Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • 30 ans !

    Sapin 03 02 19

    Hier, c'était la journée internationale des zones humides. Elles sont indispensables à la préservation d'espèces animales de proximité. Pour une fois, il y a de la cohérence dans l'agglomération grenobloise. Terriblement maltraitées par le projet de PLUi, ces politiciens professionnels locaux qui ne vivent que par les communiqués de presse et les auto-compliments ont été … discrets en la circonstance. Ils vont supprimer tellement de zones humides dans des villages de l'agglomération grenobloise, qu'ils ont "rasé les murs" hier alors que dans tant d'autres agglomérations les zones humides étaient à l'honneur car respectées ailleurs. C'est comme les arbres. Le sapin en photo ci-dessus a été planté par mes parents il y aura 30 ans dans quelques semaines. Avec Marie, nous faisons de même pour notre petit-fils. Le sapin planté à Noël 2019 est à ses débuts.

    Sapin de Léon 03 02 19

    On voit la différence de tailles. Dans l'agglomération grenobloise, je n'ai jamais vu autant d'arbres massacrés qu'au cours des dernières années. Des arbres âgés qui méritaient le respect faisant l'Histoire d'une place de village, d'un quartier, d'une vieille propriété … C'est totalement incompréhensible à ce point. Aujourd'hui, avec une légère couche de neige, les arbres sont particulièrement beaux. Si cette beauté pouvait être davantage partagée donc respectée, quel progrès serait accompli. 

     

  • Et la sortie, elle est où ?

    Leclerc 02 02 19

    La crise appartient à la nature humaine. Il y a toujours eu des crises. Mais la crise est aussi un marqueur de l'intelligence collective dans la capacité à sortir de la crise. Et là en France, cette forme d'intelligence est manifestement en panne actuellement. Tristement pour toutes les parties en cause. Pourquoi cette panne ? Au moins pour 2 raisons. 1) nous sommes entrés dans l'ère "post vérité". C'est une étape terrible. Elle signifie que l'on a même abandonné l'idée que la vérité puisse être … vraie. Le doute est partout. Et pourtant dans chaque sujet une vérité existe dans les faits, dans les chiffres. Mais beaucoup semblent s'ingénier à la cacher. Et ils y réussissent particulièrement bien. D'où le désarroi généralisé. 2) La mauvaise foi gagne tout. L'étiquette ci-dessus est affichée chez les Leclerc. Pas une ligne d'explication sur cette mesure. Le manichéisme règne. Le "mauvais Etat" impose la hausse des prix mais le "gentil Leclerc" (le supposé Zorro de défense contre les prix hauts) se bat pour en limiter les effets. A ce niveau, le mal est profond. Il peut même en France y avoir matière désormais à douter qu'une sortie de crise puisse exister pour de bon durablement. 

  • Du « tout se vaut » au règne du « c’est juste puisque beaucoup le pensent » …

    Aron Raymond 01 02 19

    Après l'égalisation des règles et des comportements, la France vit maintenant dans le règne de l'audience. C'est la dictature du nombre. Un sujet devient juste ou important parce que beaucoup le pensent. Au pays supposé historique de la raison, la raison perd du terrain chaque jour devant un chiffre magique : l'audience. Jusqu'où cet affaissement peut-il durer ? Cette semaine, Le Point consacre un long reportage à Raymond Aron. Enfin ! En quelques décennies, le pays de Raymond Aron, Jean Guitton, Sartre … s'est abandonné au vide. Dans la quasi-totalité des domaines. Même la musique. Qui oserait comparer les paroles des chansons de Bécaud, Brel, Dumont, Trenet, Aznavour … avec les Booba et Kaaris ? Et les films de Chabrol ou Melville avec Camping 3, 4, 5, 6 … ? Le pire, c'est que le nombre accepte à ce point que le parti pris de la bêtise puisse devenir le socle de la vénalité. Car c'est d'abord le règne des "faux cons", ceux qui ont fait le pari de la bêtise des autres pour faire carrière, pour devenir riches … et si souvent pour faire du fric à partir des français mais pour le dépenser ailleurs et sans le moindre grief aux yeux des français. Le palmarès des vedettes les plus populaires en France est truffé d'exilés fiscaux qui vivent notamment aux Etats-Unis, à Londres ou en Suisse. Un tissu manifeste de contradictions. Mais en France la mode n'est plus aux raisonnements mais à la résonance : faire du bruit et surtout susciter l'attention. Quel peut être le devenir d'un pays qui fonctionne sur de telles bases ?  La question se pose de plus en plus sérieusement chaque jour qui passe. 

