Avec les #GiletsJaunes, il est beaucoup question de la France périphérique. Ce n'est qu'un volet du problème. De façon plus générale, la France est aujourd'hui malade de la mauvaise gestion de ses espaces. 1) En quelques brèves années, elle a voulu faire naître de grandes métropoles européennes. Pour ces métropoles, c'est la course au toujours plus grand. Très souvent cette course passe d'ailleurs par d'abord répartir sur un grand nombre de contribuables extra-communaux les factures de la ville-centre. Prenons un exemple concret récent dans l'agglomération grenobloise. 12 millions d'euros HT pour une cathédrale pour le tennis dans la ville-centre mais 120 000 € pour un stade de football dans une Commune périphérique. La première digère l'investissement comme si "rien n'était" tandis que dans la seconde le sport le plus populaire donne le sentiment de mettre à l'épreuve les finances municipales pour plusieurs années. En moins de 20 km, l'inégalité financière totale saute aux yeux. Et les structures de décision des agglos dépendantes du poids politique de la ville-centre corrigent souvent très peu les inégalités financières de base, voire même les amplifient. 2) La faiblesse des services publics de proximité. Là encore un exemple pratique. Le Dauphiné consacre ce jour un article aux 25 ans de l'école de musique de Claix (420 élèves). A sa création (cf photo ci-dessus), c'est l'exemple réussi du service public de proximité mutualisé pour un bassin de vie. Mais aujourd'hui les agglos nient l'existence de bassins de vie de ce type. Tout doit être fondu dans une aire métropolitaine. Il y a ainsi la création artificielle d'une aide métropolitaine qui n'existe que dans les découpages administratifs. L'habitant de Claix ne vit pas avec celui de Domène. 3) La loi NOTRe est la consécration diabolique de ces tendances récentes. Elle a poussé le vice jusqu'à déconstruire ce qui fonctionnait bien. Et le tout dans une absence totale de concertation. Un pays qui est mal dans son espace ne peut pas bien fonctionner. Il faut d'abord remettre à plat l'organisation territoriale. Par le passé, d'Olivier Guichard à Alain Peyrefitte en passant par Jacques Delors (la démocratie à portée de la main) ou Michel Crozier, la question territoriale était au coeur des réformes majeures. Aujourd'hui, Bercy et les finances dominent tout et nient cet enjeu. Un facteur majeur dans les crises actuelles.
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L’impact des réponses jamais données …
Ce qui manque le plus actuellement en France, c'est la confiance. Cette confiance a disparu par l'impact des réponses jamais données. Les citoyens ont gagné en compétences, en maturité. Ils posent des questions de fond. Des questions qui ne reçoivent souvent aucune réponse. La confiance est donc cassée. Les uns se réfugieront dans le silence. D'autres dans l'ironie. D'autres dans la colère. La confiance est le socle de toute relation humaine apaisée. Lorsqu'il y a eu le débat sur le moratoire des taxes, chacun percevait bien combien la confiance pouvait être cassée. Ce n'est pas l'affaire d'Emmanuel Macron. C'est l'affaire de plusieurs décennies d'évitements permanents. 4 exemples pratiques récents : 1) la place de la France dans la compétition internationale : les événements actuels lui portent un coup terrible. La presse internationale titre sur "la chute de Macron". D'autres sur les "Français ingouvernables". Cette semaine, le site Politico consacrait un reportage sur les 30 européens à suivre sur 2019 : pas un Français dans cette liste ! Une question évitée comme si la France était une île dans le monde. 2) Le coût des politiques publiques : comment le pays aux solidarités les plus coûteuses peut-il se diviser de façon aussi violente ? 3) Pourquoi toute la chaîne de la représentation est aussi discréditée ? Quelles corrections possibles ? 4) Quelles économies possibles ? Où ? Pour quels montants ? Pourquoi seraient-elles possibles aujourd'hui sans avoir été opérées hier ? Toutes ces questions légitimes animent les esprits. Comme elles ne reçoivent pas de réponses, la confiance est cassée. Sans confiance, aucune gouvernance n'est possible. Quand Jorge Lemann débute ses interventions, c'est le préalable qu'il pose. Ses conseils sont d'une sagesse absolue. Il n'a plus rien à gagner et il a connu un parcours hors du commun. Que dit-il ? Une marque n'existe que par la confiance. C'est le cas dans le commercial. C'est le cas dans le public. Or la "marque politique" incarne la … défiance. Tant qu'elle sera scotchée à cette image, la gouvernance publique sera quasi-impossible. La confiance suppose notamment que la rigueur soit aussi vécue par les politiques, que les affaires des politiques soient jugées, que les chiffres publics puissent être crus … : en France, compte tenu de l'immensité des passifs, c'est une oeuvre de très longue haleine pour restaurer la confiance.
