L'école, c'est le tremplin de la vie. Il y a alors le sentiment diffus qu'il va falloir grimper les marches une à une. Et les premières marches compteront beaucoup. Dans ce cadre, les efforts de chacun seront indispensables. La famille. Les enseignants. Le cadre scolaire. Des équipements accueillants, sécurisés, pratiques. Mais surtout une âme au-delà des pierres. Parfois, face à ces réalités qui sont essentielles, il y a le sentiment d'un vide : et si l'énergie de passer le témoin n'existait plus ou existait terriblement moins. A l'opposé, il y a des moments où tout se réunit : tout en un. La collectivité compte tellement de talents que lorsque tous ces talents décident de faire équipe : quelle force ! Hier, lors de la kermesse de l'Ecole de St Paul de Varces, constater autant de passions pour partager la même cause : franchir les obstacles dont la canicule pour que l'Ecole du village ait le maximum de moyens. Hier, dans cette belle ambiance, il y avait beaucoup de douceur pourtant sous un soleil de … plomb, des rires, de la gentillesse et des plaisirs manifestes à mobiliser les énergies pour réussir une journée importante. Le Collectif est magnifique dans de tels moments. Au-delà des générations, être parent reste le plus beau "métier" avec le plus puissant des moteurs qui n'est pas prêt de s'éteindre heureusement : le coeur. Le + beau des souvenirs dont les anniversaires comme ci-dessous.
Auteur : Denis Bonzy
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C’est l’ombre de l’échec qui rend le succès encore plus agréable
Ce soir, toute la France est bleue. Remarquable récompense pour des jeunes femmes praticiennes d'un sport où les femmes sont si longtemps restées dans l'ombre des hommes. Et d'un coup, avec cette coupe du monde, on découvre un autre football, plus agréable à regarder, moins violent, moins "cinéma" aussi, avec par ailleurs des joueuses capables d'aligner des phrases bien construites avec des mots qui ont un sens. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour une telle découverte ? Il y a des générations qui ont vécu l'égalité dans le sport sans même avoir de question à se poser sur une quelconque hiérarchie. Pour ma part la découverte du sport de haute compétition est intervenue en 1968. J'étais enfant et je ne me posais pas la question d'une éventuelle hiérarchie entre les exploits des femmes et ceux des hommes. A cette époque, Peggy Fleming n'était pas dans l'ombre d'Alain Calmat. Les soeurs Goitschel n'étaient pas dans l'ombre des Killy, Lacroix, Périllat … Ma préférée était Annie Famose parce qu'elle pouvait être championne tout en restant très féminine. En natation, Kiki Caron égalisait Alain Mosconi et la liste pouvait durer longtemps. Qu'est ce qui rend aujourd'hui très agréable le parcours de l'équipe de France de football, c'est l'ombre de l'échec qu'elle a subi si longtemps pour être reconnue comme à part entière. Quel échec collectif de mentalité de ceux qui ont sous-estimé une réalité : être femme c'est avoir une part de courage de plus que beaucoup d'hommes … Allez les Bleues !!!
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Remonter la rivière du temps
Il y a des personnes qui ont une capacité à vouloir injecter chez l'autre ce qu'elles portent de plus mauvais en elles. A les écouter tout peut ainsi devenir laid, vulgaire, malsain. Puis, à l'opposé, il y a heureusement d'autres personnes qui portent en elles la fraîcheur, l'optimisme, la vie positive. Avec le temps et avec l'expérience qui en résulte, j'ai appris à m'éloigner des premières et à consacrer davantage de temps aux secondes. Mais il y a manifestement un bonheur particulier qui est celui de remonter la rivière du temps grâce aux enfants de ses … enfants. Dans ces moments où il est possible pour moi de partager un jeu avec notre petit-fils, grâce aussi à la gentillesse de ses parents, il ne peut pas imaginer le bonheur qu'il me procure : je remonte la rivière du temps. Je revois son papa et son oncle à son âge découvrant des sports, réagissant parfois de la même façon face à un conseil pour tenir leur première batte de baseball, frapper dans un ballon de foot, tester son adresse face à un petit panneau de basket …
Tout ce qui a fait pendant des années une joie immense de partager ensemble toutes ces découvertes puis ces pratiques. Une belle chance à honorer et à remercier.
