Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • L’atlas des pays locaux perdus : combien de pages ?

    Db et mérieux

    Mémoire Commune. 30 ans. 30 progrès. Nous avons écrit des pages d'Histoire ensemble (14/30) : dans toute activité comme dans sa vie personnelle, il faut effectuer un point régulièrement sur le chemin parcouru. Qu'est ce qui a changé pour de bon ? Qu'est ce qui doit être changé pour de bon ? Localement, si un atlas des pays perdus devait être rédigé, le nombre de pages serait considérable. Derrière l'image du "pays" c'est quoi ? Un repère positif qui faisait consensus. La liste des pays perdus localement est immense. Regardons ensemble quelques exemples concrets. Le pays de la mobilité a disparu. Dans l'agglo, tout n'est que bouchons. N'importe quel jour. N'importe quelle heure.

    A 480 bouchon avant péage de Veurey 29 08 18

    Le pays de la sécurité a disparu. Il y a désormais des quartiers et des heures rendant des quartiers inaccessibles. Le pays de la transparence d'utilisation des impôts a disparu. Il y a 5 ans encore, chaque mois le quotidien régional publiait les subventions par Canton et à l'intérieur par Commune. Le pays de la proximité a disparu. L'usage des tournées cantonales par le Président du Département a été abandonné.

    DB AC Migaud

    Idem pour les tournées de quartiers ou de hameaux par des maires. Le pays du travail concret de proximité a disparu. L'association des maires, lieu de préparation de consensus, ne fonctionne plus.

    Association des maires et adjoints

    Le pays du calme même en plein parc naturel régional a disparu. Des hordes de quads à échappements libres rendent des accidents tristement inéluctables avec des promeneurs tant les usages sont incompatibles. C'est un déficit du Parc du Vercors unique en France. Connu à ce point nulle part ailleurs au sein de Communes membres d'un parc naturel. Et en totale violation avec la Charte, bout de papier destiné à "faire bien" sans suite. Les vrais sujets sont ignorés par sa revue luxueuse présentant toujours ses actions en habits du dimanche. Le pays du débat a disparu. A un point tel que même parmi d'ex plus proches des actuels détenteurs du pouvoir local, ils s'étonnent du … vide total. Le pays de l'impartialité a disparu. La proximité a créé un arbitraire permanent qui bride les libertés notamment d'expressions. Les deux visages (public et privé) sont souvent d'un contraste absolu. Et la liste pourrait continuer très longtemps. C'est une liste qui est grave parce que les cas cités étaient des sujets positifs de consensus quand ils existaient : mobilité, calme, sécurité, dialogues locaux … Hier, ici comme encore dans de nombreuses autres localités heureusement, l'action se vivait par ajouts de strates d'expériences. Ce qui avait fonctionné avait vocation à demeurer. Sur les 40 dernières années, c'est la première fois qu'une telle déconstruction est intervenue. Généralisée. Pourquoi ici à ce point ? Parce qu'une partie des actions s'est construite sur le rejet des années Carignon : d'abord ne pas faire comme cette période. Ridicule. Pourquoi jeter ce qui avait bien fonctionné ? Puis une autre partie s'est bâtie sur l'immobilisme. Mais l'immobilisme sur du vide, c'est rarement créateur. Et aujourd'hui c'est une forme d'errements généralisés. A Grenoble, Piolle hésite entre l'ultra gauche et le techno qu'il avait promis d'être en 2014. Le département ne s'est pas affirmé faute notamment d'une vision précise. La Métro a été d'abord la rustine financière pour sortir Grenoble de la faillite officiellement publiquement déclarée. Et tout ce petit monde vit de la politique, souvent attaché aux indemnités comme les moules à leurs rochers. Ce professionnalisme a condamné une liberté d'expression comme d'action qui a creusé les nombreuses faillites actuelles. Un constat objectivement dramatique à ce point. 

  • 153 !