  • Les matins où « vivre à la campagne » doit se mériter …

    DB neige 1 28 01 19

    Dans l'agglomération grenobloise, je suis très surpris par la tournure prise ces dernières années par le débat sur l'intercommunalité. Il y a une grosse dose d'ignorance et beaucoup trop de sectarisme géographique. De l'ignorance parce que des urbains qui le matin ont le choix entre la trottinette électrique, le tram ou le vélo pour faire 10 minutes de trajets entre le domicile et le travail (très souvent la fonction publique) ne cherchent pas à comprendre comment d'autres peuvent vivre. Et il y a un sectarisme souvent irréel, parce qu'ils ne veulent pas accepter que d'autres puissent vivre autrement qu'eux. Hier matin, la chute de neige a nécessité un maniement de la pelle à neige. La pluie avait durci sous la neige. 4 098 pas plus tard selon mon compteur Fitbit, la trace était correctement faite. Un moment que j'adore. Se lever vers 4 heures 30 du matin. Un silence total en dehors du bruit lointain du ruisseau et du vent dans les arbres. Les matins où "vivre à la campagne" se mérite. Le jour où les écolos des centres-villes donnant des leçons sur tout accepteront ce droit à la diversité dans l'agglo, le "mieux vivre" y gagnera significativement. Il y a encore beaucoup de progrès à faire. L'Histoire a appris que l'être humain protège ce qu'il aime. A constater la démarche méthodique implacable pour imposer la ville à la campagne ces dernières années dans l'agglomération grenobloise, il y a manifestement plus beaucoup d'élus sortants qui aiment encore la campagne dans l'agglomération grenobloise. Probablement aussi parce qu'elle demande des efforts qu'ils ne sont plus prêts à faire… 

  • Tempéraments gagnants !

    Christiane Ayache 2 26 01 19

    A Grenoble, la désignation de Mme Christiane Ayache comme "Madame Projet" est l'occasion pour moi d'exprimer les mots de l'expérience. Des femmes portent en elles la force de l'énergie et de l'enthousiasme dans des conditions irrésistibles. Dès mon enfance, j'avais éprouvé ce sentiment de découverte avec la force procurée par ma mère, cette poignée de mains sur le chemin de l'école passant tant d'énergie et de chaleur. J'ai retrouvé ces qualités avec mon épouse, Marie-Cécile, observant attentivement notamment sa fantastique passion positive mise dans l'éducation de nos deux fils.

    MCB John 22 11 17

    Sur le plan professionnel, que de succès auraient été impossibles sans la participation de Danièle Péguilhan avec une mécanique intellectuelle remarquable.

    07-Peguilhan dossier com

    Ou sans le goût de l'excellence au travail de Lydia Menut. Sur le plan politique, les mots objectifs de l'expérience imposent de citer notamment Marie-Josée Palacio, Sylvie Leborgne, Christiane Grimaldi, Marie Moussy : personne n'imagine l'énergie mise par elles dans la campagne 83. Seul un léger croque-monsieur à 13 heures pris sur l'angle du bureau en l'espace de 15 minutes était la "coupure" dans la journée de travail. Une campagne qui n'aurait jamais été la même sans Madeleine Maur, Marguerite Canolle, Suzanne Ferrand, Marie-Thérèse Phion. Une fois l'élection gagnée, la qualité du mandat n'aurait jamais été la même sans l'engagement des élus comme Eliane Bellot, Françoise Soldano, Françoise Paramelle. Un exemple concret parmi d'autres, le premier été (1983), Françoise Soldano a annulé ses vacances personnelles pour faire la tournée des centres municipaux des colonies de vacances. Un à un. Sur le terrain. Du jamais vu ! Il a souvent été question de la qualité de l'information d'alors, de sa créativité. Elle n'aurait jamais été identique sans Véronique Bouffard ou Béatrice Podico et toute cette belle équipe de Grenoble Mensuel, magazine en vente qui faisait envie à toutes les autres villes de France. Cette liste n'est pas exhaustive. Par avance, toutes mes excuses aux personnes pas citées. Sur le terrain du canton de Vif, lors de ma première élection cantonale (la campagne présentée comme ingagnable par définition), deux femmes ont été pour moi des surprises considérables. D'abord en tenant à m'accorder en plus de leurs heures de travail une aide énorme lors de cette première campagne cantonale (en plus d'habitants du secteur dont Martine Gouilloux au collage) : Monique Sacchi-Meunier et Christiane Ayache. Deux découvertes absolues. Deux femmes menues, quasi-frêles, élégantes, très urbaines dans leurs apparences. Mais le porte à porte à leurs côtés était un temps de dialogue fantastique : une sympathie exemplaire, une compassion réelle pour les problèmes exposés, une énergie inépuisable : des beaux tempéraments gagnants. Les coups de téléphone pour montrer leurs soutiens. Des moments qui ont créé chez moi une réelle et forte reconnaissance. Revoir aujourd'hui, Christiane Ayache engagée dans le combat grenoblois, c'est l'assurance d'un vrai professionnalisme, d'un sens du travail bien fait et d'une volonté à la solidité exemplaire. Avec l'âge, la seule référence doit être la vérité, sa part de vérité. Pas la complaisance. Encore moins un obscur intérêt. Et ma part de vérité, j'ai plaisir aujourd'hui à l'exprimer car c'est l'assurance d'un projet de qualité avec une coordonnatrice de ce talent et de cette rigueur.

