Denis Bonzy

Catégorie : Etats-Unis

  • John Kerry : combien de tours du monde …

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    En France, souvent, être responsable public, c'est devenir "fonctionnaire bis" : une vie au bureau et seulement parfois sur le terrain tout particulièrement pendant les périodes électorales mais si peu en dehors des périodes électorales. L'engagement public de John Kerry c'est toujours le choix du terrain. Quand j'ai participé à son équipe électorale sur Boston, ce fut une découverte totale que cette présence permanente sur le terrain. Etre sur le terrain car le choix de ses collaborateurs était le critère de l'excellence pour gérer les dossiers. Et d'ailleurs son directeur de campagne de l'époque a connu ensuite une carrière professionnelle d'excellence au plus haut niveau dans le privé. Pendant des décennies, John Kerry a ainsi couvert une circonscription électorale immense. Puis les déplacements permanents à Washington, siège du Sénat. En 2002, il s'est engagé dans une primaire Démocrate pour la présidentielle. Et ce fut alors le tour de l'Amérique. Puis ce fut la campagne de 2004 : épuisante : quadriller les comtés des Etats-Unis. Ensuite, Secrétaire d'Etat (2012 – 2016) et là le tour du monde en permanence. Et maintenant, cela reprend pour s'occuper du climat. Impressionnant dans la capacité à vivre des déplacements permanents. 

  • Jeff Bezos ou quand l’inattendu va même au-delà de l’imaginaire

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    Avec la crise sanitaire Covid-19, tout particulièrement dans des pays industrialisés, l'idée d'une pandémie de ce type avait été chassée des esprits. Dans un domaine plus positif, pour Jeff Bezos, l'inattendu va également au-delà de l'imaginaire. Fin août 2000, il vient en France (Paris). En fin d'après-midi, une rencontre a lieu sur une péniche. Les organisateurs peinent à trouver des participants. A cette époque, Jeff Bezos est considéré comme "hors sujet", voué à la faillite toute prochaine. Même Les Echos rédigent un article sur sa quasi-impossibilité à pénétrer le marché français face à fnac.com, Alapage, Chapitre.com …   Pour avoir été présent sur la péniche, ce qui m'a marqué c'est son assurance. Feinte ou pas (?), pas un millimètre de doute dans son esprit. 20 plus tard, il a dépassé ce que personne à cette stade ne pouvait même imaginer. Dans l'actuelle période de doutes, voire de désespérance, c'est agréable de voir le succès d'une telle capacité de résistance et de foi dans le projet de celui qui était moqué parce qu'il avait été contraint de faire appel aux économies de ses parents pour lancer son entreprise car personne n'y croyait au tout début … 

  • J + 04 : pourquoi cette impatience de certains medias ?

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    Rien ne contribue à expliquer l'actuelle impatience de certains medias à désigner le vainqueur. Il y a deux mois et 1/2 pour effectuer la transition. C'est dire qu'il n'y a aucune raison de s'impatienter. La date butoir c'est vers le 10 décembre pour la réunion des délégués. Jusque là l'intérêt de tout le monde c'est de purger les éventuels doutes sur la sincérité du scrutin. Ce n'est pas parce que Trump fait un recours de recomptage qu'il en sortira vainqueur. Il y a un mois pour purger les doutes éventuels. Et ensuite la situation sera clarifiée dans l'intérêt de tout le monde. Pendant la transition, les textes et les usages encadrent les pouvoirs des affaires courantes du Président sortant. Il n'y a aucune raison de diaboliser l'actuelle période. 

  • 30/09/2020 : cotation de Palantir : un rendez-vous historique

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    La cotation de Palantir le 30/09 est un rendez-vous historique. 1) La société du "secret" va rencontrer la publicité de la cotation et les exigences de la transparence suite à la cotation. 2) C'est une société au métier d'avenir : gérer les mégabases de données. Aujourd'hui la question n'est plus de se renseigner sur autrui mais de gérer les très (trop !) grands nombres d'informations données par autrui. 3) C'est la caricature du "big brother" qui annonce la société de demain avec des traçabilités probablement encore plus fortes que celles évoquées par la littérature la plus sombre d'hier. 

