Ce week-end, avec beaucoup de tristesse, j'ai appris par un ami commun (M. Claude Soullier) le décès de Mme Huguette Saunier qui a dirigé pendant tant d'années la Jumenterie de Combelouve au Gua. A l'époque, ce fut l'une des premières épreuves fortes du début de mon mandat de Conseiller général : un incendie ravageant ce club. Je me souviendrai tout le temps de notre première rencontre dans ces circonstances dramatiques. Je me souviendrai surtout de la passion qui animait cette femme. Sa capacité à mobiliser. Elle m'a alors donné la vraie définition de la passion : quand une cause cache toutes les autres dont toutes les difficultés classiques. Mais elle a aussi démontré la force quasi-irrésistible de la passion. Tout surmonter. Reconstruire. Venir chercher la moindre économie de matériels car les moyens étaient comptés. Susciter l'admiration par l'espoir ainsi remobilisé. Obtenir des vétérinaires des efforts considérables pour soigner des animaux, pour tenter l'impossible. Et la passion pour l'une des plus belles causes possibles : apprendre aux être humains dont les enfants à comprendre et à aimer des animaux. Et l'un des animaux les plus complexes, sensibles, réactifs : le cheval. C'est une belle personnalité forte que notre géographie vient de perdre. Une héroïne du quotidien. Son départ attriste bien au-delà de tous les membres de son Club.
Auteur : Denis Bonzy
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Les dangers des petits marquis de la militance …
Quels sont les deux vrais changements de fond connus par la France ces dernières décennies ? C'est la disparition de deux profils de responsables publics. D'une part, ceux qui avaient connu la Résistance et pour qui l'acceptation ne pouvait résulter que d'un accord réel sur le fond 'une décision ou d'une solidarité personnelle. Ils avaient connu des épreuves telles que les haussements de tons d'un petit chef n'étaient pas de nature à les impressionner. D'autre part, ceux qui connaissaient le terrain : du garagiste Monory pour l'économie des PME au chercheur Devaquet en passant par le CEA de Giraud ou l'armée avec Messmer ou Bigeard… Aujourd'hui, ces profils n'existent plus ou si peu. Ils ont laissé place aux "petits marquis de la militance". Incapables de vivre hors de la politique. De gagner leur vie en dehors de la ponction sur les impôts. De prendre le risque de déplaire au "féodal" local qui va faire leur carrière. Il n'y a plus de débat. Le parti devient une usine à formater. Définir des éléments de langage à répéter comme si une affirmation était vouée à devenir vérité à force d'être proclamée par le nombre. C'est toute la faiblesse actuelle du macronisme de "terrain". Le chef charismatique n'a pas échappé au recyclage des petits marquis de la militance. C'est la revanche douce pernicieuse de l'ancien monde. La probable faiblesse majeure de l'actuelle majorité présidentielle et du pays par voie de conséquence. Pour preuves, par exemple, les actuelles crues torrentielles. Du concret. Un silence absolu. Normal c'est du terrain de proximité. Et ce terrain là, ces petits marquis le pratiquent peu … Et comme la vie politique française fonctionne par mimétisme, ces petits marquis sont partout. Dans chaque formation. Un handicap certain au moment où l'auto-célébration du "retour de France" est si mode …
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Connaître la gamme des bruits des paysages
Aimer des paysages, c'est souvent aimer des couleurs, des contrastes. A côté des messages passés à l'oeil, il y a ceux passés à l'oreille. L'hiver 2017-2018 n'est pas avare en la matière. Début janvier puis le week-end dernier, il y eut la force de l'eau. Des torrents charriant des pierres, c'est un bruit sourd, lourd. La nuit, ce bruit est presque angoissant comme si rien ne pouvait arrêter la violence profonde de cette force de l'eau. Puis ce matin, c'est au tour des avalanches. La sonorité est toute différente quand il n'est question que de neige. Les couloirs semblent cotonneux. Dans quelques semaines, il y aura heureusement le plus beau bruit : le vent dans les champs. Il y a alors une légèreté dans ce bruissement qui est magnifique. C'est comme le bruit de l'arrivée de la pluie par temps de sécheresse. On l'entend progresser et il y a alors le sentiment d'une libération face à la chaleur étouffante. Les paysages sont aussi superbes à écouter. C'est une dimension qui mériterait à être mieux partagée notamment dans le processus d'enseignement.
