Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Primaires, préliminaires ou comment être à droite l’espace d’une heure ?

    Trump 2 06 03 16

    Quand la France officialise l'échangisme politique. Le débat politique français a tellement sombré dans la perte de valeurs qu'il devient possible officiellement de demander à des concurrents politiques de voter pour la désignation du candidat du … "camp d'en face". C'est du jamais vu. Imagine-t-on aux Etats-Unis, pays des primaires, les Démocrates se mobilisant pour voter contre Donald Trump lors des primaires républicaines ? Impossible. Celui ou celle qui susciterait une telle perspective serait immédiatement décrédibilisé. 

    Mais en France comme tout se fait en politique, les électeurs PS vont voter pour désigner le candidat du … Parti républicain. Ce qui signifie que les électeurs des Républicains vont aller choisir à leur tour le candidat du … PS. 

    C'est l'engagement l'espace d'une heure ou comment signer un papier qui n'engage pas. L'institutionnalisation de la magouille en politique mais au moins à visage découvert.

    Il faut vraiment qu'un régime soit tombé très bas pour banaliser un enjeu de ce type. La primaire, c'est le choix de conviction des militants et sympathisants qui se reconnaissent dans des valeurs. Eux et seulement eux.

    Là, il s'agit de préliminaires avec faculté de changer de partenaire en cours de route. C'est le moment où la France officialise l'échangisme politique …

  • Une société peut-elle vivre sans sacré ?

    Obama 2 11 09 16

    C'est un sujet de fond qu'aborde avec un talent remarquable Régis Debray dans le dernier numéro de la Revue des Deux Mondes. Comment fonctionner quand il n'y a plus rien d'intouchable ? Aujourd'hui même l'expression du mot "sacré" conduit parfois à l'ironie, voire aux moqueries intempestives. Comment expliquer que notre société ait pu accepter comme autant "d'avancées" des "outrages" présentés comme des progrès collectifs (Marseillaise sifflée, drapeau national brûlé …). Dans certaines Communes, les espaces collectifs de cimetières ne sont même plus entretenus…

    Qu'est ce qui peut être "valorisant" de tout désacraliser ? Une valeur existe-t-elle encore si elle n'emporte pas de pénalité quand elle est violée ? 

    Dans le pays de la littérature, même les mots ne sont plus sacrés puisque l'orthographe est une discipline secondaire et que nous nous sommes à deux doigts d'accepter l'écriture phonétique. 

    Il est certain que le sacré d'hier ne peut plus être le sacré d'aujourd'hui. C'est naturel. Mais pourquoi au sacré d'hier succéderait-il le vide d'aujourd'hui à ce point ? 

    Comment délimiter en l'absence de sacré ? 

    Le sacré a-t-il disparu parce qu'il n'a pas de valeur marchande, ce qui est une monstruosité en cette période d'argent roi ? 

    C'est le vrai choc actuel derrière la guerre des religions qui est en marche : le choc entre ceux qui ont trop de sacré et ceux qui donnent l'impression de ne plus en avoir du tout. Impression ou réalité ? Et quelles conséquences ?

    Un article sublime de Régis Debray comme si souvent.

  • J – 35 : 2016 ou le rendez-vous manqué des héros du quotidien

    Kristi noem 25 08 12

    En 2010, la naissance du Tea Party c'est le succès d'un parti pris de proximité : le choix affinitaire. Présenter des personnes qui vivent dans la vie de tous les jours et qui sont présentées comme les "vrais héros du quotidien". C'est la campagne de communication en 2010 sur la «maman grizzly» : celle qui lutte de toutes ses forces contre l’environnement hostile pour sauver ses enfants. Kristi Noem, Nikki Haley … parmi tant d'autres sont les réussites de ce courant. 

    C’est la sanction contre l’establishment politique qui est supposé ne plus connaître la vraie vie de tous les jours. En 2010, la caricature de ce choc a été dans le Nevada avec la lutte Sharron Angle contre Harry Reid. Une mère inconnue (Sharron Angle) met en difficulté un leader du Sénat (Harry Reid) dans des conditions totalement imprévisibles. 

    L'échec majeur de Donald Trump c'est de ne pas avoir pris cette tendance. Il n'est pas devenu un "héros du quotidien" parce que son quotidien n'est pas celui de la "vie de tous les jours". Encore davantage quand l'opinion a découvert que le démarrage économique de Donald Trump avait été lié à la fortune de son … père. Trump a contrebalancé cet échec par une mise en cause d'autant plus violente de l'establishment politique. Mais une violence excessive qui le fragilise finalement.

    Avec Jimmy Carter, le Parti Démocrate avait trouvé en 1976 le moraliste de base tournant la page des années Nixon.

    Ne pas avoir trouvé le "héros du quotidien" en 2016, surtout face à une ex First Lady, reste le grand échec du Parti Républicain en 2016. Si Hillary Clinton gagne, c'est 12 ans de mise à l'écart de la Maison Blanche (de 2008 à 2020), un cycle inhabituellement long d'opposition pour le Parti Républicain.