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SVP rendez-nous la neige …
A constater les efforts de Chatham et Ottawa pour chercher le frais, nul doute que leur revendication commune doit actuellement être "svp rendez-nous la neige" avec cette période où elles jouent alors si agréablement. Plus chaque jour passe, plus la canicule est impactante manifestement désormais y compris la nuit.
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LeVillarey1 : la tentation d’un passage en force est une impasse absolue
Le 12 avril 2019, le maire sortant de St Paul de Varces déléguait son 1er adjoint pour signer le permis global d'aménager du Villarey1. 73 jours plus tard soit 2 mois et 12 jours après, aucune information municipale officielle n'a été donnée aux habitants de St Paul de Varces. Bien davantage, depuis le 16 mai, ces élus sortants sont informés d'un vice juridique grave dit d'ordre public lié à l'incompétence du signataire des actes. Le 23 mai, par courtoisie, j'ai téléphoné au signataire des actes pour l'informer de ce vice grave et des recours que j'allais engager. A cette époque, lors de cet entretien, l'évocation de ce vice était écartée par le signataire faisant confiance à tant de personnes dites "compétentes" qui avaient travaillé sur ce dossier. Maintenant, ce vice est établi, avéré, incontestable. Il serait question de permis modificatifs. Ces permis vont poser deux questions juridiques de fond : 1) un permis modificatif peut-il régulariser un vice juridique d'ordre public comme le vice d'incompétence ? Ma réponse est non dans la lignée de l'arrêt de principe du Conseil d'Etat (02/02/2004 SCI La Fontaine de Villiers). J'ai enseigné le droit public pendant de nombreuses années, été professionnellement choisi pour rédiger des notes techniques chez des éditeurs de référence, le toilettage par ce biais d'un vice aussi fondamental est impossible. Le premier camouflet juridique enregistré par la municipalité sortante devrait la conduire à davantage d'humilité, davantage de précaution. 2) Le modificatif est-il de nature à faire disparaître d'autres vices éventuels ? Non dès l'instant que ces vices ne sont pas mineurs. Et les moyens juridiques levés ne sont pas mineurs. Il y a donc actuellement une tentation manifeste de passage en force. C'est une hérésie juridique. C'est un risque politique considérable : imaginons une nouvelle équipe municipale opposée au Villarey, respectueuse elle de sa parole et il suffit au maire, au titre du principe de précaution sur ce chemin des écoliers, d'interdire les camions à gros gabarit dans le cadre de son pouvoir de police et l'accès au chantier intervient comment ? C'est très grave qu'il en soit ainsi. La mairie se claquemure dans un silence irréel comme si cette affaire ne concernait pas les habitants. Or les permis sont donnés par le maire sortant au nom des habitants de la Commune de St Paul de Varces ! Le maire sortant s'obstine alors même qu'il avait engagé un recours en 2013 contre 58 logements et qu'aujourd'hui il signe pour … 80 logements ! Tout ceci échappe à la raison. La raison et la sagesse, c'est d'annuler les permis entachés de vices graves et à moins de 260 jours des municipales de considérer que la parole sera rendue aux habitants de St Paul de Varces sur ce dossier en mars 2020 comme ils avaient pu l'avoir en janvier 2012. Cette décision est la seule morale, saine, honnête et respectueuse d'un traitement correct du droit et de la démocratie.
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Salles d’attentes
A chaque période, il faut chercher à la résumer en peu de mots. C'est un exercice très intéressant. Dernièrement, une émission de France Culture se prêtait à ce "jeu" au sujet de l'anniversaire des 50 ans d'accès de Georges Pompidou à l'Elysée. 3 mots pour résumer l'époque d'alors : la modernité heureuse. Une époque de changements considérables finalement assurés dans une réelle décontraction collective. Aujourd'hui, trois mots caractérisent la période présente : salles d'attentes.
La salle d'attente est un endroit très particulier. Le moment où l'on se sent souvent dépossédé de son sort car on attend un examen, un diagnostic. Ce peut être le meilleur ou le pire.
C'est le climat de la période actuelle. La visibilité sécurisée est impossible tant les repères disparaissent. Prenons des exemples concrets locaux.