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« Ne sacrifiez jamais vos convictions pour être dans l’air du temps »
Cette formule de John Kennedy trouve aujourd'hui une illustration particulière avec le décès du Général Pierre Laurens. A côté de sa carrière militaire, il n'a jamais sacrifié ses convictions partisanes fortes. Il en fut de même pour moi quand j'ai conduit une liste de sensibilité différente avant d'accéder alors à la fonction de Maire de la Commune de St Paul de Varces. Aujourd'hui, il a décidé de choisir cette belle Commune pour la cérémonie religieuse pour son décès. Des obligations professionnelles incontournables m'ayant éloigné de St Paul, je n'ai pu participer à regret à cette cérémonie religieuse. Mes pensées sont auprès de sa famille. Il y a un temps pour les compétitions saines. Il y en a un autre pour la mémoire comme pour le respect de cérémonies vécues en commun. C'est ce dernier temps que je tiens aujourd'hui à célébrer dans ce triste moment.
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Inondations : l’esprit de fatalité face à la « force de Dame nature » est en train de passer …
A la présidence de l'Agence de l'Eau Rhône Méditerranée Corse, j'ai eu à connaitre des épisodes forts d'inondations comme Nîmes, Vaison la Romaine … Il y avait à cette époque un esprit marqué par trois considérations : 1) le côté extra-ordinaire, 2) une fatalité face à la nature "qui se déchaîne", 3) les travaux nécessaires vont être faits. Et les travaux ont souvent été faits dans des conditions remarquables comme à Vaison la Romaine. Aujourd'hui, lors de dialogues sur le terrain, les mentalités ont beaucoup changé. 1) Il y a récurrence des dégâts et souvent dans des séquences temps brèves. Avec le dérèglement climatique, ces épisodes de météos extrêmes seront de plus en plus fréquents. 2) La fatalité face à la nature a perdu de l'impact avec le sentiment que les progrès devraient permettre de mieux prévoir, donc mieux prévenir, donc mieux protéger. 3) Face aux constats de périodicités rapprochées, la confiance est cassée. Donc des colères nouvelles prennent corps. Pour les personnes qui n'ont pas vécu sur le terrain des inondations, il y a deux phénomènes qui sont terriblement sous-estimés dans les images : 1) l'odeur : l'odeur de la boue est très impactante. Et pire encore dans les milieux urbains quand les réseaux d'assainissement collectif ont explosé. 2) La durée pour la remise en état : des plâtres imbibés d'eau vont mettre des mois et des mois pour retrouver leur état passé. C'est un nouveau poste budgétaire de protection que des collectivités publiques ne vont plus pouvoir ignorer à ce point encore longtemps face à la pression de l'opinion publique.
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Entrés dans la vraie légende du sport …
Les New England Patriots sont entrés dans la légende du sport. A 40 ans, Tom Brady effectue des performances hors du commun. Le dernier match a été fabuleux. Le football américain est probablement l'un des sports les plus complets parce qu'il impose d'allier trois qualités : vitesse, résistance et stratégie. La vitesse est telle que pour recevoir le ballon, la combinaison entre l'émetteur et le récepteur doit être parfaite. Pas la moindre place à l'improvisation. C'est dommage que les chaînes TV françaises n'effectuent pas un effort pour mieux faire connaitre ce sport. Sur 10 ans, les résultats des New England Patriots sont fabuleux. Tout a changé avec le lien entre deux hommes clefs : le coach Bill Belichick et son quarterback Tom Brady. A 40 ans, Brady est aussi compétiteur qu'à son début. Les chiffres sont hors du commun. Et le 4 février, un exploit de plus est possible. Cette équipe depuis 12 ans est entrée dans la légende du sport comme probablement aucune autre équipe dans aucune autre discipline sportive de compétition de haut niveau. Une belle harmonie entre une ville et son équipe sportive emblématique.
