Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Quand des vraies pages se tournent dans la discrétion

    McCain 27 08 18

    L'existence semble faite de carrefours parfois discrets mais implacables. Tant sur le plan individuel que collectif. Les Etats-Unis sont en train d'en vivre un avec la disparition de McCain : la fin d'une génération de vétérans ayant connu des guerres meurtrières emblématiques. La France a connu cette même évolution. Plus tôt avec la disparition des combattants de la 39-45 ou de l'Algérie. Personne n'a succédé aux profils des Jacques Chaban Delmas, Marcel Bigeard, Pierre Messmer, Robert Galley, André Bord, Yvon Bourges … Avec les épreuves qu'ils avaient connues, ils faisaient du "rab", ce temps supplémentaire de vie qui leur donnait du recul face à la si douce vie quotidienne en temps de paix. Pour les Etats-Unis, depuis les années 50, le meilleur résumé de la vie politique américaine c'était la compétition entre John Wayne et Indiana Jones. 2 univers imaginaires très différents. Cette formule résume les deux profils capables de faire un Président américain loin des théories fumeuses. John Wayne correspond aux profils des Républicains si souvent à la recherche de l'homme des prairies qui ne brille pas par son intelligence mais par son bon sens accroché aux racines de sa vie. L'exemple : Ronald Reagan, la figure historique de cette sensibilité. Indiana Jones, c'est le candidat Démocrate plus jeune, avide d'aventures, la cool attitude, plus urbain, plus intellectuel, plus européen. L'exemple : Barack Obama. Avec la disparition de McCain, c'est la référence John Wayne qui disparaît. C'est un changement notoire. D'ailleurs Trump chez les Républicains en est l'opposé : produit de New York et non pas de l'Amérique intérieure. Produit des médias et non pas du terrain de guerres. Maintenant, dans les démocraties occidentales, le théâtre d'opérations semble être les plateaux TV. Ils ne vivent pas le terrain mais la fiction des images à délivrer. Matière à être inquiet. Une vraie page collective majeure se tourne dans la discrétion.

  • 10 ans après jour pour jour …

    McCain 26 08 18

    Au fur et à mesure qu'on avance dans la vie, outre la chance à célébrer d'être encore dans le "circuit", il y a des symboles qui imposent des réflexions. Progressivement, trois constats me sont apparus mériter une attention particulière. D'abord la relation entre des noms et des activités. Pendant l'hospitalisation de mon père, cette évidence m'était apparue terrible. Le médecin à son étage s'appelait le Dr Colombe, une jeune femme adorable d'une douceur exemplaire et l'infirmière chef s'appelait Mme Pont. A l'étage de la mort dans cet hôpital, un patient était dans les mains de deux personnes appelées Colombe et Pont …  Dans la foulée, j'ai cherché à établir des liens de ce type dans les étapes de mon existence et j'ai été stupéfait par ces symboles jusqu'à aller vers une personne appelée Dehaine dans la fonction de … banquier. J'ai progressivement rédigé un petit carnet (nom / profession) et les liens sont stupéfiants. Ensuite, il en est de même pour des prénoms. Il y a des prénoms avec lesquels je me suis toujours entendu et d'autres jamais. Et quand là aussi je dresse la liste, c'est impressionnant. Ce qui l'est encore plus c'est les traits communs de tempéraments entre des prénoms comme si un prénom pouvait porter un caractère. Enfin, c'est le symbole des dates. Dernier exemple : le décès de John McCain cette nuit. Il est décédé 10 ans jour pour jour avec le second jour de la Convention Démocrate de Denver en 2008 qui a scellé le lancement réussi d'Obama et donc la défaite de McCain à la présidentielle 2008. A cette époque, la Convention Démocrate s'annonce risquée. La compétition Obama / Clinton a laissé des traces. McCain espère que cette Convention déchire ses concurrents. Si c'est le cas, il peut encore gagner. Sinon ce sera très difficile car il sait qu'il paye l'ardoise des années Bush. Contre toute attente, les Clinton donnent l'exemple de la loyauté à un parti et à son candidat. La présidentielle vient de basculer. Or la présidentielle, McCain y a pensé toute sa vie. Dès son retour du Vietnam, il était un symbole, voué aux plus hautes responsabilités. En 2000, il a perdu la primaire. En 2008, bien avant le vote, lors de la Convention de Denver (25 au 28 août 2008), il perdait l'élection. 10 ans plus tard, jour pour jour, il décède. Les mystères des calendriers sont parfois étonnants. Un homme remarquable que j'ai eu plaisir à rencontrer brièvement.