1) A Grenoble, des femmes vivent la piscine publique en burkini au titre du droit à la différence. Ce droit à la différence peut aller jusqu'où ? Peut-il aller jusqu'à la nudité d'autres puisqu'être habillé deviendrait autorisé ? A quoi sert une réglementation si c'est si facile de ne pas la respecter ? Est-ce cette réglementation peut ne pas être respectée par certains mais devenir intangible pour d'autres ? Attendre pour savoir.
2) Le "grand débat" et les gilets jaunes : avec la meilleure bonne foi positive possible, qui peut dire ce qui est sorti de concret du "grand débat" ? Des émissions TV pendant des soirées entières. Des dépenses manifestement importantes pour collecter des propositions. Et les jours d'après, quelles suites ? Attendre pour savoir.
3) Le PLUi : des dépenses considérables de communication. Il y a un mois pile, l'enquête publique prenait fin. 1 mois plus tard, c'est même impossible de connaître le nombre exact de requêtes (numériques + papiers). Tout parait figé. Attendre pour savoir.
4) Sur St Paul de Varces, il y a 73 jours (2 mois et 12 jours), le permis d'aménager du Villarey1 était signé. 73 jours plus tard, pas la moindre présentation officielle auprès de tous les habitants ni du projet ni des problèmes juridiques très sérieux manifestement rencontrés. Les habitants peuvent attendre …
5) Suppression de la taxe d'habitation : qui ? quand ? Quels transferts de charges et donc de recettes éventuelles ? Attendre pour savoir.
…
Tout ne semble que relever de salles d'attentes. Ne pas savoir. Attendre. Situation rare à ce point. Comme si le pouvoir politique en France devait être d'abord celui de calmer la rivière du temps en évitant les remous donc en se réfugiant dans l'indécision, dans le secret, dans l'opacité. Jusqu'à quand ce climat peut-il durer au prix de décaler des repères solides ?
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L’époque où ici tout est à vendre …
Alors qu'il y a des endroits où le sens de la durée reste une valeur forte, un repère solide incontournable comme une parti du respect de soi, à l'opposé, l'agglomération grenobloise traverse une fièvre du tout est à vendre. Des maires vendent des prairies pourtant en pleine période de vigilance sur la biodiversité. La Métro vote un Plan d'Urbanisme Intercommunal où des hameaux entiers de villages vont devenir des quartiers urbains. Le couvent de la Visitation à Vif a été rasé. Un incendie quelque temps auparavant (dû bien entendu à la seul négligence involontaire … ) avait contribué à désacraliser ce site… A Varces, la maison Beylier a été détruite à coups de pelles mécaniques. A St Paul de Varces, l'une des plus vieilles maisons historiques (propriété Rochas), pourtant devenue propriété communale, a été déclassée pour être vendue sur … Le Bon Coin, presque à la criée. Et maintenant, c'est au tour du Palais du Parlement à Grenoble d'être vendu à une Financière. Il ne fait pas bon être patrimoine historique dans l'agglomération grenobloise ni prairie bien localisée car la disparition s'annonce alors à très court terme … Triste période. A plus forte raison quand on compare avec des pays qui sont pour de vrai à la pointe de la modernité mais qui se font un devoir de protéger leurs racines et leur Histoire.
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Le vrai décalage : quand le client devient mieux traité que le citoyen …
Cette semaine, deux articles me sont apparus très intéressants. L'analyse de Jérôme Sainte-Marie sur le dégagisme et celui de Olivier Holmey sur le feuilleton journalistique (merci à JF Fechino pour ce signalement). Le dégagisme sévit presque partout dans les démocraties occidentales. Pourquoi ? 1) La fin de l'Etat Providence avec les conditions de gestion de la crise de 2008. Mais surtout 2) une inversion considérable est intervenue : aujourd'hui le client est mieux traité que le citoyen. Le citoyen n'accepte plus ce décrochage. Pendant longtemps, être citoyen c'était une "double fête" : celle de l'égalité et celle de la considération. L'égalité est liée au droit de vote notamment. La considération est + subjective. Elle était liée au fait que le citoyen trouvait une écoute, des réponses que le client n'obtenait pas dans le circuit économique classique. Aujourd'hui c'est le contraire. Vous passez un mail à Amazon, à une start-up … vous avez une réponse sous 24 heures. Vous passez un mail à la mairie qui est à votre porte, elle ne vous répond pas ! Ce décrochage n'est pas accepté. Il est pris pour du mépris, de l'indifférence. La sanction naturelle c'est alors le "vote sanction". Voilà le socle du dégagisme : en économie, le client est mieux considéré que le citoyen ne l'est en démocratie. Tant que des collectivités publiques n'auront pas intégré cette "révolution" de la réactivité comme celle de la mobilité, elles s'exposent au vote sanction parce que le citoyen est devenu client, moins militant d'idéologie et plus praticien de solutions attendues. Un changement majeur.
