Il y a un siècle (février 1918), la Grande Bretagne enregistrait la 1 ère victoire des suffragettes. Leur combat avait débuté en 1903. Il leur a donc fallu 15 ans pour obtenir une première étape pour un droit de vote conditionnel en GB. Ce n'est qu'encore 10 ans plus tard que les conditions de vote seront analogues entre les sexes en GB. Et en France, il faudra attendre 1944. Au Canada, la reconnaissance progressive sera associée à des volets d'identités. Par exemple pour les Indiens, cette reconnaissance dans la province de Québec n'interviendra qu'en 1960 ! En pleine affaire Weinstein, ces repères méritent une attention particulière. Il y a des "frontières de mentalités" qui n'ont pas encore été franchies. Elles ne le seront véritablement que le jour où des femmes accéderont tout naturellement par le vote majoritaire à des fonctions emblématiques. Obama a fait vivre ce symbole fort en 2008 pour des candidats métis. C'est à souhaiter que des femmes s'engagent plus fortement à des fonctions clefs. La vraie victoire des suffragettes sera alors consacrée. Pour le moment, nous ne sommes malheureusement qu'à des étapes. Et si en 2020 face au machisme caricatural insupportable de Trump, Elizabeth Warren faisait vivre ce défi ? Une belle cause comme celle de 2008 pour cette démocratie et bien au-delà…
Auteur : Denis Bonzy
-
Quand la nature est livrée à elle-même …
Au rythme actuel, deux constats méritent l'attention. D'une part, les intercommunalités dépossèdent les Communes de certaines compétences et éloignent du terrain le pouvoir de décision. D'autre part, au sein même des Communes, l'enracinement durable des habitants est différent sous l'effet de multiples facteurs : divorces, mutations professionnelles … Si bien qu'au sein même de Conseils Municipaux les implications durables sont souvent moindres. Des phénomènes éloignés de la visibilité prennent une ampleur particulière. Au gré des promenades de week-end sur des chemins que je pratique depuis des décennies, je suis stupéfait par le non entretien de chemins, de berges de rivières … C'est du jamais vu. Les photos ci-dessous valent davantage que les mots. De telles situations annoncent des barrages naturels aux conséquences redoutables lors de prochaines pluies.
-
La confiance ou le vrai prix de la vérité
Hier soir, le plaisir de voir en totalité un film sur l'affaire qui a conduit au retrait de Dan Rather (film : le prix de la vérité). Remarquable. J'appartiens à une génération qui a effectué ses choix de carrières quand les médias étaient aux Etats-Unis un exemple de quatrième pouvoir. L'un des exemples est Eric Conan, copain de la Prép. ENA abandonnant une carrière administrative de haut niveau pour devenir journaliste. Ils n'étaient pas les "faiseurs de rois" mais les faiseurs de vérité. Et Dan Rather était l'une des figures emblématiques. Le présentateur n'était pas alors un lecteur de dépêches avec si possible une journaliste mannequin à ses côtés mais un investigateur, une caution morale. C'est ce registre qui a fondé le réflexe d'alors "c'est vrai puisque la presse le dit …". Presque l'opposé des sentiments actuels. Ce film remarquable retrace l'épisode qui a mis fin à la carrière de Dan Rather. Une erreur qui a cassé la confiance. Et la confiance est le vrai socle de la vérité. Probablement le seul d'ailleurs. Et aujourd'hui, la satisfaction de suivre Dan Rather via son compte Facebook. Quelle simplicité. Quel talent. Une réelle référence dans la durée.
-
L’avenir dépend des engagés
Hier, la marque Patagonia a diffusé à tout son réseau une vidéo (cf ci-dessous) appelant à la mobilisation des citoyens pour défendre l'environnement. C'est la réalité des actions efficaces. L'avenir dépend des engagés. Il ne dépend pas d'un homme "providentiel" à la tête d'un Etat. Il dépend encore moins de politiques emprisonnés dans des réseaux d'impuissance. Il dépend des citoyens engagés. Et aujourd'hui, grâce au numérique, les engagements n'ont jamais été aussi faciles, aussi permanents. Je participe à de nombreuses causes conduites par Patagonia (défense de sanctuaires naturels …), c'est un délice de constater la qualité des informations transmises. Dans la période actuelle, c'est probablement le maillon faible de la France. Il n'y a plus assez d'engagés. Des personnes qui croient dans des causes. L'indifférence a gagné trop de terrain. Le sauve qui peut individuel règne. Le fatalisme remporte des victoires. C'est le vrai tournant face à des causes indispensables : climat, protection animale … : il faut des engagés ! Des personnes qui ont des convictions. Qui les exposent. Qui les défendent. Qui les financent même modestement mais le nombre fait ensuite la puissance. Participer aux causes défendues par Patagonia c'est un bel engagement. Le premier d'une longue solidarité.
