Je ne suis pas l'auteur de ce titre. Dimanche 17 février à 19 heures 51, j'ai reçu un mail avec ce titre. Et l'auteur qui se reconnaîtra exposait le choc qui était le sien à la disparition d'un élément matériel qui avait été un repère de son hameau depuis sa plus tendre enfance. Et avec un article émouvant, l'auteur a choisi ce titre : "vol de souvenirs". L'un des chocs actuels dans l'agglomération c'est la difficulté d'équilibre entre ceux qui ont connu de longue date un village et ceux qui viennent juste de le découvrir en ayant parfois à l'idée que le départ serait inéluctable prochainement. Il y a un équilibre à trouver. Un village ne doit pas être un musée. Mais un village doit aussi garder des repères du passé. Sans l'effort pour trouver ce point d'équilibre, il y a des sentiments d'agressions : vol de souvenirs. C'est l'une de mes surprises à la lecture des commentaires dans le cadre du support de dialogues qui fait actuellement l'objet de réponses en nombre inattendu : par exemple combien des parents ou d'ex élèves du Groupe Scolaire Les Epis d'Or font référence aux souvenirs des champs, au calme … C'est une âme forgée dans l'histoire qui mérite davantage de respect qu'actuellement.
Auteur : Denis Bonzy
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Biodiversité : la mal aimée dans l’agglomération grenobloise
En Allemagne, la ministre de l'environnement vient d'annoncer la présentation prochaine d'une loi pour sauver les insectes et les espèces animales de proximité. Dans la seule Bavière, une pétition avait recueilli plus de 2 millions de signatures. Les espèces animales et les insectes disparaissent actuellement à des vitesses records. L'un des facteurs, c'est l'urbanisation croissante accélérée de territoires de proximité. Il y a des endroits où les oiseaux n'auront plus d'arbres pour se poser. Comme les abeilles n'auront plus de fleurs pour se nourrir. C'est simple. En livrant des prairies au béton et au bitume, des élus amplifient cette catastrophe en cours. Et de façon irréversible. Des organismes perçus comme indépendants ont une très lourde responsabilité morale quand leurs observations fluctuent en fonction des auteurs des opérations et non pas de l'objet de l'opération. Prenons le mauvais exemple de la LPO38. En 2009, elle s'élève à juste titre contre la bétonisation du Villarey (St Paul de Varces). Qu'écrit-elle lors de l'enquête publique d'alors : « … que le projet se situe dans un corridor qui doit être protégé, que l’infrastructure routière est inadaptée, gérer de façon raisonnable l’augmentation de la population (20 habitants par an en moyenne) … ». Sa responsable d'alors Danièle Lieutaud est désormais Conseillère Municipale. Elle est maintenant pour le projet et elle a même beaucoup tenu le registre lors de l’enquête publique 2017 visant à faire approuver le projet… Et après des personnes s'étonnent du discrédit qui peut frapper des élus et des commentaires qui peuvent entourer certaines opérations immobilières. La mobilisation pour la biodiversité doit être une absolue priorité. Elle ne doit plus rester la mal aimée dans l'agglomération grenobloise dans tant de Communes exposées à l'urbanisation densifiée du PLUi comme à St Paul de Varces, à Brie et Angonnes, à Claix, à Varces, à Vif …
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64 € le m² constructible : c’est quand même un chiffre qui mérite des explications précises qui ne viennent toujours pas …
Quand cet après-midi, on passe à proximité du Groupe Scolaire Les Epis d'Or au hasard de la récréation du milieu d'après-midi et qu'on constate la joie des enfants avec cette Ecole au milieu des champs dans un lieu dédié totalement sécurisé, on se demande comment il est possible que des élus puissent avoir la volonté de remplacer les prairies voisines par du béton et du bitume. Et à 64 € le prix du m² constructible vendu à un opérateur immobilier ! Qui a acheté sur St Paul de Varces, ces dernières années son terrain constructible à 64 € le m² ? Et il est question d'un permis de construire délivré fin avril 2019… Dans la dernière année avant de rendre la parole aux habitants de St Paul. Qui peut rester insensible à une telle réalité irréversible ?
