Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Que restera-t-il après … ?

    Thomas USA 23 08 18

    Depuis longtemps déjà, c'est une question majeure de toute existence : que restera-t-il après ? Est-ce qu'une vie peut se résumer à une plaque avec deux dates : naissance / décès ? Depuis le début, je n'ai jamais eu d'illusion sur la mémoire collective. C'est un enjeu qui ne m'intéresse pas. Tout ce qui est collectif est éphémère, controversé, trop partagé. En revanche, quelques personnes sont des enjeux. Bien sûr d'abord ses enfants. Cette semaine, j'ai eu un réel plaisir à découvrir la tribune de notre fils Thomas dans les Affiches. Pendant près de 25 ans et dès leur plus petite enfance, avec Marie, nous avons veillé à faire partager à nos deux fils chacune de nos passions. Même dans un pays très souvent américanophobe comme la France, nous n'avons jamais caché notre intérêt pour les Etats-Unis, pour les grands espaces, pour une terre de libertés … Leurs séjours y ont donc été nombreux et diversifiés. Pendant toutes ces décennies, nous avons ainsi veillé à faire découvrir à nos enfants ces territoires, leur diversité. Mais aussi des interlocuteurs. A mesure que Jonathan et Thomas grandissaient, ils étaient associés à des réunions de travail. Puis j'ai constaté que Thomas était devenu Membre actif de la French-American Foundation, Membre  des Chambres Internationales de Commerce de New-York et de Boston. Et enfin cette semaine, découvrir l'article de Thomas dans les Affiches relatif aux Etats-Unis cela peut montrer qu'il peut quand même rester des traces durables de telles situations. C'est comme quand des anciens étudiants m'adressent via LinkedIn des informations sur leurs cursus professionnels avec un petit mot sympa. C'est toujours une embellie sérieuse. Quelques mots qui font du bien. Pour s'en priver de le reconnaître ? 

  • 34 / + de 200 ou quand la réalité des chiffres prendra enfin le dessus en France ?

    Beto O'Rourke 25 03 18

    Hier soir à Dallas, 1er débat public contradictoire entre Ted Cruz et Beto O'Rourke (jeune espoir Démocrate qui peut créer la surprise) dans le cadre des élections du 6 novembre 2018. Le Texas c'est 28 millions d'habitants. Pour 28 millions d'habitants, sa représentation au sein des instances fédérales c'est 34 parlementaires : 2 Sénateurs + 32 élus à la Chambre des Représentants. En France, une région comme Auvergne Rhône Alpes, pour seulement 8 millions d'habitants (face aux 28 millions d'habitants du Texas) c'est 64 députés et plus de 30 Sénateurs. C'est à dire que pour près du quart de population, la Région Auvergne Rhône Alpes compte 3 fois plus d'élus dans une instance nationale ! Que signifie cette réalité ? 1) Un coût des institutions politiques qui est disproportionné. 2) Un émiettement paralysant des pouvoirs à l'exemple de la commission du sénat qui passe une matinée entière sur un port d'arme. 3) Un abaissement de la fonction qui ne devient plus attractive pour de jeunes talents. Si le pouvoir de faire d'un parlementaire français c'est de commenter sur le plateau de BFM TV, les vrais talents vont ailleurs. Tant que l'opinion publique française ne regardera pas en face des réalités de ce type, elle enfoncera le pays dans son véritable statut actuel : une moyenne impuissance. 

  • Un livre remarquable : « le monde de Tim »

