Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Bordeaux : le Vancouver à la française

    Bordeaux 09 03 19

    A l'occasion du départ d'Alain Juppé de la Mairie de Bordeaux, c'est dommage que les médias n'aient pas consacré davantage de temps sur la trajectoire de Bordeaux. C'est une ville qui depuis 2007 a mis le cap sur la qualité de l'environnement. Ne pas oublier qu'à l'été 2007, Alain Juppé a été un bref ministre de l'Ecologie. Poste qu'il avait accepté et occupé pendant 1 mois avec à cette époque des idées très novatrices. Cette ville, comme Vancouver qui est une référence internationale indiscutée, montre que la vraie écologie, celle qui sert l'environnement, c'est tendre vers l'harmonie. L'harmonie c'est le respect du patrimoine ancien. C'est la conciliation économie et écologie et non pas l'écologie contre l'économie. C'est une ville propre, esthétique, qui de la place à la nature (eau et verdure). Le véritable tournant a été 2007 – 2012. Parce qu'il y a eu à cette époque une convergence totale des efforts. L'Etat dont le Préfet de Gironde, Patrick Stefanini, travaillant en symbiose avec Alain Juppé. C'est une période où il y avait des panneaux de chantiers à chaque coin de rue avec des aides de l'Etat considérables. C'est aussi un patriotisme local : le bordelais est fier d'être … bordelais. Une agglomération qui ne divorce pas avec sa ville chef lieu mais qui respecte la diversité de ses territoires. Ce sont les socles d'une métropole européenne qui ne cherche pas les classements mais qui les gagne avec humilité comme si c'était … naturel. Le visage d'une France qui gagne. Dans la discrétion. Mais dans l'efficacité. Beaucoup d'enseignements à tirer de la remarquable réussite de Bordeaux. 

  • St Paul de Varces : déchetterie de proximité : le compte n’y est pas. Et de loin !

    Dechetterie photo petition octobre 2018

    J'ai signé la pétition pour garder une déchetterie. Une déchetterie aujourd'hui se compose des fonctions suivantes : papiers, cartons, encombrants, métaux, bois, gravats, végétaux, ampoules, piles, cartouches d'encres, huiles, produits toxiques, produits électriques, capsules de café, électroménagers. Bref, une grosse quinzaine de fonctions. Sur 15 fonctions, 1 seule est "sauvée" : les végétaux. Et encore, à l'issue d'une période tests. Et il faudrait "crier victoire". C'est irréel. Il faut quand même accepter de vivre dans la réalité. 14 fonctions sur 15 sont supprimées. Et la pétition aurait … gagné. Avec de tels décalages, nous entrons dans une comédie politicienne qui est très grave sur le fond. J'ai signé pour garder la déchetterie. Le texte signé était clair. La municipalité et les organisateurs de cette pétition doivent honorer les signatures données. La déchetterie de proximité dans la totalité de ses fonctions doit être maintenue. Nous avons défendu une déchetterie. Nous n'avons pas signé pour une végetterie. Il y a toujours des candidats pour accepter d'être abusés par militantisme. Mais ceux qui ont l'esprit libre et pour qui les mots ont encore un sens constatent à regret que le compte n'y est pas et de loin.

  • Regarder l’autre, le considérer, se mettre à sa place …

    25178_380065667483_308353252483_4242424_3680796_n

    Je fais souvent référence à des ouvrages clefs à mes yeux. Primo Levi (Si c'est un homme) est un auteur hors du commun. Il a le regard sain et juste de ceux qui ont connu l'enfer. Ceux qui passent à côté de son oeuvre sont de réels malchanceux. Son oeuvre est la plus belle expression sur la nécessité permanente de regarder l'autre, de le considérer, de se mettre à sa place. Un extrait "… que celui qui peine dans la boue, qui ne connait pas de repos, qui se bat pour un quignon de pain, qui meurt pour un oui ou pour un non, considérez si c'est une femme que celle qui a perdu son nom et ses cheveux, et jusqu'à la force de se souvenir, les yeux vides et le sein froid, N'oubliez jamais jamais que cela fut ... "un père, une mère, un frère, une soeur … . Tout est dit. Quand ce réflexe est installé, permanent, beaucoup de choses changent. Le jour où chacun le partagera pour la cause des femmes dont la lutte contre les violences, un immense progrès sera accompli. Y penser aujourd'hui tout particulièrement, date de la journée de la femme. Mais également en permanence à tant de petits riens, une politesse, une aide, un regard sympa  qui font pourtant d'immenses changements dans le quotidien de personnes parfois si lointaines. 