     

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  • J – 36 : 2016 : l’enfant de … 2010 ou quand, dans une démocratie, l’opinion a toujours raison …

    Trump 05 04 16

    Le véritable phénomène nouveau majeur de la démocratie américaine date de novembre 2010 avec l'émergence du Tea Party. En 2008, la victoire de Barack Obama a été d'abord la victoire d'un leader charismatique face au rejet des "années Bush" qui avaient installé une réelle détestation de l'ensemble du camp des Républicains dont John McCain pourtant très distant vis à vis des "années Bush". En 2010, les élections intermédiaires de novembre ont été marquées par la poussée du Tea Party. Des candidats locaux ont alors soutenu des thèses et déployés des termes qui sont actuellement ceux de Donald Trump.

    En 2012, la ré-élection de Barack Obama a été, une fois de plus, celle d'une personnalité, d'un style. Mais sur le fond, le Tea Party progressait toujours dans le camp des Républicains. 

    Lors des élections intermédiaires de novembre 2014, nouvelle progression des idées et des candidats du Tea Party. La démission de John Boehner de sa fonction de Speaker montrait en 2015 l'incompatibilité des thèses entre les modérés et les radicaux au sein même du Parti républicain.

    Et en 2016, un candidat, Donald Trump, reprenait les thèses, les termes et remportait la primaire des Républicains.

    Cette leçon montre que, quand une démocratie ne veut pas régler sérieusement les problèmes portés par l'expression populaire, elle s'expose à être débordée. Elle ne fait que repousser le problème. Dans une démocratie, l'opinion a toujours raison. Ceux qui ne veulent pas entendre les alertes prennent la responsabilité de faire augmenter l'impact des problèmes non traités. 2016 est l'enfant de 2010. C'est une expérience à méditer dans de nombreuses autres démocraties dont la France face à des expressions populaires que des accords de partis visent à canaliser, à contenir. Jusqu'à quand ?

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  • Quand consulter le peuple c’est devenir … populiste !

    Voter 02 10 16

    Face aux guerres modernes (religions et climat), un système politico-médiatique perd manifestement ses repères. A l'exemple ce jour des commentaires sur la Hongrie et son référendum sur les conditions d'accueil de personnes extérieures où il est question de "populisme" parce que les citoyens sont consultés par référendum. 

    Le vote populaire qui devrait relever du beau temps dans une démocratie est présenté comme un bulletin météo d'orage dans une démocratie. Un non sens absolu. 

    L'accusation de populisme devient actuellement l'injure suprême, la disqualification de la part de directeurs de conscience qui ont progressivement interdit des mots (à l'exemple du mot "race"), défini le mauvais goût (à l'exemple y compris de menus dans des cantines scolaires), pour qui la démocratie doit se construire et vivre sans le … peuple.

    Pour cette classe, tout est supposé permis sauf ce que cette classe politico-médiatique réprouve. Cette "église moderne" est supposée lutter contre tous les interdits sauf les … siens. Des interdits qu'elle véhicule avec nonchalance comme une douce évidence mais avec pour voisine permanente une rigueur implacable.

    Le problème pour cette paroisse qui ne dit pas son nom c'est que ses méthodes commencent à être décryptées, refoulées, rejetées.

    Quand dans une démocratie le peuple est consulté c'est que la démocratie fonctionne. Vive ce populisme en regrettant que la "consultation populiste" ne soit pas plus fréquente dans tant d'autres démocraties soit nationales soit locales.

  • COP21 : la différence considérable entre l’objectif et les moyens

    Californie 3 09 09 16

    Hier, pour ne pas être à la traîne d'autres grandes puissances, l'Union Européenne a accéléré son processus de ratification de l'accord de Paris (COP21). Elle y avait également intérêt pratique pour ne pas être à l'écart de certaines discussions de la COP22 qui s'ouvre prochainement au Maroc. C'est un dispositif international important dans la lutte indispensable contre le réchauffement climatique qui est une menace réelle majeure déjà constatable.

    Ce qui est étonnant en France, c'est la méthode mise en oeuvre pour ratifier cet accord. Dans de très nombreux autres Etats, à l'exemple de l'actuelle discussion parlementaire au Canada, le processus de ratification s'accompagne d'un acte précis d'orientation sur les mesures concrètes à mettre en oeuvre pour que l'Etat concerné respecte sa contribution à cet accord.

    En France, la ratification est intervenue seule. L'objectif est affiché. Mais les moyens pour atteindre cet objectif ? Tout reste à faire ! C'est un jeu lassant que de séparer ainsi l'objectif et les moyens. Trop de médias se complaisent dans cette technique du simple affichage. Cette méthode conduit à toujours repousser le traitement sérieux d'un dossier. Si bien que la spécialité française c'est de ne jamais régler un dossier une fois pour toutes. Cette superficialité permanente fait que le même sujet revient de façon récurrente avec ce sentiment des crises toujours pendantes qui minent le moral collectif : le pays où les mêmes crises vont de ré-inviter en permanence comme la veille … C'est aussi ce constat qui explique l'actuelle perception d'impuissance publique.

