Denis Bonzy

Catégorie : Non classé

  • Barack Obama et la guerre contre Fox News

    Barack Obama a engagé une guerre publique contre Fox News dans des termes qui rappellent ceux de Richard Nixon évoquant sa fameuse "liste des ennemis".

    Cette guerre a donné lieu à plusieurs déclarations très offensives des plus proches Conseillers du Président mais surtout le 20 septembre le Président Américain a boycotté ce réseau alors même qu'il accordait des entretiens à tous les autres réseaux.

    Certes, Fox News est très critique contre l'Administration Américaine mais est-il possible de se comporter ainsi contre un réseau d'informations ? La question anime le débat politique Américain.

    Pour l'instant, l'audience de Fox News a été boostée par cette querelle.

    Il n'est pas sûr que l'image de marque de la Maison Blanche soit gagnante à terme.

    Cet épisode est un résumé des problèmes rencontrés par le Président Obama face aux promesses du candidat Obama. Le premier ne résoud pas les problèmes quotidiens majeurs dont l'emploi. Il apparaît aussi beaucoup moins "cool" et novateur que les déclarations de campagne.

    Ces deux constats sont le socle de la désapprobation actuelle.

  • Dominique de Villepin ouvre l’après Cleastream

    Dominique de Villepin s’engage manifestement sur une route longue composée de plus de 900 jours nous séparant du 1er tour de la prochaine présidentielle.


    Pour avoir rencontré Dominique de Villepin le mardi 8 septembre 2009 à quelques jours du début du procès, je dois dire que le procès s’est déroulé exactement comme il l’avait alors indiqué. Cette procédure a permis à l’opinion de découvrir la vraie personnalité de ce serviteur de l’Etat (voir notre post du 10/09/09 : DdV et Clearstream). Elle a fait naître dans l’opinion un désir de candidature qui est la première étape vers toute démarche présidentielle crédible.


    La nouvelle étape doit être désormais celle du désir d’élection. Cette étape passe par le succès dans trois domaines :


    1) la reconnaissance de compétence : pour les deux fonctions qui incarnent le « vrai pouvoir » (Président de la République et Maire), cette étape est un point de passage obligé. Ségolène Royal avait buté sur cette étape en 2007 lorsque la cacophonie s’était installée parmi ses propositions. Dominique de Villepin ne devrait pas rencontrer cette difficulté.


    2) le rendez-vous des idées : les Français attendent du concret pour que leur vie quotidienne soit améliorée. Il s’agit de lutter enfin contre les véritables enjeux du moment : la dette publique c’est à dire les impôts de demain, l’érosion du pouvoir d’achat, la solidarité nationale face aux multiples accidents de la vie. Il n’y a rien à craindre en la matière, les propositions concrètes seront solides, imaginatives et réalistes. 


    3) Le rendez-vous de la logistique : sur ce point, avec l’aide de Brigitte Girardin et Jean-Pierre Grand, le réseau de DdV est probablement aujourd’hui le plus opérationnel face à la lourde machine UMP mais terriblement divisée sur les plans locaux par des rivalités internes irréductibles. M. Carignano a constitué un réseau communautaire de grande qualité, le meilleur à ce jour sur le plan national. Une équipe de blogueurs anime les réseaux avec une détermination exemplaire.


    Par conséquent, tout est prêt pour que cette nouvelle étape s’ouvre dans les meilleures conditions. Par votre participation personnelle, cette nouvelle étape peut encore gagner en efficacité. A cette fin, il vous est possible d’adhérer au Club Villepin et à Villepincom pour participer le plus activement possible.

  • Le FSI : fonds stratégique d’investissement ou fonds sous interventions ?

    Les relations entre l'Etat banquier ou l'Etat actionnaire et les règles de la vie économique ont toujours été "surprenantes". Le FSI n'échappe plus à ce constat.

