Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Le chêne de Léon a bien pris le virage du printemps

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    Journée agréable à faucher, nettoyer et surtout bien vérifier si les arbres de Léon sont au rendez-vous du redémarrage du printemps. C'est le cas de son chêne (cf photo ci-dessus) mais aussi de plusieurs arbres de son verger. Ne pas oublier que la dernière pluie "sérieuse" sur plusieurs heures date de la nuit du lundi au mardi 10 avril, il y a presqu'un mois déjà. Le terre est sèche. D'ailleurs les deux premières alertes officielles de sécheresse ont déjà été émises pour une partie du département du Rhône et pour une partie de la Drôme. Le dérèglement climatique annonce des étés bien délicats en matière d'alimentations en eau. Mais pour le moment, comme tout pays gâté par la nature, la France semble très éloignée de cette préoccupation battant toujours des records internationaux de réseaux fuyards … donc de gaspillages de la ressource en eau.

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  • Décès de Michel Charles-Bernard : une immense tristesse

    Michel Charles-Bernard

    Ce week-end, Michel Charles-Bernard nous a quittés. Ses obsèques auront lieu mercredi 2 mai à 11 heures 30 en l'Eglise de Valbonnais. Nous sommes probablement très nombreux à partager la profonde tristesse de sa famille parce que, pendant tant d'années, nous avons été très nombreux à apprécier son sens réel de l'amitié. Jusqu'à fin 2016, pendant 20 ans, nous avons joué au tennis une fois par semaine. Michel a beaucoup aimé ce sport. Probablement moins que le rugby qui était une vraie passion. Mais il a aimé le tennis au point de faire des efforts considérables pour continuer à le pratiquer y compris après son accident de ski qui avait altéré certaines capacités de son épaule. De la "belle époque" quand notre équipe de double était au complet, nous avions eu déjà la douleur de perdre Marcel Mazza tué sur la route par un chauffard meurtrier irresponsable. Ce jour là, Michel Charles-Bernard avait été le premier à me téléphoner parce qu'il avait reconnu la voiture de son ami en bord de route. Michel rentrait alors de Chambery et à constater le corps affalé de son ami sur le volant, il n'avait pas eu de doute. L'équipe a tenté de continuer. Plusieurs mois plus tard, la peine disparaissait l'espace de quelques instants pour se rappeler les plaisanteries de Marcel et si souvent les partager avec d'autres membres de Grenoble Tennis. Puis la santé de Michel est devenue plus fragile. Le golf a dû remplacer le tennis. Il le pratiquait alors souvent avec Gérard Saez et son épouse. Puis le coeur est devenu toujours plus fragile. Tous ceux qui ont eu la chance de connaître Michel savent qu'ils ont eu le privilège de connaître ce que la vraie amitié peut signifier. Un privilège considérable quand ce sentiment n'est pas un mot vidé de contenu. Et Michel a toujours donné un magnifique contenu à ce mot. Il a aimé le sport. Les automobiles. Les bons plats de la table qu'il dégustait en fin gourmet. Chaque année, après Noël, je prenais plaisir à l'entendre exposer dans le détail ses repas de Noël en précisant dans la nuance ce qu'il avait apprécié plat par plat. Des copains comme Jean-Pierre ou Dominique le questionnaient sur les vins. J'écoutais leurs conversations avec une humilité absolue moi qui ne connais même pas le seul nom d'une enseigne de vignes. Il habitait Grenoble, rue des Eaux Claires, mais son coeur était aussi, voire surtout, dans la montagne : le valbonnais. Un secteur qu'il connaissait par coeur. Commune par Commune. Un beau territoire qui mercredi va accueillir l'un des siens avec beaucoup d'émotion, beaucoup de tristesse mais aussi beaucoup de chaleur car il nous a donnés beaucoup de chaleur pendant tant d'années. 

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  • L’Amérique des rages ou le probable terrible coup de poing de novembre 2018