    Collège Jules Vernes 09 02 19

    Mémoire Commune. 30 ans. 30 progrès. Nous avons écrit des pages d'Histoire ensemble (13/30) : septembre 2002, un collège neuf (Jules Verne à Varces) connait sa première rentrée. 8 M€ de coût. Mais surtout 153 étapes importantes avant le lancement des travaux. Au moment du début des travaux, les services du Conseil Général dressent un inventaire de toutes les étapes importantes antérieures. C'est une excellente idée que ce regard dans le rétroviseur. Tout a débuté par un courrier de l'Inspecteur d'Académie le 1er octobre 1990. Il constatait le risque de saturation des équipements dans ce secteur du sud de l'agglomération grenobloise. Avec le recul, de tels documents sont passionnants. Le 16 mai 1991, l'Inspecteur d'Académie remet un rapport de synthèse. Qu'il complète avec précision le 23 mai compte tenu de retours sur les permis de construire donc les habitants potentiels. Puis il part à la retraite et la personne qui lui succède à cette fonction estime nécessaire de faire le point. Elle ne confirmera le point de son prédécesseur que le 22 septembre 1992. Et ainsi de suite, étape par étape : globalement : 10 ans avant le démarrage du projet et l'ouverture du Collège. Ce chiffre peut paraitre une séquence temps considérable. Finalement, ce n'est pas le cas. Avec le recul, on voit bien le sérieux de chaque étape : localisation, nouvelle sectorisation, accession propriété d'un foncier, desserte du foncier choisi, adaptation des voies d'accès, création des postes d'enseignants pour l'Etat  …. Les administrations qui dialoguent, qui ajustent leurs visions techniques. Faute d'une volonté politique, au sens noble du terme, les étapes d'ajustements peuvent être des étapes d'oublis. Dans ce dossier, on constate les avancées liées aux expressions claires et fermes du VP de l'époque en charge des Collèges, M. Jacques Remiller. Dans la foulée immédiate, des avancées interviennent. Quand on constate des équipements publics qui aujourd'hui semblent si naturels, c'est une réalité complexe qui mérite d'être respectée. Elle le mérite d'autant plus quand on constate, sur le site officiel de ce Collège, la motivation d'alors : la saturation des équipements face aux effectifs. Et depuis la population a augmenté de 15 % et 1 des 5 collèges d'alors a été … fermé. La crise est en marche. 

  • Quand petit plant deviendra grand …

    Fleurissement bis 29 03 19

    Mémoire Commune. 30 ans. 30 progrès. Notre histoire (12/30) : la vie publique française est étonnante. Ce pays a les impôts parmi les plus élevés au monde. En même temps, des records de dette publique sont également battus. Et chaque jour voit l'actualité parsemée de dysfonctionnements manifestes du secteur public notamment au motif de la faute de … moyens. Le plus surprenant c'est que les politiques publiques n'ont jamais de prix. Les actions publiques vivent déconnectées de leur coût pour les contribuables. Dans un ménage comme dans une entreprise, tout a un prix. Et la vie au quotidien est faite de choix. Parce que la recette n'est pas une variable d'ajustement. C'est la dépense qui s'adapte à la recette. Ce décrochage frappe même les Communes pourtant réputées un échelon proche. Le principal programme qui devrait être lu c'est le "Grand Livre" qui retrace les opérations comptables de l'année écoulée. Là, sur ces bases concrètes, où voit la réalité des choix. Et cette réalité est souvent implacable. Prenons un exemple concret. Sur 2018, les élus de St Paul de Varces ont consacré 12 334 € à des dépenses de fleurissement. Une Commune fleurie, c'est bien. St Paul de Varces l'est de longue date. Elle a même reçu un prix départemental grâce à la mobilisation de ses habitants. Sans dépense publique alors. Quand on lit les comptes rendus du Conseil d'Ecole, chaque cents d'euro semble compté. Des dépenses pourtant importantes pour les enfants sont reportées. Faut-il donner la primeur à des fleurs ? Le jour où la vie publique française pratiquera une véritable transparence sur des arbitrages budgétaires dans un cadre simple, clair n'imposant pas le retraitement de nombreuses rubriques, la motivation sera gagnante. Sur ce point précis, ce serait quand mieux si l'enfance bénéficiait en plus de tels moyens. Quand "le petit plant" deviendra grand, l'investissement sera alors très bénéfique. 