    Créé début 2009 pour aider les entreprises à "passer la crise", il se devait au début de fixer sa doctrine d'interventions. 10 mois plus tard, la liste des interventions ne permet pas de voir la logique de critères clairs.

    Il y a d'abord les interventions annoncées et qui n'ont pas eu lieu encore à l'exemple d'Heuliez.

    Il y a ensuite les interventions qui ont été opérées mais cette liste relève davantage du "supercasino" multi-produits que de la cohérence d'un portefeuille habituel. Il y a du jouet (Meccano), Internet (Dailymotion annoncé hier), de l'Industrie …

    Et puis, il y a les interventions qui n'ont pas eu lieu. Quand ces dernières sont croisées avec les précédentes, la cohérence déjà inexistante disparaît totalement.

    S'il s'agissait d'un investisseur privé, parce qu'il travaillerait avec son argent, cette "incohérence" ne mériterait pas de commentaire. Il suffirait d'observer dans le temps le pourcentage du retour sur investissement.

    Mais là, il s'agit d'un investisseur public travaillant sur fonds publics. Par conséquent, il serait naturel que les critères soient publics, transparents et donc que les décisions soient cohérentes au regard de ces critères techniques.

    Comment faut-il interpréter l'absence de cohérence ?

    L'une des raisons peut résider dans le positionnement du FSI face aux interventions politiques. Serait-il le "bras armé" de décisions politiques prises sur la base d'autres critères que de simples critères techniques connus de tous . Au lieu de signifier "fonds stratégique d'investissement", FSI signifierait-il "fonds sous interventions" ?

    L'urgence de la crise a "bon dos". Avec le recul, les conditions de certaines décisions publiques pendant la crise pourraient revêtir des habits considérablement moins nobles que les belles déclarations de départ. Il est temps que le FSI s'explique publiquement sur ses critères d'interventions et leur application équitable.

  • Le nouvel engagement civique

    4 responsables politiques Français ont pris les devants en matière de nouvelles technologies : NKM, Royal, Hamon, Villepin.

    Pour autant, la vie politique Française n'est toujours pas dans la même division que bon nombre d'autres démocraties comparables. Progressivement, les nouveaux outils technologiques ont trouvé des fonctions complémentaires.

    Aux Etats-Unis, les politiques reconnus comme les plus en avance sont : Deval Patrick (Gouverneur de Boston), Gavin Newsom (Maire de San Francisco), Mark Warner (Sénateur Virginie).

    Pourquoi sont-ils en avance ? Parce qu'ils n'ont pas conçu tous leurs supports comme un contenant nouveau mais comme un nouvel engagement civique à base de conversations, de transparence, de visuels … donc un potentiel de nouveaux contenus.

    Début décembre, Le Meur organise le colloque annuel consacré cette année au real time web. Au-delà des supports, l'avenir appartiendra à celles et à ceux qui portent cette nouvelle culture de l'engagement civique :  la guerilla 2.0

  • Clearstream : les vrais pièges

    Clearstream est une procédure qui porte 4 pièges majeurs.

    Pour le Chef de l'Etat, son maintien dans la procédure ouvre la voie à ce que l'opinion puisse considérer qu'une décision de la justice ne soit pas une décision de justice. Le Chef de l'Etat est tombé dans ce piège et l'assume avec son aplomb habituel.

    Pour Dominique de Villepin, le piège c'est que son énergie soit scotchée à cette affaire. Le verdict de l'opinion est déjà tombé : c'est un procès politique. On ne connaîtra jamais la réalité. La politique n'est pas la "petite maison dans la prairie", des coups bas ont dû intervenir et ce de tous les côtés sans exception. Par conséquent, c'est un coup supplémentaire que l'un des camps puisse crier "allo maman bobo" comme tente de le faire le Chef de l'Etat. L'enjeu pour Dominique de Villepin c'est de consacrer son énergie à faire des propositions sur les dossiers qui intéressent les Français.

