Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Mes lieux préférés (7-8-9-10-11) : des lieux à contre-réputation

    Chicago-lake Michigan

    L'image de marque d'un endroit colle toujours durablement. Un cliché et la réputation semble engagée pour plusieurs vies. Pourtant, sur place, la réalité des faits est parfois à l'opposé. C'est le cas pour 5 lieux que je recommande.

    C'est le cas de Chicago (7). En France, on entend souvent "notre ville ne doit pas devenir Chicago" ou à l'opposé "notre ville c'est Chicago". Ce cliché est supposé dénoncer une ville où règnent la guerre des gangs, la délinquance, la violence … Rien de tel désormais. Séjourner au bord du lac Michigan est un réel délice pour le calme, le sport et la ville connait un dynamisme remarquable. Elle va même accueillir le "musée présidentiel Obama" ce qui lui assurera une audience touristique considérable.

    Même remarque pour Washington (8). Le statut de capitale fédérale semble vouer cette ville à la démesure urbanistique. Mais séjourner dans le quartier de Georgetown assure un calme et une grande qualité de vie : courir au bord du Potomac, jouer au volley sur les nombreux terrains publics … Tout est calme à l'opposé des clichés.

    Georgetown

    De même pour pour Philadelphie (9),

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  • Square bientôt en bourse : la fête des valorisations continue

    Jack Dorsey 25 07 15

    Selon Bloomberg, Square aurait engagé la procédure pour une introduction en bourse. Le roadshow serait même en cours de préparation pour boucler le book de la levée. Opération coordonnée par Goldman Sachs, Morgan Stanley et JPMorgan.

    Square a été créée en 2009 à San Francisco. Son service repose sur de mini-lecteurs de carte bancaire qui se connectent à un téléphone portable ou une tablette et permettent de réaliser, via une application dédiée, des paiements instantanés. La startup se finance en ponctionnant une commission de 2,75% sur chaque transaction quand le commerçant utilise le lecteur de carte (gratuit), et de 3,5% plus 15 cents quand les données bancaires sont rentrées manuellement dans l'application mobile.

    Square va s'ajouter à la liste des intros de "la nouvelle économie" avec des valorisations qui font date. La comparaison des valorisations est un faux débat. La nouvelle économie entraîne des fondamentaux totalement différents de l'économie traditionnelle :

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  • La surprise attendue

    Barack Obama 27 06 15

    C'est curieux comme des choses les plus prévisibles prennent souvent un aspect d'inattendu lorsqu'elles se réalisent pour de bon. Le voyage d'Obama au Kenya aujourd'hui doit mettre en lumière la formidable mobilité de la démocratie américaine. L'élection du premier président métis américain était prévisible. Mais cette étape a été franchie dans une séquence temps très courte.

    Quelques dates font référence :

    – fin juillet 2004 : au Fleet Center à Boston, Obama fait l'un des meilleurs discours de la Convention. Pour avoir été présent en la circonstance, il a électrisé la salle dans des conditions irréelles. 

    – 2006 : il commence à faire le tour de "chauffe" pour la présidentielle. Mais alors, à peine élu Sénateur depuis 2 ans, des observateurs politiques ont même du mal à … prononcer son nom. Il est même questionné sur le fait qu'il "observe le terrain" pour le coup d'après 2008.

    – Janvier 2007 : Obama annonce sa candidature et se lance dans une campagne novatrice, imaginative, gagnante.

    – 2008 : Obama gagne la présidentielle et devient le 1er président métis de l'histoire de la démocratie américaine.

    Obama fitbit surge

    Quel mouvement !

    C'est en comparant avec de telles évolutions que la France expose ses blocages politiques. 2017 est la confrontation entre des candidats qui :

    – ont été des ex-présidents (Sarkozy et Hollande),

    – un ex-premier ministre des années

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  • La Grèce ou l’équivalent de la « cagnotte » de Jospin

    Agriculteurs 23 07 15

    En 1999, Jacques Chirac avait "changé l'ambiance" en évoquant le 14 juillet la "cagnotte de Bercy". D'un seul coup le couvercle des revendications allait se lever et ce fut le cas. La Grèce, c'est pour Hollande l'équivalent de l'embarrassante cagnotte de Jospin. Puisque la France est capable de trouver 16 milliards supplémentaires pour "aider les grecs", comment expliquer qu'il n'y ait que la diète pour les … Français ?

