Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • La désinformation commence où ?

    Trump 01 03 16

    Je suis très surpris par l'actuelle banalisation du débat sur la désinformation. La désinformation, c'est quoi ? Elle commence où ? Qui devient le gardien de l'information pour sanctionner la "désinformation" ? Quels pouvoirs pour ce "gardien" ? Quelles sanctions si abus de sa part ? Où est la frontière entre la limitation de la liberté d'expression et la limitation de la liberté d'opinion ? Qu'est ce qu'une pensée qui ne peut pas être exprimée ? L'arsenal français n'est-il pas déjà assez punitif en la matière pour ajouter une strate supplémentaire ? Cette banalisation a de quoi inquiéter. Nous vivons une période où, face au souffle de la liberté des réseaux sociaux, les paroles officielles donnent le sentiment de vouloir reprendre les libertés gagnées. Pour moi, le seul gardien de la désinformation ce doit être le libre arbitre individuel. C'est à chacun de fixer ce qu'il croit faux. Le vrai défi de la période actuelle , ce n'est pas de parquer l'information mais de la libérer. Encore et toujours. Parce que c'est toujours la liberté qui est la meilleure gardienne de la qualité de l'information notamment par le pluralisme. Et en France le pluralisme a encore beaucoup de terrains à conquérir notamment sur la vie locale. 

  • « Dites moi ce qui va bien, ce sera plus bref … »

    Gironde 09 01 16

    La rentrée de septembre 2018, c'est la caricature d'un patient qui se rend chez le médecin et qui voit ce dernier poser une question simple : "dites moi ce qui va bien ce sera plus bref …". Qu'est ce qui fonctionne bien en France aujourd'hui ? La justice n'a pas les moyens d'informatiser les calendriers des relances formelles pour éviter les vices de procédures même dans des dossiers très sensibles. L'hôpital public est malade. Un pourcentage élevé des routes est à risques. Les réseaux d'eau ne sont pas renouvelés à temps. La morale ne retrouve manifestement jamais sa place en politique (Benala + Nyssen + tous les dossiers en suspens qui semblent se perdre dans les couloirs du temps pour les puissants comme si dans cette monarchie les rois ne peuvent jamais mal faire …). Le monde urbain a la fièvre avec ses quartiers sans droit. Et le monde rural se meurt tant il est oublié, déserté. La liste est interminable. Et tous ces maux dans le pays aux impôts records et à la dette astronomique. En principe, prendre conscience de la source de ses difficultés, c'est le premier pas vers la transformation indispensable. Cette étape là, c'est pour quand ? Qui peut sérieusement penser que ces maladies généralisées vont pouvoir durer encore longtemps ?

  • Le pays attrape-désespoirs …

    Lyon St Exupéry 08 07 16

    JD Salinger a eu une formule magique pour résumer la relation qui peut parfois exister avec une géographie : "attrape-coeurs". Des paysages. Des odeurs. Des lumières. Des habitants qui portent des coutumes. L'attrape-coeurs peut fonctionner. Pour la France, cette rentrée va le démontrer une fois de plus, c'est l'attrape-désespoirs. Emmanuel Macron gomme sa magie avec l'affaire Benalla et pire encore avec la basse opération de com montée par Europe 1 au sujet d'un enfant de 6 ans. La croissance n'est pas au rendez-vous alors qu'elle est vive ailleurs. Les impositions douces en apparence mais violentes sur le pouvoir d'achat foisonnent comme le prix record de l'essence avec 70 % de taxes ! Plus un plein à moins de 50 €. Les réformes annoncées s'accompagnent des grèves qui sont leurs soeurs immuables. Aucun sujet sérieux sur l'immigration ne peut être ouvert sans un déchaînement de caricatures opposant ceux qui portent le coeur en bandoulière et ceux qui succomberaient à la sécheresse des sentiments égoïstes. Des agressions graves et les médias ouvrent le #NoName : pas de nom de l'agresseur donc désormais chaque agresseur devient un … "étranger caché". Une spirale infernale à terme. C'est vraiment désespérant. Tout sauf l'envie de rentrée. Ou plutôt une rentrée si ordinaire qu'elle donne immédiatement envie de sortir …