    McCain 1997 DB

  • Conseils pratiques aux jeunes générations

    Crayons 25 08 18

    Il y a parfois des petits riens qui changent beaucoup. Au moment de la rentrée, c'est le temps des bonnes résolutions pour traverser la vraie nouvelle année : de septembre à juillet. Pour ma part, depuis plusieurs décennies déjà, quelques pratiques simples me sont apparues utiles. Les premières sont liées au livre de Mark McCormack datant de 1985 (tout ce que vous n'apprendrez jamais à Harvard). Un ouvrage remarquable qui fourmille de conseils pratiques efficaces. J'ai beaucoup tenté d'en respecter des conseils. Le second livre est de Marc Fischer sur le "golf intérieur". Son titre : "le golfeur et le millionnaire" (1996). Simple. Concret. Sage. Donc utile. Et ma troisième règle est extraite de livres de Philippe Labro avec les couleurs de la semaine. C'est un conseil pratique d'une simplicité totale et d'une efficacité remarquable : les temps d'une semaine doivent être inscrits sur l'agenda de couleurs différentes. Pour ma part, les couleurs retenues sont les suivantes : rouge si le moment est pénible, bleu s'il est prometteur, noir si indifférent et jaune si agréable. Avec le recul du temps, les périodes gagnent en vie. Elles ne sont plus uniformes. Si le jaune est trop absent, il faut penser à ré-équilibrer car le moral sera impacté. Comme le moral et le bien-être intérieur comptent beaucoup, je recommande à mon tour cette méthode. Puis avec le temps, reprendre ses agendas donne une vision plus animée des semaines. Et parfois même avec le recul c'est l'envie de changer des couleurs car le temps a donné un relief différent à un moment d'alors. Une pratique utile. 

  • La désinformation commence où ?

    Trump 01 03 16

    Je suis très surpris par l'actuelle banalisation du débat sur la désinformation. La désinformation, c'est quoi ? Elle commence où ? Qui devient le gardien de l'information pour sanctionner la "désinformation" ? Quels pouvoirs pour ce "gardien" ? Quelles sanctions si abus de sa part ? Où est la frontière entre la limitation de la liberté d'expression et la limitation de la liberté d'opinion ? Qu'est ce qu'une pensée qui ne peut pas être exprimée ? L'arsenal français n'est-il pas déjà assez punitif en la matière pour ajouter une strate supplémentaire ? Cette banalisation a de quoi inquiéter. Nous vivons une période où, face au souffle de la liberté des réseaux sociaux, les paroles officielles donnent le sentiment de vouloir reprendre les libertés gagnées. Pour moi, le seul gardien de la désinformation ce doit être le libre arbitre individuel. C'est à chacun de fixer ce qu'il croit faux. Le vrai défi de la période actuelle , ce n'est pas de parquer l'information mais de la libérer. Encore et toujours. Parce que c'est toujours la liberté qui est la meilleure gardienne de la qualité de l'information notamment par le pluralisme. Et en France le pluralisme a encore beaucoup de terrains à conquérir notamment sur la vie locale. 

  • « Dites moi ce qui va bien, ce sera plus bref … »

    Gironde 09 01 16

    La rentrée de septembre 2018, c'est la caricature d'un patient qui se rend chez le médecin et qui voit ce dernier poser une question simple : "dites moi ce qui va bien ce sera plus bref …". Qu'est ce qui fonctionne bien en France aujourd'hui ? La justice n'a pas les moyens d'informatiser les calendriers des relances formelles pour éviter les vices de procédures même dans des dossiers très sensibles. L'hôpital public est malade. Un pourcentage élevé des routes est à risques. Les réseaux d'eau ne sont pas renouvelés à temps. La morale ne retrouve manifestement jamais sa place en politique (Benala + Nyssen + tous les dossiers en suspens qui semblent se perdre dans les couloirs du temps pour les puissants comme si dans cette monarchie les rois ne peuvent jamais mal faire …). Le monde urbain a la fièvre avec ses quartiers sans droit. Et le monde rural se meurt tant il est oublié, déserté. La liste est interminable. Et tous ces maux dans le pays aux impôts records et à la dette astronomique. En principe, prendre conscience de la source de ses difficultés, c'est le premier pas vers la transformation indispensable. Cette étape là, c'est pour quand ? Qui peut sérieusement penser que ces maladies généralisées vont pouvoir durer encore longtemps ?

  • Le pays attrape-désespoirs …

    Lyon St Exupéry 08 07 16

    JD Salinger a eu une formule magique pour résumer la relation qui peut parfois exister avec une géographie : "attrape-coeurs". Des paysages. Des odeurs. Des lumières. Des habitants qui portent des coutumes. L'attrape-coeurs peut fonctionner. Pour la France, cette rentrée va le démontrer une fois de plus, c'est l'attrape-désespoirs. Emmanuel Macron gomme sa magie avec l'affaire Benalla et pire encore avec la basse opération de com montée par Europe 1 au sujet d'un enfant de 6 ans. La croissance n'est pas au rendez-vous alors qu'elle est vive ailleurs. Les impositions douces en apparence mais violentes sur le pouvoir d'achat foisonnent comme le prix record de l'essence avec 70 % de taxes ! Plus un plein à moins de 50 €. Les réformes annoncées s'accompagnent des grèves qui sont leurs soeurs immuables. Aucun sujet sérieux sur l'immigration ne peut être ouvert sans un déchaînement de caricatures opposant ceux qui portent le coeur en bandoulière et ceux qui succomberaient à la sécheresse des sentiments égoïstes. Des agressions graves et les médias ouvrent le #NoName : pas de nom de l'agresseur donc désormais chaque agresseur devient un … "étranger caché". Une spirale infernale à terme. C'est vraiment désespérant. Tout sauf l'envie de rentrée. Ou plutôt une rentrée si ordinaire qu'elle donne immédiatement envie de sortir …