  • Le décès de Ruth Ginsburg et la crise systémique française de sa « Cour Suprême »

    Cour Suprême des Etats-Unis

    Ruth Ginsburg est décédée. Elle était juge à la Cour Suprême des Etats-Unis. La nomination dans cette instance capitale répond à trois règles. 1) Etre juriste reconnu : Ruth Ginsburg était ancienne élève d'Harvard, avocate. Elle avait plaidé et gagné à plusieurs reprises devant la Cour Suprême. Elle enseignait le droit …  2) Franchir un examen sérieux des commissions parlementaires avec des auditions publiques rudes. 3) Reconnaître un ancrage idéologique mais aussi dans ses actes passés la capacité à s'en détacher. Bref, l'opposé du processus en France pour le Conseil Constitutionnel. En France, il n'est pas nécessaire d'être juriste. Il n'y a pas d'examen sérieux sur le parcours. Et surtout, avec une logique hors sol irréelle, même avec un parcours politique militant notoire, les intéressés d'un coup s'en détacheraient pour avoir une absolue virginité idéologique. Avec de telles fictions, il y a encore des personnes pour s'interroger sur la crise du droit en France dans les arbitrages du Conseil Constitutionnel …

  • J – 57 : une semaine instructive au sujet de la Bourse américaine

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    La fin de la semaine dernière a été marquée par un brusque arrêt de la hausse quasi constante de valeurs emblématiques de la "nouvelle économie" qui ont connu des performances considérables depuis mars 2020. S'agissait-il d'une correction passagère liée à la prise de bénéfices ou plus profondément d'une inversion de tendance ? La semaine sera instructive car elle va commencer à montrer comment la Bourse américaine anticipe le 3 novembre et sa perméabilité à une victoire de Biden.

  • Jack Dorsey et l’expérimentation du revenu minimum universel

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    Jack Dorsey s'engage pour une expérimentation en faveur d'un revenu minimum universel. Une belle initiative à trois égards. 1) Il est certain que la lutte contre la grande pauvreté et contre l'exclusion doit être un priorité. 2) Encore faut-il définir le contenu du "contrat" en contrepartie de ce revenu minimum universel. Et 3) seules des expérimentations ponctuelles peuvent progressivement permettre de définir les droits et obligations. Que le privé participe au financement de telles expérimentations est une idée intéressante. Une initiative à suivre qui va probablement intervenir dans les villes suivantes d'abord : Newark, Atlanta, Compton, St Paul, Seattle, Los Angeles, Jackson, Pittsburgh, Oakland. 

  • L’âge protège de … l’âge

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    Dimanche 20 octobre, le Musée Kennedy à Boston va célébrer le 40 ème anniversaire de son inauguration par Jimmy Carter. A mes yeux, c'est l'exemple le plus réussi de musée présidentiel. Il faut attendre celui d'Obama à Chicago pour peut-être franchir encore une étape supplémentaire ? Pourquoi c'est réussi à ce point ? 1) Parce qu'il y a d'abord une remarquable architecture (Pei) au bord de l'atlantique. C'est un "musée ouvert" sur les paysages. 2) Parce qu'il y a un nombre de pièces d'époques considérables parfaitement agencées de façon chronologique. Pour l'avoir fréquenté pendant tant d'années depuis leur plus jeune âge, nos enfants doivent pouvoir le parcourir presque les … yeux fermés.

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    3) Mais surtout parce que ce musée dégage une impression solide d'acceptation de l'histoire : des échecs comme des réussites. C'est la différence avec la France. trop de Français haïssent l'Histoire de leurs pays, l'Histoire de leur Nation (sans parler de ceux de plus en plus nombreux qui ne la connaissent pas du tout). La rupture décisive date de la seconde guerre mondiale. Les Français ne se sont jamais remis des conditions de leur libération : avoir besoin à ce point des autres après s'être tant perdus dans la collaboration (Vichy). Puis le rapport à l'Histoire a oscillé entre haine et honte. La honte de la colonisation alors même qu'elle n'avait pas apporté que des problèmes aux pays concernés, doux euphémisme. C'est triste un pays au sein duquel un nombre élevé de ses habitants peut à ce point détester son Histoire ou porter une honte qui ruine la capacité à faire partager l'énergie de vivre sur la même terre et accepter les mêmes valeurs. Un climat qui pèse beaucoup dans l'actuel débat sur le choc des religions. Après la visite de JFK Library, on repart avec de l'énergie. Parce que l'une des belles leçons de la vie c'est que l'âge protège de l'âge. Il faut apprendre de chaque âge. Ce doit être la force aussi d'une Nation, gagner en avancées en tirant les leçons des périodes anciennes. 

