Ce qui reste actuellement encore possible en France pose une question sérieuse sur le tempérament même des Français qui acceptent d'être aussi mal traités, aussi peu considérés. Progressivement, toutes les frontières traditionnelles explosent et dans une sorte d'indifférence irréelle. Prenons des exemples concrets. 1) De Rugy se défend de toute commande de homards géants au titre de son allergie aux crustacés. Mais un journal ressort ses tweets de 2012 où il commentait sa passion pour les arraignées de mer, pour les poissons, pour les maquereaux ... Il dit encore "je ne supporte pas le champagne". Et le même journal met en relief ses tweets où il évoque "… sabler le champagne" (photos à l'appui). 2) Les débordements lors des victoires de l'Algérie : quel autre pays s'est avéré incapable d'intégrer à ce point une génération née sur son sol, grandie au biberon des aides publiques généralisées et qui reste à ce point attachée au pays qui n'est pas le sien ? 3) Au pays de la défense des droits, et plus encore sur la ville même de la Journée des Tuiles, étape pré-révolutionnaire, contester en justice administrative une décision publique expose désormais à des … pénalités dont la seule raison d'être c'est de dissuader de contester ! 4) Des décisions publiques importantes prises sans la moindre information des citoyens alors même que demain ils vont devoir supporter des coûts importants … et rien ne bouge. 5) Existe-t-il encore des "intellectuels engagés" au pays de Camus ? 6) Au pays de Trenet, Brel, Poaf, Bécaud … le rap s'installe en tête des chansons avec des clips où chaque visuel donne l'image de maquereaux organisant un défilé de putes et encore c'est offensant pour les prostituées professionnelles … Et la liste pourrait continuer longtemps. Que sont devenus les citoyens dans ce qui passait être pour le berceau de la citoyenneté ? Comment comprendre cette descente aux enfers ? Comment analyser que tant de profils de courages d'avant-hier ne soient devenus à ce point une opinion pleutre qui accepte de se prêter à des manipulations outrancières ? Pour ma part, c'est LA question qui me parait la plus importante actuellement et bien entendu elle est terriblement esquivée puisqu'elle est importante et de nature à mettre en cause l'opinion. Il y a des moments où pour la première fois à ce point je me demande sérieusement tout simplement où j'habite ! Et jusqu'où est-il encore possible de s'affaisser dans cette lignée ?
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Le village ou la géographie qui protège
Ce qui est en train de se passer actuellement est très intéressant : la poussée de la "marque village". C'est très instructif de constater les noms des premières listes publiées pour les prochaines élections municipales françaises. "Restons village" doit être la formule la plus courante actuellement. Le village est ainsi devenu la perception positive du territoire : le territoire qui protège, celui qui garde une dimension humaine, qui peut rendre la vie plus solidaire, bref plus agréable. Il y a de la chaleur dans le mot "village", la chaleur que les mots villes et quartiers ont perdue. Les "marques" villes et quartiers sortent en effet épuisées de la période présente en France. Ils sont devenus des lieux de violences, d'anonymat, d'insécurité, de dureté, de confrontations … Le mot "village" porte la douceur que le mot "ville" a perdue. Les municipales vont se jouer en France sur les villages qui veulent le rester et sur les villes avec des quartiers qui promettent de redevenir … villages. La belle seconde vie d'un mot (village) qui avait été quasi-abandonné il y a quelques années.
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L’eau : l’un des prochains marqueurs des inégalités les plus redoutables
L'Agence de l'Eau Rhône Méditerranée Corse vient de lancer 6 appels à projets. L'eau sera l'un des prochains marqueurs des inégalités territoriales les plus implacables. Inégalités face à la sécurisation de l'alimentation en eau pendant ou à l'issue d'épisodes caniculaires longs. Inégalités face à la sécurité dans la gestion de pluies torrentielles de plus en plus fréquentes et violentes. Face à l'ampleur des travaux nécessaires dans de tels domaines pour diversifier les ressources, pour lutter contre les réseaux fuyards, pour renforcer des digues de protections, pour traiter les berges des cours d'eau pour éviter des barrages naturels … l'agglomération grenobloise a pris un retard considérable. Un retard dans l'absolu mais encore davantage dans la comparaison avec des géographies vigilantes comme la Gironde, le Jura … Une situation surprenante sur le fond à ce point. 40 départements sont déjà en alertes graves avec des restrictions fortes d'usages pour les particuliers, les agriculteurs et les entreprises. Dans quelques années, le rapport à l'eau sera l'un des indicateurs pour séparer les "territoires cigales" qui ont donné la priorité aux dépenses éphémères et les "territoires fourmies" qui ont engagé préventivement les dépenses nécessaires.