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85 jours déjà !
85 jours. Depuis le 10 septembre 2018, date du début de la campagne sur le terrain, 85 jours se sont écoulés. Cette première séquence appelle plusieurs observations : 1) Une qualité particulièrement agréable du dialogue sur le terrain. 2) Ce terrain a débuté par ce qui me parait un dossier important : les risques naturels. Notre Commune est à flancs de montagnes. Elle est donc exposée à des risques naturels historiques d’où des efforts financiers considérables par le passé. Ma priorité a consisté à visiter les 13 lieux particulièrement exposés. Sur Relive, les vidéos et photos de chaque visite sont consultables. 13 visites détaillées représentant 66 km parcourus sur le terrain. Le constat très inquiétant d’un réel état d’abandon dans l’entretien des équipements de protection. C’est un état d’abandon sans précédent. 3) De façon complémentaire, plusieurs courriers ont été adressés sur des sujets de vie quotidienne et notamment les suivants : – aux membres de la communauté éducative municipale pour attirer l’attention sur le décalage entre l’évolution démographique et les capacités d’accueil des collèges de proximité (lettre du 28/09/18), – aux assistantes maternelles pour rappeler l’importance de la qualité de l’accueil de l’enfant dans la Commune (lettre du 12/10/2018), – aux responsables associatifs (lettre du 16/10/2018), – aux entrepreneurs, artisans et commerçants localisés sur St Paul de Varces (lettre du 1er novembre 2018). Par ailleurs, des lettres d’informations sont adressées par mails, par messenger sur Facebook. Par mail, nous disposons à ce jour de 133 adresses mails de foyers de St Paul de Varces. C’est un procédé de communication très pratique et surtout économe compte tenu du prix assez irréel des timbres désormais. Ce dispositif sera appelé à occuper une part croissante dans notre dialogue. Un dialogue qui peut compter sur de nombreux supports dont le site Internet NationBuilder, cliquer sur le lien suivant : Denis Bonzy. Dans les prochains jours, c'est un cycle nouveau d'échanges qui va intervenir. Pour y participer, c'est simple il suffit de passer un mail à d.bonzy@wanadoo.fr.
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Equilogue : le mot dont le contenu précis doit encore être défini
En France, chaque période a ses mots clefs. L'un des mots clefs de la période à venir sera : équilogue : équilibre dans le dialogue. Equilibre, parce qu'il faut trouver des points de rencontres entre des forces de plus en plus nombreuses et souvent contraires. Et dialogue, parce que cet équilibre doit être trouvé dans l'élaboration en commun. Or la gouvernance française est éloignée de cette culture. Surtout la haute administration. Il y a donc un divorce terrible entre des mentalités. Sur le terrain, il est facile de ressentir cette aspiration qui est d'abord celle d'une opinion publique qui a gagné en maturité, en indépendance et surtout en performance. Il se faire à l'idée que sur chaque sujet il y a des personnes qui en savent davantage que soi. Ce qui est d'ailleurs un plaisir puisque chaque dialogue permet d'apprendre. Mais on est donc loin de la "République des préaux" où une seule personne venait délivrer les connaissances dont les informations de … Paris. C'est un nouvel univers qui est né. Si la haute administration française ne se fait pas à l'idée de ce changement fondamental, la crise actuelle risque de se reproduire très souvent car c'est une nouvelle gouvernance publique qui est attendue. Sinon les révoltés de la démocratie seront toujours de plus en plus nombreux.
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La fin de ce qui se voulait un « modèle » …
Avec les Gilets Jaunes, c'est aujourd'hui impossible d'identifier sérieusement la portée définitive de ce mouvement. En revanche, c'est assurément déjà le faire part de décès de ce qui se voulait un "modèle". On assiste à la casse d'un meccano usé, dégradé, décrédibilisé. Ce meccano c'était quoi pour l'essentiel ? 1) Dans la vie publique, les dépenses n'ont pas de prix. On se prononce sur le choix de l'utilité d'une dépense et on répercute le prix sur les contribuables et les usagers. Un mécanisme sans fin. La dernière illustration : le débat sur les transports collectifs gratuits. Un transport collectif gratuit, ça n'existe pas. Si c'est pas l'usager qui paye, c'est le contribuable. Mais la gratuité n'existe pas. C'est sain et agréable de voir le peuple remettre du bon sens de base dans les choix publics. 2) La fin du microcosme chic des snobs des plateaux TV déconnectés de la vraie vie. Il y a une impertinence ambiante face aux moralisateurs habituels qui est un vent frais fabuleux. 3) La fin d'une classe politique qui est trop digérée par le système. Finalement, ils sont révoltés pendant les campagnes et gestionnaires de la continuité une fois au pouvoir. D'où le divorce. Et la liste des ruptures pourrait durer longtemps. Impossible de dire si c'est une "révolution silencieuse" ou une étape de plus dans la balkanisation de la France, ce qui est déjà sûr c'est que c'est la fin manifeste de ce qui osait encore parfois se prétendre comme un "modèle".