  • Quand les éoliennes servent d’abord à dégager les … épaisses fumées

    BC 19 08 18

    Pour celles et ceux qui aiment la nature, la Colombie Britannique est une référence incontestable. La beauté ,naturelle des paysages devrait en faire un vrai sanctuaire international. Cet été, cette Province du Canada est exposée à des incendies historiques. Des circonstances dans lesquelles les éoliennes trouvent une utilité totalement inattendue : dégager les épaisses fumées. Les autorités publiques ont même lancé une alerte sur la "qualité de l'air". Cet été, dans les territoires pourtant souvent les plus "épargnés", les alertes concrètes, incontestables se multiplient face au dérèglement climatique. Rien ne va plus. La COP21 a été un cinéma sans lendemain. Trump accepte de dégrader la planète parce qu'il s'en remet à une école de pensée considérant que l'homme trouvera toujours d'autres solutions. Les espèces animales menacées se multiplient. C'est objectivement la chronique d'une catastrophe annoncée. Et les médias dissertent sur les selfies de Macron, le retour de Mbappé … : incroyable !

  • La France et ses graves défaillances incompréhensibles

    Orvis chiens 26 08 17

    Jeudi 9 août 2018 à Boston, Charlie Baker a promulgué le texte pour lutter contre les cruautés infligées aux animaux innocents. Un texte remarquable, simple, concret : alourdissement significatif des amendes en fonction des récidives, les actes de ce type entrent dans le "casier" de l'individu alors fiché sur sa dangerosité, fichage obligatoire par les compagnies d'assurances, les frais médicaux de traitement de l'animal victime sont imputés à l'auteur des faits jusqu'à un montant plafonné élevé, peines de prison ferme selon les cas … : rien ne manque à un arsenal dissuasif. Dans le même temps, en France, c'est l'été des records d'abandons des animaux domestiques : un abandon toutes les 3 minutes pendant l'été. Comment sur un sujet d'une telle importance, un pays universellement donneur de leçon comme la France peut-il être aussi absent, défaillant, démobilisé ? Comment interpréter cette réalité ? Il y a des graves défaillances incompréhensibles. Celle-ci appartient manifestement à cette triste catégorie. 

    Boston loi protection des animaux

  • Et si c’était fini … ?

    Village dordogne 17 08 18

    Pour moi, la chanson de l'été c'est celle des 3 cafés gourmands : à nos souvenirs (cf vidéo ci-dessous). Cette chanson résume la France de mon enfance. Comment en 30 ans, ce pays a-t-il été capable de produire ce qu'il est devenu aujourd'hui ? Pourquoi ? A ce rythme, qu'en sera-t-il dans 10 ans ? Les chansons étaient douces avec des paroles porteuses de sens (de Brel à Trenet en passant par Bécaud ou Ferrat). On était loin de l'univers du rap avec cette violence vulgaire permanente dont cette conception de la femme objet vouée à exhiber d'abord son attirance sexuelle. Les vieilles pierres des bâtiments étaient respectées. Les seniors occupaient leurs fonctions de passeurs de mémoires sans se croire obligés de succomber à un ridicule jeunisme . Les habits étaient simples voués à être choisis pour leur utilité et non pas par identification à des marques qui plument leurs acheteurs. Un enfant pouvait jouer dans les champs loin de chez lui sans craindre l'agression et quand il revenait à la maison les voitures ralentissaient pour le protéger. Et la liste pourrait durer longtemps de tout ce qui a été perdu. Ce qui hier apparaissait naturel relève aujourd'hui de l'exception, de la magie. Comment un pays peut-il produire en 30 ans autant de dommages ? Il serait quand même temps de répondre sérieusement à cette question de fond. Parce qu'il faut en même temps se poser une autre question : et si cet âge là était fini pour de bon … ? 

  • Et si le corbeau avait été blanc …

    Corbeau

    Enfin ! Grâce à l'actuelle campagne conduite par le Puy du Fou avec des corbeaux chasseurs de mégots, l'intelligence du corbeau est reconnue. Un livre remarquable publié en novembre 2017 (le génie des oiseaux / éditions Marabout Sciences et Nature) détaille l'immensité de l'intelligence des oiseaux dont celle des corbeaux. Une intelligence adaptative phénoménale. A l'opposé des constats scientifiquement établis, des légendes demeurent. Il est ainsi question de "cervelles de moineau", de "corbeau" pour désigner l'anonymat … : tous ces raccourcis qui sont autant d'offenses à la réalité de l'intelligence animale. Si le corbeau avait eu un plumage blanc, que de réputations auraient peut-être été différentes … ? Ce qui parait établi également c'est que si les intelligences des oiseaux étaient mieux partagés par des humains, il serait possible d'envisager l'avenir avec davantage d'optimisme. 

