Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • L’information imprimée a encore de très beaux jours devant elle

    Dernier exemple en date, c'est par une photo sur le compte Twitter d'Eve Moulinier que mon attention a été attirée sur les questions qui peuvent se poser sur le devenir de l'information papier.

    Journalistes 18 11 14

    Pendant la campagne électorale, nous avions eu l'occasion d'en parler ensemble et son attachement à son métier (ainsi que sa colère courtoise !) avait alors rapidement tempéré un début d'entretien sportif, chiffres de parutions en main. 

    L'amour du métier impose toujours le respect surtout quand il s'accompagne de la bonne foi.

    Pour que l'information imprimée ait de beaux jours devant elle, il lui faut des journalistes qui ont la passion de leur métier, qui vivent les mutations actuelles et qui ont des lecteurs qui sont au rendez-vous.

    Pour les amoureux de la glisse, c'est le cas de deux magazines qui viennent de sortir : NordicLand et PeufLand.

    C'est le top d'une édition moderne avec une place à la photo qu'aucun autre support ne peut accorder à ce niveau de qualité.

    A la fin des années 90, la Fédération Française de Ski qui voulait externaliser Ski Français avait choisi le projet que j'avais alors présenté parmi d'autres concurrents. Le dossier n'est pas arrivé à son terme en raison d'opacité financière et d'un clash que je ne regrette pas avec l'équipe de rédaction de cette revue. 

    Mais je n'ai jamais douté qu'appliquée à des domaines où la "balade par l'oeil" précède celle par les pieds, le papier a une place irremplaçable.

    Il y a également matière à une information technique que l'on souhaite mettre de côté, emporter avec soi. Imprimer via une info Internet et la cartouche d'encre y passe.

    NordicLand vient de sortir. C'est l'une des plus belles revues actuelles. Du top !

    NordicLand 18 11 14

    PeufLand de même.

    PeufLand 18 11 14

    Ce sont des publications réalisées par

    (suite…)

  • Philae et la culture du « trop grand pour échouer »

    Les interprétations divergent. En Europe, Philae est en "veille". Aux Etats-Unis, Philae est morte. Ne disposant d'aucune compétence en la matière, je lis les articles sans appréciation personnelle particulière.

    Ce qui m'intéresse davantage c'est le contexte qui entoure cette "évolution" :

    1) Le rebond malheureux de Philae n'a pas seulement tué sa capacité à refaire son énergie, il a également tué les politiques qui, en bons prédateurs des bonnes nouvelles d'opérations conduites par des tiers, ne rodent plus désormais autour de l'opération,

    2) mais même si l'opération suscite désormais de la "distance", elle restera un "grand succès" : c'est la culture du "trop grand pour échouer". Ceux qui n'y comprennent rien se

    (suite…)

  • François Hollande ou la présidence triste

    Ce matin, en moins d'une heure, en zappant sur CNN International et sur itélé, il était possible de comparer les styles d'Obama et de Hollande. Ils s'exprimaient sur le même sujet répondant aux questions des journalistes sur le G20.

    Obama 16 11 14

    Les faits.

    Obama a une fiche qui lui indique les journalistes auxquels il doit donner la parole.

    Une réponse terminée, Obama cite le nom du prochain journaliste qui doit le questionner. Le journaliste se lève. Il pose sa question. Obama répond avec précision. Si la réponse ne paraît pas assez détaillée, le journaliste relance. L'un d'entre eux relancera même 3 fois.

    Face à certains questions trop manifestement piégeuses, Obama blague. Des rires sont échangés montrant de part et d'autre que que personne n'est dupe.

    Chez Hollande,

    (suite…)

  • Julien Lepers et enfin la défense des « bonnes manières »

    J'ai toujours bien aimé  Julien Lepers. Sa voix me rappelle ma jeunesse quand il animait le Hit Parade sur RMC. Le dimanche après-midi pour le classement hebdomadaire final, je faisais du sport sur ce fond sonore. J'enregistrais les chansons que j'aimais pour économiser l'achat des disques même si des coupures pub pénalisaient l'enregistrement. Lors de mon service militaire, le départ pour prendre le train pour Angoulême me privait de ce rendez-vous et c'est probablement la"pénalité" qui alors m'a le plus contrarié.

    Joe-Dassin

    J'aime sa ringardise aux yeux des snobs. Dans "questions pour un champion", il en fait des tonnes, toujours trop. Mais quel plaisir de constater très épisodiquement ce bras d'honneur qu'il effectue en direct à ces jeunes présentateurs qui respectent tous les codes du "bien formaté". 

    Julien Lepers vient de franchir encore une étape supplémentaire dans ma considération en publiant un livre sur la défense des "bonnes manières" : dire bonjour, respecter un horaire …

    Julien Lepers

    Depuis quelques années, la France est devenue le royaume des

    (suite…)

  • PQR : quelle transition après le déclin de l’imprimé ?

    La Marseillaise se met en redressement judiciaire : 3 M€ de pertes sur deux ans. Nice Matin vient juste de trouver un sursis. Et La Provence a dû trouver une recapitalisation ponctuelle.

    C'est toute la PQR du grand Sud qui est  en crise.

    Pourquoi ?

    Globalement, parce qu'il faut trouver la transition vers le numérique.

    L'imprimé est en déclin.La chaîne est lourde, peu adaptée à la nouvelle vitesse de l'information.

    Comment interviendra l'évolution incontournable vers le numérique  ? Et quelle information numérique ?

    C'est un sujet passionnant.