  • Le pays où l’organisme public chargé en principe de gérer 31 % de son territoire est en … faillite !

    Arbres 20 08 17

    Les forêts en France c'est 17 millions d'hectares soit 31 % du territoire. Et depuis 1964, date de sa création, l'ONF (Office National des Forêts) a reçu des dotations d'Etat considérables. Mais l'ONF est en … faillite. Dans un rapport publié en 2014, la Cour des Comptes avait déjà qualifié de « très préoccupante » la gestion de la période 2009-2012. Elle estimait que l'ONF avait eu trop tendance à recourir à la dette, de surcroît pour couvrir des dépenses de fonctionnement. Elle notait, en outre, que l'ONF s'était dispersée dans des activités annexes impossibles à rentabiliser. A la suite de nouvelles révélations, son Directeur Général vient de démissionner. Et pour combler les trous financiers, l'ONF coupe les arbres avec zèle. Tous azimuts. Au moment où la forêt est considérée comme le socle contre le réchauffement climatique, la France coupe ses forêts à un rythme inégalé. Quelle plus triste caricature de la déconfiture d'un Etat qui bat les records d'impositions, d'endettements et d'échecs de gestion d'une gravité irréelle et le tout à partir d'une technostructure irresponsable.

  • Ces moments qui laissent des indices impossibles à dissimuler …

    Ottawa neige 24 01 19

    Ottawa découvre sa première neige. Aspen adorait la neige. Elle peinait à dissimuler les traces de ses coups de langue dans la neige. Ottawa est manifestement sur le même chemin. Et plus calmement, vu son âge, Chatham observe avec recul … Toujours des moments agréables à observer.

    Chatham 24 01 19

  • Et si la « démocratie à portée de la main » n’était finalement plus la … démocratie ?

    DB 20 01 18 (Copier)

    Rien ne peut remplacer les leçons du terrain. Il y en a une qui actuellement me marque beaucoup : le nombre de personnes très critiques sur un pouvoir local mais qui dans la foulée donnent la raison pour ne pas pouvoir l'exprimer à haute voix publique. Dans les années 80, après l'échec de la loi Marcellin sur les fusions de Communes, un ouvrage de Jacques Delors avait eu un succès considérable : "la démocratie à portée de la main". Dans la France centralisée d'alors, cet ouvrage était l'éloge de la proximité. Finalement l'analyse d'hier est peut-être devenue fausse : et si démocratie et forte proximité étaient difficilement compatibles ? Pourquoi ? Parce que dans la démocratie de proximité, une décision n'est plus anonyme. Et l'anonymat reste l'un des boucliers de la décision non arbitraire. Avant ces échanges sur le terrain, j'avais un marqueur qui m'intriguait : les audiences d'articles du Club 20 sur les réseaux sociaux. Plus les articles étaient critiques, plus les audiences étaient fortes et moins les mentions publiques "j'aime" étaient … nombreuses. Très souvent, c'est alors via la messagerie privée que les commentaires arrivaient : soutiens, exemples à ajouter, dossiers supplémentaires à évoquer … Et les personnes d'expliquer : un marché public, un emploi, un stage, une subvention pour une association … : autant de contraintes pour une expression publique bâillonnée. Cette réalité est à mon avis d'ailleurs une des explications des Gilets Jaunes. Dans le mépris du statut du citoyen, il y a beaucoup de reproches faits au local (par ailleurs gros décideur d'impôts) mais toute la facture est présentée au … lointain Etat car, face à l'Etat (Paris), l'anonymat est de retour, donc la liberté d'expression. C'est une triste réalité qui montre combien la démocratie de proximité doit encore progresser en France. 