NB : la photo ci-dessus est extraite du compte Twitter de Place Gre'Net suite à une manifestation d'hier au siège du Conseil départemental de l'Isère. Une formule simple sur un support simple qui résument tout.
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Les jours d’après ou quand l’opinion accepte d’avoir la mémoire des poissons rouges
Il y a des photos qu'on aimerait ne jamais voir. Ce jour, c'est le cas pour les vaches dites "à hublot". Tout est laid y compris le mot réduisant à un objet. Quand j'étais étudiant, dans les ultimes jours avant les examens, je partais avec une chaise pliable réviser dans un champ avec des vaches (aux Rioux). Il y avait une sérénité absolue. Depuis cette époque, je ne peux pas passer devant un champ avec des vaches sans m'arrêter pour les contempler. Leur parler. Quand je constate la violence qui leur faite dans de multiples endroits (de l'abattoir à l'expérimentation), il y a de quoi désespérer de l'âme humaine. Du dégoût absolu ! Il y a désormais deux autres formes de dégoût. 1) Que l'opinion ne prenne pas ses responsabilités en boycottant des marques qui fonctionnent ainsi. La citoyenneté, elle n'est pas que civique : voter. Elle est aussi économique : ne plus acheter. 2) Constater une opinion fataliste qui accepte d'avoir la mémoire des poissons rouges selon la formule récente de Philippe Labro. Le flux d'informations est tel que 10 secondes plus tard, l'opinion a zappé pour passer à un autre sujet. Si bien que rien n'est jamais réglé. Les cyniques en jouent. Il leur suffit d'attendre. Une période à vomir pour des aspects de ce type. Si les futures générations ne corrigent pas de tels maux gravissimes, ceux qui, comme moi, croyaient que la civilisation occidentale portait une avancée permanente vers des progrès dans tous les domaines (conception optimiste de l'humanité) auront cautionné un sacré contre sens.
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La France et son goût pour les « cathédrales » …
Ce qui vient de se passer ces derniers jours met en relief une fois de plus un côté du tempérament français qui est peu agréable. Dans la Drôme, l'un des plus beaux départements de France, des agriculteurs, dont des jeunes agriculteurs, ont vu leurs exploitations anéanties. Y a-t-il eu une seule initiative forte médiatique ou autre de solidarité ? Non. Et en l'espèce pour permettre le rebond, donc l'emploi de jeunes travailleurs méritants, ce ne sont pas les sommes indispensables pour refaire la Cathédrale Notre Dame de Paris. Mais les Français ne se mobilisent que pour les grandes causes historiques. Ils trient peu ou mal mais ils veulent sauver la … planète. La gestion des déchets en Inde les inquiète mais la situation de déchetteries sauvages souvent dans leur voisinage les préoccupe moins. Ils vocifèrent contre Trump mais ils placent en bonne position un Gouvernement qui gère 3 à 4 fois plus de chômeurs qu'aux Etats-Unis. Ils ont des écolos qui pestent contre la déforestation en Amazonie mais qui n'indiquent jamais combien ils ont planté d'arbres à titre personnel ou dans les collectivités qu'ils cogèrent. Et la liste des contradictions pourrait durer longtemps. S'il n'y a pas une grande cause historique et de préférence très lointaine, les Français se mobilisent peu, voire pas du tout. C'est une mentalité très surprenante à constater parce que la proximité et les causes de dimension moyenne rendent l'action individuelle tellement plus efficace. Les Français ne se battent que pour les "cathédrales" au sens symbolique du terme. Le reste les mobilise moins … Et pourtant, l'Etat annonce l'immédiateté de la reconnaissance de l'état "catastrophes naturelles" mais conditionne au bilan financier global. Les assureurs se révèlent tels qu'ils sont si souvent : assurant si peu ce qui est pourtant indispensable. Bref, rien ne change. Les victimes risquent de rester très seules.