  • Des terres d’aventures existent toujours …

    NZ le fermier volant

    Avec des cycles longs dans le temps, les compétitions territoriales font toujours naître de nouveaux rapports de forces. L'Europe est le territoire perdant du début du XXI ème siècle manifestement. L'entité s'érode. Le "modèle" européen ne fait plus référence. Des pays sont à bout de souffle dont la France qui poursuit sa fuite en avant au prix des taxations les plus "imaginatives". Les Etats-Unis hésitent entre protectionnisme et véritable isolationnisme. L'Asie s'est imposée. Et il reste les terres d'aventures. Tout dernièrement, remarquable émission sur France 5 sur les fermiers volants en Nouvelle-Zélande. Les terres sont tellement immenses que leur surveillance comme leur entretien passent par des déplacements aériens. L'Australie et la Nouvelle-Zélande apparaissent de plus en plus comme les "terres d'aventures" de ce siècle. Les repères sont différents. Les sociétés ne sont pas déjà bloquées. Pour autant, la "mentalité occidentale" reste possible sans chocs redoutables. A constater les entretiens, un sentiment de plus en plus partagé et une tentation de plus en plus forte. 

  • Comment accepter de se résoudre à la seule bataille des imaginaires ?

    Champ de blé

    Ce week-end avec la condamnation américaine de Bayer, nous vivons en France une caricature du mirage de l'opposition entre le neuf et l'archaïque. Dans le "nouveau monde" si nécessaire en France,  j'imaginais que la politique gagnerait en précision donc en honnêteté. Au moment où les technologies progressent : enfin savoir ce qui est juste, savoir ce qui est vrai. Pourtant, sur les sujets les plus graves, plus que jamais c'est le sentiment de la victoire de l'homme qui fait croire sur l'homme qui fait. Hulot déclare la guerre à des pesticides. Mais c'est une guerre à terme de 3 ans puisqu'il n'est pas parvenu à convaincre sa propre majorité parlementaire que la guerre devait être immédiate. Pourquoi ce décalage ? Dans mon entourage, j'ai constaté que des agriculteurs disparaissaient jeunes, emportés par un cancer. Comment se satisfaire des actuelles polémiques sur un sujet d'une telle gravité ? Des autorités sanitaires existent. Qu'en pensent-elles ? Si elles valident alors même que ce pesticide mérite "la guerre", pourquoi ? Quelles responsabilités ? Finalement on ne saura jamais. Une fois de plus. C'est à chacun d'imaginer en fonction des croyances. Un climat irréel. Insupportable sur des dossiers de cette gravité comme le secret défense qui entoure en France les chiffres locaux de l'insécurité. 

  • Climat : l’actuelle impréparation française a de quoi inquiéter …

    SPV 2 06 01 18

    La semaine écoulée montre, une fois de plus, que les cycles de l'eau sont désormais violents passant en quelques heures du manque pour cause de canicule à l'excès pour cause d'orages violents. Mais plus durablement, c'est tout un cycle qui se modifie.  Le sud de la France a connu au cours des 20 dernières années plusieurs épisodes de sécheresse comme il ne s’en produisait avant que de rares fois par siècle. Dans des zones méditerranéennes, la nature du sous-bois change. Des plantes qui aiment l’humidité disparaissent au profit d’autres plantes qui supportent mieux la sécheresse, comme le romarin, le thym, la lavande sauvage, en général plus inflammables. Les racines des arbres doivent aller chercher l'eau en profondeur comme jamais avant. Dans des zones dites tempérées, la saison des incendies se limitait traditionnellement à juillet-août. Actuellement, elle peut s’étendre de juin à octobre dans le bassin méditerranéen. Et la liste des nouveaux défis pourrait durer longtemps. Concrètement face à ces nouveaux défis que se passe-t-il rapidement ? Rien. Après des alertes sérieuses que se passe-t-il ? Rien. Les alternatives de ressources en eau ne sont pas effectuées. Les remplacements des réseaux sont toujours différés (106 ans en moyenne en France). Les protections de base contre des écoulements d'eau interviennent peu ou même pas du tout … L'actuelle impréparation française a de quoi sérieusement inquiéter. La presse internationale indépendante le met en relief très régulièrement. Mais ici les médias ont d'autres centres d'intérêts obligés ou pas … ? Très inquiétant.