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    Bon nombre d'analystes français devraient étudier avec davantage de perspicacité les actuels sondages dans le cadre des élections intermédiaires de novembre 2018. Pour bien connaitre ce pays, ce qui à quoi nous assistons actuellement constitue des marques d'alertes sérieuses. 5 phénomènes. 1) Le Parti Républicain est explosé par sa querelle interne entre les modérés et les plus radicaux. Les Républicains français seraient probablement bien inspirés de regarder de plus près ce dilemme. 2) Le Parti Démocrate n'a même pas cherché à se reconstituer une doctrine. Il a accepté qu'il y ait autant de campagnes que de candidats sur le terrain. Des candidats qui veulent se démarquer de tout ce qui pourrait les rapprocher du fédéral. 3) Tout ce qui scotche à une image de "politicien" tue implacablement. 4) Il n'y a plus aucun "indicateur de sens". Hollywood est redevenu le territoire du mal (sexe et fric). Les médias sont vilipendés en permanence. 5) Trump casse tous les repères en piétinant allègrement ce qui devrait relever du sacré dans une démocratie : justice, FBI, CIA … Le tournant a été septembre 2015 avec la démission de Boehner et les raisons sérieuses données alors. Depuis, tout ne fait que s'aggraver. Et au rythme actuel, novembre 2018 s'annonce comme une sacrée étape dans la descente aux enfers de cette démocratie. 

  • Ne rien dire de plus que ce qui apparaît …

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    Fin mai 2018, un excellent photographe va organiser une exposition de ses photos : Bruno Gouilloux. Il y a une question de fond que l'on doit se poser en permanence : le sens d'une action. Réussir une photographie c'est quoi ? Pour moi, la réponse c'est quand il n'y a rien à dire de plus que ce qui apparaît. Quand la nature est belle parce que toutes ses couleurs sont restituées avec nuance. Quand la félinité ou la douceur d'un animal est captée. Quand un regard humain dénote une complicité ou un rire annoncé…. Bruno Gouilloux a ce regard qui ouvre le talent d'un photographe. Notre première collaboration date de ma première campagne électorale. Nous avions alors décidé de susciter la surprise lors de la candidature. Donc le choix d'une annonce en deux temps : de belles photos sans signature posant une question. Puis quelques jours plus tard, les mêmes photos mais avec une "phase dite de révélation" donc avec une signature.

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    Puis dans la foulée, nous avions engagé du porte à porte tellement plus facile à l'époque. Et ma surprise de voir des personnes nombreuses me faire entrer chez elles, me conduire à la cuisine ou à la salle à manger pour me montrer la première photo mise de côté, posée sur un meuble. Et cette photo donnait alors lieu à des commentaires. Parler à l'oeil c'est tout sauf facile. Mais écouter ensuite les commentaires, c'est passionnant parce que la photo fait appel à l'émotion instinctive, profonde bien mieux que les mots porteurs de tant de sens différents parfois même contraires. C'est une belle exposition qui s'annonce à partir de fin mai. Les amoureux de la nature et des animaux y trouveront matière à beaucoup de satisfactions. 

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    NB : comme traditionnellement, le vernissage est sur invitation.

  • Attention à Moby Dick …

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    Moby Dick est un roman paru en 1851. Dans la chasse au cachalot blanc, c'est d'abord un livre sur la comédie des hommes, la description des tempéraments et surtout l'inversion des premières impressions. Au début, le capitaine a le "beau rôle". Il a été blessé, amputé. Il montre qu'il a été courageux et qu'il veut chasser pour nourrir. Puis progressivement, il devient tyrannique vis à vis de son équipage, revanchard au prix de la vie même de tout l'équipage dont il a la responsabilité. Moby Dick au début, c'est la caricature de l'animal énorme doté d'une force indomptable qui peut tout briser. Puis progressivement l'animal devient proie. Et comme proie, Moby Dick fait naître la compassion. C'est l'inversion des rôles du début. Aujourd'hui aux Etats-Unis, c'est le phénomène Moby Dick dans la course aux candidats pour les élections intermédiaires de novembre 2018. Moby Dick, c'est l'ensemble des citoyens. Au début, ils paraissent indisciplinés, impossibles à diriger. Et le pouvoir fédéral c'est le capitaine du bateau : aptitude à diriger, conduire des "belles batailles", prendre les décisions difficiles. Mais à force de réglementer, d'imposer, de ne pas régler les problèmes sérieux, de coûter toujours plus cher aux contribuables … : le "capitaine" est devenue tyrannique, irresponsable … Et les citoyens devenus proies des tracasseries multiples ont envie de s'émanciper. Tout ce qui rapproche du pouvoir est sanctionné. Tout ce qui rapproche des citoyens est validé. Même au plus petit comté de territoires traditionnellement républicains. D'où une vague de dégagisme annoncée dans tous les actuels sondages dans des conditions inédites à ce point. Moby Dick pourrait bien être le symbole des élections de novembre 2018. Et pour les prochaines années, peut-être pas seulement sur le territoire américain …

