Denis Bonzy

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  • France : comment une gouvernance sans visibilité peut-elle réussir ?

    Dans l'actuelle course à l'énumération des échecs de la France, il y a deux échecs qui méritent un classement particulier :

    1) La faiblesse collective devant l'énonciation de la réalité actuelle : il est aujourd'hui courant de participer à une conférence et à l'issue de faire le point avec des intervenants et de constater les intéressés dénoncer une "situation drammatique, à la grecque du pays" alors même que, quelques minutes auparavant, les intéressés énonçaient des points … d'optimisme,

    2) l'inexistence de visibilité. Comment des efforts peuvent-ils être demandés sans avoir la visibilité sur la sortie  ? Quand ? Comment ? Avec quelles conséquences pratiques ?

    La France vit au coup par coup. Par coup de communication à la journée, à la "petite semaine". 

    En est-il partout ainsi ? Non. 

    Cette semaine, la lecture des contributions au colloque "Canada 2020" organisé par Justin Trudeau montre une réelle volonté de donner un cap, fixer des perspectives, placer des mesures dans la logique globale de vision.

    Canada 2020

    C'est tout ce qui fait défaut à la France actuellement. Le débat politique vit au

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  • VGE : le grand oublié de l’anniversaire de la « loi Veil »

    La France a un vrai souci avec son Histoire. Tantôt elle l'oublie très rapidement. Tantôt elle le scénarise avec un sens de la discrimination assez surprenant. Ce fut le cas cette semaine avec les 40 ans de la "loi Veil" sur l'avortement. Il n'a jamais été question de VGE. Ou si peu.

    VGE 2

    Dans un régime où tout procède du Chef de l'Etat, là le Chef de l'Etat était … absent. Il n'existait pas. Pas un commentaire pour quand même célébrer celui qui a eu le talent et le courage de nommer des personnalités comme Simone Veil ou Françoise Giroud.

    A en croire l'actualité de la semaine écoulée, Simone Veil a été nommée toute seule. Elle a présenté le dossier de sa seule initiative. Où était donc Giscard à cette époque ?

    C'est incroyable, cette incapacité à ne pas discriminer une lecture historique en France.

    C'est probablement l'une des raisons du

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  • Quand une ville labellisée French Tech chasse un lauréat 2013 du prix des technologies numériques …

    Quand modifier l'assiette de 320 points sur une superficie de 18 km² suscite autant de vagues, c'est qu'il y a quelque chose de vraiment détraqué dans un système d'information comme dans la vie publique concernée.

    Mais de plus, quand une ville comme Grenoble qui vient de recevoir le label FrenchTech chasse un Lauréat 2013 du prix national des technologies numériques, le "comique" tourne au "tragique".

    JC Decaux 2013

    J'ai connu Jean Claude Decaux quand il développait son entreprise et marquait dans son bureau sur une immense carte de France posée au mur des drapeaux identifiant les villes où il s'implantait.

    C'est une société qui incarne la conquête remarquable de l'entreprise familiale.

    Limiter cette entreprise à des panneaux qui seraient des verrues dans le paysage, quel

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  • Quand Grenoble lave plus vert …

    Gouverner n'est plus prévoir mais être vu. Gouverner n'est plus raisonner mais résonner. Ce qui est plus qu'une différence de mots. La Seine et Marne avait son "tigre" devenu … chat. Facebook avait ses ovocytes. Grenoble a sa "ville sans pub".

    Comme dans tous les autres cas, l'annonce dépasse la réalité et de très loin.

    Puisque Grenoble n'est pas parvenue à convaincre les autres villes de l'agglo de supprimer la pub.

    Puisque la pub en dehors des panneaux Decaux demeure.

    Bref, c'est tout simplement un contrat (Decaux) qui prend fin mais dont la fin est scénarisée puisqu'elle est supposée annoncer le début d'une grande croisade collective "ici, les arbres remplacent la pub" !

    L'annonce n'est plus la  mise en scène de la vérité. L'annonce devient une fausse vérité.

    Grenoble fait sa pub en disant

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  • Coupe Davis : tout reste possible. La magie du tennis !

    Le tennis est l'un des sports les plus intéressants. Deux caractéristiques. C'est un lien permanent entre le mental et le physique. Le résultat peut basculer à chaque instant. Ce sont ces deux volets qui permettent de considérer que tout reste possible aujourd'hui. 