    Dans ces deux cas, ce sont des raisonnements faux, simplistes, trop réducteurs … mais l'opinion a changé en conséquence. Les français acceptent d'aider des "tiers" à la condition que leur propre table du banquet soit bien fournie. C'est une vieille réaction toujours appliquée. Quand la crise est là, leur "coeur" devient moins "partageux". 

    C'est ce que l'on est en train de vivre.  Une nouvelle fois,

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  • Boston 2024 et la révolution des JO rentables

    Boston 22 07 15

    La candidature de Boston pour 2024 change de dimension au moment où celle de Paris semble de plus en plus décalée par rapport aux besoins internationaux de la modernité (conflits Uber, Airbnb …). 

    L'équipe organisatrice se fixe un nouveau défi public officiel : organiser des JO rentables. 

    C'est à un cabinet extérieur, indépendant (Brattle Group), que vient d'être confiée la vérification de cet objectif au niveau des actuelles prévisions.

    C'est le tournant majeur pour des défis de ce type.

    1) Ces opérations ne peuvent être menées sans l'adhésion de l'opinion,

    2) Dans les démocraties occidentales, l'opinion ne veut plus de "fêtes" de ce type hors de prix pour les contribuables locaux,

    3) Donc il faut trouver la dimension, le

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  • Quand un ministre a peur du peuple

    Agriculteurs 21 07 15

    Une étape importante avait été franchie ces dernières années en France : une démocratie sans le peuple. Puisqu'en France, le 1er parti est celui de l'abstention et que ce "parti" progresse à chaque élection. Mais cette semaine, avec le refus du ministre de l'agriculture d'aller rencontrer les agriculteurs sur le terrain, c'est une étape nouvelle qui est franchie : un ministre a peur du peuple. 

    Car c'est bien une peur du peuple qui le conduit à ne plus quitter son palais de la République où il a été nommé par complaisance du monarque du moment pour avoir été son directeur de cabinet du temps où l'actuel président dirigeait le PS. L'intéressé n'a au "compteur" ni expérience professionnelle économique ni conquête électorale emblématique. Il fut le serviteur fidèle et obéissant récompensé par la nomination … ministérielle.

    En quelques postures, c'est toute la caricature d'un système politique à bout de souffle qui est donnée.

    Un système politique qui est désormais détesté en raison de

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  • Tsipras : la démission prochaine ou la crise de l’information en France

    Tsipras 10 07 15

    La crise grecque devient également la crise de l'information en France. Que constatons-nous ? Une instrumentalisation de l'information qui lui donne tous les vieux habits de la propagande de l'ancien siècle avec "l'opération sauveur Hollande" totalement déconnectée de la réalité objective des faits.

    Un entretien télévisé du 14 juillet avec des "journalistes" qui ne connaissent pas le "droit de relance" pour qu'une question ait une réponse précise.

    Aucun sujet technique sérieux n'a été traité à cette occasion. La politique est devenue un "café du commerce" où chacun vient réciter son refrain avec les "éléments de langage" à matraquer.

    Dans ce contexte, chacun se détache de cette "information basse qualité". Les journaux se vendent de plus en plus mal. Les infos TV sont de moins en moins regardées. C'est "l'entre soi" qui règne : les politiques questionnés par leurs copains journalistes.

    Le dossier grec devient une caricature de cette triste réalité. Car tout "va tellement bien" suite à l'accord de "grande qualité" conclu sous l'influence de Hollande que la démission de Tsipras s'approche. Sa mère vient d'assurer à un tabloïd grec qu’il « ne dormait plus » ni ne « mangeait plus »...