    Le monde de Tim 17 09 18

    En préalable, indiquer que j'hésite toujours avant de m'exprimer sur des ouvrages. Ecrire est un travail considérable. Je n'ai aucune qualité, et encore davantage aucune envie, de critiquer un travail de cette importance. Par conséquent, je n'évoque que des livres pour lesquels j'éprouve un réel coup de coeur. Parce qu'alors partager, c'est contribuer à honorer le travail de l'auteur. Le monde de Tim appartient à la catégorie des ouvrages qui ont suscité de ma part un réel coup de coeur. Il est sublime. Pourquoi ? Parce qu'il remplit quatre qualités fondamentales. 1) Une écriture qui inspire des images. Dans l'écriture, c'est le plus dur : que les mots ne soient pas que des mots mais deviennent aussi des images dans l'esprit du lecteur. C'est la différence avec le travail technique ou universitaire. Là, l'auteur a remarquablement réussi. On ne lit pas seulement, on voit. 2) Le thème est magnifique. Peut-être suis-je personnellement sensible à ce rendez-vous avec les joies des regards de notre petit-fils (?), mais c'est vrai la jeunesse peut être merveilleusement communicative. Le regard d'un jeune peut modifier totalement la perception d'un sujet de la part de personnes qui croyaient pourtant "beaucoup savoir". 3) La place de l'optimisme : quel plaisir de voir un auteur sortir de cette ambiance où tout serait voué à être pire demain. Là aussi, c'est pour moi une satisfaction considérable. La vie devient plus légère quand on pense que ceux qu'on aime peuvent vivre le meilleur et ne sont pas voués par nos échecs collectifs à vivre un devenir monstrueux. 4) La confiance dans autrui : j'ai retrouvé dans cet ouvrage la conception de la vie collective que j'aime : autrui mérite la confiance. Ceux qui ne la méritent pas sont rares et encore faut-il les mettre en situation pour être sûr qu'il en est ainsi. Ce livre est une vitamine. C'est l'éloge de la complémentarité des âges. Voire même l'inversion puisque le plus jeune "réveille" les plus âgés. Un vrai moment de délice. Bravo à l'auteur. 

  • #Echarina1 #stpauldevarces : ne jamais bouder les moments agréables

    Prenez RV avec vous 15 09 19

    Hier, j'ai commencé mon premier déplacement sur le terrain. Et ce fut un moment particulièrement agréable. Tous les gestes simples qui font ce que j'aime. Prendre son sac à dos avec une bouteille d'eau fraîche. Son opinel pour tailler son baton. Les chaussures avec lesquelles tant de promenades ont été partagées. Un vieux jeans et un Tshirt ample. Tout était là. Le soleil était à la "bonne chaleur". Et revoir des paysages que je connais depuis mon enfance. A chaque lacet pour se rendre à l'Echarina, c'est toujours un flux de souvenirs, de visages. Un beau moment. Un début qui permet aussi d'apporter des précisions nécessaires. 1) Remercier toutes les personnes nombreuses qui depuis lundi ont exprimé des encouragements, des soutiens, des demandes de rendez-vous. 2) Une question est souvent posée sur le temps à venir : nous allons prendre le temps. Mon activité professionnelle est très occupée. Mais surtout il faut prendre le temps pour ouvrir la participation au + grand nombre. 3) Le dialogue qui a débuté doit se caractériser aussi par ce qu'il ne doit pas être. Il ne doit pas être un prêt à penser coupé des réalités. C'est pourquoi, dans les prochaines semaines, les photos du terrain auront la priorité. Ces photos concerneront le terrain et non pas des personnes mises en scène. C'est pas la tournée de "Martine à la ferme, Martine devant le collège, Martine dans la forêt ...". Ce qui compte c'est de permettre à chacun de voir la réalité du terrain. Puis à partir des réalités de permettre à tous les talents nombreux de participer. C'est pourquoi la première image est ce "rendez-vous avec vous" parce que c'est la réalité de l'enjeu. Ce dialogue, il est ouvert à toutes les bonnes volontés. Pour être informé de chaque étape, il suffit de laisser son adresse mail en cliquant sur le lien suivant : Ensemble. Merci encore pour tous les encouragements.

    Agenda db 16 09 18

  • Des réalités à désespérer …

    Dogs-happiness-frazier_h

    Mardi : Tribunal Correctionnel de Bergerac. Un homme y était jugé pour abandon volontaire de son chien début 2018 dans son appartement. Un chiot de 6 mois est mort après que le propriétaire ait quitté son logement sans laisser d'adresse. Ce sont les voisins incommodés par l'odeur qui alertent deux mois après … la mort du chien. L'intéressé ne se déplace même pas au Tribunal pour s'expliquer. Il est condamné à … trois mois de prison avec sursis, à 300 euros d’amende et à 600 euros de préjudice moral pour la SPA de Bergerac, qui s’est portée partie civile. Il lui est en outre interdit d’élever un animal pendant dix ans (peine à application totalement invérifiable dans la réalité des faits !!!). Quand un pays en est réduit à de telles décisions face à une situation de ce type, c'est à désespérer. La Justice ne prend même pas le soin de dépêcher des gendarmes pour le contraindre à s'expliquer. Et la peine est d'une faiblesse inqualifiable. Il faut quand même avoir la vérité de dire qu'il y a des moments de réelle honte de la nationalité qui est encore la mienne quand je compare aux progrès connus dans d'autres pays. Que s'est-il passé pour arriver à de telles faillites collectives  ? Quels épisodes ont été manqués par ce pays face à son Histoire ? 

