Avec des cycles longs dans le temps, les compétitions territoriales font toujours naître de nouveaux rapports de forces. L'Europe est le territoire perdant du début du XXI ème siècle manifestement. L'entité s'érode. Le "modèle" européen ne fait plus référence. Des pays sont à bout de souffle dont la France qui poursuit sa fuite en avant au prix des taxations les plus "imaginatives". Les Etats-Unis hésitent entre protectionnisme et véritable isolationnisme. L'Asie s'est imposée. Et il reste les terres d'aventures. Tout dernièrement, remarquable émission sur France 5 sur les fermiers volants en Nouvelle-Zélande. Les terres sont tellement immenses que leur surveillance comme leur entretien passent par des déplacements aériens. L'Australie et la Nouvelle-Zélande apparaissent de plus en plus comme les "terres d'aventures" de ce siècle. Les repères sont différents. Les sociétés ne sont pas déjà bloquées. Pour autant, la "mentalité occidentale" reste possible sans chocs redoutables. A constater les entretiens, un sentiment de plus en plus partagé et une tentation de plus en plus forte.
Auteur : Denis Bonzy
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Comment accepter de se résoudre à la seule bataille des imaginaires ?
Ce week-end avec la condamnation américaine de Bayer, nous vivons en France une caricature du mirage de l'opposition entre le neuf et l'archaïque. Dans le "nouveau monde" si nécessaire en France, j'imaginais que la politique gagnerait en précision donc en honnêteté. Au moment où les technologies progressent : enfin savoir ce qui est juste, savoir ce qui est vrai. Pourtant, sur les sujets les plus graves, plus que jamais c'est le sentiment de la victoire de l'homme qui fait croire sur l'homme qui fait. Hulot déclare la guerre à des pesticides. Mais c'est une guerre à terme de 3 ans puisqu'il n'est pas parvenu à convaincre sa propre majorité parlementaire que la guerre devait être immédiate. Pourquoi ce décalage ? Dans mon entourage, j'ai constaté que des agriculteurs disparaissaient jeunes, emportés par un cancer. Comment se satisfaire des actuelles polémiques sur un sujet d'une telle gravité ? Des autorités sanitaires existent. Qu'en pensent-elles ? Si elles valident alors même que ce pesticide mérite "la guerre", pourquoi ? Quelles responsabilités ? Finalement on ne saura jamais. Une fois de plus. C'est à chacun d'imaginer en fonction des croyances. Un climat irréel. Insupportable sur des dossiers de cette gravité comme le secret défense qui entoure en France les chiffres locaux de l'insécurité.
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Climat : l’actuelle impréparation française a de quoi inquiéter …
La semaine écoulée montre, une fois de plus, que les cycles de l'eau sont désormais violents passant en quelques heures du manque pour cause de canicule à l'excès pour cause d'orages violents. Mais plus durablement, c'est tout un cycle qui se modifie. Le sud de la France a connu au cours des 20 dernières années plusieurs épisodes de sécheresse comme il ne s’en produisait avant que de rares fois par siècle. Dans des zones méditerranéennes, la nature du sous-bois change. Des plantes qui aiment l’humidité disparaissent au profit d’autres plantes qui supportent mieux la sécheresse, comme le romarin, le thym, la lavande sauvage, en général plus inflammables. Les racines des arbres doivent aller chercher l'eau en profondeur comme jamais avant. Dans des zones dites tempérées, la saison des incendies se limitait traditionnellement à juillet-août. Actuellement, elle peut s’étendre de juin à octobre dans le bassin méditerranéen. Et la liste des nouveaux défis pourrait durer longtemps. Concrètement face à ces nouveaux défis que se passe-t-il rapidement ? Rien. Après des alertes sérieuses que se passe-t-il ? Rien. Les alternatives de ressources en eau ne sont pas effectuées. Les remplacements des réseaux sont toujours différés (106 ans en moyenne en France). Les protections de base contre des écoulements d'eau interviennent peu ou même pas du tout … L'actuelle impréparation française a de quoi sérieusement inquiéter. La presse internationale indépendante le met en relief très régulièrement. Mais ici les médias ont d'autres centres d'intérêts obligés ou pas … ? Très inquiétant.
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L’un des vrais héritiers de Victor Hugo …
La forêt française a pu compter sur un défenseur remarquable : Victor Hugo. Victor Hugo a obtenu la suspension de coupes considérables après des adjudications. Il voyait dans chaque arbre un monument. Avec Robert Redford, le spectateur de ses films pouvait voir dans chaque arbre un monument. Le jeu des lumières. La majesté donnée à un cours d'eau. La musique de la douceur des branches qui bougent. Son annonce de "retraite" est une mauvaise nouvelle pour celles et ceux qui aiment cette écriture cinématographique. Un style si éloigné du cinéma français de plus en plus tristement spécialisé dans l'éloge du con, de la misère ou de la vulgarité. On est en train de perdre l'un des vrais héritiers de Victor Hugo, seul l'outil d'expression de la pensée changeait. Dommage.
