyenne refusant de reconnaître son nouveau "statut" et le tout avec des prélèvements obligatoires qui grimpent toujours plus haut accompagnés dans cette croissance par la … dette publique  : il ne reste plus rien de l'entreprise de redressement engagée en 1958. Avec bon sens, le peuple constate cette réalité. Mais à l'opposé, les pouvoirs publics refusent de la constater. Ils présentent toujours comme des réussites spectaculaires ce que le peuple considère comme des faillites. La première étape dans cette crise a été les élus sans le peuple avec une abstention battant des records. Une nouvelle phase est ouverte celle des élus contre le peuple. Dans une démocratie, cette dernière phase ne se termine jamais bien. C'est impossible. Là encore, une réalité que le pouvoir devrait mieux considérer. 

  • Le mauvais génie du microcosme parisien

    Gilets Jaunes 2 22 11 18

    "Se mentir à soi-même c'est se prendre pour un idiot" affirme la sagesse populaire. Et passer son temps à mentir aux autres c'est les prendre pour qui ? Historiquement, la France a été le pays de la pensée. Mais il n'y a plus de débats d'idées en France. Pour de multiples raisons dont le fait que c'est désormais un débat d'… auteurs. Le débat ne porte plus sur le contenu mais sur qui exprime ce contenu. La politique en France c'est une sorte de religion avec ses "grands prêtres" gardiens des pensées honorables et les autres qui sont fustigés en permanence. C'est la caricature des gilets jaunes. Le débat de fond c'est quoi : le niveau des prélèvements obligatoires en France. Et le microcosme parisien nous parle de quoi : de Paulo qui sur le barrage d'Arfeuille-Châtain dans la Creuse a lancé son grille pain usé sur la voiture d'Elizabeth qui conduisait ses enfants blondinets à l'école primaire. Pour tromper l'opinion en détournant son attention, c'est une caricature. Le problème c'est qu'il n'est plus sûr que l'opinion marche à ce petit jeu. Et si c'est le cas, le mauvais génie du microcosme parisien va produire beaucoup de dégâts parce que les problèmes de fond sont terribles en France à force de refuser de les regarder en face.

  • Le mensonge de la société égale

    Cercueil nantes 28 01 18

    Pendant des décennies, la France a été organisée sur la base d'une égalité des territoires. Des différences existaient mais relativement faibles. Ce principe d'égalité a correspondu à une forme de réalité et d'atouts pour la totalité des territoires. Mais depuis 15 ans, ce principe a explosé. Des métropoles sont passées à l'heure européenne (Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Toulouse …). A l'opposé, le secteur rural s'est précarisé, appauvri dans des conditions probablement inédites. Ce qui est valable pour les territoires l'est presque partout ailleurs. Avec la crise de nombreuses filières de l'université, les grandes écoles font régner une sélectivité financière considérable. L'entrée dans le 5 ème âge est désormais très différente selon les niveaux de revenus pour éviter des Ehpad qui sont des mouroirs de l'ancien siècle. La ségrégation territoriale est plus forte que jamais dans les quartiers au sein d'une même ville, Marseille vient de le prouver de façon dramatiquement caricaturale. L'enseignement est frappé par les inégalités du bassin d'accueil d'un établissement et il ne parvient même plus à gommer l'accent des banlieues, redoutable passeport pour une marginalisation professionnelle. Et la liste des exemples pourrait durer longtemps. Tout n'est qu'inégalités. Et le corps politique continue à nier cette réalité. Le divorce est assuré. Parce que l'inégalité généralisée est aujourd'hui intégrée par l'opinion, c'est tout le mécanisme de la solidarité par l'impôt qui est fragilisé. Pourquoi payer pour les autres quand les autres laissent chacun aussi seul face aux vrais défis. C'est le sauve qui peut. Là dans la culture française, c'est un tournant majeur. L'opinion n'est plus dupe du mensonge de la société dite égale. La société n'est plus égale. Et les citoyens veulent préserver leurs moyens matériels pour affronter cette triste réalité. D'où l'actuelle révolte face au poids des impôts, taxes … Pourquoi payer aussi cher pour un secteur public qui n'assure plus une forme de base d'égalité ? Sous cet angle,c 'est une réelle révolte de fond bien au-delà du seul prix de l'essence. 