  • Quand les éoliennes servent d’abord à dégager les … épaisses fumées

    BC 19 08 18

    Pour celles et ceux qui aiment la nature, la Colombie Britannique est une référence incontestable. La beauté ,naturelle des paysages devrait en faire un vrai sanctuaire international. Cet été, cette Province du Canada est exposée à des incendies historiques. Des circonstances dans lesquelles les éoliennes trouvent une utilité totalement inattendue : dégager les épaisses fumées. Les autorités publiques ont même lancé une alerte sur la "qualité de l'air". Cet été, dans les territoires pourtant souvent les plus "épargnés", les alertes concrètes, incontestables se multiplient face au dérèglement climatique. Rien ne va plus. La COP21 a été un cinéma sans lendemain. Trump accepte de dégrader la planète parce qu'il s'en remet à une école de pensée considérant que l'homme trouvera toujours d'autres solutions. Les espèces animales menacées se multiplient. C'est objectivement la chronique d'une catastrophe annoncée. Et les médias dissertent sur les selfies de Macron, le retour de Mbappé … : incroyable !

  • La France et ses graves défaillances incompréhensibles

    Orvis chiens 26 08 17

    Jeudi 9 août 2018 à Boston, Charlie Baker a promulgué le texte pour lutter contre les cruautés infligées aux animaux innocents. Un texte remarquable, simple, concret : alourdissement significatif des amendes en fonction des récidives, les actes de ce type entrent dans le "casier" de l'individu alors fiché sur sa dangerosité, fichage obligatoire par les compagnies d'assurances, les frais médicaux de traitement de l'animal victime sont imputés à l'auteur des faits jusqu'à un montant plafonné élevé, peines de prison ferme selon les cas … : rien ne manque à un arsenal dissuasif. Dans le même temps, en France, c'est l'été des records d'abandons des animaux domestiques : un abandon toutes les 3 minutes pendant l'été. Comment sur un sujet d'une telle importance, un pays universellement donneur de leçon comme la France peut-il être aussi absent, défaillant, démobilisé ? Comment interpréter cette réalité ? Il y a des graves défaillances incompréhensibles. Celle-ci appartient manifestement à cette triste catégorie. 

    Boston loi protection des animaux

  • Et si c’était fini … ?

    Village dordogne 17 08 18

    Pour moi, la chanson de l'été c'est celle des 3 cafés gourmands : à nos souvenirs (cf vidéo ci-dessous). Cette chanson résume la France de mon enfance. Comment en 30 ans, ce pays a-t-il été capable de produire ce qu'il est devenu aujourd'hui ? Pourquoi ? A ce rythme, qu'en sera-t-il dans 10 ans ? Les chansons étaient douces avec des paroles porteuses de sens (de Brel à Trenet en passant par Bécaud ou Ferrat). On était loin de l'univers du rap avec cette violence vulgaire permanente dont cette conception de la femme objet vouée à exhiber d'abord son attirance sexuelle. Les vieilles pierres des bâtiments étaient respectées. Les seniors occupaient leurs fonctions de passeurs de mémoires sans se croire obligés de succomber à un ridicule jeunisme . Les habits étaient simples voués à être choisis pour leur utilité et non pas par identification à des marques qui plument leurs acheteurs. Un enfant pouvait jouer dans les champs loin de chez lui sans craindre l'agression et quand il revenait à la maison les voitures ralentissaient pour le protéger. Et la liste pourrait durer longtemps de tout ce qui a été perdu. Ce qui hier apparaissait naturel relève aujourd'hui de l'exception, de la magie. Comment un pays peut-il produire en 30 ans autant de dommages ? Il serait quand même temps de répondre sérieusement à cette question de fond. Parce qu'il faut en même temps se poser une autre question : et si cet âge là était fini pour de bon … ? 

  • Et si le corbeau avait été blanc …

    Corbeau

    Enfin ! Grâce à l'actuelle campagne conduite par le Puy du Fou avec des corbeaux chasseurs de mégots, l'intelligence du corbeau est reconnue. Un livre remarquable publié en novembre 2017 (le génie des oiseaux / éditions Marabout Sciences et Nature) détaille l'immensité de l'intelligence des oiseaux dont celle des corbeaux. Une intelligence adaptative phénoménale. A l'opposé des constats scientifiquement établis, des légendes demeurent. Il est ainsi question de "cervelles de moineau", de "corbeau" pour désigner l'anonymat … : tous ces raccourcis qui sont autant d'offenses à la réalité de l'intelligence animale. Si le corbeau avait eu un plumage blanc, que de réputations auraient peut-être été différentes … ? Ce qui parait établi également c'est que si les intelligences des oiseaux étaient mieux partagés par des humains, il serait possible d'envisager l'avenir avec davantage d'optimisme.