    L’accord de Bruxelles exige le vote mercredi prochain de nouvelles réformes (justice civile, législation bancaire). Selon le journal Avgi, proche de Syriza, Tsipras veut faire de

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  • Politique : le temps n’est plus au changement mais aux vraies différences

    Obama 2 19 07 15

    Le temps du mot "changement" est en train de passer. La mode des "vraies différences" s'engage. Des exemples :

    1) Obama vit son second rebond (le 1er est intervenu le 1er semestre 2011) en ayant fait vivre des ruptures visibles manifestes. C'est le cycle de 4 différences fortes : Charleston + Cuba + Iran + El Reno. Les ruptures sont énormes. A Charleston, Obama chante.

    Avec Cuba, il tourne le dos à 50 ans d'histoire pour en faire vivre une nouvelle. Avec l'Iran, de même. El Reno, c'est la 1ère visite d'un Président dans une prison fédérale : la première !

    2) Dans la primaire américaine, Trump effectue une percée avec des ruptures permanentes dans les mots, dans les références. Tous les candidats qui vivent dans la nuance stagnent en dessous des 3 %. Chez les démocrates, c'est Elizabeth Warren qui est toujours attendue parce qu'elle fait vivre des différences considérables sur des sujets importants dont la place de la finance.

    3) Dans l'Europe du Sud, toutes les percées électorales sont d'abord celles de ruptures promises : Syriza, Podemos, Ciudadanos …

    4) Au Canada, c'est le NPD qui capitalise le fait de ne jamais été au pouvoir : une vraie différence et non pas un simple changement entre Libéraux et Conservateurs. Il passe en 1ère position, une première considérable.

    Les démocraties occidentales s'ennuient face aux impasses généralisées : chômage, dettes, Europe, climat …

    Elles éprouvent le sentiment qu'il faut donc aller au-delà du changement classique, cette alternance de la rotation au pouvoir entre toujours les mêmes : le faux changement.

    C'est un phénomène intéressant qui devrait impacter la

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  • Mes lieux préférés (4-5-6) : la douce sobriété de petites villes des rivages de la cote Est des Etats-Unis

    Rockport 29 03 15

    Je suis souvent surpris par la démarche de personnes qui, à l'occasion des vacances, souhaitent découvrir la cote Est des Etats-Unis. Il n'est alors question que de grandes villes : New York, Boston, Philadelphie …

    Pour des vacances, le vrai charme est ailleurs à mes yeux. Il réside dans la douce sobriété de petites villes des rivages. Trois d'entre elles méritent une attention particulière : Newport, Rockport, Kennebunkport.

    Newport (4), c'est la ville de la voile. Une ville d'une très belle architecture avec des quartiers historiques magnifiques.

    Cape cod 3

    Rockport (5) dans le Massachusetts, c'est probablement la petite ville la plus typique avec de merveilleuses plages. L'air y est doux. Le soleil très présent et les prix sont considérablement moins élevés que dans les "grandes" villes.

    Kennebunkport (6), c'est la paisibilité du

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  • Quand Brian Chesky (Airbnb) renvoie l’ascenseur : top !

    Airbnb lettres refus 17 07 15

    " La prochaine fois que vous avez une idée et qu’elle est rejetée, je veux que vous pensiez à cet e-mail". C'est la conclusion de Brian Chesky qui savoure son indépendance matérielle en se rappelant au souvenir des investisseurs qui avaient opposé un refus à sa demande initiale d'investissement dans son projet. Brian Chesky (fondateur de Airbnb) vient de poster sur son blog les 5 refus qu'il avait enregistrés en 2008 auprès de capitaux risqueurs.

    A l'époque (2008), au moment du lancement de Airbnb, il tente de lever 150 000 dollars auprès de 7 investisseurs : 5 refusent et deux ne répondent même pas.

    Brian Chesky publie les réponses sur son blog.

    Aujourd'hui, Airbnb vaut 25 Mds de $ c'est à dire que leur mise aurait progressé de +167.000 % en 7 ans.

    Airbnb vaut désormais 2 fois plus qu'Accor (11Mds$), plus que Mariott (20Mds$) et quasiment autant que le leader mondial Hilton (28Mds$).

    La réputation des capitaux "risqueurs" concernés prend un sérieux coup. Chesky a eu la délicatesse de ne pas dévoiler les noms mais ils commencent à être connus.