  • La nouvelle richesse quasi introuvable : le calme !

    Prairies 12 09 18

    Les violences sont les invitées vedettes de la rentrée 2018. Les chiffres sont là. Des records sont en effet battus. Mais surtout dans son ensemble la société est devenue violente parce qu'on a perdu une richesse considérable : le calme. Etre au calme c'est devenu impossible. Tous les temps calmes d'hier ont quasi disparu. Le téléphone : il faut répondre partout tout de suite. Le courrier : hier par voie postale c'était un délai de livraison puis un délai accepté de réponse. Aujourd'hui, par le mail, tout de suite répondre. Les réseaux sociaux, celui qui n'est pas réactif sort du "jeu" ou est perçu comme indifférent. L'automatisation des procédures fait que chaque délai est implacable à la journée près. Il y a aussi une déshumanisation des sanctions qui est totale. Le code de la route en est une caricature. Un radar peut verbaliser en pleine ligne droite sur autoroute pour passage à 120 au lieu de 110 mais dans un village la conduite dangereuse à la sortie de l'école est ignorée. Il n'y a plus d'espaces calmes pour la contemplation. Les aéroports hier étaient ces lieux. Aujourd'hui, toutes les 10 minutes une voix froide mécanique stressante alerte sur les bagages qui peuvent être abandonnés et tout de suite l'ombre du terrorisme est là. Dans les parcs publics, il y a désormais presque toujours un amateur de rap ou de musique techno qui estime indispensable de faire partager le bruit de sa passion. Le calme n'existe plus. Or le calme est indispensable pour un bon équilibre. Dans ce contexte, le risque perçu de violence devient encore moins supportable que jamais parce que c'est la quasi totalité du déroulement d'une journée qui donne le sentiment d'être déjà agressé. Une réalité simple quotidienne mais très préoccupante. 

  • Ces images que l’on garde en mémoire si longtemps après le premier regard …

    Boston 20 04 13

    Il y a des dates qui sont tellement fortes que le jour vit de lui-même sans être rattachable à une année. C'est le cas du 11 septembre. Cette date est un tournant majeur. Chacun se rappelle où il était au moment de la découverte de ce drame. Ces images qui alors semblent irréelles. Deux enseignements me paraissent importants. 1) Une rupture brutale dans ce que nous pensions être le progrès universel. C'est l'époque où, probablement comme de très nombreuses personnes, je m'étais fait à l'idée qu'en dehors de théâtres précis de guerres, des morts collectives ne pouvaient naître que de défaillances techniques (accidents d'avions, trains …). Mais que la "main de l'être humain" ne pouvait volontairement souhaiter la mort d'autrui. Depuis ce 11 septembre, on sait que cette vision de l'évolution collective est fausse. De façon passagère ? A jamais ? Impossible à dire. 2) Il y a donc désormais une violence nouvelle dans le regard sur autrui. On sait que l'immense majorité des êtres humains aspire à vivre en paix, dans le respect d'autrui, dans le respect de la diversité qui fait la beauté des communautés, mais il y a des "arbres qui cachent cette forêt". Et ces arbres cachent tout le regard donné à la forêt. Le 11 septembre a emporté beaucoup de valeurs avec lui. Une journée dramatique qui mérite de rester en mémoire bien au-delà des seuls anniversaires liés à des repères de dates de décennies. 

  • S’engager : une vraie liberté !