  • Rendre hommage à celui qui a tout annoncé depuis … 2013

    Christophe Guilluy 18 11 18

    Il fait partie de la "France invisible". Celle qui ne court pas les plateaux TV. Son esprit est inclassable parce qu'il a encore préservé sa liberté de juger les faits et non pas de faire la Cour. Sa femme ne montre pas ses fesses sur les scènes de théâtre. Il ne marche pas à la petite formule mais à l'analyse détaillée. Et surtout il ne s'est pas trompé depuis ses annonces datant de … 2013. Ce dernier volet est un carton rouge pour des médias français nationaux qui aiment d'abord demander les prévisions à ceux qui se sont toujours trompés depuis 30 ans : Minc, BHL … Son nom : Christophe Guilluy. En 2 ouvrages, tout ce qui se déroule actuellement sous nos yeux est annoncé et expliqué de façon remarquable : la France périphérique (2013), Le crépuscule de la France d'en haut (2016). Sur ce blog, nous parlons de lui depuis longtemps déjà. La "France des voisinages impossibles" se terminera très mal à force d'être niée. Dans sa remarquable tribune du 4 avril 2016, Jacques Julliard dans le Figaro avait une expression terrible ‘le vivre-ensemble est une blague. Une blague qui se terminera de façon sanglante”. Hier, le sang a déjà coulé. Attention aux prochaines étapes dans l'actuel climat.

  • Lors d’une crise de nerfs ne pas se tromper de cible …

    Peosi bureau occupé 16 11 18

    Il y a quelques jours suite à des déclarations, aux Etats-Unis, Nancy Pelosi a une fois de plus déçu des défenseurs de la cause du climat. Qu'ont-ils fait ? Ils sont allés occuper les bureaux de Nancy Pelosi. Si on avait été en France, les mêmes causes n'auraient pas produit les mêmes effets : les déçus auraient bloqué des rues. De tels choix font penser à des personnes qui lors d'une crise de nerfs cassent leur propre vaisselle. Et le jour d'après, ils paient les dégâts. Une loi ou un règlement ne tombent pas du ciel. Jamais. Ils ont des auteurs. Des parlementaires. Des Sénateurs. La logique voudrait donc de s'occuper des auteurs de la loi ou du règlement. Mais en France comme la protection des institutions publiques est considérable, les citoyens s'en prennent à leurs … pairs. C'est l'image de casser sa propre vaisselle. C'est connu et reconnu que cela va déjà mal pour le "citoyen ordinaire" et en + on va s'en prendre au … "citoyen ordinaire". Le jour où ces méthodes changeront, le circuit du pouvoir changera probablement aussi. Ce qui est fortement à souhaiter. 

  • Le choc entre le temps de mourir et le temps de .. consommer

    14 18 centenaire

    Pour ma part, il y a une gêne certaine à constater les reportages TV avec un Président se déplaçant pour célébrer le centenaire de la guerre de 14 – 18 et qui se fait interpeller sur une hausse de 20 cents du litre d'essence. Les pertes humaines globales de cette guerre = 18 millions de morts. Et si la hausse du prix de l'essence est scandaleuse notamment par le poids irréel des taxes en France, l'attitude de boycott des citoyens des déplacements présidentiels aurait été plus judicieuse pour ne pas mélanger les sujets. Laisser le Président se consacrer exclusivement à la mémoire avec les seuls corps officiels aurait probablement été une belle leçon populaire de dignité collective.

