Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • La taxe de trop …

    Goodfood 07 05 17

    Le 15 juin, le Sénat a adopté une taxe de plus sur les livraisons à domicile. Le même week-end, toutes les personnes qui prenaient de l'essence pouvaient constater que les prix à la pompe s'affolent. Ce week-end du 17 juin, si un automobiliste achetait son essence en France, il payait le litre 1, 79 dollar US. Le prix moyen international à la même date était de 1, 16 dollar US. Aux Etats-Unis, ce même jour, il payait son litre d'essence 0, 84 dollar US. 1, 35 dollar US au Japon. 1, 53 en Espagne. 1, 71 en Allemagne… Pourtant tous ces pays achètent la matière première au même prix sur des marchés internationaux. La différence vient ensuite des taxes. Des gouvernants actuels ont une perception très particulière des frontières. Ils considèrent qu'elles pourraient être à sens unique : accueillir et payer pour l'intégration de ceux qui sont accueillis. Des frontières ouvertes, c'est aussi pouvoir … partir. Aller ailleurs. Et le jour où la classe moyenne aisée française va pratiquer cet autre volet des frontières, c'est tout le "modèle" français qui explose en plein vol. Au regard de ce que je vois, chaque jour qui passe me semble rapprocher ce risque d'explosion parce qu'il y aura un jour la taxe de trop et là on s'en approche très sérieusement.

  • La France et sa bataille non livrée de défense des villages

    Rockport 20 06 18

    Hier soir, avec l'émission du "village préféré des Français", nous avions la caricature du visage que Paris veut imposer des villages : le musée historique. Paris veut que le village soit le grenier de tout ce qui est vieux : églises, propriétés … Bern c'est la parisien qui s'émerveille devant la province qu'il n'a jamais croisée en dehors des caméras TV. Bref, pour lui, la France d'avant avant avant hier. Cette culture est par définition la condamnation des villages. La Loi NOTRe du pathétique mandat de François Hollande a d'ailleurs constitué une avancée notoire sur le chemin de la condamnation des villages. Avec la loi NOTRe, la bataille a été perdue puisqu'elle n'a pas été livrée par une classe politique dominée par des parisiens qui voient dans la province des lieux de villégiatures électorales. C'est une erreur historique. Le village est la gouvernance de proximité. L'endroit où une dimension humaine est conservée. C'est aussi une logique de connaissance du terrain, son histoire … Quand on constate au Canada et aux Etats-Unis les efforts effectués pour conserver des villages dans des pays qui passent pour des "monstres du culte de la dimension", il y a vraiment de quoi être surpris de voir la France se faire à cette idée dramatique qu'en dehors des villages dans la naphtaline des musées, il n'y aurait plus de place pour eux dans la modernité. Un contre-sens de plus comme ceux qui hier défendaient que les villes nouvelles trouveraient la chaleur de villes avec de vraies racines. Chacun peut constater les dégâts 40 ans plus tard ! Ce qui est fabuleux dans ce pays, c'est la capacité à ce que les auteurs de vraies fautes avérées par le passé dans des analyses restent aux commandes sans se remettre en question. 

  • Une très grande tristesse

    DB Valffort

    Un jour de printemps, Me Jouanneau, alors proche ami de François Mitterrand, me téléphone pour que soit organisé un rendez-vous dans le cabinet de Me Jean Pierre Saul-Guibert pour solliciter une intervention en faveur de Louis Mermaz. Jean Pierre Saul Guibert vient de transférer à cette époque son cabinet de la rue Lesdiguières au 4 Place Bir Hakeim avec son associé remarquable Me Prandini. L'entretien se déroule de façon très cordiale. Et à l'issue, Me Jouanneau me dit "vous verrez si, à l'issue de votre vie, vous avez rencontré plus de 10 personnes durablement bien, vous aurez été chanceux !". A cette époque, je trouve ce chiffre très restreint. Si ce chiffre devait être maintenu aussi bas, sans nul doute figureraient Mme et M. Valfort. M. Valfort est décédé depuis de nombreuses années déjà. Et son épouse Alice vient de décéder. Une grande tristesse. Pendant des années, Maurice Valfort a rythmé mes semaines. Passant des coups de téléphone très fréquents. Chaque dimanche après-midi, j'interrompais mon running pour prendre le café chez Mme et M. Valfort. Un moment très agréable. Et M. Valfort m'indiquait les temps forts de la semaine écoulée à partir de ses lectures si minutieuses de "Témoignage Chrétien", sa revue de référence. Son épouse, Alice, avait la douceur annoncée par son prénom. Une famille qui a travaillé les champs avec une passion réelle du beau métier de paysan. Ils aimaient la terre. Ils en connaissaient tous les signaux. J'ai beaucoup appris aux côtés de M. Valfort et il n'a probablement jamais imaginé combien de fois je penserais à lui en permanence. Une foi considérable : j'ai toujours à l'esprit ma dernière visite avant le décès de M. Valfort quand il me dit "je suis prêt !" Et il m'indique pourquoi. Puis ce fut la connaissance de ses enfants. Le décès de l'un de leurs fils a été une épreuve considérable. Leur fille a célébré la messe lors de l'enterrement de maman. Une vraie messe lorsque la vie est retracée étape par étape et non pas, comme si souvent en ville, quand tout devient froidement anonymisé. Je lui voue une très grande reconnaissance pour ce moment. Puis, grâce aux réseaux sociaux, j'ai retrouvé leur petit-fils. Au début d'ailleurs sans le savoir car il avait un "nom d'emprunt". Je me souviens de ma première rencontre chez ses grands-parents quand il était petit. Il avait une énorme bosse au front suite à un accident de kayak et sa maman exprimait par le regard chaleureux toute l'inquiétude qui avait été la sienne devant les risques pris par son fils. Tout dernièrement, il m'a même recommandé l'application avec laquelle il fait vivre ses parcours en montagne. La disparition de Mme Alice Valfort est une très grande tristesse. Une personne remarquable que j'aime beaucoup. 