    Ce sujet est ouvert bien plus largement au Canada et aux Etats-Unis. 

    Au Canada où la famille Desmarais expose régulièrement la restructuration de son groupe avec d'ailleurs beaucoup de transparence technique.

    Paul Jr Desmarais

    Aux Etats-Unis où les conditions de reprise à la casse de grands groupes traditionnels ont été des annonces d'une grande restructuration comme le cas du Washington Post ou du Boston Globe. Il faut avoir à l'esprit que le Boston Globe a perdu 90 % de sa valeur entre 1993 et 2013.

    John W Henry Boston Globe

    Les lectures des rapports sont instructives. Les tournants à prendre sont identifiés. Mais les moyens pratiques restent encore incertains.

    Le contenu de cette transition après le déclin irréversible de l'imprimé est l'un des plus beaux enjeux des prochaines années.

  • L’austérité s’installe en France au pire moment

    A juste titre, il y a eu un débat entre la rigueur et l'austérité. Ce débat est passé. Depuis la rentrée de septembre 2014, les territoires locaux français sont entrés dans une phase d'austérité.

    Depuis septembre 2014, car ils ont la conscience des impacts des efforts budgétaires de l'Etat chiffrés pour 2015.

    Les territoires locaux car Paris et ses nombreuses structures réservent l'austérité à la … Province. Les agents locaux du dynamisme économique sont frappés par des ponctions et par des chutes de dotations énormes qui vont fermer le robinet des investissements locaux.

    Emploi 13 08 12

    C'est un choix qui intervient au pire moment. La reprise internationale n'est pas au-rendez-vous. Par conséquent, si le moteur international ne fonctionne pas et qu'au même moment le moteur local est éteint, c'est la catastrophe assurée. Et comme les financements sociaux en France reposent sur le travail, la hausse du chômage ne fera que

    (suite…)

  • Hibernum et le temps pour la France d’ajouter des zéros dans les chiffres des aides ou des participations

    Le nouvelle économie répond à 5 moteurs novateurs :

    1) il faut être visionnaire : les principales nouvelles marques portent des révolutions de consommations ou de technologies,

    2) il faut inventer l'offre pour créer la demande : c'est l'inversion des repères habituels d'où le point précédent,

    3) il faut toujours changer pour espérer durer,

    4) il faut faire rêver,

    5) il faut grandir extrêmement vite pour prendre sa place dans un marché global.

    Et pour grandir vite, il faut des fonds importants.

    La Province de Québec vient de montrer la voie avec Investissement Québec : 5 millions de dollars dans Hibernum.

    Montréal

    5 millions de dollars avec la création à très court terme de 150 emplois.

    5 millions de dollars pour être

    (suite…)

  • Grenoble et la « dream tech » : les jours d’après

    Demain, Grenoble aura son label de "French Tech".

    Les vraies questions importantes sont ailleurs :

    1) combien d'autres villes sur le plan national auront le label : le niveau de sélection identifiera la qualité réelle du label,

    2) combien d'autres villes sur le plan régional auront le label : il y a trois autres candidatures dans l'actuelle région Rhône-Alpes :  Lyon, St Etienne, Annecy,

    3) mais surtout, avec ce label, que feront Grenoble et l'agglomération grenobloise ?

    4 défis sont là :

    (suite…)

  • Catalogne : quand voter devient la fête …

    Quand 2 200 000 personnes votent un dimanche pour revendiquer leur indépendance territoriale, soit 40 % du corps électoral et que 80 % d'entre elles votent dans la même direction, comment est-il possible de ne pas donner suite à ce message ?

    C'est l'enjeu d'hier en Catalogne.

    1) L'opinion veut de l'espoir. Le réel est insupportable. Tout va mal et rien n'est jamais réglé. Il est donc naturel de chercher à changer le cadre. 

    Barcelone 2

    2) Ce nouveau cadre est perçu comme pouvant mettre

    (suite…)

  • Le mur de Berlin et la faillite de l’intelligentsia française

    La complaisance des intellectuels français à destination du totalitarisme communiste a toujours été pour moi un mystère. Une génération comme la mienne a effectué une grande partie de son activité en ayant à lutter contre des personnes qui défendaient le "paradis communiste" !

    En Isère, il y avait même une association France – RDA qui vantait les mérites du sytème communiste d'avant la chute du mur.

    A l'Université, il y avait des professeurs qui prêchaient ouvertement les vertus du communisme et aavec un sectarisme qui terrifiait les étudiants lors des épreuves orales.

    A la télévision, Montand diffusait son "idéologie de la larme" tout en se faisant bien entendu grassement payé pour intervenir. C'est toujours plus facile de pleurer sur le sort d'autrui quand on ne partage pas ses fins de mois difficiles.

    Tout un univers qui défendait le régime de "derrière le mur".

    Mur de Berlin 1

    Heureusement, quelques intellectuels ou journalistes avaient le courage de lutter contre ce "politiquement correct" : Aron, Revel, Guitton. Puis il y eut la révélation de André Glucksmann. A la différence des premiers noms cités qui avaient un parcours intellectuel constant, Glucksmann commençait par dire qu'il avait été "maoïste", ce qui bien entendu lui donnait une légitimité à reconnaître qu'il s'était alors … trompé.

    Pour ce qui me concerne, je suis très heureux d'avoir toujours été rebelle face à ce système de pensée.

    Guitton, Aron, Revel ont toujours été mes références. Je relis souvent leurs publications et suis toujours impressionné par la qualité de leurs analyses.

    Aux cantonales,

    (suite…)