  • C’est le regard qui imprime le vrai mouvement de la pensée

    Chiens 02 11 18

    Les fossés se creusent actuellement entre les différences de l'opinion française. Ils se creusent à un point tel que, sur des sujets majeurs, le "vivre ensemble", formule qui fut très mode, semble en péril ou pour le moins très compromis. Comment "vivre ensemble" avec des personnes qui ne s'entendent plus, voire même se détestent manifestement ? L'un des fossés réside en France dans le rapport aux animaux. Il y a d'un côté les personnes qui ont la capacité, l'intelligence de savoir lire dans le regard des animaux, d'y voir leur sensibilité forte et les autres, plus primaires, qui se refusent à un tel exercice ou qui n'en sont pas capables. Car il faut sortir du tout se vaut et il importe d'avoir la lucidité de constater que l'humanité génère un contingent assez préoccupant d'abrutis qui sont à des distances considérables de l'intelligence animale. Le regard c'est ce qui imprime le vrai mouvement de la pensée. Il peut y avoir un divorce entre les mots et le regard. Mais le regard ne ment pas. C'est ce qu'il y a de plus inquiétant dans bon nombre des actuels gouvernants : ils ont le regard faux. Le regard imprime une pensée qui n'est pas celle des paroles. Macron a actuellement le regard manifestement fatigué, épuisé mais il se déclare en … pleine forme. Même quand il rit ou fait semblant de rire, Mélenchon a le regard dur, sévère, violent. Le Pen a le regard vide, sans luminosité particulière … et la liste pourrait durer longtemps. Regardons le regard ci-dessus de ce chien. Tout y est : de la fatigue au début de cataracte sur un oeil plus voilé que l'autre. L'aspiration au repos. Son regard porte les ans comme les poils blancs de sa moustache. A la prochaine présidentielle, si je vote, je sais que je voterai que pour celui ou celle qui me montre qu'il (ou elle) est d'abord capable de lire le regard d'un animal en refusant enfin que notre pays ne cède à des violences intolérables à destination des animaux : depuis ml'interdiction de l'abattage halal jusqu'aux amendes élevées pour maltraitance d'animaux. C'est le point de passage obligé et il risque de s'avérer très sélectif.

  • La France, c’est un pays où la joie peut contrarier …

    Fleurs 27 10 18

    L'ambiance actuelle en France est terrible. Regardons les faits : l'actualité est sombre de tous les côtés : taxes, chômage, violences, colères généralisées … Regarder un feuilleton TV français : tout n'est qu'épisodes de meurtres, de séparations, de coucheries malheureuses … Un film français : le scénario est tout trouvé : une femme seule qui, de préférence a connu de graves violences, sombre dans le chômage au moment où son fils adolescent épouse la délinquance qu'elle n'avait pas vu venir. Une soirée de chansons en France : le rap qui cogne ou la reprise d'un vieux texte parce que les jeunes auteurs ont la fainéantise d'écrire ou le talent qui fait défaut. Un débat "d'idées" sur un plateau TV : une succession d'engueulades sectaires avec des invités choisis pour être malmenés ou pour agresser. Dans ce contexte, si on arrive encore à croiser quelqu'un de joyeux on le prend soit pour un provocateur soit pour un ignorant de tout ce qui l'attend pour de bon. En France, l'expression de la joie peut contrarier autrui. C'est quand même pesant à la longue que ce climat qui entretient à ce point "le bonheur d'être triste et agressif". Un minimum de joie et de cool attitude ferait beaucoup de bien.