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Facebook face au fléau des signalements abusifs
Vendredi, le fondateur de NationBuilder est décédé. A l'âge de 41 ans. Ayant lutté contre un cancer depuis 2005. Très tôt, il avait eu l'intuition qu'une nouvelle étape dans les fonctions des sites Internet serait nécessaire. Il a donc créé une plateforme ouvrant des fonctionnalités nouvelles par rapport à celles qui existaient à cette époque. Aujourd'hui, sur la quasi-totalité des réseaux sociaux, on perçoit bien qu'un nouvel âge doit s'ouvrir. Parce qu'à l'usage, des travers significatifs sont nés. C'est le cas pour Facebook avec les signalements abusifs. Un article vous déplaît. Vous faites un signalement. Comme la gestion du signalement est opérée par des automates, l'article sort immédiatement du circuit. Il faudra des semaines pour faire constater que le signalement était abusif donc que l'article n'avait pas à être retiré par Facebook. Dans la vie publique, ce mécanisme s'apparente à de la censure. Un collectif citoyen comme le Club 20 en est victime assez souvent d'où les modifications imprévisibles de sa page Facebook. Dans la vie commerciale, c'est de la concurrence malhonnête. Heureusement, progressivement, Facebook avance. Des plaintes vont connaître des suites concrètes. Les comptes auteurs de signalements abusifs vont avoir des conséquences directes gérées par Facebook en dehors ou en complément des procédures judiciaires. Le succès des réseaux sociaux impose un nouvel âge. Ce qui va être important c'est que ce nouvel âge n'intervienne pas au prix d'une restriction des libertés. Malheureusement en France actuellement on sent pour la première fois à ce point, depuis des perspectives de taxations jusqu'à certains arguments qu'Internet pourrait vivre une restriction de sa vocation d'espace de liberté. Si c'est le cas, c'est une étape grave de plus vers la marginalisation de la France qui apparaît de plus en plus comme le pays de toutes les crises.
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30 ans du Synchrotron à Grenoble : le vrai message : montrer que le futur peut aussi être un avenir
La semaine prochaine, mardi, les autorités officielles du Synchrotron vont fêter les 30 ans de cet équipement. Au-delà de l'apport scientifique, cette étape pour l'agglomération grenobloise est lourde de sens. Elle met en relief des moments clefs où une collectivité passe un message fort : le futur peut aussi être un avenir. Le futur c'est le jour d'après. Tout le monde imagine donc avoir un futur. L'avenir c'est une autre dimension qui porte la notion de progrès. C'est un sens qui dépasse la seule idée du temps à venir. C'est la dimension qui fait défaut aujourd'hui en France. Le jour où plus largement chacun aura le "sentiment d'avoir un avenir", le calme et une plus grande gaieté collective referont surface. Le plus inquiétant, c'est que de nombreux gouvernants semblent avoir désormais renoncé à cette étape. Quand en 1985, Grenoble unie dans toutes ses composantes s'engageait dans la compétition face à Strasbourg alors quasi désignée définitivement, c'était le sens de son combat. Un combat qui fut terriblement difficile. Qui a demandé une union, une détermination et une mobilisation exemplaires. Dont toutes les composantes mériteraient d'être mieux respectées. La ré-écriture de l'histoire est un sport très pratiqué, indiscutablement en France celui qui compte le plus grand nombre de hors jeux pour ceux qui connaissent la réalité des faits et qui entendent respecter cette réalité des faits. Dommage car des leçons de l'expérience permettraient d'épargner de nombreuses erreurs. Le temps est en effet souvent porteur de beaucoup de réponses à de nombreuses questions actuelles.
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Nouvelle étape dans la crise : après les élus sans le peuple, des élus contre le peuple !