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Polluer mais dans la discrétion …
Surprenant silence de médias français sur une pollution historique en cours en mer de Chine. Les faits : mi-janvier 2018, un navire qui transportait 136 000 tonnes d’hydrocarbures a sombré en mer de Chine. Le Sanchi a sombré le 14 janvier après avoir brûlé pendant une semaine à la suite d’une collision avec un cargo à environ 300 kilomètres à l’est de Shanghai. Trente-deux marins ont péri dans la catastrophe. L’accident constitue «le plus gros rejet de condensats dans la nature de toute l’histoire du pétrole», commentent les spécialistes des marées noires. Même si seul un cinquième de la cargaison s’était retrouvé dans la mer, cela représenterait l’équivalent de la marée noire de l’Exxon Valdez, qui a dévasté les côtes de l’Alaska en 1989. À la différence près que l’Exxon Valdez transportait du pétrole brut, pas des condensats. Difficile donc de prédire l’impact d’une telle quantité de condensats sur l’environnement marin, d’après les spécialistes, pour qui le «record» jusqu’à présent ne dépassait pas 1000 tonnes. Les condensats sont des hydrocarbures qui existent à l’état gazeux quand ils se trouvent au fond d’un gisement, mais se condensent lorsqu’ils sont refroidis. Les condensats empoisonnent la faune sous-marine. À la différence du brut, les condensats, une fois rejetés en mer, ne forment pas une nappe en surface, mais plutôt un nuage toxique qui flotte entre deux eaux. Cétacés, poissons, oiseaux et plancton qui entrent en contact avec cette pollution peuvent soit mourir à brève échéance soit contracter des maladies, des infirmités ou encore devenir stériles.
A ce jour, cette marée noire, qui a triplé de taille en l’espace de quatre jours, couvre désormais plus de 300 km², selon des chiffres du gouvernement chinois, ce qui est déjà un pourcentage significatif d'une partie de territoires départementaux français … Mais avec sa puissance et son gouvernement très réactif la Chine a déjà obtenu le mutisme sur les "droits de l'homme", serait-elle en passe de l'obtenir aussi sur la pollution dans ses territoires ?
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#FakeNews : et toutes ces affirmations assénées sans le moindre socle d’explications ?
Ce qui est désagréable dans la période actuelle, c'est qu'elle fonctionne par affirmations non démontrées. Une vérité s'assène. Elle ne se déduit plus d'étapes préalables. Le "par conséquent" a disparu. Prenons des exemples concrets récents :
1) il est affirmé : "…le shutdown gâche le 1er anniversaire de pouvoir de Trump et montre la crise traversée par sa présidence …". Avant Trump, il y a déjà 17 cas de ce type dont un en 2013 sous Obama. Pour que la situation soit de crise, il faut expliquer en quoi l'actuel shutdown est plus grave que les anciens. Et cette étape n'est jamais franchie ! De même, pour bon nombre de cas de ce type, le Président en exercice en est sorti renforcé comme en janvier 1996. Pourquoi Trump échapperait-il mécaniquement à cette hypothèse ?
2) "… Avec 39 %, Trump est à un niveau historiquement bas d'approbation ..." : pour son dernier mandat, à l'exception de 2016, Obama était à 42 % d'approbation. En quoi 3 points font une différence à ce point entre la "lumière" et la "nuit" ? Et surtout, comment Trump fait-il pour avoir encore 39 % d'approbation … ? Questions jamais traitées. Si à 39 %, c'est éla criseé, comment qualifier Hollande avec ses … 21 % hier !
3) " … Macron a le leadership du monde occidental ..." : qu'est ce qui permet de le dire ? Qu'a-t-il obtenu en conséquence pour la France ? Questions sans la moindre réponse.
et la liste pourrait continuer longtemps … L'actuelle période est triste pas seulement par sa logique de "post vérité" mais aussi parce que la vérité de faits, de chiffres n'existe plus. A midi, on pourrait dire qu'il est 14 heures sans la moindre explication. C'est ce climat général qui ouvre un espace aux informations fausses puisque les supposées informations vraies sont d'une terrible fragilité. Comme si presque tout sauf pouvait entrer dans l'univers des FakeNews … selon la définition du périmètre des fais erronés.