  • Le marqueur du « parlons balcon, parlons nichons » …

    Bijoux

    De longue date, il y avait une compétition entre le contenu et l'audience. La question de fond : la qualité d'un contenu est-elle liée à l'audience ? La France de Vichy de Paxton, la Trahison des Clercs de Benda, les ouvrages d'Hervé le Bras … : tous ces titres remarquables sont-ils nuls faute d'audiences ? Pendant des décennies, le partage de la qualité et de la quantité était accepté. Aujourd'hui, il n'y aurait plus d'espace pour la qualité sans audience. Bien pire, un produit est de qualité parce qu'il fait de l'audience. C'est une évolution terrible. Surtout quand on connait les "ficelles de l'audience" en France : les 3 C : du cul, de la colère et des conneries qui peuvent faire polémiques. Plus la polémique peut être grosse, plus l'audience est assurée. Historiquement, l'Italie était le pays de l'art tandis que la France était le pays de la pensée : le siècle des Lumières, les grands auteurs … Le pays de la pensée fonctionne désormais au rythme de la "poésie des brèves de comptoirs" : la fâcherie éphémère, le coup de gueule, le mot déplacé, le jupon qui se lève …. Décadence totale. Et le pire c'est que s'insurger contre ce naufrage c'est être rétrograde. Désormais en France, la gestionnaire de la communication présidentielle serait une gestionnaire de paparazzi : le billet de Philippe Labro sur les "mimimarchanderies" est assassin. Le récent marqueur de cette évolution, c'est le billet de Charline Vanhoenacker sur France Inter. Elle est sympa. Elle a de l'humour. Mais ses billets souvent faits de nuances plafonnent à 10 000 vues sur YouTube. Que fait-elle pour booster ses audiences ? Elle enlève le haut. Résultat : 2 047 000 vues à ce jour. Un marqueur simple avec résultats assurés. Quand l'audience devient le marqueur de la qualité, la qualité en France ne requiert pas une imagination débordante. Une époque terrible de décadence. 

  • Les mots pour soi

    Nicolas Bonnet

    Souvent actuellement les mots en France sont maltraités. Et puis il y a des embellies. Les mots justes sont enfin utilisés. Un mot juste c'est toujours une promesse de bonheur. Le bonheur d'exprimer exactement ce que l'on pense. Celui d'avoir clarifié sa pensée. Car pour exprimer une émotion encore faut-il avoir identifié le sentiment. Le bonheur d'entendre exactement ce que l'autre pense. Les mots resteront donc intouchables dans le temps. Regardons l'actualité depuis 24 heures. Le dernier disque de Johnny. Dans les facteurs du succès hors du commun de cet artiste, certes une voix : qui peut imaginer qu'une personne atteinte d'un cancer du poumon puisse encore avoir une telle voix ? Mais des mots. Des mots forts. Justes. Des mots tellement forts et justes que l'on arrive à se les approprier parce qu'ils expriment des instants d'une vie. Ce goût des mots justes, un artiste l'a : Nicolas Bonnet. Dans ce constat, il peut y avoir de la partialité dans mon appréciation parce que je connais ses parents. C'est une partialité assumée parce qu'il y a un volet qui me plait beaucoup aussi dans cette réussite : le sentiment qu'un enfant peut exprimer une facette de tempérament que les parents avaient pu ou voulu ne pas laisser éclore de leur temps. Pendant des années, j'ai joué au tennis avec son papa. Dans nos discussions, alors même qu'il menait une vie professionnelle trépidante très minutée, il y avait une part de fantaisie et de sensibilité positive qui me surprenait tout le temps. Quand je revenais du tennis, je disais à mon épouse "c'est incroyable, Hervé passe sa journée à négocier des prix et il y a des moments où tu peux le découvrir sensible et plein de fantaisie". Je connais moins sa maman mais il y a une douceur dont on m'a souvent parlé que l'on retrouve dans les mots de son fils. C'est un aspect qui me touche toujours beaucoup que de constater ainsi combien un être humain est une construction complexe mais heureusement avec une part de logique dans la chaîne des âges. Avec un tel talent, nous avons la chance de pouvoir compter sur un artiste qui va ajouter son nom aux talents remarquables qui ont cette sensibilité pour exprimer des mots pour soi. Des mots qui nous touchent. Ceux que l'on s'approprie : les mots pour soi. Ils devenaient rares. Leur lumière n'en sera que plus forte. De très belles années sont devant lui. Et notre plaisir aussi.