Aujourd'hui c'est la fête des grands-mères. Ce n'est pas la relation la plus heureuse que j'ai pu avoir tant du côté paternel que maternel pendant mon enfance. Dommage. Le décès ne doit jamais conduire à travestir des faits ou des sentiments. Du côté de ma grand-mère paternelle, elle affichait ses préférences au sein de ses petits-enfants de façon très décomplexée et je n'en bénéficiais manifestement pas. J'ai toujours d'ailleurs ignoré pourquoi ? Du côté de ma grand-mère maternelle, elle était rude. Très rude. L'âge l'avait protégée de l'amour. Probablement trop d'épreuves dans sa propre jeunesse, ce que j'ai découvert beaucoup plus tard. Trop tard. Pourtant, même avec de telles distances, pendant ma jeunesse, j'étais impressionné par leurs rides et par leurs cheveux blancs. Les rides marquaient les années. L'expérience. Et les cheveux blancs, c'était la sagesse qui pouvait les accompagner. Elles avaient au moins une qualité : elles acceptaient leur âge. Je me suis toujours méfié des femmes qui bloquaient leur état-civil à 45 ans au plus. Comme si elles allaient même peiner à accepter que leur véritable date de naissance soit gravée sur leur tombe… Aujourd'hui, c'est une satisfaction considérable de voir Marie être une si belle grand-mère, attentive, chaleureuse, apprenant à notre petit-fils la belle solidarité des âges. Car être grand-mère c'est accepter que l'enfance puisse ajouter de la vie aux années… Sous cet angle, c'est très beau à voir.
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