Depuis 2005, la France est en crise. Mais les pouvoirs publics refusent de regarder cette réalité en face. La réalité c'est quoi : une nation en état permanent de quasi-guerre civile, une société laminée par le chômage avec un cortège de réelles misères, une économie déclassée, une classe politique déconsidérée, une Constitution démembrée avec un Parlement rabaissé dans des conditions inquiétantes, une position internationale marginalisée avec une France devenue une impuissance moyenne refusant de reconnaître son nouveau "statut" et le tout avec des prélèvements obligatoires qui grimpent toujours plus haut accompagnés dans cette croissance par la … dette publique : il ne reste plus rien de l'entreprise de redressement engagée en 1958. Avec bon sens, le peuple constate cette réalité. Mais à l'opposé, les pouvoirs publics refusent de la constater. Ils présentent toujours comme des réussites spectaculaires ce que le peuple considère comme des faillites. La première étape dans cette crise a été les élus sans le peuple avec une abstention battant des records. Une nouvelle phase est ouverte celle des élus contre le peuple. Dans une démocratie, cette dernière phase ne se termine jamais bien. C'est impossible. Là encore, une réalité que le pouvoir devrait mieux considérer.
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Le mauvais génie du microcosme parisien
"Se mentir à soi-même c'est se prendre pour un idiot" affirme la sagesse populaire. Et passer son temps à mentir aux autres c'est les prendre pour qui ? Historiquement, la France a été le pays de la pensée. Mais il n'y a plus de débats d'idées en France. Pour de multiples raisons dont le fait que c'est désormais un débat d'… auteurs. Le débat ne porte plus sur le contenu mais sur qui exprime ce contenu. La politique en France c'est une sorte de religion avec ses "grands prêtres" gardiens des pensées honorables et les autres qui sont fustigés en permanence. C'est la caricature des gilets jaunes. Le débat de fond c'est quoi : le niveau des prélèvements obligatoires en France. Et le microcosme parisien nous parle de quoi : de Paulo qui sur le barrage d'Arfeuille-Châtain dans la Creuse a lancé son grille pain usé sur la voiture d'Elizabeth qui conduisait ses enfants blondinets à l'école primaire. Pour tromper l'opinion en détournant son attention, c'est une caricature. Le problème c'est qu'il n'est plus sûr que l'opinion marche à ce petit jeu. Et si c'est le cas, le mauvais génie du microcosme parisien va produire beaucoup de dégâts parce que les problèmes de fond sont terribles en France à force de refuser de les regarder en face.
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Le mensonge de la société égale
Pendant des décennies, la France a été organisée sur la base d'une égalité des territoires. Des différences existaient mais relativement faibles. Ce principe d'égalité a correspondu à une forme de réalité et d'atouts pour la totalité des territoires. Mais depuis 15 ans, ce principe a explosé. Des métropoles sont passées à l'heure européenne (Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Toulouse …). A l'opposé, le secteur rural s'est précarisé, appauvri dans des conditions probablement inédites. Ce qui est valable pour les territoires l'est presque partout ailleurs. Avec la crise de nombreuses filières de l'université, les grandes écoles font régner une sélectivité financière considérable. L'entrée dans le 5 ème âge est désormais très différente selon les niveaux de revenus pour éviter des Ehpad qui sont des mouroirs de l'ancien siècle. La ségrégation territoriale est plus forte que jamais dans les quartiers au sein d'une même ville, Marseille vient de le prouver de façon dramatiquement caricaturale. L'enseignement est frappé par les inégalités du bassin d'accueil d'un établissement et il ne parvient même plus à gommer l'accent des banlieues, redoutable passeport pour une marginalisation professionnelle. Et la liste des exemples pourrait durer longtemps. Tout n'est qu'inégalités. Et le corps politique continue à nier cette réalité. Le divorce est assuré. Parce que l'inégalité généralisée est aujourd'hui intégrée par l'opinion, c'est tout le mécanisme de la solidarité par l'impôt qui est fragilisé. Pourquoi payer pour les autres quand les autres laissent chacun aussi seul face aux vrais défis. C'est le sauve qui peut. Là dans la culture française, c'est un tournant majeur. L'opinion n'est plus dupe du mensonge de la société dite égale. La société n'est plus égale. Et les citoyens veulent préserver leurs moyens matériels pour affronter cette triste réalité. D'où l'actuelle révolte face au poids des impôts, taxes … Pourquoi payer aussi cher pour un secteur public qui n'assure plus une forme de base d'égalité ? Sous cet angle,c 'est une réelle révolte de fond bien au-delà du seul prix de l'essence.