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St Paul de Varces : décès de Marinette Berlioux, ancienne Présidente du Club des Anciens
Marinette était probablement la personne qui connaissait le mieux les chemins de St Paul. Pendant des décennies, cette passionnée de la marche pouvait être croisée sur les chemins de cette belle Commune. Par tous les temps. Pluie et neige ne l'arrêtaient jamais. Faire alors une halte pour parler un moment avec elle était d'abord l'assurance d'un large sourire car Marinette était très accueillante. Elle adorait St Paul. Pendant de nombreuses années, elle a présidé avec dévouement le Club des Anciens. Une responsabilité si naturelle pour cette femme dont la famille est ancrée sur St Paul depuis si longtemps. Très énergique, fluette, elle avait toujours un mot gentil. Elle symbolise le beau dévouement bénévole qui fait la force des villages. Ces localités où chacun s'appelle encore par le prénom. Un très joli prénom qui lui convenait si bien : Marinette c'est à dire "petite Marie". Parmi les habitants de notre Commune, il y a beaucoup de tristesse aujourd'hui. Toutes mes condoléances aux membres de sa famille.
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Les déséquilibres en marche
Hier sur Pont de Claix se tenait une réunion sur le devenir de l'ex Collège des Iles de Mars. C'est un dossier très concret qui montre combien l'actuelle crise de confiance est justifiée. 1) Quand il est décidé de reconstruire le Collège Moucherotte, toutes les parties, dont la ville de Pont de Claix, s'engagent à l'existence durable de 2 collèges : Moucherotte + Iles de Mars. J'étais Conseiller Général à l'époque et j'ai tous les écrits clairs. 2) Sur ce secteur Sud de l'agglomération, à périmètre constant de territoires, la population est passée de 34 374 habitants (2 000) à 39 277 habitants (2018) = + 15 %. Qui peut sérieusement défendre que lorsque la population augmente de + 15 %, il y a matière à supprimer un collège de proximité (passant de 5 à 4) ? De plus quand la croissance démographique annoncée dans ce secteur bat tous les records. 2 exemples concrets : les tranches de la ZAC des Coins à Varces = 480 logements annoncés (cf réunion publique du 26 octobre 2016) et St Paul de Varces (le Villarey) = 130 à 150 logements annoncés sur les 2 premières tranches. Tout craque. Et pour avoir l'expérience de la construction de collèges, c'est un temps long : acheter un terrain, préparer les dessertes, le concours d'architectes puis celui de la construction, puis la carte scolaire de l'Etat, les effectifs d'enseignants … Sous les yeux, c'est l'exemple d'une parole publique totalement violée et d'une impréparation absolue de l'avenir à court terme. Comment un système qui dysfonctionne ainsi pourrait encore avoir des défenseurs ? C'est impossible. Comme hier soir quand sur LCI la personne faisait remarquer qu'elle payait de plus en plus d'impôts pour faire fonctionner des services publics de proximité qui … ferment. Avec de tels dysfonctionnements, c'est une réelle crise de régime. Et les citoyens ne sont plus dupes d'une mal-gestion qui est insupportable.
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Réfléchir surtout à la façon de ne plus vivre
Il y a une semaine sur la Commune de St Paul de Varces, nous engagions un dialogue via un document composé de près de 50 questions liées à la vie quotidienne. J'ai connu déjà plusieurs initiatives de ce type. En les comparant, pour la première fois, des caractéristiques nouvelles apparaissent. 1) D'abord la réactivité. En une semaine, les retours sont nombreux. Cela montre le décalage qui peut exister entre cette réactivité individuelle et la lourdeur d'administrations qui mettent tellement de temps à répondre, quand elles … répondent. C'est un fossé tel que les délais des administrations deviennent insupportés. 2) L'importance des commentaires. Les personnes qui s'expriment savent exactement ce qu'elles ne veulent pas vivre. Et elles l'expriment de façon très motivée. 3) Elles ne voient pas pourquoi des élus pourraient leur imposer ce qu'elles ne veulent pas. Sous ces deux derniers volets, c'est une forme remarquable de maturité. C'est aussi la démonstration d'une étape nouvelle dans la démocratie dite représentative. Il ne s'agit plus de déléguer le pouvoir. Il s'agit de fixer les modalités pour un réel exercice du pouvoir impliquant toujours le citoyen entre deux élections. D'où la décomposition des appareils politiques anciens qui fonctionnent toujours sur les anciens logiciels. La présidentielle 2017 et les législatives dans la foulée ont peut-être été insuffisamment analysées comme véritable début d'une séquence nouvelle de démocratie. Ce sont peut-être des scores moins ponctuels, moins accidentels que ceux souvent imaginés … ?