    Thomas John Boston

  • Maltraitance animale en France : combien de temps encore ?

    Chiens orvis

    Le système public français fonctionne à partir de règles trop faciles à décoder pour cacher un immobilisme gravissime : n'organiser des comparaisons notamment via les chaînes de la TV d'Etat qu'à la condition que les comparaisons ne soient pas trop défavorables à la France. Les coups d'éclairages sont très sélectifs. Prenons la maltraitance animale qui bat des records en France actuellement : abandons d'animaux, coq vivant décapité par les dents avec vidéo sur Internet, chiens traînés par des scooters dans des quartiers dits avec pudeur "difficiles" …  Que se passe-t-il ailleurs ? Exemple récent : dans le Rhode Island (USA) : a été approuvée dernièrement une loi sur le fichage des individus coupables de maltraitance animale. La chambre des représentants de l’État de Rhode Island aux États-Unis a approuvé un projet de loi qui vise à ficher toutes les personnes qui ont maltraité des animaux. Ceux qui ont fait preuve de cruauté envers les animaux ne pourront plus en posséder pendant 15 ans. Si elles sont reconnues coupable une deuxième fois, l’adoption sera interdite à vie. Les personnes fichées devront également payer une taxe de 125 dollars qui sera utilisée pour maintenir le registre en ligne. Ce registre sera visible par tous les refuges pour animaux ainsi que par les agences d’adoption d’animaux. Ils auront le devoir de vérifier la liste des personnes fichées avant chaque adoption. En août 2018, Charlie Baker dans l'Etat du Massachusetts avait promulgué une loi remarquable. Désormais, le Rhode Island, remarquablement géré par Gina Raimondo, met en place un dispositif dissuasif. Et en France, dans le même temps, les mornes parlementaires français n'ont même pas été capables de limiter les transports collectifs d'animaux par temps de canicule. Il y a des comparaisons qui font mal. 

    Charlie Baker dog

     

     

  • Quand la parcelle de lumière chez un autre fait perdre la raison

    Tulsi Gabbart Hawaï

    La jalousie est un lien tenace. Ses conséquences sont nombreuses. L'une d'entre elles mérite une attention particulière : la place excessive laissée aux humeurs. Les humeurs sont en train de tout gagner dans la vie politique française. Elles gagnent d'autant plus qu'il y a désormais un vide quasi-dramatique de talents. Aux Etats-Unis, la primaire Démocrate débute. C'est un arc en ciel de talents. Depuis l'ex professeur de droit à Harvard (Elizabeth Warren) à la jeune Gouverneure d'Hawaï (Tulsi Gabbard / photo ci-dessus) en passant par un ex- VP (Joe Biden) ou des entrepreneurs comme Bloomberg ou Schultz. Ils seront nombreux sur la ligne de départ. Donc la compétition sera belle. Comment une compétition peut-elle être belle si elle manque de … compétiteurs ? Les caractères sont très différents. Les parcours professionnels ont existé en dehors de la politique. Donc les intéressés connaissent la vraie vie. Les âges diffèrent. Les femmes sont dans la course sérieusement. Nombreuses. Motivées. Chaque déclaration de candidature est d'abord l'exposé de priorités claires. Bref, la démocratie vit. Parce que la démocratie c'est d'abord la diversité. Donc la liberté du choix. Et en France, dans le même temps, c'est le règne du pouvoir de nuisances. Surtout avec les réseaux sociaux devenus si souvent d'abord un déversoir de haines. L'un des pays historiques de la démocratie s'enfonce ainsi quasi-naturellement dans ce qui peut exister de pire : la violence, l'anonymat, les casses, la haine … Une ambiance irréelle où la parcelle de lumière chez un autre fait perdre immédiatement la raison. Son argent. Sa voiture. Ses idées. Son commerce. Son statut … Un jeune Président talentueux (même si on n'adhère pas à ses idées) suscite une détestation qui épargnait son prédécesseur à la nullité référente. Sa femme, pour son âge, fait l'objet de moqueries scandaleuses. D'une indignité absolue. Et les parlementaires deviennent d'abord les porteurs de voix des écuries présidentielles potentielles à venir. Il ne leur viendrait pas à l'esprit d'exister par eux-mêmes. Ils sont l'ombre. En quelques décennies, la France ne serait-elle pas devenue le visage de ce qu'une Démocratie peut réserver de moins attractif ? Pourquoi à ce point ?