    J'ai découvert le tennis très jeune. La passion de ce sport ne m'a jamais quitté. Bien au contraire. Au début, les plus belles parties opposaient Ken Rosewall, Rod Laver, Tony Roche, John Newcombe. 

    Ken-rosewall

    Si bien que lorsque la finale de la Coupe Davis a eu lieu à Grenoble en novembre 1982, ce fut un réel plaisir que d'y assister. Le 1er set entre Noah et McEnroe a été remarquable. Une brève manifestation avait été organisée par Henri Ducret au Park Hotel. Noah s'y était rendu casquette de musique sur les oreilles, entièrement concentré sur les matchs à venir. Totalement isolé. Une concentration absolue.

    Grenoble Coupe Davis

    Mais la défaite fut au rendez-vous.

    En 1991, à Lyon, les premiers vainqueurs ont été les spectateurs. Du jamais vu. Jamais entendu. Il n'était pas possible de s'entendre parler à un mètre de distance. 

    Les Etats-Unis présentent une équipe "hors du commun" : Pete Sampras, André Agassi. Et pourtant, la France va gagner. Pete Sampras est le joueur qui dégageait le maximum de "félinité". Tout était ressort.

    Pete Sampras

    La France va gagner parce que ses joueurs y ont cru une "seconde de plus" que les Américains. 

    C'est cette "mentalité" que

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  • Ici, ils se déchirent à 3 quand là bas ils sont déjà 23 …

    L'inconnue majeure du moment réside dans la détermination du sous-étage où la France terminera et combien de temps elle mettra alors à se "remettre à niveau". Dernier exemple en date : le comportement hier de Bernadette Chirac : ne pas dire bonjour à un ancien Premier Ministre de la République parce qu'il "ose" être candidat aux cotés de "son" candidat. C'est d'un ridicule pathétique.

    Mais surtout c'est l'illustration d'une mentalité de "propriétaire" du pouvoir qui est d'une extrême gravité. Il y aurait des personnes qui ont la responsabilité de savoir quel est le "bon candidat" pour les Français. Et la candidature des autres deviendrait une … offense.

    C'est une mentalité incroyable.

    C'est comme les réactions des invités permanents de C à dire hier soir au sujet de le Maire et Mariton : ils n'ont pas droit aux 20 heures. Trop "petits". Donc voués à le … rester. 

    C'est la mentalité qui tue l'éclosion des talents.

    Mais pour protéger "quels talents" compte tenu de l'état du pays, ses finances, ses affaires, son chômage …

    En France, pour 2017, au sein de l'UMP, ils sont 3 à candidater et à se déchirer en permanence.

    Aux Etats-Unis, au sein du seul Parti Républicain, pour 2016, ils sont déjà … 23 à être sur la ligne de départ.

    John Thune 16 04 14

    La bonne question pour l'UMP serait : pourquoi ne sont-ils que 3 à cette étape ?

    Comment un parti politique

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  • Climat : une « priorité » nationale : donc l’Etat baisse de …

    175 millions d'euros la dotation des Agences de l'Eau aux collectivités locales sur la seule année 2015 : "logique" !

    A l'exemple de cette contradiction absolue entre les mots et les actes, il est aujourd'hui difficile d'imaginer la réalité des budgets primitifs 2017. Il est probable qu'une succession de crises financières très graves marquera alors les collectivités locales françaises pour 4 raisons techniques :

    1) Les dotations d'Etat baissent. Sur 2015, que font bon nombre de collectivités locales ? Elles n'augmentent pas les impôts car ayant conscience du "ras le bol fiscal" mais jouent sur les diverses taxes et redevances.  C'est du "one shot".

    Hôtel de ville

    2) La réalité de la baisse des dotations d'Etat n'a pas encore été réellement perçue. Outre les baisses directes, l'Etat syphonne les comptes de très nombreux organismes para-publics qui, hier, aidaient les collectivités locales à l'exemple des Agences de l'Eau : ponctions de 175 millions d'euros sur la seule année 2015. 

    175 millions d'euros reversés au bugdet général de l'Etat et donc plus aux collectivités locales.

