Denis Bonzy

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  • Hervé Morin et la guerre en Iran

    Les déclarations de Wesley Clark ont de quoi mériter la réflexion. Ce militaire est une référence tout particulièrement pour les Démocrates. Il a tenté d’obtenir l’investiture en 2004 et à l’époque son franc parler a été un handicap.


    C’est ce franc parler qui mérite l’attention puisqu’il vient d’annoncer pas moins qu’une opération militaire contre les logistiques qui posent problème en Iran serait une « opération pratique pour l’Occident » car l’Iran serait actuellement un tigre de papier avant que …


    Il est surprenant que cette déclaration publique ne suscite pas davantage de commentaires.


    Sur le fond, cette perspective semble mériter un examen sérieux.


    Mais sur la forme, une telle initiative changerait radicalement les actuelles situations politiques dans les principales démocraties concernées. Barack Obama ne pourrait plus subir de reproches sur le thème de « la garde baissée qui fragilise la sécurité nationale ». En France, les régionales de mars 2010 se dérouleraient dans une ambiance d’union nationale qui s’impose dans de telles circonstances. En Grande-Bretagne, Brown retrouverait un espace politique …


    Pour tant de raisons, ce dossier mérite une attention vigilante.


  • Clearstream : une journée importante à suivre en direct sur 2villepin

    Voilà maintenant près de 5 ans qu’il est question du web 2.0 (ce terme a pour la première fois été utilisé en 2004 lors du Web 2.0 Summit).


    Le web 2 .0 était le terme utilisé dans les années 2006/2007 pour décrire un changement majeur dans les usages de l’Internet avec déjà un temps plus bref d’information, une logique accrue de participation et surtout une diffusion à destination des particuliers.


    Maintenant, il est question de la nouvelle génération qui est celle de médias sociaux qui sonnent moins “informatique” à l’oreille. C’est le temps de l’information en direct : le real-time.


    Les conditions de couverture de son actuelle procédure offrent un rendez-vous exploratoire particulièrement réussi.


    Dominique de Villepin est le premier responsable politique Français à prendre un tel parti pris de l’immédiat.


    C’est techniquement le prochain défi de cette nouvelle génération d’Internet.


    Si vous voulez suivre en direct le déroulement de ce mercredi avec son audition qui apportera toutes les clarifications nécessaires, il vous suffit de vous connecter sur le site 2villepin par le lien suivant : 2villepin

  • Karl Rove fait-il école actuellement en France ?

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    Karl Rove fut le conseiller le plus proche de GW Bush. Toutes ses actions ont été entourées d'une réputation sulfureuse car il s'était spécialisé dans les "coups tordus" ou les méthodes de manipulation.

    Il a créé lui-même sa légende en se vantant de son premier "coup" dès l'âge de 20 ans. Dans l'Illinois, il arrive à se faire accepter comme un supporter par un candidat démocrate. Une fois admis dans le premier cercle, il dérobe du papier à en-tête. Il publie alors un tract sur ce papier à en-tête qui annonce des réunions publiques avec "filles et bière gratuite". Il distribue ces invitations dans les quartiers les plus délicats. Les marginaux et clochards abondent. Le candidat démocrate ne peut plus tenir une réunion publique …

    Plus tard, il va inventer la technique du push polling. Il s'agit de poser des questions biaisées lors d'un sondage pour faire passer des messages par la question et non pas par les enseignements de la réponse.

    En 1994, il commande un sondage qui, parmi les questions, comporte la question suivante : "voteriez-vous toujours pour Ann Richards pour le poste de Gouverneur du texas en sachant que son équipe est entièrement composée de lesbiennes ?".

    En 2000, il reconduit méthodiquement son système lors de la primaire républicaine en organisant par exemple un sondage qui contient la question suivante "voteriez-vous pour McCain si celui-ci s'était rendu coupable de trahison durant la guerre du Vietnam ?".

    Puis il en fut de même en 2004 contre Kerry …

    La bataille entre les faiseurs d'opinion et l'opinion est aujourd'hui très inégale tant les techniques de manipulations ont évolué à l'exemple du push polling. Un guide pratique vient de lister ces techniques, exemples pratiques à l'appui.

    Il est à craindre que certaines d'entre elles ne restent plus à l'écart de la vie politique Française : Présentation du guide pratique

  • L’opinion esclave

    « Les réalités ne plaisent pas. Alors changeons l’opinion » …: cette formule n’est-elle pas le résumé le plus fidèle de la situation actuelle. Tout est organisé pour que la prime soit au bruit et non plus à la raison. Il s’agit de résoner et non plus de raisonner.


    La façon dont l’opinion est actuellement baladée est probablement un fait sans précédent.