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Si je lis, je lis … ELLE d’abord
La presse magazine française est en crise. Il y a pourtant un magazine qui pour moi est un vrai rendez-vous hebdomadaire incontournable : ELLE. Marie est abonnée depuis 1981. Mais je suis très souvent le 1er à immédiatement ouvrir hier l'enveloppe et aujourd'hui l'étui plastique du magazine. En un numéro, la diversité des goûts : de la lecture aux sports en passant par le cinéma et des sujets de fond. Des photos remarquables sans la moindre vulgarité. Une référence. Et le plaisir d'ailleurs de constater tout dernièrement la présence d'un artiste local des fruits et légumes : Charly Primeurs. Depuis 1945, ce magazine respecte une ligne éditoriale permanente "le sérieux dans la frivolité". Mais surtout la liberté dans l'égalité des sexes. Depuis cette époque de la création de ce magazine au titre de renommée mondiale, les femmes alignent les belles conquêtes : les idées, les valeurs, la Liberté, la santé, le sport, les sciences, le pouvoir … A tel point qu'aujourd'hui être femme c'est le symbole de l'affirmation de soi, au meilleur sens du terme. Il y a 10 jours, dans le hall de St Ex en attendant l'avion, j'observais des départs familiaux du vendredi matin. Les femmes avaient le pas conquérant, tenant les billets, choisissant les guichets … et dans la quasi-totalité des cas, quelques pas plus tard, leurs compagnons tirant les bagages, courbés, épaules tombantes … bref à la remorque. Les temps ont vraiment changé. C'est pour cela que toutes ces belles conquêtes ne doivent pas être menacées par des obscurantismes religieux. Il ne faudrait pas revenir à l'époque où l'existence même d'un magazine de ce type donnait lieu à des contestations diverses.
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Tant de douceur sous un soleil de … plomb
L'école, c'est le tremplin de la vie. Il y a alors le sentiment diffus qu'il va falloir grimper les marches une à une. Et les premières marches compteront beaucoup. Dans ce cadre, les efforts de chacun seront indispensables. La famille. Les enseignants. Le cadre scolaire. Des équipements accueillants, sécurisés, pratiques. Mais surtout une âme au-delà des pierres. Parfois, face à ces réalités qui sont essentielles, il y a le sentiment d'un vide : et si l'énergie de passer le témoin n'existait plus ou existait terriblement moins. A l'opposé, il y a des moments où tout se réunit : tout en un. La collectivité compte tellement de talents que lorsque tous ces talents décident de faire équipe : quelle force ! Hier, lors de la kermesse de l'Ecole de St Paul de Varces, constater autant de passions pour partager la même cause : franchir les obstacles dont la canicule pour que l'Ecole du village ait le maximum de moyens. Hier, dans cette belle ambiance, il y avait beaucoup de douceur pourtant sous un soleil de … plomb, des rires, de la gentillesse et des plaisirs manifestes à mobiliser les énergies pour réussir une journée importante. Le Collectif est magnifique dans de tels moments. Au-delà des générations, être parent reste le plus beau "métier" avec le plus puissant des moteurs qui n'est pas prêt de s'éteindre heureusement : le coeur. Le + beau des souvenirs dont les anniversaires comme ci-dessous.