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Quand la parcelle de lumière chez un autre fait perdre la raison
La jalousie est un lien tenace. Ses conséquences sont nombreuses. L'une d'entre elles mérite une attention particulière : la place excessive laissée aux humeurs. Les humeurs sont en train de tout gagner dans la vie politique française. Elles gagnent d'autant plus qu'il y a désormais un vide quasi-dramatique de talents. Aux Etats-Unis, la primaire Démocrate débute. C'est un arc en ciel de talents. Depuis l'ex professeur de droit à Harvard (Elizabeth Warren) à la jeune Gouverneure d'Hawaï (Tulsi Gabbard / photo ci-dessus) en passant par un ex- VP (Joe Biden) ou des entrepreneurs comme Bloomberg ou Schultz. Ils seront nombreux sur la ligne de départ. Donc la compétition sera belle. Comment une compétition peut-elle être belle si elle manque de … compétiteurs ? Les caractères sont très différents. Les parcours professionnels ont existé en dehors de la politique. Donc les intéressés connaissent la vraie vie. Les âges diffèrent. Les femmes sont dans la course sérieusement. Nombreuses. Motivées. Chaque déclaration de candidature est d'abord l'exposé de priorités claires. Bref, la démocratie vit. Parce que la démocratie c'est d'abord la diversité. Donc la liberté du choix. Et en France, dans le même temps, c'est le règne du pouvoir de nuisances. Surtout avec les réseaux sociaux devenus si souvent d'abord un déversoir de haines. L'un des pays historiques de la démocratie s'enfonce ainsi quasi-naturellement dans ce qui peut exister de pire : la violence, l'anonymat, les casses, la haine … Une ambiance irréelle où la parcelle de lumière chez un autre fait perdre immédiatement la raison. Son argent. Sa voiture. Ses idées. Son commerce. Son statut … Un jeune Président talentueux (même si on n'adhère pas à ses idées) suscite une détestation qui épargnait son prédécesseur à la nullité référente. Sa femme, pour son âge, fait l'objet de moqueries scandaleuses. D'une indignité absolue. Et les parlementaires deviennent d'abord les porteurs de voix des écuries présidentielles potentielles à venir. Il ne leur viendrait pas à l'esprit d'exister par eux-mêmes. Ils sont l'ombre. En quelques décennies, la France ne serait-elle pas devenue le visage de ce qu'une Démocratie peut réserver de moins attractif ? Pourquoi à ce point ?
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L’isère ou ce territoire avec ces élus qui n’aiment même plus Tintin …
Le 2 février 2019, il y a une semaine, c'était la date anniversaire du décès d'Haroun Tazieff. 21 ans ! 21 ans pendant lesquels le Département où il a été élu a trouvé le moyen de ne jamais célébrer une seule manifestation en sa mémoire ! Irréel. Une semaine d'attente pour bien vérifier ce silence. Pourtant, Tazieff avec Cousteau, Frison-Roche, Alain Bombard, c'est l'un des premiers à avoir compris que la science devait être accessible, partagée, comprise. C'est une réputation internationale. Mais il y a un territoire qui veut effacer sa trace : l'Isère. Dans un premier temps, même si c'est une forme de sectarisme intellectuel peu honorable, il était question d'une gauche qui ne lui pardonnait pas d'avoir participé à battre la … gauche localement. Il avait gagné son canton contre Fugain père et participé à la ré-élection de Carignon en 1989. En Isère, c'est très instructif de constater qu'il y a une part de gauche qui s'enrobe dans la tolérance mais à la condition de célébrer ceux qui pensent comme … elle. Sinon c'est plus délicat…. Mais depuis 2015, le Département a changé d'ancrage politique. Il a été saisi de propositions, de contacts pour célébrer la mémoire de Tazieff … Rien n'y fait. Tazieff doit être oublié, marginalisé. Là, une autre clef d'interprétation doit être trouvée. La mienne, c'est qu'il y a une partie de génération locale qui ne se résigne pas à la comparaison tant elle est dramatique en leur défaveur. Quand on compare l'audace de Tazieff sur des sujets locaux avec la petitesse d'actuels coups de com éphémères, ce n'est pas la même division. Une partie de cette génération n'aime pas Tintin. Car Tazieff, c'était d'abord Tintin, l'aventure, l'audace, la Liberté. Ils n'aiment pas davantage l'Homme de Rio qui bouge, qui se casse la figure, qui rebondit … Car Tazieff, c'était Tintin + l'Homme de Rio. Ils aiment leurs pairs professionnels de la politique pour gagner le confort matériel qu'une carrière dans le privé ne leur a jamais donné. Ils n'aiment pas la Liberté parce que la Liberté c'est la fraîcheur de la compétition et la compétition leur fait peur. Vive Tintin. Vive l'Homme de Rio. Donc vive Tazieff. Et la satisfaction, une année de plus, de se différencier en célébrant sa mémoire sur ce blog.