    La crise financière sera résolue par la limitation du bonus des traders. Le sauvetage de la planète dépend de la taxe carbone de la France. Le G 20 vit au rythme des pensées Françaises… Voilà quelques exemples du climat intellectuel qui sévit actuellement dans des conditions qui ne résistent à aucun examen sérieux. S’il n’y avait pas toute la puissance de tir de la pensée officielle pour oser de telles « réductions », personne ne s’aventurerait d’ailleurs sur de tels chemins.


    Heureusement, il y a encore quelques personnalités qui veillent à réserver à des considérations techniques et à une forme d’expertise les places qui doivent être les leurs pour traiter sérieusement certains dossiers. C’est le cas de Claude Allègre dont le dernier livre mérite une lecture attentive. Il a le courage d’insister sur quelques réalités qui, un jour ou l’autre, devront bien être reconnues.

  • La vraie rupture conduite par Nicolas Sarkozy : la priorité aux effets

    Même ceux qui n'ont aucune sympathie pour le Chef de l'Etat doivent reconnaître qu'il y aura une vie politique française avant la Présidence Sarkozy et une vie politique après cette Présidence. Il y a une "génération Sarkozy" qui cherche à déchiffrer ses techniques et manifestement à les reproduire.

    Ce qui paraît l'élément central de cette "génération", c'est la priorité donnée aux effets et à une communication par la pure annonce. En 20 ans, la vie publique française est passée d'un extrême à l'autre. Hier c'était des gestionnaires qui concédaient des efforts pour ne pas froisser l'opinion. Aujourd'hui, ce sont des "sondeurs d'opinion" qui concèdent quelques mesures à la gestion.

    En réalité, la gestion de l'opinion occupe tout leur esprit avec 4 étapes qui relèvent d'une méthode désormais bien rodée :

    1) l'enquête d'opinion avant toute annonce de décision. Il n'y a pas une annonce qui n'ait pas fait l'objet d'une enquête préalable.

    2) La répartition des tâches : le Président garde toutes les annonces positives et les autres autorités ministérielles se chargent des annonces plus clivantes à l'exemple de F. Fillon aujourd'hui dans le JDD.

    3) Quand une orientation est incontournable, la perspective est délibérément noircie. Ce fut le cas pour EDF. L'opinion entend parler de 10 % d'augmentation des tarifs par an sur 3 ans. Quand l'augmentation finale est de 3 %, elle devient presque … une baisse par rapport au projet initial d'augmentation. C'est la même technique pour le forfait hospitalier aujourd'hui. Il fut question de 20 € par jour. L'opinion enregistre presque comme "bonne nouvelle" que l'augmentation soit le passage à 18 €.

    4) Quand la décision est délicate, il y a 3 batteries offensives. Tout d'abord, les commentateurs officiels qui positivent. Ensuite, les sondages qui viennent à l'appui pour provoquer un réflexe "légitimiste" des indécis appelés à se ranger du côté de ceux qui font la majorité. Enfin, ultime défense, l'argument selon lequel l'opposition ne ferait ni mieux ni autrement.

    Ce système de gestion de la décision publique fait tâche d'huile bien au-delà des sensibilités politiques.

    Il reste à savoir si la crise ne fera pas imploser cette méthode de "gestion". Pour l'instant, elle fonctionne avec efficacité. Parce qu'elle rassure aussi l'opinion qui manifestement ne veut pas encore regarder en face certaines réalités.

  • Entretien de Nicolas Sarkozy : la bataille des commentaires

    La France est tombée à son tour dans le nouvel enjeu de communication qu'est la bataille des commentaires après une émission TV.

    Dick Morris, alors Conseiller de Bill Clinton, a été le premier théoricien de cette pratique mise en oeuvre à l'issue du premier mandat de Bill Clinton : gagner la bataille des commentaires. Il a organisé la tâche de celles et de ceux qui allaient commenter les interventions présidentielles et ajouter au message du Président.

    C'est exactement l'exercice auquel nous assistons en France depuis 48 heures. Mais la "technique Française" apporte comme toujours ses "innovations".

    1) Ce sont d'abord les "satellites" de la Présidence qui diffusent la "bonne parole". Là c'est Alain Minc. Ailleurs, c'est FOG qui avait écrit le livre de lancement de la présidentielle 2007 pour Sarkozy… Ce sont des temps de paroles qui s'ajoutent au temps initial. La France apparait dans de telles circonstances comme un pays avec si peu de talents puisque ce sont toujours les mêmes qui écrivent, puis passent à la TV et terminent à la radio…

    2) Le commentaire est donné sans discussion. Il a ainsi été décidé que la mention "coupable" serait un … lapsus. Qui a décidé ? Le Président n'a présenté aucune excuse. C'est une telle énormité que les commentateurs officiels ont décidé qu'il en serait ainsi. C'est surprenant de voir autant de personnes prêtes à sacrifier la qualité d'une analyse pour plaire au pouvoir. Autant de oui commencent à rendre le non séduisant…

  • La France s’enfonce dans la crise

    La France cumule deux records : le niveau des prélèvements obligatoires le plus élevé des pays industrialisés et le niveau de la dette.