    Or, troisième piège, considérer que Cleastream intéresse les Français. La dernière enquête Ifop pour le JDD montre que Clearstream "intéresse" les Français à hauteur de 1 à 4 % selon les époques d'octobre 2009. Clearstream ne concerne pas le quotidien des Français. Les Français, en consommateurs de la politique, veulent d'abord des réponses à l'amélioration de leur quotidien.

    Quatrième piège, considérer que la place de l'éthique dans la politique soit réglée par Clearstream. La place de l'éthique dans la politique est plus indispensable que jamais. Cette éthique va de l'impartialité de l'Etat dans les nominations, dans les décisions jusqu'à la transparence de ses processus de décision comme la qualité de ses choix majeurs à l'exemple de la dette publique. Cleartream ne règle rien de ces sujets.

    C'est sur ces dossiers que Dominique de Villepin doit s'exprimer. Clearstream est un processus à rebondissements multiples probablement durables mais si vite oubliés.

  • Dailymotion ou la nouvelle télé de demain

    Le temps quotidien des loisirs n’est pas extensible. La place de l’ordinateur face à la télé augmente et ce tout particulièrement parmi les jeunes générations.


    La gamme de choix via Internet est encore plus ample que le sprogrammes TV. Mais surtout, l’information est plus active. Chacun part à la recherche de son autonomie d’information composée des bonnes lectures comme des vidéos peu connues qui seront ensuite partagées avec sa communauté.


    Dans cette ambiance, Dailymotion vient d’annoncer une levée de 15 M€ avec ses partenaires financiers classiques que sont Partech et Atlas Venture. C’est le fruit de trois constats. Tout d’abord, Dailymotion occupe la place du n°2 derrière Youtube ; ce qui est remarquable. Ensuite, la progression de la fréquentation est considérable : 60 millions de visiteurs uniques par mois. Enfin, compte tenu de la tendance présentée en préalable, le modèle économique devrait progressivement se clarifier. Mais le marché reconnaît à terme la force des agrégateurs de contenus dont les contenus visuels.


    Ces agrégateurs vont occuper l’espace de liberté et de révélation à l’exemple de la vidéo ci-dessous de Dominique de Villepin. Une vidéo particulièrement bien réussie et qui montre la valeur ajoutée de tels sites face au formatage croissant des chaînes classiques de TV.

  • 19/10 : l’UMP va mal mais le PS va encore plus mal …

    La victoire hier de David Douillet est une réalité qui impose de regarder des faits en face.

    1) Il serait question d'un rejet de la "politique people" : réponse de l'opinion : elle en veut toujours plus. Le candidat "people" est parachuté. Il n'a aucune expérience de la politique. Il gagne.

    2) Les affaires de la rentrée devaient impacter le score de l'UMP : réponse du terrain : l'impact est très faible. Le PS a probablement été encore davantage impacté par les absences de décision de report du Modem et du Parti de Gauche en faveur du candidat PS.

    3) L'électorat attend de la morale et sanctionne les affaires : réponse du terrain : non. Dans ce dossier, la partielle fait suite à une condamnation pour un volet de corruption. Le parti politique concerné n'est pas impacté.

    Sur la conduite de campagne, les leçons sont doubles :

    1) La prime aux campagnes bulldozer. La justification est perçue comme le début du mensonge. Douillet a tracé sa route comme si tout le reste ne le concernait pas. La tactique est payante.

    2) L'offre politique n'est pas élastique. le choix se fait à partir d'une offre très limitée. l'UMP n'est pas le paradis mais le PS paraît parfois encore plus proche de l'enfer pour les électeurs. Tant que la situation reste sur ces bases, le pouvoir présidentiel a de beaux jours devant lui.

