"C'est n'être bon à rien que d'être bon qu'à soi-même" : cette formule de Voltaire est un peu excessive mais elle porte un sens qui mérite réflexion. Dans la nature humaine, il doit y avoir une dimension qui dépasse sa seule survie personnelle.
Aujourd'hui la marche à Washington pour lutter contre les traitements différents liés à la couleur de peau est un enjeu universel.
Pendant des décennies, notre civilisation a réfléchi sur la notion de progrès : le contenu, les menaces …
Progressivement, ce qui a marqué les étapes importantes a été la reconnaissance de la primauté donnée à l'individu, à chaque individu.
C'est d'ailleurs la force de la religion chrétienne que d'avoir défendu à la fois l'universalisme, la reconnaissance de la différence et la place de l'individu.
Un individu responsable, unique, respecté par les pouvoirs.
C'est très surprenant et inquiétant de voir ce progrès remis en cause.
Il est remis en cause quand il y a place au doute sur l'existence de violences liées à une couleur de peau.
Quand des pouvoirs veulent imposer à des adultes majeurs responsables la façon de vivre leur vie en choisissant le partenaire qu'ils aiment.
Quand cette liberté individuelle devrait être fractionnée, vécue alors comme une sous-liberté, oui à l'union mais non à l'adoption.
Quand des services publics de l'enseignement sont faibles au point de laisser à la reproduction mécanique de statuts intellectuels ou matériels la sélection face à des formations.
Quand des fascismes religieux défendent une conception de l'islam où l'orgueil d'une religion serait de s'imposer aux autres.
…
Il y a des moments où l'importance d'enjeux devient le marqueur de défis aux progrès de notre civilisation.
Aujourd'hui à Washington, la marche pour l'égalité est l'un de ces enjeux.

En novembre 2008,
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