    Depuis 25 ans, tout se passe comme si le recours à la dette était une ressource à part entière. En intégrant les engagements "hors bilan" de l'Etat à l'exemple des régimes spéciaux de retraites, c'est un gouffre sans fond qui va s'imposer aux prochaines générations.

    L'Etat réduit le périmètre de ses interventions. Mais il augmente ses effectifs …

    L'Etat réduit ses interventions directes. Mais il augmente son train de vie courant.

    La charge de la dette sera bientôt le premier budget de l'Etat soit l'équivalent de plusieurs fois le budget de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur , c'est dire comment un tel pays peut préparer l'avenir.

    Tout est actuellement organisé pour éviter que l'opinion ne regarde cette réalité en face. La vie publique française c'est le "nouveau rocher", les soirées de gala, les déclarations à l'emporte-pièce, la cour et ses excès …; bref, Monaco et ses rites.

    Cette dette courante enlève toute marge de manoeuvre à l'Etat. C'est un exemple des fuites en avant face à la réalité. Il y a désormais une disjonction permanente entre l'univers officiel et la réalité qui pose des questions majeures et surtout des inquiétudes croissantes. La France s'enfonce dans la crise mais tout est organisé pour que cette réalité soit la moins perceptible.

    Le prix des voitures serait stable : faux. Le prix des voitures n'a pas bougé mais il recouvre moins d'éléments du véhicule puisque par exemple désormais la roue de secours doit être payée en plus du prix de base …

    L'insécurité serait contenue : faux. Les chiffres prouvent le contraire et encore serait-il, là aussi, opportun de vérifier ce qu'ils recouvrent réellement.

    La jungle de Calais disparaît : faux. Elle est déplacée. Les plus faibles ont été maltraités au motif qu'il s'agissait de s'en prendre aux plus forts (les passeurs). Mais pourquoi ne pas s'en être pris directement aux passeurs et avoir traité plus humainement les plus faibles ?

    La liste des problèmes non résolus s'allonge chaque jour. Il faut moraliser la finance … mais les banques françaises sont dénoncées comme les plus opaques et chères dans la gestion des comptes de chacun …

    Ce divorce entre l'univers officiel et la réalité creuse une incompréhension qui atteint des sommets. La France est bien enfoncée dans une crise qui n'est pas seulement économique.

  • Quand l’image est le message, l’image doit être vraie

    Une députée vient de déposer une proposition de loi qui vise à imposer la mention « photo retouchée » dès l’instant qu’une photo a fait l’objet de retouches informatiques.


    Progressivement, une dictature de l’image s’est installée. Dans ces conditions, il paraît souhaitable que l’image soit vraie. Or, les studios regorgent d’anecdotes de retouches les plus « grossières » les unes que les autres.


    La période actuelle s’installe comme la quasi-caricature de la manipulation permanente. Sur le fond des dossiers, l’opinion est baladée au gré des priorités sans droit de suite. Sur les images, elles sont retouchées pour que des « hommes de pouvoir » aient un corps de mannequin sans avoir à effectuer les efforts nécessaires dans le temps.


    Souhaitons que cette proposition de loi entre rapidement dans les faits.


    Rubrique : pas vu à la télé :


     

  • Feuilleton d’été : « le nouveau Président » : dernier épisode

    Villepin 20 09 09

    Le blog 2villepin a mis en ligne le dernier épisode de ce feuilleton d’été. La campagne prend des tours inattendus ….

    J’espère que vous aurez plaisir à parcourir cet épisode. A cette fin, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :


    http://2villepin.free.fr/index.php

  • Forum Libération : la contestation du prêt à penser ?

    Lyon a gagné le Forum Libération hier organisé par sa voisine Grenoble. Ce Forum est l’exemple caricatural de la place des idées reçues dans le débat politique Français. Chaque courant occupe son créneau dans le conformisme le plus éculé.


    La mixité des idées est un chantier totalement inoccupé en France. Les galaxies s’éloignent. Mais surtout les maîtres à penser et autres directeurs des consciences peinent à comprendre la « défrance » faute de la connaître réellement. Le préfixe « dé » évoque la privation. C’est le préfixe à la mode dans le mandat du président qui avait promis le « plus » et où il n’est question que de : dépollution, désillusion, dépression, déficits, déception, décadence …


    Ce Forum vivra-t-il pour la première fois une forme de contestation du prêt à penser ?