  • Les mots de la vraie vie

    Léon tracteur Ottawa 07 03 19

    Grâce aux réseaux sociaux et à la diffusion des informations ainsi assurée, la fête des grands-mères dimanche a donné lieu à un éventail superbe de formules. L'une des + amusantes : "mamie t'es belle comme un tracteur !". Notre petit-fils n'a pas encore l'âge pour la prononcer mais il n'est pas à exclure qu'elle arrive assez vite dans sa pensée puis dans ses mots. Quand il est avec nous, tout tourne autour des … tracteurs. Conseil aux jeunes parents : n'oubliez jamais de tenir un carnet des mots des enfants. Avec le recul, la bonne humeur est garantie.

    Léon tracteur bis 07 03 19

  • Chronique de la crise annoncée …

    BC 19 08 18

    L'actuelle période marque un enfoncement dans la crise en France qui est d'une extrême gravité. Depuis la seconde guerre mondiale, nous sommes à la quatrième génération. La première au lendemain de la seconde guerre, c'est la génération des héros. Ils ont connu l'enfer. Ils ont été capables de résister. De reconstruire. De poser les jalons pour éviter la répétition. La seconde génération (années 70), c'est la "génération artiste". Elle se déconnecte des réalités. Elle "veut vivre peace and love". 68 et son cortège d'illusions. La troisième (début des années 2000), c'est la génération nomade. Elle découvre la planète. Elle peut vivre à l'international dès les études … Les frontières ont moins de sens pour elle. Et la quatrième génération depuis 2015, c'est la disparition de la génération des héros pour cause d'état civil à quelques exceptions près et c'est le dramatique cumul des deux suivantes : les artistes et les nomades. C'est d'ailleurs un lien très instructif, des artistes célébrés par les Français sont souvent des nomades vivant à Londres, à Miami, à San Francisco mais vivant grâce aux produits vendus en France. Le produit de ces deux cultures, c'est la "génération crise". Pas de sacrifice. Pas de racines. Une capacité à s'extraire des réalités qui est revendiquée. Celui ou celle qui vit dans le réel est un réac ou un "con". Elle ne veut pas de "règle du jeu collectif". Dès que ça ne va pas, c'est la "faute du système" ; ce qui est la dé-responsabilisation individuelle la plus totale. Chacun s'apitoie vite sur son sort mais pas en réalité sur le sort de l'autre. Elle privilégie le ludique (dont les loisirs) face au travail. Le matériel immédiat ostentatoire face à l'effort austère. Avec une telle mentalité assumée, la crise est incontournable. Elle est là. Avec de tels repères, il n'y aura pas de sortie de crise. La "génération des héros" ne suçait pas les caprices de l'opinion. Aujourd'hui, à force de renoncer même de tenter de convaincre pour défendre une idée hors du culturellement correct, quelle chute. Pas un dossier qui désormais en France ne se présente plus positivement qu'il y a quelques années. C'est une drôle façon d'entrer dans le futur. Et le pire dossier c'est l'incapacité à changer le système pour se préparer à un dérèglement climatique qui est le défi collectif ultime. Il est engagé. Mais tout est fait pour l'ignorer. Nous sommes bien entrés dans la chronique de la crise annoncée. 