    Californie 2 09 09 16

  • 30 ans et déjà l’âge de l’épuisement …

    DB Barnier JO

    Il y a 30 ans, les assemblées régionales nouvellement élues pour la première fois au suffrage universel direct débutaient leurs travaux pour le budget 1987. Effectuer alors les arbitrages budgétaires était un plaisir réel tant la marge de manoeuvre financière était élevée. Très peu de fonctionnement. Beaucoup d'investissement. 30 ans plus tard, les régions ont sombré dans les travers des autres collectivités publiques françaises : fonctionnement, dette … La spirale classique de l'épuisement est en marche.

    A l'âge de 30 ans d'existence sous la forme d'une collectivité élue au suffrage universel direct, ce qui est très jeune, ces collectivités sont épuisées financièrement et elles ont déjà vécu une réforme du mode de scrutin et une réforme de leurs contours territoriaux. 

    Conseil Régional 1986

    Nulle part ailleurs, une telle instabilité juridique n'existe. 

    Bien au contraire, la force d'institutions naît de leur ancrage dans la durée. 

    Tant que les citoyens français n'auront pas la capacité à sortir de l'immédiateté pour se poser des questions de ce type à savoir comment et pourquoi une collectivité publique peut être épuisée après seulement 30 années de focntionnement, le déclassement de ce pays continuera. 

    Comment est-il possible d'être épuisé à 30 ans après avoir déjà connu deux "opérations" lourdes (l'une sur le suffrage et l'autre sur son territoire d'actions) ? Si cette structure était une entreprise, elle aurait été liquidée depuis longtemps dans un tel contexte d'épuisement. Mais là, l'argent des contribuables pousse toujours à repousser la durée du coma collectif. Irréel à ce point.

     

  • Présidentielle US 2016 : l’information via les réseaux sociaux ou la nouvelle âme de la nation

    Harvard 2 29 08 16

    Selon le Pew Research Center, actuellement près de 75 % des Américains s'informent sur la présidentielle 2016 via les réseaux sociaux là où ils étaient près de 40 % en 2012. C'est donc une progression considérable. En France, il n'y a pas d'étude disponible aussi détaillée mais le constat de la progression permanente des audiences sur les réseaux sociaux montre une tendance forte identique à la progression des réseaux sociaux dans les supports d'informations choisis par les citoyens.

    L'un des volets qui se développe considérablement en dehors de l'audience, c'est le fact-checking : la vérification des faits. Un chiffre est énoncé : est-il juste ou faux ? Une comparaison est faite : juste ou fausse ? …

    La forte audience + le fact-checking révolutionnent le circuit classique de l'information : c'est la chute du sacré. Hier, le sacré résidait dans le support institutionnel et dans la parole officielle. Aujourd'hui, cette information officielle c'est de la moraline juste bonne à susciter les réactions, les vérifications. 

    Tant que les professionnels de la politique n'accepteront pas en France cette double révolution (la diversité des sources d'informations comme la culture de la vérification des faits), le fossé restera important entre les citoyens et la classe politique. L'opinion n'est pas ingrate. Elle est devenue plus exigeante. Elle n'est pas indisciplinée. Elle est devenue plus mature donc indépendante. L'âme de la nation a changé dans son rapport avec l'information officielle donc avec le pouvoir. 

     

  • Drôme saveurs : une application remarquable à pratiquer

    Abricots

    Lundi 26 septembre, le département de la Drôme a mis en service une application remarquable : Drôme saveurs. L'objectif : favoriser la consommation auprès des producteurs locaux et le tourisme de proximité. Une excellente idée. Patrick Labaune qui préside le conseil départemental de la Drôme vient de lancer cette application particulièrement réussie.

    Drôme bis 28 09 16

    Au moment où il est tant question d'aider à juste titre les producteurs locaux comme de contribuer à la découverte des merveilles de proximité, c'est une application très réussie. Une initiative à découvrir, à pratiquer et qui devrait inspirer de nombreux autres départements. C'est concret, simple et utile. Toutes les qualités pour faire et non pas seulement parler sans lendemain. La technologie au service du quotidien pour mener de belles causes (producteurs locaux et environnement de proximité) : un bel exemple. 

     

  • Une période formidable : émois mais surtout « et moi … »

    Clinton 27 09 16

    La photo ci-dessus est une caricature de l'évolution de la politique américaine avec la campagne 2016. Elle ne vit plus sur la raison mais sur des émotions : colères, angoisses alimentées … Et surtout c'est le règle du "moi". Les personnes qui se sont déplacées pour écouter Hillary Clinton lui tournent le dos pour faire le selfie. Et Clinton est montée sur un petit "tremplin" pour paraître plus grande. En une photo, tout n'est qu'artifice. Inquiétant quand même à ce point …