  • La fin des bocaux sur les étagères …

    Macron 23 04 18

    Je ne suis pas d'accord avec toute la politique mise en oeuvre par Emmanuel Macron, mais il y a actuellement deux ruptures particulièrement positives à mes yeux. 1) Il remet de l'esprit dans la politique. On sort progressivement, y compris dans l'expression, de l'affaissement permanent voulant que même le Président de la République parle aux citoyens comme si nous étions accoudés au comptoir en parlant des sujets de la cage d'escalier. Cette démagogie réductrice, d'abord méprisante pour le peuple, prend fin progressivement. Ouf ! 2) Et la seconde rupture, c'est la fin du prêt à penser figé une fois pour toutes. La fin des bocaux sur les étagères. Chacun prenait son bocal de droite ou de gauche et il fallait s'y tenir avec les incontournables. Parmi les incontournables, jusqu'alors la coutume demandait de céder à l'américanophobie ambiante en France. Lui, même avec Trump au pouvoir, il n'y cède pas. Et le faire avec Trump à la Maison Blanche, il faut le faire … Même si je ne suis pas d'accord sur tout, je préfère quand même voir les intérêts de mon pays défendus par quelqu'un d'intelligent, qui travaille ses dossiers pour pouvoir répondre aux questions sans avoir à plonger en permanence dans les fiches rédigées par ses collaborateurs et qui a du tempérament. Ce sont toujours des qualités (intelligence, travail, compétence et refus de la démagogie) qui sont de bons boucliers face à des très mauvaises décisions. 

  • Journée de la Terre : la bataille des sanctuaires naturels

    Californie 25 05 17

    Aujourd'hui, c'est la Journée de la Terre. Il y a une bataille qui est trop souvent ignorée : celle des sanctuaires naturels. Il doit y avoir des endroits où la beauté naturelle est telle qu'ils doivent absolument faire partie de l'héritage pour les prochaines générations. C'est un enjeu trop souvent ignoré. Depuis janvier 2018, le pays qui gère la plus grande superficie d'espaces de ce type, c'est le Chili. Et il doit sa place à un privé : Douglas Tompkins. Le couple Tompkins a consacré 25 ans de son existence à acquérir et entretenir des terres. Sur les 810 000 hectares ainsi acquis, ils ont remis 420 000 hectares au Chili dans le cadre d'une convention qui encadre le devenir de ces terres. En France, sous la Vème République, à une échelle considérablement plus petite, maintenant, même la bataille des parcs naturels n'est plus menée de façon volontaire. Leur financement vient d'être transféré aux agences de … l'eau. Et l'examen détaillé de ces budgets montre que les lignes budgétaires en question couvrent du fonctionnement quasi-exclusivement : la masse salariale. Il ne reste presque rien pour des investissements. C'est une bataille de plus qui a été perdue par la France alors même que la beauté naturelle de territoires est considérable. 

  • Le dernier combat de McCain et la vraie définition du leadership

    John McCain 21 04 18

    Lors de déplacements aux Etats-Unis, en dehors de rendez-vous programmés, nous avons eu l'occasion de rencontrer de façon totalement imprévue des responsables politiques américains. Deux de ces rencontres ont été lourdes de sens pour moi. Un soir, à Washington, après un diner avec Marie, Jonathan et Thomas, nous nous dirigeons vers une boutique de souvenirs de vieilles campagnes électorales située à côté du restaurant Old Ebbitt Grill. Et nous rencontrons John McCain. Impressionnant de simplicité, de proximité. Comme ce fut le cas quelques années plus tard à Denver où dans des circonstances quasi-identiques nous avions rencontré Gary Hart. L'équipe de McCain m'a adressé ensuite pendant des années des copies de ses publications. John McCain mène actuellement son dernier combat. Il lutte depuis l'année dernière contre un type agressif de cancer, un glioblastome, qui a été diagnostiqué après la découverte par les médecins d'une tumeur au cerveau. Il a subi dimanche une opération chirurgicale pour traiter une infection intestinale liée à une diverticulite. Les photos disponibles sont dures. Son parcours mérite l'attention. 