  • Quand l’apparence devient plus contagieuse que la grippe …

    Dechetterie 25 02 18

    J'ai signé la pétition pour le maintien d'une déchetterie de proximité sur St Paul de Varces. Comme maire et comme Conseiller général, j'ai toujours travaillé en faveur de telles déchetteries de proximité. Les faits sont là pour en attester. Aujourd'hui, je prends connaissance d'un communiqué qui sent terriblement la manoeuvre électorale. Je n'ai pas signé la pétition pour être instrumentalisé. Le samedi 15 décembre 2018, j'ai d'ailleurs indiqué de vive voix aux organisateurs de la pétition l'esprit et la raison de ma signature. Avec cette précision sur l'honnêteté de la démarche. Les signataires de bonne foi comme moi ne doivent pas être instrumentalisés. Dans un Etat de droit, si une décision d'une collectivité publique est modifiée, la délibération de base doit être corrigée en conséquence. C'est le contenu des délibérations qui précise la réalité matérielle et juridique de faits. Le 5 avril 2019, il y a une séance du conseil de la Métro, ce sera le lieu et le moment de vérifier si la modification nécessaire est apportée. Pour les personnes comme moi qui ne dépendent pas de la politique ni matériellement ni psychologiquement, nous avons un enjeu fort : défendre les actes. A ce jour comme contribuables, nous finançons une nouvelle déchetterie sur Varces pour un montant de  2 464 786 € TTC dont 325 786 € pour le foncier.  Ce chiffre a été voté. Le permis de construire est en cours d'instruction sur ces bases. Si des fonctions de cette déchetterie sont retirées, cet investissement doit être révisé à la baisse. Et si des déchetteries de proximité doivent être maintenues alors qu'elles étaient hier fermées parce que plus aux normes, un autre chiffre d'adaptation aux normes doit être publié, délibéré par l'instance compétente. Si l'apparence d'une évolution s'éloigne trop de la réalité légale des faits, notre vie publique ne retrouvera jamais le sérieux qu'elle n'aurait jamais dû perdre et qui contribue à créer l'actuelle crise générale. Quand les apparences deviennent plus contagieuses que la grippe, en s'éloignant du sérieux nécessaire, les réveils sont toujours douloureux. Aujourd'hui si les informations qui circulent doivent être prises avec considération, la Métro doit : 1) modifier sa délibération du 9 février 2018. 2) Suspendre la procédure du permis de construire sur Varces. Faute de ces deux actes, tous ceux qui contribuent à alimenter des apparences instrumentalisent les signataires de bonne foi et ne servent pas l'issue finale positive de ce dossier. Chacun doit avoir conscience de ces réalités. 

    Dechetterie Varces

  • Climat : la réelle montée des risques : où sont passés les ruisseaux de neige ?

    Avalanches février 2019

    L'actuelle impréparation en France face à la montée des risques liés au dérèglement climatique est stupéfiante. L'Etat alerte ses directions locales qui alertent à leur tour les collectivités locales qui alertent … : bref, le jeu du mistigri que chaque maillon passe à l'autre. L'action existe au moins sur le papier par l'alerte passée. Mais dans les faits, très souvent rien de concret. Or il faut regarder la réalité des faits des dernières semaines. D'ordinaire, à partir de février, avec le vent du sud, le spectacle provient sur des périodes longues des ruisseaux de neige que forment les avalanches. Cette année, une seule journée pour observer les avalanches : le 2 février. Et il y a eu seulement 9 jours de neige pour des épaisseurs faibles à basse altitude (23, 24, 28, 30 et 31 janvier, 1, 2, 3 et 11 février). Et sur février plus de 10 jours à + de 10 ° ensuite au-dessus des moyennes saisonnières. A ce rythme, les ressources en eau sur la période délicate d'été seront à rude épreuve. Surtout quand dans le même temps, lorsque la ressource diminue, la population … explose souvent. Qu'est ce qui est fait face à cette réalité ? Rien. Les couches d'instances qui s'ajoutent se passent la balle mais à la fin rien. Pas le moindre acte. Quand on compare cette réalité aux actions engagées dans d'autres pays (Canada, Australie …), le choc du climat en France dans de nombreux territoires s'annonce très rude. 

    Neige kanvier 2019

  • A quand la fin du pourquoi le faire si la collectivité peut le faire … ?

    Ecureuil 10 08 17 (Copier)