  • 18/10 : les élections partielles à fortes valeurs

    Ce jour, dans une circonscription d’Ile de France très à droite, une élection législative partielle a lieu. Normalement, le candidat UMP devrait être élu facilement. Trois hypothèses sont donc possibles. L’élection est largement gagnée par ce candidat. Cette situation signifie que l’électorat de droite n’a pas été perturbé par les difficultés de la rentrée. Deuxième hypothèse : l’élection est serrée. La faiblesse de l’écart traduira une érosion politique de la majorité présidentielle. Troisième hypothèse : la gauche gagne. Ce résultat traduirait la crise politique latente dans le pays.


    Certes, il sera nécessaire d’examiner le taux de participation. La bouderie d’un électorat aurait également une signification politique. C’est donc une partielle qui dépasse largement le seul enjeu local.


    Pour les Etats-Unis, à un an de l’élection de Barack Obama, il en est de même de l’élection pour la fonction de Gouverneur de Virginie. A ce jour, le candidat républicain dispose de 7 à 14 points d’avance selon les enquêtes. Il est certain que si la Virginie était conquise par les républicains, l’ambiance politique serait très impactée avant le lancement actif des élections du mid term.


  • 17/10 : et si les « vrais traders » étaient ailleurs ?

    Les traders sont devenus le symbole de la "rémunération disproportionnée". Les études techniques montrent qu'ils n'ont eu aucune responsabilité majeure dans la crise d'octobre 2008 qui relevait d'une logique systémique les dépassant amplement.

    Leurs rémunérations sont de fait indéxées sur une commission au résultat. Ces résultats reposent sur des formations élevées et une expertise indiscutable. La réalité du marché est telle que le trader qui ne performe pas connait la sanction la plus redoutable : le départ.

    Avec "talent", les responsables politiques ont jeté les traders à la vindicte populaire.

    Depuis l'audition du Directeur de Cabinet du Président de la République sur le budget de l'Elysée, les mistigris circulent. Pierre Giacometti est sur le devant de la scène avec ses supposés 43 000 euros nets par mois pour déchiffrer l'opinion pour le Chef de l'Etat. Ce chiffre n'est d'ailleurs probablement pas la réalité des budgets cumulés. Mais il montre que l'argent dans la politique française demeure un tabou.

    Cette situation se comprend car l'opinion franchirait une probable étape de crise si elle connaissait la réalité des salaires de ses élus locaux. Des spécialistes du "cumul discret" arrivent à des sommes rares dans le privé et surtout sans aucune proportion tant avec leur formation que leur niveau de travail.

    Les niches sont par exemple dans les remboursements des frais de déplacement, l'indemnité de représentation, le jeton de présence à une commission … Si la politique Française est aujourd'hui de plus en plus critiquée comme coupée des réalités, c'est qu'elle est accaparée par des professionnels de la politique qui parfois même n'ont eu aucune carrière personnelle en dehors de la politique. Par conséquent, comment pourraient-ils connaître un secteur qu'ils n'ont jamais "fréquenté".

    Si le mot "trader" devait désigner la disproportion entre la rémunération et le travail, il n'est pas sûr qu'il ait à s'appliquer d'abord aux salles des marchés financiers …

  • 16/10 : à la recherche des multi-conquêtes

    La revue Sciences Humaines de novembre consacre un article technique très intéressant sur les nouvelles techniques pour convaincre.


    C’est un sujet à la mode. La présentation de notre publication sur ce thème a déjà franchi le seuil des 2 000 visites sur la base de deux documents distincts.


    L’opinion a beaucoup changé. Pour l’essentiel, elle a éclaté et chaque groupe fonctionne de façon de plus en plus autonome consacrant de moins en moins de temps aux enjeux collectifs.


    Par conséquent, les méthodes classiques de communication doivent être modifiées. Les uns cherchent à imposer la communication par l’image à l’exemple de l’augmentation de la part des vidéos clips dans les campagnes US. Les autres tentent de mettre à profit les possibilités des nouvelles technologies pour s’adresser à des groupes « mieux sectorisés ». Une période d’adaptation à cette nouvelle donne est manifestement ouverte.