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C’est l’ombre de l’échec qui rend le succès encore plus agréable
Ce soir, toute la France est bleue. Remarquable récompense pour des jeunes femmes praticiennes d'un sport où les femmes sont si longtemps restées dans l'ombre des hommes. Et d'un coup, avec cette coupe du monde, on découvre un autre football, plus agréable à regarder, moins violent, moins "cinéma" aussi, avec par ailleurs des joueuses capables d'aligner des phrases bien construites avec des mots qui ont un sens. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour une telle découverte ? Il y a des générations qui ont vécu l'égalité dans le sport sans même avoir de question à se poser sur une quelconque hiérarchie. Pour ma part la découverte du sport de haute compétition est intervenue en 1968. J'étais enfant et je ne me posais pas la question d'une éventuelle hiérarchie entre les exploits des femmes et ceux des hommes. A cette époque, Peggy Fleming n'était pas dans l'ombre d'Alain Calmat. Les soeurs Goitschel n'étaient pas dans l'ombre des Killy, Lacroix, Périllat … Ma préférée était Annie Famose parce qu'elle pouvait être championne tout en restant très féminine. En natation, Kiki Caron égalisait Alain Mosconi et la liste pouvait durer longtemps. Qu'est ce qui rend aujourd'hui très agréable le parcours de l'équipe de France de football, c'est l'ombre de l'échec qu'elle a subi si longtemps pour être reconnue comme à part entière. Quel échec collectif de mentalité de ceux qui ont sous-estimé une réalité : être femme c'est avoir une part de courage de plus que beaucoup d'hommes … Allez les Bleues !!!
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Remonter la rivière du temps
Il y a des personnes qui ont une capacité à vouloir injecter chez l'autre ce qu'elles portent de plus mauvais en elles. A les écouter tout peut ainsi devenir laid, vulgaire, malsain. Puis, à l'opposé, il y a heureusement d'autres personnes qui portent en elles la fraîcheur, l'optimisme, la vie positive. Avec le temps et avec l'expérience qui en résulte, j'ai appris à m'éloigner des premières et à consacrer davantage de temps aux secondes. Mais il y a manifestement un bonheur particulier qui est celui de remonter la rivière du temps grâce aux enfants de ses … enfants. Dans ces moments où il est possible pour moi de partager un jeu avec notre petit-fils, grâce aussi à la gentillesse de ses parents, il ne peut pas imaginer le bonheur qu'il me procure : je remonte la rivière du temps. Je revois son papa et son oncle à son âge découvrant des sports, réagissant parfois de la même façon face à un conseil pour tenir leur première batte de baseball, frapper dans un ballon de foot, tester son adresse face à un petit panneau de basket …
Tout ce qui a fait pendant des années une joie immense de partager ensemble toutes ces découvertes puis ces pratiques. Une belle chance à honorer et à remercier.
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SVP rendez-nous la neige …
A constater les efforts de Chatham et Ottawa pour chercher le frais, nul doute que leur revendication commune doit actuellement être "svp rendez-nous la neige" avec cette période où elles jouent alors si agréablement. Plus chaque jour passe, plus la canicule est impactante manifestement désormais y compris la nuit.
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LeVillarey1 : la tentation d’un passage en force est une impasse absolue
Le 12 avril 2019, le maire sortant de St Paul de Varces déléguait son 1er adjoint pour signer le permis global d'aménager du Villarey1. 73 jours plus tard soit 2 mois et 12 jours après, aucune information municipale officielle n'a été donnée aux habitants de St Paul de Varces. Bien davantage, depuis le 16 mai, ces élus sortants sont informés d'un vice juridique grave dit d'ordre public lié à l'incompétence du signataire des actes. Le 23 mai, par courtoisie, j'ai téléphoné au signataire des actes pour l'informer de ce vice grave et des recours que j'allais engager. A cette époque, lors de cet entretien, l'évocation de ce vice était écartée par le signataire faisant confiance à tant de personnes dites "compétentes" qui avaient travaillé sur ce dossier. Maintenant, ce vice est établi, avéré, incontestable. Il serait question de permis modificatifs. Ces permis vont poser deux questions juridiques de fond : 1) un permis modificatif peut-il régulariser un vice juridique d'ordre public comme le vice d'incompétence ? Ma réponse est non dans la lignée de l'arrêt de principe du Conseil d'Etat (02/02/2004 SCI La Fontaine de Villiers). J'ai enseigné le droit public pendant de nombreuses années, été professionnellement choisi pour rédiger des notes techniques chez des éditeurs de référence, le toilettage par ce biais d'un vice aussi fondamental est impossible. Le premier camouflet juridique enregistré par la municipalité sortante devrait la conduire à davantage d'humilité, davantage de précaution. 