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Ramène-moi hier …
Longue promenade aujourd'hui sous la pluie puis la neige mouillée pour constater l'état de torrents que je connais depuis mon enfance. Rien de mieux que marcher pour éroder le souvenir du 1er anniversaire du décès d'Aspen qui a tant occupé mon esprit cette semaine quand tout bascule si vite suite à la découverte d'une tumeur. Revoir une énième fois ces paysages que je parcourais enfant. Apprendre de Vital Geymond le rythme de la marche lente qui permet de faire durer son effort. Avoir toujours son couteau pour tailler le morceau de bois qui peut aider à la descente d'une pente humide… Connaître chaque barrage pour les avoir escaladé lorsque le cours d'eau était doux à partir du printemps. Découvrir au hasard d'une bordure de bois une dizaine de mouflons. Mais surtout déplorer une nature à l'abandon avec des coulées de boue dans des endroits totalement inattendus. Des endroits impossibles hier car des paysans entretenaient les éviers, les haies, n'autorisaient pas des coupes de bois irresponsables … Le sentiment que ce dérèglement s'il persiste va produire des effets dramatiques. Plus personne ne s'occupe de ces fonds de vallées. Une dégradation accélérée dans la défaillance de lieux hier si jolis entretenus. D'année en année, ce constat s'amplifie. Après un retour trempé, un café très chaud et le sentiment fort du "ramène-moi hier" quand des enfants pouvaient courir les champs en toute quiétude sans même imaginer un autre risque que celui de se fouler une cheville lors d'une course trop rapide, apprendre d'un ancien des règles de la nature à respecter … En quelques petites décennies, quelle détérioration ! Peut-elle continuer encore longtemps et pour quelle issue ? Cela fait peut-être nostalgique ou trop rétro mais le bon sens n'a pas d'âge.
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A mesure que les températures battent des records de chaleur, le débat public français descend lui en dessous de … zéro !
Dans le temps, la capacité actuelle à ne pas vouloir voir les problèmes sérieux sera jugée de façon particulièrement sévère et à juste titre. Prenons l'exemple d'hier. L'ONU publie un rapport sur le dérèglement climatique qui est terrible. Qu'indique-t-il pour l'essentiel ? Les trois dernières années (2015 – 2016 – 2017) ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur la Terre. Des chiffres qui montrent un rythme «exceptionnel» du réchauffement au regard des données collectées depuis l’ère pré-industrielle. «Il est désormais confirmé que les années 2015, 2016 et 2017 (…) sont les trois années les plus chaudes jamais enregistrées», a annoncé l’Organisation météorologique mondiale (OMM), agence spécialisée de l’ONU. Selon l’ONU, ces trente-six mois «s’inscrivent clairement dans la tendance au réchauffement sur le long terme causée par l’augmentation des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre». Toutes les analyses montrent par ailleurs que les cinq années les plus chaudes dans les annales ont été enregistrées depuis 2010, a précisé la NASA. Des chiffres incontestables et incontestés. La semaine dernière, un rapport solide montrait que l'irréversible pourrait être atteint dans 12 ans. Une réalité qui va faire naître des épisodes de plus en plus fréquents de canicules comme des séquences de grand froid. Et dans le même temps, de quoi est-il question en France ? Comment céder devant 300 zadistes pour qu'un ministre médiatique ne démissionne pas. Et l'argument officiel suprême ne porte pas sur le contenu de la décision mais sur la capacité à décider. Ce qui est une étape incroyable : en France un pouvoir doit se féliciter de … décider. Mais décider comment ? Même pas en connaissant le coût réel sérieux de la décision puisqu'aujourd'hui personne n'est capable de le donner puisqu'il dépend pour partie d'une négociation non engagée. Et le pire c'est que l'argument même de la décision qui n'aurait jamais été rendue auparavant est … faux. En effet, dans le même temps, il est fait état de 170 décisions de Justice. Comment la Justice aurait-elle pu être rendue sur une absence de … décision ? La Justice aurait donc été rendue 170 fois sur du … vide. Et aucun journaliste ne pose ces questions face à la parole officielle. A ce rythme, le débat en France va encore connaître des records. Allez les champions, surtout ne pas s'arrêter en route …