-
#f3Alpes : un reportage sur Killy qui montre l’irremplaçable valeur ajoutée du vrai contenu
A la fin des années 90,Bernard Chevallier, alors Président de la FFS, me contacte pour étudier la reprise du magazine de la FFS : Ski Français. Plusieurs semaines plus tard, un samedi après-midi au siège de la FFS à Annecy, plusieurs candidats à la reprise présentent leurs projets. Le mien est adopté. Ce n'est que quelques semaines plus tard que je me retirerai en raison d'incompatibilités d'humeurs avec des membres de l'équipe du Ski Français (locaux à Grenoble) car il ne peut y avoir de projet professionnel sérieux dans la mésentente aussi manifeste. Décision que je n'ai jamais regrettée. Pendant cette période, au titre des contacts exploratoires, 3 entretiens de travail m'ont laissé des traces fortes. D'abord Laurent Boix-Vives que je connaissais de longue date. Retrouver sa gentillesse. Sa simplicité. Mais pour la première fois à ce point dans une discussion professionnelle découvrir son sens du détail, la connaissance de son métier : par exemple parmi tant d'autres, par pays : être capable de citer les couleurs porteuses de ses matériels. Et il dressait la liste effectuant une tournée géographique mondiale. Second entretien, Jean Claude Killy. Je l'avais rencontré comme VP de la Région Rhône Alpes chargé des finances dans le cadre de la préparation des JO d'Albertville avec le maire d'alors de cette belle ville, le Dr Henri Dujol, un homme remarquable. Avec l'un des commissaires aux comptes de la FFS qui connaissait bien JC Killy, une réunion de travail était intervenue à Genève pour le point sur Ski Français. Rien de particulier sauf l'économie des mots de l'intéressé dans un cadre sympathique mais peu disert. Et le troisième rendez-vous fort, Honoré Bonnet. Et cet entretien m'avait marqué par l'explication du travail et de la discipline. J'étais ressorti de cet entretien avec une vision différente des champions de ski : d'abord une école de travail et de discipline. La première fois à ce point. L'intéressé donnait les détails, les horaires, la musculation … Et hier, en visionnant le reportage de #f3Alpes, c'est la 1ère fois que je retrouve des explications aussi détaillées, aussi proches de cette présentation d'alors que je n'avais retrouvée nulle part jusqu'à ce jour. 50 minutes de vrai contenu : détaillé, sincère, honnête. Ce reportage ci-dessous est un bel exemple de professionnalisme montrant la valeur ajoutée irremplaçable du contenu. Belle réussite professionnelle.
-
Aimer la liberté offerte par le choix
Ce soir, c'est avec plaisir que je me rendrai à Vif pour participer à la réunion de lancement du Cercle du Sud Grenoblois pour l'année 2018. J'aime la liberté offerte par le choix. La faculté de choisir peut torturer certains tempéraments qui apprécient le confort du prêt à penser offert par la militance disciplinée. Puis, il y a celles et ceux qui préfèrent surtout avoir le choix. Parce que le choix c'est la protection de la liberté individuelle. Parce que le choix c'est la compétition qui motive. Parce que le choix c'est aussi la volonté de chercher à comprendre l'autre, donc de le respecter. Cette initiative du Cercle du Sud Grenoblois est très intéressante parce qu'elle est originale : des personnes d'ordinaire aux chemins distincts tentent de travailler ensemble sur des sujets locaux concrets. Elle a déjà mis en relief un enseignement original de la vie : on n'est jamais aimé pour ses défauts, ce qui est compréhensible mais on peut aussi être détesté pour ses qualités, ce qui est plus étonnant. Or ce dernier volet est un rapport très présent dans la politique française. Ce soir j'espère que nous serons nombreux à participer pour montrer qu'il y a des qualités qui méritent d'être soutenues.