  • Les images du temps qui passe

    Nicolas Bonnet

    Il y a des moments où une seule image vous résume la vitesse du temps qui passe. Tout dernièrement, Marie m'a signalé des articles sur un artiste manifestement très prometteur : Nicolas Bonnet. La Provence lui consacre un très bel article pour un concert à venir à Marseille le 6 juillet. C'est son grand-père Guy qui m'a appris le … tennis. Que de dimanches passés ensemble dans les tournois de clubs. Je me souviens tout particulièrement de mon 1er match en club à Vienne avec M. Bonnet, M. Mourra que j'ai revu ensuite à Mont de Marsan, MM Michaud, Cloarec, De Carvalho… Une gentillesse hors du commun. Un grand sens pédagogique aussi. Puis, ce fut des années de matchs de tennis à la Ligue de Seyssins avec son papa Hervé. Nous avons arrêté et nous nous croisions lors de running, Hervé étant un remarquable coureur d'endurance. Et maintenant, lire les articles sur le talent de Nicolas, c'est un kaleidoscope d'images du temps qui passe. Tous mes voeux les plus chaleureux de succès même avec la légère "amertume" de me rappeler que le temps peut passer aussi vite … (rire). 

  • Quand d’un regard la journée peut changer …

    DB Jonathan et Thomas 16 06 18

    Il y a la fête des mères. Celle des pères, aujourd'hui. Il n'y a pas la fête des enfants. Surprenant dans ce concert permanent de fêtes de ceci ou cela … Ce qu'a changé la situation de père pour moi : quand d'un regard la journée peut changer … Pour les personnes proches, le regard ou le timbre de la voix, le rythme des mots, ont toujours été pour moi des marqueurs forts pour identifier la joie ou l'inquiétude. Quand nos enfants étaient petits, le trajet était très court du regard à l'esprit. Même si c'est une banalité que de l'indiquer, rien ne peut égaler l'oeil rieur accompagné du sourire franc d'un enfant. C'est un éclat à tous les sens du mot. Probablement la meilleure récompense. Simple. Gratuite. Honnête. Pas calculatrice. Bref, rare à retrouver ensuite chez d'autres personnes. Le plus beau des cadeaux des belles années de l'enfance.

  • L’âme d’un pays est inscrite dans ses publicités …

    30 millions d'amis

    La raison est simple : la publicité doit toucher la demande. Par conséquent, pour toucher la demande, il faut aller au coeur des valeurs de la cible. A travers les publicités, la France d'aujourd'hui c'est quoi ? Le sexe qui est partout. Ce n'est qu'une question de densité. Et le second domaine, c'est le bas prix. Et là aussi, le dispositif est d'une hypocrisie absolue : les Français aiment les bas prix. Ce n'est jamais qu'assommés d'impôts, taxes, redevances … les Français doivent se résigner aux bas prix. Non le Français aime le bas prix en tant que tel. Il achète du bas prix ! Dans cet univers, une publicité tranche : celle de 30 millions d'amis. C'est une séquence de vie pour celles et ceux qui aiment les animaux. Tout y est : la vraie vie. Cette publicité devrait être diffusée dans des campagnes civiques y compris locales et gratuitement par des annonceurs publics. Et pourtant, elle va rester discrète. Elle ne comporte pas de scènes de cul. Elle fait appel aux bons sentiments. Elle ne crée pas de polémique. Bref, elle passe à côté de tout ce qui fait aujourd'hui l'audience. Quand l'âme d'un pays est inscrite dans les publicités, l'âme des français a actuellement sérieusement de quoi inquiéter. 