    DB annonce candidature SPV 10 09 18

    L'annonce de ma candidature aux élections municipales de St Paul de Varces n'est pas un événement. Ce n'est pas davantage une surprise. C'est la suite logique de constats, d'écoutes et de réflexions. J'ai décidé que cette annonce intervienne dès que ma décision était prise. Sans chercher à différer. Sans chercher à feindre. Mais au contraire en toute clarté. Par ce temps choisi, la route sera longue. C'est volontairement qu'il en est ainsi. Sur le terrain, nous allons échanger sur des questions précises. Ce temps long permet d'apporter des engagements solides. Dans le calme. Sans la moindre précipitation. Sans la moindre polémique. Nous allons être constructifs, optimistes et non pas opposants. Laissant s'exprimer la diversité qui est un atout. Veillant à s'ouvrir à tous les talents nombreux. Les valeurs ne sont pas des mots. Mais des réalités avec lesquelles nous vivons. C'est une belle route qui débute. Avec réalisme et espoir. Merci par avance à toutes celles et tous ceux qui vont partager cette belle période qui commence. 

  • Les visages si prévisibles des institutions publiques françaises

    Macron Mélenchon

    Pourquoi la vie publique française est si triste et monotone ? Parce qu'elle ne bouge jamais. Elle est devenue prévisible à l'excès. Tout est bloqué. Un musée immuable. Les collectivités publiques dépensent toujours davantage. Elles endettent les contribuables pour des générations et des générations comme si la dette publique n'avait jamais de fond. Les médias vivent en cercles clos : toujours les mêmes visages : Duhamel, Elkabbach … La jeune génération couvre tous les supports : quand ils ne passent pas à la télé, ils sont à la radio. Puis ils tiennent les chroniques dans la presse papier. La justice diffère toujours les procès des politiques avec des dossiers qui se perdent dans les couloirs du temps en dehors de rebonds médiatiques dont on a de plus en plus de mal à voir des calendriers liés au seul hasard. Si le justiciable est une vedette médiatique, le procès devient symbolique comme si la peine avait alors été d'être convoqué devant le juge (dossier des rappeurs). Le président élu voit sa popularité chuter au second été. Le frisson des extrêmes sera agité pendant 4 ans et 8 mois avant de chuter brutalement par peur des conforts menacés. Les leaders se chauffent mais à distance. Aussitôt rapprochés, les bonnes manières du Club prennent le dessus. Les regards sympas entre eux de Macron et Mélenchon sont très expressifs : deux complices du jeu politique et non pas deux adversaires. Et ce circuit ne prend jamais fin. Chaque année c'est le début de la nouvelle saison : même scénario, mêmes résultats. Triste plaine d'un pays devenu une moyenne impuissance publique, qui n'a plus les moyens de peser sérieusement sur les dossiers clefs du moment (du climat à l'intelligence artificielle) mais qui croit avancer au gré des "déambulations collectives" et des cellules d'aides psychologiques. Effaré par les conditions du "réveil".

  • Dans mes carnets, la mention qui est manifestement fausse …

    Eglise SPV

    J'ai souvent fait référence à une méthode que je recommande aux jeunes générations : ouvrir des carnets pour noter des "leçons de vie" qui peuvent inspirer dans la durée. C'est un Professeur de droit qui m'avait suggéré cette pratique : Gustave Peiser. Un juriste de droit public remarquable avec une enfance hors du commun pour sa famille juive allemande vouée à fuir le nazisme. Sur ses conseils, j'ai débuté cette rédaction de carnets en 1975. Pour de nombreux constats, il m'a fallu le recul de nombreuses années pour vérifier la justesse d'une formule. Mais il y a une mention qui est manifestement fausse. On dit souvent qu'avec les années qui passent, les épreuves forgent une carapace. Pour moi c'est le contraire et j'ai encore pu le vérifier hier lors de l'enterrement de M. Jean Louis Bénis. Avec les années qui passent, chaque épreuve est comme une couche de peau qui part. Tout le contraire d'une carapace. Voir son épouse d'ordinaire si heureuse courbée sous la tristesse. Ecouter le témoignage très émouvant de son fils. Plus encore les séquences de vie évoquées par ses petits-enfants, Mélanie et Loïc, que j'ai connus dès leur petite-enfance. Tout cela fut très dur. Puis constater que sa tombe est sur la même rangée que celle de mes parents à égale distance entre celle de M. Menut et mes parents. Me recueillir sur la tombe de mes parents et voir Mme Gaduel à côté mettre en ordre les fleurs sur le tombe de son fils mort si jeune d'un accident. Très dure journée. Face aux tristesses l'âge ne protège manifestement pas. Il rend plus lucide donc plus fragile. Journée difficile.