    Pour maintenir en France des filets historiques élevés de protections sociales en diminuant la pression fiscale, il y a un changement radical indispensable des mentalités plaçant l'action publique dans une logique de subsidiarité : n'intervenir que lorsque l'action des citoyens est impossible. Prenons l'exemple du mois de février supposé être le mois pour célébrer la biodiversité par la protection et la promotion des zones humides. La biodiversité c'est notamment la défense des animaux sauvages de proximité. Les chiffres officiels sont dramatiques concernant la situation des espèces animales sauvages de proximité en France : – 60 % de moineaux depuis 10 ans, un tiers d’alouettes des champs disparues en 15 ans …, en moyenne les populations d’oiseaux ont perdu un tiers de leurs effectifs sur les 15 dernières années. Et les chiffres pourraient défiler longtemps sur le même registre. Où se pose une mésange quand il n'y a plus d'arbre ? Où va se désaltérer un écureuil quand des immeubles font une barrière de béton et de bitume au lieu de l'ancien corridor naturel pour accéder à un point d'eau ? En février 2019, près de 2 000 actions de sensibilisation sont intervenues sur le plan français. Dans d'autres pays, ce mois international a connu des chiffres considérablement plus amples. Pourquoi ? Parce que l'action citoyenne individuelle était là et démultipliait tout. L'attente est forte. Par exemple dans l'agglomération grenobloise, la semaine dernière la très belle initiative de "la nuit de la chouette" sur St Paul de Varces conduite par la LPO 38 et une association locale. A cet exemple, le vrai tournant c'est quand les citoyens se diront : "je peux le faire et peu importe si la collectivité ne le fait pas. Mon action + celle de mon voisin + …. : nous serons déjà très efficaces". Le samedi en début d'après-midi, je suis l'un des clients assidus du Gamm Vert de Varces. Au rayon des produits ou équipements pour espèces animales de proximité, les discussions sont de plus en plus fréquentes. L'action de chacun monte manifestement en gamme. Un point très positif. 

    Oiseaux 1 01 10 17

  • Ces livres qui nous dévorent

    Lyon Bellecour 04 03 19

    On dit souvent "j'ai dévoré ce livre". Expression qui suppose marquer la forte attention portée à un livre. Une formule qui mériterait d'être équilibrée par une expression plus juste : "ce livre m'a dévoré". Un livre qui a tellement marqué qu'il a "pris le dessus" sur son lecteur. Durablement. Pour ma part, une dizaine de livres m'ont dévoré. Comment je le sais ? C'est simple : un morceau ordinaire de vie pendant lequel je me dis "l'auteur de ce livre avait donc tellement raison et je repense à des pages entières d'un ouvrage". Il en est un qui m'avait beaucoup intrigué : "Notes d'un homme de terrain : tout ce que vous n'apprendrez jamais à Harvard" (1985). Son auteur est l'inventeur du marketing sportif (Mark Mac Cormack). C'est notamment l'éloge du temps décalé. Comment gagner du temps ? En ne se mêlant pas aux gros flux habituels. Lorsque ce décalage peut prendre corps, beaucoup change. Comme la photo ci-dessus ce matin très tôt : pas une personne place Bellecour à Lyon. Vide. Le silence. L'idée aussi de gagner du temps sur les autres. Mais également voir une belle place sans le moindre tumulte. Pas la moindre chamaillerie parce qu'une trottinette frôle un piéton de trop près, ce qui semble devenu un temps de "dialogues" privilégiés désormais sur cet endroit à d'autres heures …  Le décalage toujours agréable. Mac Cormack avait tellement raison sur ce point notamment. 

  • Belles fêtes aux grands-mères

    Marie et Léon 03 03 19

    Aujourd'hui c'est la fête des grands-mères. Ce n'est pas la relation la plus heureuse que j'ai pu avoir tant du côté paternel que maternel pendant mon enfance. Dommage. Le décès ne doit jamais conduire à travestir des faits ou des sentiments. Du côté de ma grand-mère paternelle, elle affichait ses préférences au sein de ses petits-enfants de façon très décomplexée et je n'en bénéficiais manifestement pas. J'ai toujours d'ailleurs ignoré pourquoi ? Du côté de ma grand-mère maternelle, elle était rude. Très rude. L'âge l'avait protégée de l'amour. Probablement trop d'épreuves dans sa propre jeunesse, ce que j'ai découvert beaucoup plus tard. Trop tard. Pourtant, même avec de telles distances, pendant ma jeunesse, j'étais impressionné par leurs rides et par leurs cheveux blancs. Les rides marquaient les années. L'expérience. Et les cheveux blancs, c'était la sagesse qui pouvait les accompagner. Elles avaient au moins une qualité : elles acceptaient leur âge. Je me suis toujours méfié des femmes qui bloquaient leur état-civil à 45 ans au plus. Comme si elles allaient même peiner à accepter que leur véritable date de naissance soit gravée sur leur tombe… Aujourd'hui, c'est une satisfaction considérable de voir Marie être une si belle grand-mère, attentive, chaleureuse, apprenant à notre petit-fils la belle solidarité des âges. Car être grand-mère c'est accepter que l'enfance puisse ajouter de la vie aux années… Sous cet angle, c'est très beau à voir.