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Seule la fin éclaire l’histoire
La stupéfaction la plus totale devrait actuellement entourer un constat simple : comment l'un des pays aux impôts les plus élevés et à la dette la plus lourde fait-il pour avoir autant de services publics qui paraissent moribonds ? Et seconde stupéfaction, cette question n'est actuellement posée nulle part dans les débats. Pourquoi ? Parce que les tenants du système reprennent en main le dispositif. Il ne s'agit plus de débats mais du bal des pleureuses. Et, une fois de plus, pour gagner la paix, le pouvoir en place cède à cette démagogie ambiante du "toujours plus de dépenses publiques". C'est la surenchère permanente du "j'ai pas les moyens !". Mais comment font les autres pays en imposant moins et en s'endettant moins ? Au rythme actuel, l'opération des Gilets Jaunes s'annonce catastrophique pour le pays. Elle a débuté sur le thème du "trop de taxes" et elle va terminer sur le refrain du "davantage de dépenses publiques". La France baigne dans l'illusion. Mais finalement à voir les débats tant de citoyens français semblent se contenter d'être … achetés : une aide publique par là, l'octroi d'un privilège présidentiel par ailleurs … Si la fin est celle qui commence à s'annoncer, l'opération des Gilets Jaunes peut laisser craindre une terrible parenthèse à ce rythme.
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« Vous verrez quand vous ne serez plus bondissant d’étage à étage … »
Samedi, dans la neige, l'une de mes chaussures préférées de randonnée a rendu l'âme. J'espère que la colle U va faire l'un de ses miracles habituels. Mais rien ne parait garanti tant elle est usée. L'enseignement majeur du terrain est ailleurs. https://cdn.embedly.com/widgets/platform.js« >En 40 ans, je n'ai jamais vu des chemins aussi abandonnés, détériorés, transformés en ruisseaux. Et dans ces ruisseaux j'ai beaucoup bataillé samedi. Dans de telles circonstances, les souvenirs sont toujours intéressants. J'ai repensé au mercredi 10 janvier 1990 (date précise vérifiée depuis sur mon agenda). Ce soir là à 19 heures, en mairie de Vif, se déroule une réunion de l'association des maires du canton de Vif. A la sortie de la réunion vers les 21 heures, sur le parking, je trouve mon prédécesseur (Michel Couëtoux) très fatigué. Nous parlons un moment ensemble et nous décidons d'aller au Picaban en face de la mairie prendre un café et un croque-monsieur. Un moment très sympathique. Nous reparlons de la campagne électorale de l'année précédente. Et avec l'écart d'âges (Michel Couëtoux était alors dans la moitié supérieure de ses 50 ans), il a une formule qui me marque évoquant le porte à porte effectué alors et sa surprise devant ma ténacité : "vous verrez quand vous ne serez plus bondissant d'étage à étage …". Samedi, cette formule a souvent été présente dans mon esprit dans l'eau et la neige … Il y avait manifestement beaucoup de vérité et de sagesse dans son expression d'alors.