  • La fin des limites ou la vraie menace pour la cohésion sociale

    Stanford 27 03 19

    Ce matin, Bloomberg révèle que Nissan aurait payé la scolarité des 4 enfants de … Carlos Ghosn (pour un montant de 532 000 € dans des universités américaines réputées). Il y a quelques jours, Les Echos consacraient un article remarquable au thème de la "connerie comme menace pour la prospérité". Avec une élévation réelle significative du niveau d'enseignement de chacun, donc a priori d'un espace plus important accordé aux connaissances et à la raison, la "connerie" se défend bien et garde même une place croissante. C'est un nouveau défi considérable à l'ère post vérité. Un autre défi  considérable c'est la fin des limites. La limite c'est ce qui n'est pas moralement autorisé bien au-delà de la seule règle de droit : ce qui ne se fait pas. Nous sommes entrés dans une période marquée par la fin des limites. Deux exemples les plus récents. Hier, la présentation de la liste LREM aux européennes. Le directeur de campagne ne connait même pas le nom de candidats. Il n'a même pas pris le temps pour préparer sa présentation. Irréel. Et le comble c'est Carlos Ghosn. Il touche des salaires d'un autre univers mais même les dépenses les plus personnelles sont transférées à des sociétés comme les frais de scolarité de ses enfants. A ce niveau d"indécence, la cohésion sociale devient terriblement secouée et menacée. La fin des limites c'est aussi la fin de la cohésion sociale à ce niveau. Et l'Etat français actionnaire, il surveillait quoi ? Qui s'occupait du dossier ? La aussi l'irresponsabilité devient sans limite … 

  • La belle campagne

    Denis Bonzy

    5 868 visiteurs sur 2 jours pour partager la découverte d'animaux et de produits du terroir. C'est un chiffre considérable. C'est le nombre de participants ce week-end à la Ferme est à l'Oriel à Varces. Une Commune qui bouge (+ 33 % d'habitants ces seules dernières années). Mais beaucoup de participants jeunes désireux de faire découvrir les animaux à leurs enfants. Dans de tels territoires en forte progression démographique, qu'est ce qui fait la différence entre les nouveaux arrivants et les nouveaux habitants ? Les seconds se sont appropriés les racines de leurs territoires. Ils y sont bien. Les premiers peinent à trouver leurs marques. C'est une différence considérable. Même dans des agglomérations urbaines, doivent résister des espaces de la belle campagne. Là où il est encore possible de voir la terre qui "fume" d'humidité au petit matin. Rencontrer des vaches dans le virage d'après. S'arrêter pour discuter avec un paysan qui aime parler de son tracteur et de ses produits. Le politiquement correct à la française a trop installé la ville comme LA grande gagnante de la modernité. La ville ne doit pas gagner tous les espaces. Pire encore, la ville a été doublée par la notion de Métropole, la méga ville. La ville devrait d'abord transformer ses quartiers en villages et non pas les villages en quartiers. Là encore, c'est bien davantage qu'une nuance de mots. Dans les villages, la solidarité existe. Souvent, on y réagit au prénom. Dans les villes, l'anonymat a pris toute la place. Et les solidarités ne passent pas par des gestes quotidiens de proximité mais par des aides financières comme si des billets pouvaient tout changer. C'est une fausse route absolue. Nous devons défendre la belle campagne. Celle de nos racines. Celle de l'histoire de notre pays. Comme beaucoup d'autres pays savent si bien le faire avec succès et avec une belle harmonie collective. 

    Blé 08 07 18

     

  • En France, les événements ne sont presque jamais ce qu’ils s’annoncent être

    Arc en ciel

    Mémoire Commune. 30 ans. 30 progrès. Notre histoire (11/30) : l'intercommunalité est en crise. Des structures XXL ont dépossédé les Communes, instances historiques de proximité. Avec pour une grande partie l'accord d'élus municipaux souvent heureux de pouvoir transférer aux intercommunalités la supposée responsabilité de certaines décisions délicates à assumer directement. Des régions à l'immensité désormais considérable ont gardé tous les anciens sièges sociaux, ajoutant donc les … dépenses de fonctionnement quand elles devaient les … diminuer. Pour les Départements, dépossédés de la clause de compétence générale avec la loi NOTRe (2015), ils coûtent toujours aussi cher aux contribuables tout en assurant considérablement moins de fonctions. Bref, les événements sont à l'opposé de ce qui avait été annoncé. Dans cette pagaille, les citoyens ne savent plus qui fait quoi. Ils ne savent plus combien cela coûte réellement et le plus fabuleux c'est que l'actuel secrétaire d'Etat chargé de réformer cette situation aujourd'hui dans le Gouvernement Macron n'est autre que l'ex rapporteur PS de la loi NOTRe. Bref il lui est demandé de défaire aujourd'hui ce qu'il avait fait hier. En France, dès qu'on connait un dossier de façon détaillée, le + saisissant c'est de constater l'immensité de l'écart entre le prévu et le réalisé. Hier, l'une des réussite ici comme dans tant d'autres localités avait été le dispositif du contrat de pays. Du proche. Du précis. Du concret. Plusieurs dizaines d'actions locales ont été financées. Trop simple pour durer.