-
Cartables mais pas que …
La vie de cartable est parfois mystérieuse. Surtout dans les utilisations par les enfants. Lors de voyages, Jonathan adorait les utiliser pour écrire lors des attentes dans les aéroports. Les marques sont toujours présentes. Thomas les utilisait à tour de rôle pour ranger ses papiers qu'il remplissait méthodiquement. Léon, le fils d'Ombeline et Thomas, vient d'imaginer une utilisation que ni son papa ni son oncle n'avait imaginée : être à quatre pattes, les entasser méthodiquement pour tenter d'atteindre l'étagère de la collection de balles de baseball qu'il affectionne particulièrement. Heureusement que la main de Marie sécurisait le tout … Au gré des générations, la vie de cartable est parfois faite de fonctions inattendues …
-
Quand une ville a rendez-vous avec la légende …
Ce qui attend demain soir Boston et les New England Patriots relève d'une dimension historique. Demain, les Patriots vont jouer leur dixième Super Bowl, un record en NFL. Pour Tom Brady et Bill Belichick, ce sera le huitième, avec la possibilité d’une sixième couronne. Ce sont des chiffres irréels. Imaginons en France, dans le sport le plus populaire, une équipe avec un joueur qui, pendant son temps actif, gagne 6 fois le championnat de football et participe sur une séquence temps brève à sa 8 ème finale si la compétition était par tour éliminatoire… Et à la dimension américaine, considérablement plus redoutable qu'en France par le nombre des compétiteurs ! Ce qu'est en train d'écrire Boston c'est une réelle page de légende. Une page historique. Jamais connue avant. Peut-être jamais connue après. Une récompense magnifique pour une belle ville qui devrait être un modèle de développement pour de nombreuses autres villes tant elle est capable d'allier dynamisme économique et qualité environnementale, sports et enseignement … Il y a une identité de succès qui mériterait en France une analyse sérieuse sur les facteurs structurants tant les villes françaises sont actuellement confrontées à des échecs gravissimes de plus en plus manifestes dans de très nombreux domaines.
-
2018 : c’est parti pour une belle campagne électorale : la « mamy roller » de 2016 sera dépassée …
En 2016, Michelle Grisham avait créé la surprise en présentant son programme en roller et ce à près de 60 ans : la mamy roller !
Mais là, avec une nouvelle génération prête à tout pour montrer qu'elle refuse les chemins du politiquement correct, l'innovation promet. Et une nouvelle génération part à l'assaut pour faire vivre un probable "dégagisme" inédit : Beto O'Rourke, Kyrsten Sinema, Marsha Blackburn, Jenny Wilson, Gwen Graham, Steve Farley, Janet Mills, Setti Warren … sont déjà en courses très avancées. Si les Etats-Unis annoncent un mouvement large pour les démocraties occidentales lassées d'une classe politique trop professionnelle, trop coupée de réalités quotidiennes, les percées surprises des Trump, Macron … élus aux fonctions dites suprêmes sans le moindre mandat électif antérieur n'étaient qu'un … hors d'oeuvre face aux nouvelles vagues du terrain. Année passionnante en perspective.
-
La reconnaissance de la personnalité territoriale …: les racines !
C'est un volet peu exploré en France. A tort. Le sujet est celui de la reconnaissance de la personnalité territoriale. Les territoires, notamment par leur Histoire, forgent une identité, une personnalité, un tempérament. Il y a actuellement trois faits qui en donnent une illustration particulière dans des domaines très différents. Grenoble et le 50 ème anniversaire des JO de 1968 : les habitants de cette ville plongent dans une nostalgie du "temps des légendes" qui ne parvient pas à se canaliser. Audiences, commentaires, discussions … : les habitants reviennent aux heures comme ils aiment voir leur ville regardée, estimée, considérée. Autre territoire, hier soir, c'est un élu de Boston au nom emblématique qui a donné la réplique traditionnelle à Donald Trump. Là aussi, l'appel à une Histoire : une dynastie, une ville aux exploits les plus divers (Super Bowl dimanche), qui peut se permettre de dire non aux JO sans que sa réputation de performances ne soit écornée … C'est Boston qui n'a pas voulu des JO et non pas le contraire ! Et dans un domaine totalement différent, ces commentaires hier soir sur l'affaire du meurtre de cette jeune femme avec des habitants qui disent "pas chez nous …". C'est un volet de personnalité territoriale qui est trop sous-estimée. Une réalité tellement forte qu'elle ne permet pas l'uniformité. Mais elle n'autorise pas davantage les modifications brutales parce que la force des racines est considérable. Une réalité qui mériterait d'être davantage reconnue pour éviter des contre-sens graves au moment où en France le pouvoir est tenté par une nouvelle centralisation comme des intercommunalités menacent la diversité territoriale de proximité.