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La défense des vertes prairies
Comme Patagonia sait si bien le faire, cette entreprise renforce sa vaste campagne de communication sur la défense des vertes prairies. Aux Etats-Unis, les grandes prairies, c'est le sang de l'Amérique. Ce qui a fait ce pays. C'est un sentiment fantastique que j'ai éprouvé pour la première fois il y a plusieurs décennies en survolant le Kansas pour se rendre à Denver. Nous avions la chance d'une très belle météo et voir des champs à perte de vue. Toutes proportions gardées, en France, c'est le même défi aux portes des villes. Là où la nature avait encore sa place. Mais en France, ce défi mobilise peu. Voire pas du tout. Comme si le béton et le bitume devaient toujours gagner sur la verdure. Ce qui se prépare en France dans les grandes agglomérations, c'est un univers irréel. Une urbanisation étouffante, ennuyeuse, uniforme et surtout terriblement violente. Un échec collectif immense pour le triste héritage laissé aux prochaines générations.
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Tourisme : la France : un pays rongé par les chiffres faux
Un été de plus, des médias acceptent de contrebalancer des réalités quotidiennes par un classement flatteur : la France = 1ère destination touristique au monde. Comment ce classement est-il effectué en France ? Les étrangers qui passent sur le sol français même en simple transit. Depuis 2008, officiellement, l'INSEE alerte sur les corrections à opérer. Quels critères sont souvent retenus dans les autres pays ? Les dépenses effectuées par les touristes à partir des données des informations bancaires. Classement : 1) Etats-Unis : 186 milliards d'euros, 2) Espagne, 3) France (40 mds), 4) Thaïlande, 5) Chine, 6) Royaume-Uni… C'est le vrai classement. Comment mettre à égalité le touriste de passage en 1 jour et celui qui reste 10 jours ? Mais une fois de plus ce chiffre biaisé permet de minorer le pays où il faut attendre 3 heures pour visiter la tour Eiffel, puis voir ses vols décalés, prendre le Métro et terminer sur le quai par 40°, arriver à des escalators en panne, surveiller ses papiers face aux pickpockets des grandes avenues reconnus comme le fléau de la France … : la France est gravement un pays rongé par des chiffres faux.
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Les mots oubliés …
Les mots oubliés révèlent autant sur des individus ou sur une collectivité que les mots prononcés. Peut-être même davantage ? Avec l'expérience, j'ai pu constater combien ceux qui font rien ou si peu ont du mal à se souvenir de ceux qui ont fait. On assiste alors à des équipements sans mémoire comme s'ils étaient tombés du ciel un beau matin. Un matin du 3 août 2009, une personne qui a beaucoup fait dans la discrétion est décédée : Christiane Courtadon. Une femme qui, dans la discrétion la plus absolue, a été une militante quotidienne du service public. Le service public de l'enseignement où elle a fait carrière comme professeure d'anglais puis principale de collège. Le service public de la culture en montant de toutes pièces la bibliothèque du Groupe Scolaire de St Paul de Varces : les Epis d'Or. Bénévole. Sans titre ronflant. Mais avec la passion partagée avec une équipe de … bénévoles. Un budget d'acquisitions d'ouvrages très limité. L'appel permanent aux dons. Et en quelques mois, une belle bibliothèque publique, neuve, avec des ouvrages diversifiés. Ce sont des personnes de cette trempe qui font que notre pays est encore debout ou pas tout à fait couché au sol encore. Des véritables héros du quotidien avec le moteur de la passion, la volonté de partager, l'ambition de servir autrui. En cette triste date anniversaire, que cette belle personne soit assurée d'une pensée fidèle, émue qui va bien au-delà des seules dates anniversaires. Si dans la même discrétion que celle qu'elle a pu témoigner hier sa mémoire était mieux célébrée ne serait-ce qu'en évitant que le bois d'une école ne pourrisse sur pieds, ce travail là serait mieux respecté dans le temps …
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En France, faut-il alimenter le parti de l’indifférence ?