    Contrat pays de Vif

     

     

  • 1, 16 % ou la bataille entre la réalité des chiffres et l’image de têtes d’anges

    Le Grand Sorbier 18 03 19

    Ce qui se passe aujourd'hui en France est d'une extrême gravité. Faire appel à l'armée pour compléter des forces de l'ordre est un choc considérable. Quels seraient les commentaires des médias français si une telle situation se passait aux Etats-Unis, en Italie, au Portugal, en Grèce … ? Pourquoi ces colères ? Parce que dans la vraie vie on se nourrit de chiffres, de réalités et non pas de formules verbales ou de déclarations de bonnes intentions exprimées avec des têtes d'anges innocentes irréprochables. On va prendre un exemple très concret. Vous êtes un jeune couple et vous ouvrez un commerce d'alimentation sur une Commune de 2 500 habitants comme St Paul de Varces dans l'agglomération grenobloise. Vous habitez sur cette Commune. Vous payez vos impôts. Globalement le budget annuel fêtes et cérémonies représente 14 800 € (budget général + CCAS). Vous regardez le Grand Livre des comptes de l'année 2018 et vous constatez que, sur ce potentiel de 14 800 €, 173 € ont été dépensés auprès de commerçants localisés sur la Commune. 2 d'entre eux seulement. 1 pour des galettes des rois. Et un autre pour des quiches. 1, 16 % du potentiel ! Face à de tels chiffres, il faudrait être …  content. Et la liste d'exemples pourrait durer longtemps. Avec la communication du budget fleurissement. Celle sur la flotte des mobiles (le mot "flotte" est très adapté) … Dans la vraie vie, c'est la réalité des chiffres qui compte. Et dans cette réalité là, il y a aujourd'hui matière à beaucoup de colères légitimes. Vouloir les faire taire sans aller à la racine des causes c'est l'enfoncement dans une crise toujours plus grave. 

  • La vraie question, c’est quoi ?

    Collège Jules Vernes 09 02 19

    Mémoire Commune. 30 ans. 30 progrès. Notre histoire (10/30) : aujourd'hui, l'opinion majoritaire ne se construit plus à partir d'un parti politique. Aucun d'eux n'est majoritaire et loin s'en faut. Les mots clefs d'avant (socialisme, gaullisme …) ne sont mobilisateurs que pour des noyaux durs très faibles. C'est donc l'enjeu du concret local et non pas de l'abstrait national. Sur le concret local, quand nous avons avancé, l'expérience montre que ce fut à partir de l'identification de la vraie question. La vraie question, c'est le décalage qui va devenir insupportable si des actions immédiates ne sont pas apportées. Identifier pour agir. C'est un fossé terrible avec la situation actuelle. L'étape de l'identification fait défaut et celle de l'action parait hors de portée. Il y a des domaines où des progrès considérables ont localement été effectués et sont aujourd'hui remis en cause. Prenons l'exemple des collèges. En 10 ans, 1 collège avait été restructuré (La Masségu – Vif). 1 collège a été reconstruit (Le Moucherotte – le Pont de Claix) et un collège a été construit ( Jules Verne – Varces). Pour avoir été conseiller général du canton pendant cette époque de totale remise à niveau des Collèges qu'-a-t-il fallu ? 1) Du travail pour identifier les enjeux et les solutions ? 2) De la mobilisation pour présenter des actions solides, convaincantes. 3) Un effort financier départemental considérable. Le coût moyen d'un collège c'est 13 millions d'euros (en dehors des aménagements collatéraux et en dehors des surprises locales comme les pieux pour le collège Jules Verne de Varces). Une opération comme celle connue dans les années 90, c'est un engagement financier départemental local de plus de 30 millions d'euros (en coûts actualisés). Si les frais de fonctionnement du département + les coûts sociaux + les investissements internes (par exemple nouveaux locaux) mobilisent la quasi-totalité des budgets, des redistributions locales de ce type deviennent impossibles. C'est aujourd'hui la vraie question localement : dans un exercice budgétaire que reste-t-il comme réelle marge de manoeuvre ? Une question terriblement évitée par les décideurs publics parce que l'étroitesse de cette marge réelle de manoeuvre est devenue le symbole de l'impuissance publique à faire. Tant que cette réalité ne sera pas sérieusement traitée, le désarroi des contribuables grandira. C'est la vraie question. 