  • Les mots de l’expérience

    Thomas 15 06 18

    La vie est très agréable à la condition de garder la distance avec les événements et la proximité avec les êtres chers. Joyeux anniversaire Thomas. 

  • Les alertes et les jours d’après …

    Trump 2 06 03 16

    En démocratie, l'opinion a toujours raison. Et contrairement à bon nombre d'expressions erronées, l'opinion est d'une redoutable constance. Elle passe des messages et moins elle est entendue, plus elle augmente la force de ses messages. Aux Etats-Unis, en 2016, l'opinion a passé trois messages très forts. 1) La défaite de Jeb Bush condamné au retrait rapide face aux scores dramatiques pour le fils et le frère d'un ex-Président. 2) La bataille très difficile d'Hillary Clinton face à Bernie Sanders avec des conditions de victoire d'ailleurs assez opaques au point de vouer la chairman du parti démocrate à la démission. 3) La victoire de Trump. Plus Trump faisait exploser les règles classiques, plus il progressait dans les intentions de votes. Un monde politique prenait fin. En 2018, ce monde d'hier est encore davantage renvoyé à l'histoire. Les primaires actuelles montrent un dégagisme considérable. La féminisation des personnels politiques va battre des records. Les tenants du système ne voulant pas intégrer les alertes amplifient la vague. Quand l'opinion publique moderne n'est pas entendue, elle n'écoute plus ses supposés ex-directeurs des pensées, elle amplifie la vague du temps des alertes. La France aurait probablement intérêt à tirer les conséquences de ce constat car les scrutins de 2017 sont aussi des alertes à bien des égards.

  • La roue tourne …

    Kristi Noem 29 05 18

    Deux phénomènes récents méritent l'attention. 1) L'opinion éjecte ceux qui ne sont pas ce qu'ils avaient dit être. Le double discours (campagne / gouvernance) n'est plus supporté. Ceux qui font le contraire de ce qu'ils avaient annoncé sont voués à la sanction brutale car l'opinion se sent abusée et elle ne l'accepte pas.  2) Dans la première démocratie au monde (les Etats-Unis), les femmes sont en train de prendre le pouvoir. Aujourd'hui, 5 Etats connaissent des primaires : Maine, Nevada, North Dakota, South Carolina, Virginia. Si les tendances des dernières primaires sont respectées, en 2018, les femmes peuvent être majoritaires dans le Congrès américain. Peut-être de peu (2 % ?). Mais majoritaires. C'est un fait considérable. Une réalité qui ouvre la question sur le jour d'après. Ces femmes vont-elles faire vivre une démocratie moderne nouvelle ? Et si oui en quoi peut-elle consister ? Pour l'instant, elles gagnent d'abord parce qu'ayant été écartées du "vieux système", elles ne sont pas emportées par la sanction de ce "vieux système". Il leur restera à montrer qu'elles peuvent incarner une nouvelle gouvernance. Mais ce qui est sûr, c'est que la roue tourne manifestement … 

  • La vraie révolution silencieuse

    Trump G7 11 06 18

    Le G7 en fin de semaine a fait exploser les codes du "vieux monde" où les relations internationales étaient d'abord des signes extérieurs de courtoisie. Dans une période violente, une révolution silencieuse est intervenue : l'affirmation que les relations internationales sont d'abord un rapport de puissances. Et la puissance, c'est la combinaison de nombreux facteurs : démographie, économie, état des finances, puissance militaire …  Dans ce jeu de pouvoirs là, Trump a rappelé une vieille règle : "où s'assoit un gorille au milieu des gazelles ? Là où il veut !". Et les gesticulations des uns et des autres n'y feront rien dans la durée. C'est cette réalité qui l'emportera. Obama avec douceur (donc diplomatie) avait déjà ré-équilibré à destination du Pacifique comme de la Russie. Trump le fait à sa manière. Un message très fort passé à l'Europe où pris isolément presque chaque Etat est devenu une impuissance moyenne à l'exception de l'Allemagne. Ce G7 ne correspond plus aux vraies 7 puissances internationales du moment (où sont la Chine, l'Inde, la Russie … ?). Un rappel brutal. Mais sur le fond un rappel nécessaire pour remettre de la lucidité face aux communications de propagande nationale. La vraie révolution silencieuse qui est intervenue ce n'est pas Trump mais que les Etats européens aujourd'hui pris isolément pèsent si peu …