  • De 17 à 563 voix

    DB démission 1994

    Je suis très surpris par l'actuel traitement de crise par la majorité en place. Elle manque de panache et dans la quasi-totalité des hypothèses sortira très affaiblie en conséquence. Dans une démocratie moderne, on ne s'impose pas au peuple. Dès que la légitimité est entachée, le seul arbitrage c'est le suffrage universel direct. Cela a toujours été ma conviction. Et d'ailleurs toutes les proportions gardées et à un niveau terriblement plus modeste, j'ai pu le vérifier il y a plusieurs années déjà. A cette époque, contestation par le battu sur la couleur de l'encre utilisée pour des votes par procuration dans des bureaux de votes totalement extérieurs à toute influence de ma part. Il pouvait y avoir débat sur les conséquences juridiques à donner. Le commissaire du Gouvernement, selon le terme de l'époque, évoque une irrégularité de nature à remettre en cause le scrutin. Il s'exprimait à 11 heures. A midi, la parole était rendue aux citoyens. 1 heure après, ma démission était officialisée. Sans attendre le jugement ni même chercher à actionner une voie de recours. 1 mois plus tard, les 17 voix d'écart étaient devenues 563 voix d'écart. Emmanuel Macron devrait retourner devant les électeurs et il serait ré-élu très largement. La dissolution de l'assemblée nationale c'est une étape de plus dans la fragilisation. Le débat, c'est une immense pagaille à venir. Celui qui est contesté, c'est Emmanuel Macron. Si les citoyens n'en veulent plus, c'est un garçon talentueux qui ira faire des affaires et sa vie sera agréable. Et si les français le confortent, les GJ seront contraints de respecter le suffrage universel. Dans 3 mois au plus, on est sûr d'y voir clair. Et la démocratie, qui suppose de toujours passer et respecter le seul choix des urnes et seulement ce choix là, y gagnera. Tout le reste c'est du temps perdu et surtout de la paralysie liée à la crise. 

  • Les angles morts de la démocratie

    Gilets Jaunes 2 22 11 18

    Hier matin, le vrai séisme en France n'était pas dans l'annonce du 9 ème samedi des GJ mais dans la publication du baromètre de confiance du Cevipof. Du jamais vu. Depuis 10 ans, la "température" est prise sur des bases techniquement solides et là, pour la première fois à ce point, la crise est partout. Elle a tout gagné : de la morosité à la défiance en passant par le discrédit à des niveaux rarement atteints. Plus une situation est grave, plus elle est complexe, plus il faut s'en remettre à des idées simples. Pour l'essentiel, elles sont au nombre de 5. 1) L'existence d'une crise n'est pas exceptionnelle. La notion de crise est même liée à toute activité humaine. Ce qui est important ce n'est pas l'existence d'une crise mais la capacité à une sortie rapide de crise. 2) Dans une démocratie, en cas de crise, un pouvoir ne gagne jamais contre le peuple. Si un pouvoir parie sur l'usure et si l'usure n'intervient pas, il vaut mieux retourner le plus rapidement devant les électeurs. 3) Pour qu'un système soit respecté, il faut qu'il soit respectable. Or depuis un nombre élevé d'années, le système politique français a sombré dans des travers répétés qui lui ont fait perdre sa respectabilité aux yeux d'un nombre croissant de citoyens. 4) Un système non respecté peut quand même rester en place s'il donne des résultats positifs pour le grand nombre. Or en France, les résultats font défaut. Au pays de l'impôt le + élevé et de la dette la + lourde, chaque pan du secteur public semble défaillant. 5) Toutes ces réalités anciennes sont amplifiées, accélérées par les réseaux sociaux qui chassent les angles morts de la démocratie. On va y chercher ce qu'on n'a pas trouvé dans les réseaux professionnels classiques. Et dès qu'on y trouve une information qui conforte son sentiment initial, elle est démultipliée. C'est une spirale terrible. Plus le pouvoir s'éloignera de ces réalités de bon sens, plus la température collective risque de monter. Et d'escalade en escalade, il deviendra très peu probable que des décès soient toujours évités. A cette étape dramatique là, l'émotion chasse totalement la raison. Chaque samedi on s'en rapproche de plus en plus dangereusement.