    DSCN1019

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  • Les chiffres toujours méthodiquement …. oubliés

    Sénat 18 04 18

    Un support d'informations par voie numérique est remarquable : timetosignoff.fr. Chaque soir, gratuitement, on reçoit un mail avec les brèves importantes du jour parues souvent dans la presse internationale. Hier, cette revue de presse portait des chiffres malheureusement méthodiquement … oubliés en France. 1) The Economist a publié son classement du coût de la vie dans les principales villes du monde (immobilier, alimentation, transport, éducation… 160 produits et services pris en compte)… Et la ville la plus chère du monde est… PARIS. Ex-aequo avec Hong-Kong et Singapour et devant Genève (4e), Copenhague ou NYC (7e) ou Tel-Aviv et Los Angeles (10e). 2) Les Echos ont classé les 50 premières capitalisations mondiales de la tech et le résultat est : 88% des entreprises du classement sont US ou asiatiques. L'Europe (dont le premier acteur, l'Allemand SAP est 10 ème) ne représente que 10%. Aucun Français dans le top 50 ! 3) L'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi) a publié son bilan annuel. En 2018, pour la première fois, les pays asiatiques ont généré, à eux seuls, plus de la moitié (50,5 %) de toutes les demandes internationales de brevets : "un basculement historique et géographique de l'innovation". L'économie française est manifestement à la peine sur les créneaux de demain. Et le pays des "libertés" en est à interdire des manifestations pour prévenir des casseurs et inventer la culpabilité … préventive. Le "modèle français" a très sérieusement de quoi se questionner. 

  • Une élection : créer le désir à la condition que ce ne soit pas le … mirage

    Marie fleurs anniversaire 13 07 18

    Mémoire Commune. 30 ans. 30 progrès. Notre histoire (9/30) : il y a beaucoup d'études pour tenter d'expliquer les ressorts d'une élection. C'est une alchimie étonnante. Loin de toute rationalité, mon expérience des campagnes électorales a montré la place d'un facteur décisif très souvent pas évoqué : le désir. C'est le moment où la victoire vient à celui ou à celle qui est capable de créer le désir. Le désir peut être positif : par exemple le coup de jeune donné à un système perçu comme usé : Obama 2008, Trudeau 2015, Macron 2017.

    Trudeau 24 11 17

    Peut-être O'Rourke 2020 aux Etats-Unis ? Le désir peut être celui de la sanction : Trump 2016, populismes européens ou l'élection devient le désir d'ouvrir "la boîte à gifles". Sur des plans municipaux, les campagnes de Juppé pour son retour à Bordeaux après son départ à Montréal (Juppé : tout naturellement) ou de Delanoë ( Paris, un temps d'avance) ont été des réussites remarquables. Localement dans l'agglomération, 4 campagnes sur les 30 dernières années m'ont semblé réussir à créer ce désir en changeant d'un coup totalement la donne traditionnelle. Carignon 1983 : la campagne de 4 m x 3 m change entièrement la situation en début de campagne. D'un seul coup les habitants de Grenoble voyaient un autre univers, frais, novateur, moderne, dynamique. C'est l'équivalent du coup d'épée du samouraï. Un coup est décisif. Il est capable de résumer à lui seul une nouvelle identité collective. Piolle en 2014 a fait une campagne de ce type. Jeans + vélo ont changé la donne. D'un coup, il donnait un coup de vieux aux autres candidats. Il devenait hors système politique. A Vif en 1989, Daniel Biston avec l'aide notamment de JF Fechino a fait vivre la fête dont la remise de mimosas la dernière semaine. C'était la renaissance d'un patriotisme municipal positif : recompter dans le paysage des territoires. La ville de Vif se revivait chef lieu de canton, une fierté réelle retrouvée tout particulièrement chez les anciens habitants. La même année, à Allevard, Philippe Langenieux Villard a réalisé une très belle campagne festive, chaleureuse, émotionnelle. Philippe est un créatif remarquable. A mes yeux, c'est l'une des plus belles campagnes de proximité. Chaleureuse. A travers cette reconnaissance de la capacité à créer du désir, la politique montre qu'elle est aussi (voire d'abord ?) une affaire de séduction et pas que de raison. Encore faut-il que le désir ne se transforme pas en mirage sinon le désamour sévère succède vite à la lune de miel. C'est tout le problème des relations affectives. Elles sont rarement nuancées … A 350 jours des prochaines municipales, ce sera instructif de constater qui est capable de se situer sur cette dimension émotionnelle. 

    Beto O'Rourke 18 03 19