    3) Au moment où les dotations d'Etat baissent fortement, les collectivités locales subissent une explosion de leurs dépenses sociales compte tenu de l'enfoncement du pays dans la crise.

    4) Dans le même temps,

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  • Schumacher : des talents oubliés de personnels du CHU de Grenoble

    Cette semaine, Schumacher fait la une de Paris Match. Le talent de professeurs du CHU de Grenoble a été célébré à juste titre par le passé. Et c'est bien qu'il en ait été ainsi. Mais il est un volet qui n'a pas été mis en relief comme il le mérite : le sens du service public des personnels y compris les plus humbles du CHU de Grenoble.

    Pour moi, la leçon n°1 de la présence de ce pilote à l'hôpital de Grenoble réside dans ce que l'on a pas vu !

    Aucune photo n'est jamais sortie de toute cette période.

    L'intéressé a eu droit au secret le plus absolu, c'est à dire au respect de son état.

    Pour un membre du personnel infirmier, pour une personne qui effectue le nettoyage, une photo aurait représenté le gain immédiat d'années de travail : en une photo, probablement gagner l'équivalent de 10 ans de rémunération du travail.

    Pas une photo n'a circulé. Pas une photo n'a été vendue. 

    Schumacher

    Ce comportement qui est passé sous silence est le plus bel exemple de la déontologie de personnels du service public mais comme cette déontologie peut exister de même façon dans le secteur privé.

    Quand tant d'énergies sont consacrées à dénoncer ce qui ne va pas, ce qui marche mal, c'est regrettable de ne pas

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  • L’information imprimée a encore de très beaux jours devant elle

    Dernier exemple en date, c'est par une photo sur le compte Twitter d'Eve Moulinier que mon attention a été attirée sur les questions qui peuvent se poser sur le devenir de l'information papier.

    Journalistes 18 11 14

    Pendant la campagne électorale, nous avions eu l'occasion d'en parler ensemble et son attachement à son métier (ainsi que sa colère courtoise !) avait alors rapidement tempéré un début d'entretien sportif, chiffres de parutions en main. 

    L'amour du métier impose toujours le respect surtout quand il s'accompagne de la bonne foi.

    Pour que l'information imprimée ait de beaux jours devant elle, il lui faut des journalistes qui ont la passion de leur métier, qui vivent les mutations actuelles et qui ont des lecteurs qui sont au rendez-vous.

    Pour les amoureux de la glisse, c'est le cas de deux magazines qui viennent de sortir : NordicLand et PeufLand.

    C'est le top d'une édition moderne avec une place à la photo qu'aucun autre support ne peut accorder à ce niveau de qualité.

    A la fin des années 90, la Fédération Française de Ski qui voulait externaliser Ski Français avait choisi le projet que j'avais alors présenté parmi d'autres concurrents. Le dossier n'est pas arrivé à son terme en raison d'opacité financière et d'un clash que je ne regrette pas avec l'équipe de rédaction de cette revue. 

    Mais je n'ai jamais douté qu'appliquée à des domaines où la "balade par l'oeil" précède celle par les pieds, le papier a une place irremplaçable.

    Il y a également matière à une information technique que l'on souhaite mettre de côté, emporter avec soi. Imprimer via une info Internet et la cartouche d'encre y passe.

    NordicLand vient de sortir. C'est l'une des plus belles revues actuelles. Du top !

    NordicLand 18 11 14

    PeufLand de même.

    PeufLand 18 11 14

    Ce sont des publications réalisées par

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  • Philae et la culture du « trop grand pour échouer »

    Les interprétations divergent. En Europe, Philae est en "veille". Aux Etats-Unis, Philae est morte. Ne disposant d'aucune compétence en la matière, je lis les articles sans appréciation personnelle particulière.

    Ce qui m'intéresse davantage c'est le contexte qui entoure cette "évolution" :

    1) Le rebond malheureux de Philae n'a pas seulement tué sa capacité à refaire son énergie, il a également tué les politiques qui, en bons prédateurs des bonnes nouvelles d'opérations conduites par des tiers, ne rodent plus désormais autour de l'opération,

    2) mais même si l'opération suscite désormais de la "distance", elle restera un "grand succès" : c'est la culture du "trop grand pour échouer". Ceux qui n'y comprennent rien se

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