Se souvenir, c'est la seule façon d'arrêter le temps. Temporairement. Mais régulièrement. Des souvenirs sont heureux. D'autres particulièrement tristes. Puis il peut y avoir des souvenirs où les deux sentiments se mêlent de façon étonnante. C'est le cas avec Ottawa. Elle a aujourd'hui 4 mois. Il y a deux ans, Aspen décédait. Une énorme tristesse. Même aujourd'hui, il m'est toujours difficile d'en parler ou d'écrire sans que la gorge ne se serre douloureusement. Nous avons beaucoup attendu avant de décider de retrouver une autre chienne briard. D'abord par protection de nous-mêmes : ne pas s'exposer à revivre une telle tristesse lors de la disparition. Mais le choix effectué nous apporte comme jamais connu jusqu'à ce jour une telle coïncidence d'attitudes que nous retrouvons tout ce que nous avions tant aimé avec Aspen (photo ci-dessous). C'est une beauté positive du souvenir jamais connu à ce point. Une belle façon pour cette jeune chienne de nous faire un très joli cadeau à son tour.
Auteur : Denis Bonzy
-
La crise de la génération qui voulait tout cumuler
La crise actuelle vient de loin. Elle était même souvent évoquée comme probable. Le calendrier était alors incertain. Depuis novembre, le calendrier est connu. Sur le fond, c'est la crise de la génération qui voulait tout cumuler. Le bon sens a quitté en conséquence la vie publique française. Avec humour, un juriste (Robert Viargues ancien Président du TA de Lyon) disait à ses étudiants : "vous ne cumulerez jamais les 4 P : Pouvoir, Pognon et Petites Pépées". Le "Pognon" c'était le domaine du privé, la vie des entreprises. Le Pouvoir, c'était le domaine du public (politique et administration). Et les "Petites Pépées" c'était le domaine du spectacle et des activités de ce type. Dans la culture française, chaque domaine avait ses règles. La personne aimant l'argent se consacrait aux affaires. Celle préférant le service public se consacrait à la politique et à l'administration … ce qui ne signifiait pas vivre "misérablement" mais sans ostentation matérielle. Or la génération politique actuelle a tout voulu : Pouvoir + Pognon + Petites Pépées. Culturellement, elle s'est mise hors jeu. Parce que pour les Français argent et politique ne sont pas un couple durable. Dans la conception large du "service public", il y avait de façon collatérale la notion d'une forme d'austérité matérielle. Surtout quand la crise économique est là. Il n'est pas possible de se considérer "bien représenté" par des personnes qui se "font du fric" par la représentation démocratique. C'est l'affaire Jouanno. La crise ne changera pas durablement de ton tant que les fromages de la République ne disparaîtront pas. C'est le véritable enjeu de la crise actuelle. Mais les politiques sont-ils prêts à se … réformer ?
-
Il manque des vrais premiers de cordées …
Hier et si Benjamin Griveaux était descendu dans la cour du Ministère pour faire face au lieu d'être évacué … ? Le vrai tournant de la politique en France c'est les années 90 avec la disparition de ceux qui avaient connu la seconde guerre mondiale et le vrai terrain. Dans des circonstances de ce type, imagine-t-on Pasqua ou Chaban quitter leurs ministères. Pasqua aurait retroussé les manches, descendu dans la cour et avec un accent plus méridional que jamais aurait crié "Oh petit, tu veux me parler, je suis là … !". Dans la crise, on parle aux tripes et pas à la raison. C'est ce qui fait défaut actuellement. Des 1ers de classes bien proprets habitués à réciter les fiches et les chiffres. Mais pas des premiers de cordées qui sont au contact de la paroi, prêts à se geler les mains pour tirer la cordée. Et instinctivement le peuple le ressent. La peur a changé de camp. C'est une donne majeure comme ces derniers jours les achats inhabituels de pates, de riz, d'huile … achats qui sont les meilleurs marqueurs d'un sentiment populaire que la crise peut devenir encore plus grave.
-
La compréhension est la source des indulgences nécessaires
L'un des problèmes majeurs de la période actuelle : la compréhension a quitté le champ des réflexes de base. Dans trop de cas, les comportements sont des blocs d'attitudes à prendre ou à laisser. Or il reste un formidable besoin de compréhension. C'est ce que je constate sur le terrain dans les contacts (photo ci-dessus : dialogue sur le terrain aux Mallets le 02/01/19). Chercher à comprendre c'est respecter autrui. Dans le fonctionnement d'un être humain, un moteur existe toujours. Il change selon les tempéraments : argent, besoin de reconnaissance, intérêts directs … c'est ce terrain là qui ouvre l'espace de l'entente. L'absence de moteur, c'est la définition même de la stupidité (à ce sujet livre remarquable chez les PUF sur les lois fondamentales de la stupidité humaine / 7 €). L'individu stupide est le plus dangereux parce qu'il échappe à la rationalité. D'où cette conclusion l'homme sait tout affronter sauf la … stupidité. Dans la vie courante, c'est un constat que chacun a pu faire. Mais les vrais stupides sont rares. Heureusement. De plus en plus rares. Si davantage de temps était consacré à chercher les raisons plutôt que d'immédiatement s'invectiver, les solutions et les résultats gagneraient probablement en rapidité. La compréhension est toujours la source des indulgences nécessaires pour fonctionner en groupe. C'est pour cela qu'il y a matière à s'inquiéter de la voir actuellement si fragilisée.