    Fils d’amiral, petit-fils d’amiral, en 1967, il est pilote d’un avion qui est abattu au-dessus d’Hanoï lors d'une mission très délicate. Il s’éjecte et se retrouve au sol dans un lac avec une jambe et deux bras cassés. Il est conduit à la prison de Hoa La. L’objectif des nord-vietnamiens est simple. Dès qu'ils s'aperçoivent qu'ils ont le fils du Commandant en Chef des Forces du Pacifique, ils veulent qu'il témoigne de son autocritique et se désigne « criminel de guerre ». Il refuse et endure 26 mois de confinement solitaire. Torturé, quand il est libéré, il ne que 45 kilos et il sera libéré en 1973. Il a été tellement torturé, pas soigné pour ses blessures, qu'il gardera à vie l'impossibilité de lever les bras au-dessus d'une certains hauteur de son corps. Mais quand McCain parlait de guerre, personne ne pouvait ni mettre en doute son courage ni son sens de l'exemplarité. Il savait ce dont il parlait. C'est le coeur du leadership. Avoir vécu ce dont on parle. A la différence de parler de sujets que l'on a jamais vécus. Parce que vivre une situation, c'est la connaître comme personne d'autres. Comme aucun livre ne pourrait l'expliquer. Si la France donne actuellement cette image terrible d'autorité disparue c'est parce que ce leadership du vécu a disparu. Dans des circonstances analogues, en France, le fils d'un Amiral aurait été exempté ou protégé dans des bureaux. Prisonnier, l'appareil d'Etat aurait été mobilisé pour négocier. Tant que cette exemplarité sur le terrain ne reviendra pas à la valeur qu'elle n'aurait jamais dû perdre, la mentalité du "tout se vaut" gagnera du terrain. Et quand "tout se vaut" c'est que plus grand chose n'a de véritable valeur. 

  • L’arbre de Léon

    Arbre de Léon 20 04 18

    Ce soir à 20 heures débute l'opération dite des 48 heures de l'agriculture urbaine. C'est une opération importante  qui ne peut être réussie qu'à quatre conditions pratiques : 1) C'est bien de re-végétaliser les villes. Mais il ne faut pas dans le même temps dé-végétaliser les périphéries. Or c'est ce que à quoi nous assistons actuellement dans l'agglomération grenobloise avec les irresponsables programmes de quartiers densifiés. 2) Il ne suffit pas d'avoir une approche comptable des arbres. 1 jeune arbre planté ne vaut pas un vieil arbre abattu. La vie des arbres est complexe. Elle mérite d'être mieux respectée. 3) L'arbre et la Terre sont nos partenaires de vie. Ils méritent donc une plus grande considération. Surtout une plus grande affection. Cette dimension affective qui change un regard donc des comportements dans la durée. Lors de la naissance de notre petit-fils, "l'arbre de Léon" a été planté. A chaque venue, Léon passe le voir. Nous tentons de lui expliquer sa pousse. Plus tard, nous espérons qu'il apprécie le toucher de l'écorce. Surveiller les feuilles quand l'été les assèche et qu'il faut lui donner un coup de main pour lui procurer l'eau attendue. C'est cette dimension affective, associée qu'il faut absolument défendre, initier, favoriser. Faute de cette dimension, la déforestation va toujours gagner du terrain partout et y compris dans notre vie quotidienne au coin de la rue. Dommage.

    Agriculture urbaine avril 2018

  • Que reste-t-il d’une démocratie quand des élus ne rendent compte de rien ?

    Express 2012 transports

    Il y a une semaine dans une Commune de l'agglomération grenobloise, une 7 ème démission intervenait dans un Conseil Municipal au sein même de la majorité municipale. La Commune en question a-t-elle estimé nécessaire d'en rendre compte fut-ce par le biais de son site Internet ? Non. La presse quotidienne régionale en a-t-elle fait écho pour informer et pour donner les explications des uns comme des autres ? Non. Les priorités sont aux découvertes des oiseaux, aux dessins des enfants … Autant de priorités qui montrent, si besoin était, l'affaissement de la fonction d'élu local passant après tous ces autres "événements" locaux … La population a voté pour 6 ans. Pour certains, cela s'arrête à 4 ans. Pourquoi ? Comment ? Quelles conséquences ? Pas matière à rendre compte ! C'est fabuleux dans la descente aux enfers de la considération du citoyen. Mais parfois au-delà des personnes, l'information concerne des sujets collectifs. En septembre 2012, dans un supplément (probablement un publi-rédactionnel grassement payé par les contribuables qui n'en connaîtront d'ailleurs jamais le montant honoré …), L'Express présente les chantiers qui vont "tout débloquer" dans l'agglomération grenobloise. Il est par exemple question du transport urbain par câble. Annoncé pour 2014 par une conférence de presse à grand tamtam, le 1er pylône n'est pas posé 4 ans plus tard. Le dossier est passé aux oubliettes. Pourquoi ? Comment ? Pas une seule précision. Là aussi. Il y a vraiment matière à s'interroger sur ce qu'il reste d'une démocratie quand des élus ne rendent compte de rien à ce point. Une vraie question de fond si méticuleusement … évitée !