2) Le modificatif est-il de nature à faire disparaître d'autres vices éventuels ? Non dès l'instant que ces vices ne sont pas mineurs. Et les moyens juridiques levés ne sont pas mineurs. Il y a donc actuellement une tentation manifeste de passage en force. C'est une hérésie juridique. C'est un risque politique considérable : imaginons une nouvelle équipe municipale opposée au Villarey, respectueuse elle de sa parole et il suffit au maire, au titre du principe de précaution sur ce chemin des écoliers, d'interdire les camions à gros gabarit dans le cadre de son pouvoir de police et l'accès au chantier intervient comment ? C'est très grave qu'il en soit ainsi. La mairie se claquemure dans un silence irréel comme si cette affaire ne concernait pas les habitants. Or les permis sont donnés par le maire sortant au nom des habitants de la Commune de St Paul de Varces ! Le maire sortant s'obstine alors même qu'il avait engagé un recours en 2013 contre 58 logements et qu'aujourd'hui il signe pour … 80 logements ! Tout ceci échappe à la raison. La raison et la sagesse, c'est d'annuler les permis entachés de vices graves et à moins de 260 jours des municipales de considérer que la parole sera rendue aux habitants de St Paul de Varces sur ce dossier en mars 2020 comme ils avaient pu l'avoir en janvier 2012. Cette décision est la seule morale, saine, honnête et respectueuse d'un traitement correct du droit et de la démocratie.
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Salles d’attentes
A chaque période, il faut chercher à la résumer en peu de mots. C'est un exercice très intéressant. Dernièrement, une émission de France Culture se prêtait à ce "jeu" au sujet de l'anniversaire des 50 ans d'accès de Georges Pompidou à l'Elysée. 3 mots pour résumer l'époque d'alors : la modernité heureuse. Une époque de changements considérables finalement assurés dans une réelle décontraction collective. Aujourd'hui, trois mots caractérisent la période présente : salles d'attentes.
La salle d'attente est un endroit très particulier. Le moment où l'on se sent souvent dépossédé de son sort car on attend un examen, un diagnostic. Ce peut être le meilleur ou le pire.
C'est le climat de la période actuelle. La visibilité sécurisée est impossible tant les repères disparaissent. Prenons des exemples concrets locaux.
1) A Grenoble, des femmes vivent la piscine publique en burkini au titre du droit à la différence. Ce droit à la différence peut aller jusqu'où ? Peut-il aller jusqu'à la nudité d'autres puisqu'être habillé deviendrait autorisé ? A quoi sert une réglementation si c'est si facile de ne pas la respecter ? Est-ce cette réglementation peut ne pas être respectée par certains mais devenir intangible pour d'autres ? Attendre pour savoir.
2) Le "grand débat" et les gilets jaunes : avec la meilleure bonne foi positive possible, qui peut dire ce qui est sorti de concret du "grand débat" ? Des émissions TV pendant des soirées entières. Des dépenses manifestement importantes pour collecter des propositions. Et les jours d'après, quelles suites ? Attendre pour savoir.
3) Le PLUi : des dépenses considérables de communication. Il y a un mois pile, l'enquête publique prenait fin. 1 mois plus tard, c'est même impossible de connaître le nombre exact de requêtes (numériques + papiers). Tout parait figé. Attendre pour savoir.
4) Sur St Paul de Varces, il y a 73 jours (2 mois et 12 jours), le permis d'aménager du Villarey1 était signé. 73 jours plus tard, pas la moindre présentation officielle auprès de tous les habitants ni du projet ni des problèmes juridiques très sérieux manifestement rencontrés. Les habitants peuvent attendre …
5) Suppression de la taxe d'habitation : qui ? quand ? Quels transferts de charges et donc de recettes éventuelles ? Attendre pour savoir.
…
Tout ne semble que relever de salles d'attentes. Ne pas savoir. Attendre. Situation rare à ce point. Comme si le pouvoir politique en France devait être d'abord celui de calmer la rivière du temps en évitant les remous donc en se réfugiant dans l'indécision, dans le secret, dans l'opacité. Jusqu'à quand ce climat peut-il durer au prix de décaler des repères solides ?