Il y a toujours un moment où une pratique perd tellement d'intérêt qu'une question simple se pose : "et si je ne m'en occupais plus ?". C'est la première fois que cette formule est aussi souvent utilisée par des personnes que je rencontre et qui ont été pendant des décennies des personnes mobilisées par la vie publique. Les scandales occupent le devant de la scène (costumes de Fillon, Bygmalion, emplois du Modem, emplois du FN …), on assiste alors à un feuilleton de déclarations vives. Puis … le vide ! Incapable de savoir l'issue s'il y en a une. Pour Benalla, les personnes non engagées posent des questions simples : un député peut-il poser une question sans lire une fiche ? Quand manifestement il n'a pas été répondu à la question, pourquoi le député fait-il semblant d'avoir obtenu une réponse ? Pourquoi des questions d'une extrême simplicité ne sont-elles jamais posées ? … Et la liste pourrait durer longtemps. A l'issue des émissions, il y a une sorte de "gueule de bois" (formule que j'utilise sans connaitre le détail puisque j'au toujours échappé à ce travers). C'est irréel ce sentiment que finalement la sagesse serait d'alimenter le parti de l'indifférence. La République en Marche vient de montrer que c'était un parti comme les autres sous la Vème République. Une tâche lourde à porter dans le temps. Les médias sont égratignés une fois de plus. Et le personnel politique est fragilisé. Bref, pendant une semaine, une étage de moins vient d'être descendu. Qui peut dire s'il y a un gagnant ? Un seul ? On a toujours le sentiment que faire pire serait impossible. Mais non le + bas existe encore. Très préoccupant.
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La nature et les épisodes caniculaires
Ceux qui travaillent la terre ont conscience que les épisodes caniculaires font vivre à la terre une épreuve tout à fait particulière. On le voit dans nos jardins ou nos pots de tomates-cerises. En 48 heures, faute d'arrosage éventuel, la terre devient une plaque imperméable tellement elle est dure lors d'un épisode caniculaire. C'est très impressionnant à observer. Là où il fallait des semaines pour parvenir à une telle sécheresse, avec les très fortes températures deux ou trois jours suffisent. Et il faut arroser avec douceur pour que la terre retrouve de la souplesse et de la perméabilité. Cette réalité montre l'urgence absolue de diversification d'alimentations en eau. Il faut assurer l'alimentation domestique mais penser aux autres usages comme les jardins ou les plantations. Cette diversification d'alimentations suppose souvent des travaux lourds de réseaux à tirer. C'est actuellement un volet qui ne bénéficie pas de l'attention qu'il mérite. Très inquiétant face à la réalité annoncée et programmée de la densité comme de l'étendue des épisodes caniculaires.
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Les mots de l’expérience ou quand peu de mots réveillent le bon sens …
Il y a actuellement en France une fièvre ambiante assez inédite et irréelle. Tout est surjoué : de la joie qui tourne à l'hystérie (coupe du monde) comme de la déception qui tourne à la crise de régime (Benalla). Plus un moment est difficile, complexe, plus il faut s'en tenir à des règles d'une extrême simplicité. Parfois même un seul mot. Ce qui est très étonnant actuellement, c'est que les mots de l'expérience sont très souvent ignorés. Or il y a des personnes qui ont déjà connu certaines situations, qui ont réfléchi, qui ont pris le recul pour exprimer en toute honnêteté les leçons tirées. Pourquoi écarter ainsi ce regard ? Pourquoi s'en priver ? Prenons deux exemples concrets. Le populisme a "mauvaise presse" actuellement. Garderait-il cette image si on revenait à sa vraie définition donnée par Krista Tippett : "la colère est souvent le visage de la douleur lorsqu'elle se révèle en public". C'est si vrai. Pourquoi un microcosme parisien ne veut-il voir que la colère et pas les douleurs ? Deuxième exemple : "Réfléchissez de façon indépendante. Soyez un joueur d'échecs et pas un pion". Combien de parlementaires vont sortir terriblement durablement fragilisés pour avoir aussi facilement accepté d'être un "pion" ces derniers jours ? Lisant des fiches. Récitant des éléments de langage. Ils auraient mérité de mieux méditer cette phrase de Ralph Charell. Pour ceux qui veulent revenir à ces mots de l'expérience, je recommande le dernier livre de Tim Ferriss. Il fourmille de phrases simples, efficaces pour réveiller le bon sens. Il en est de même sur YouTube des conférences de Jorge Lemann, très discret mais actionnaire de référence de Heinz, Burger King, Cafés Maxwell … A 78 ans, sa sagesse est inspirante. Le jour où la traduction simultanée de vidéos aura gagné en efficacité, sa pensée gagnera en diffusion nécessaire. Parce que quand on dit "un pays a la fièvre, il faut toujours se méfier car c'est la fièvre qui a gagné le pays" (Sénèque) …