-
Les livres qui restent et ceux qui passent
La période de Noël est toujours agréable pour la lecture. Les livres sont de beaux cadeaux. Si on préfère le calme de la lecture à la fièvre des soirées de fêtes, c'est le calme absolu pour … lire. 5 livres : 2 recommandations très fortes. 1) La vie secrète des animaux : livre remarquable avec un auteur qui a le sens de l'observation. Un délice. 2) Belle réussite aussi le livre d'Yvon Chouinard (confessions d'un entrepreneur). Le témoignage de l'utilité des entreprises citoyennes. Une réalité trop sous-estimée en France. Ce sont 2 livres que je recommande tout particulièrement. Puis il y a les livres qui passent. 3) Le livre de Mike Horn sur l'Antarctique : moyen. Et deux fortes déceptions : le livre de Gonin sur Robert Kennedy : pour qui connait déjà un peu le cursus de RFK, on apprend rien. Et il y a des approximations assez irréelles. Et le livre "Devenir" de Michelle Obama, très probablement écrit par un auteur rémunéré. Rien de particulier. Banal. Un esprit "Jours de France" sans les photos. La différence entre les livres qui restent et ceux qui passent.
-
Et si le Pape était jeune, séduisant et moderne …
Nous vivons la chute des "dinosaures tétanisés". Toutes ces institutions qui refusent de s'adapter au monde moderne. Le premier socle de la crise, c'est de refuser de regarder les problèmes avec lucidité. Prenons l'Eglise catholique. J'ai fait toute ma scolarité dans des institutions catholiques jusqu'à l'université. Quand je l'évoque, je me crois obligé de mentionner que je n'ai jamais au cours de ces années été victime ou témoin de situations de nature à prêter à "confusion". C'est irréel. En pleine guerre (ou + plus pacifiquement en pleine compétition des religions), il faut que le Pape soit vieux, rétrograde, fermé aux arbitrages de nature à susciter des enthousiasmes parmi les jeunes. Compétition perdue. Imaginons un Pape jeune, séduisant, condamnant la pédophilie par des exclusions vives, acceptant le mariage des prêtres … beaucoup changerait dans l'attractivité de l'Eglise catholique. Même situation pour la politique en France. Dans une démocratie, aucun pouvoir ne gagne contre l'opinion. Même "dinosaure tétanisé". Imaginons si Macron avait engagé de vastes économies avant de les demander aux citoyens : suppression du Comité Economique et Social et traçabilité réelle sur les économies ainsi réalisées, Gouvernement de 16 membres, des vrais juristes nommés au Conseil Constitutionnel et non pas le placard doré à copains, les parlementaires reversant à un régime social pour seniors la cagnotte prévue pour leurs retraites qui sont des parachutes dorés … : la situation serait méconnaissable. Finalement dans la nature humaine, la vraie mutation n'intervient-elle que quand elle devient le facteur évident de survie ? Si c'est le cas, cette étape ne devrait plus tarder parce que les "dinosaures tétanisés" paraissent bien en état de coma avancé.
-
Rien ne doit calmer le doute
Qu'est ce qui est le plus effrayant actuellement en France ? Il n'y a plus d'espace pour le doute. Le doute, c'est le sens des nuances. C'est l'ouverture à des questions au moins collatérales. Maintenant en France, tout n'est que bloc d'affirmations sans le moindre doute. "Untel est nul… La sortie de l'Europe est la solution… Si les citoyens pouvaient tout décider tout directement, tout irait tellement mieux …" : le point d'interrogation a disparu de la grammaire française. Tout n'est que points d'exclamations. Péremptoires. Sans appel. Avec la période de Noël, un livre mérite la lecture (Yvon Chouinard : confessions d'un entrepreneur …"). Une leçon permanente : pour avancer, il faut … douter. C'est le doute qui permet d'apporter des réponses parce qu'une bonne réponse naît d'abord d'une … bonne question. Si la question est mauvaise, la réponse ne pourra être bonne, utile, efficace. Certes, des rendez-vous essentiels ont été ratés en France : l'entreprise citoyenne existe peu, la réelle confiance n'est qu'un mot, le sens du collectif a disparu, la qualité de la sobriété dans la consommation est contestée dans un cycle d'apparats probablement inédit à ce point … Tous ces travers sont démultipliés par la disparition du doute. Le doute mérite désormais un comité de défense car il est trop menacé en France. Il n'y a pas de … doute en la matière.
-
Le premier Noël d’Ottawa
1er Noël pour Ottawa. Adorable. Premiers cadeaux de Noël dont sa laisse et son collier d'adulte à venir. Une réelle émotion de retrouver tous ces réflexes qui font le charme des briards. Aspen (briard noir) nous manque tellement depuis bientôt deux ans.
-
Ottawa et son premier sapin de Noël …
Le premier sapin de Noël d’Ottawa. Curieuse et intriguée par les lumières tout particulièrement. Mais peut-être l’une des dernières fois que Marie peut la porter ainsi ? Elle grandit si vite …
-
#SurLeTerrain : #LesCombes2
Le dialogue sur le terrain est toujours très instructif. Aujourd'hui, le plaisir de retrouver, même sous la pluie, un hameau que j'ai toujours beaucoup aimé : les Combes. Il offre une vue magnifique sur la vallée et sur la chaîne de Belledonne. Un hameau au croisement de 3 Communes : le nord de St Paul de Varces, le Sud de Claix et l'Ouest de Varces. Un peu excentré de chaque pôle urbanisé, il en a un calme enviable. A 5 minutes d'une sortie de l'A 480, d'un coup, on a le vrai sentiment de ne plus être dans l'agglomération urbaine mais à la campagne. Une montée redoutée que nous avons pratiquée tant de fois en VTT en famille. Le souvenir d'être à la peine quand Jonathan et Thomas "changeaient alors de braquets". Puis la quiétude de ce plat à l'ombre avec une fraîcheur particulière même en plein été. Un moment très agréable.