Le magazine Rolling Stone consacre sa couverture à Trudeau. Il est sympa et surtout s'occupe du quotidien : incendies en CB, baleines noires qui décèdent en nombre, emplois liés au libre échange … Il se déplace souvent avec son épouse, très sympathique et parfois même avec leurs enfants. Trudeau ajoute de la vie au pouvoir. Quand il a commis une admonestation trop rugueuse au Parlement, il s'est … excusé ! Et la liste pourrait durer longtemps. Trudeau s'occupe de la vie quotidienne. Parfois avec un peu trop de com. Mais de la vie de tous les jours. En France, dès l'accession au pouvoir, il n'est plus question de vie quotidienne mais de surtout montrer que l'on … règne. Régner, c'est exercer les attributs de la domination. Un détenteur de pouvoir politique en France doit d'abord montrer qu'il règne et à tous les niveaux parfois encore pire sur le plan local avec une "mentalité de petit chef" particulièrement déplaisante. L'opposé de la gouvernance moderne qui suppose l'adhésion, la participation et pas la domination. Pas surprenant qu'avec de tels réflexes, la crise soit au coin de toutes les rues avec un tel contre-sens qui n'est même plus vécu dans les entreprises privées.
Auteur : Denis Bonzy
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Se souvenir, c’est vivre une seconde fois …
Il y a des moments agréables que l'on imagine pouvoir programmer. Puis il y a des moments agréables qui s'invitent d'eux-mêmes. Imprévus. Ils semblent tomber du ciel. Rien à changer. Ce fut le cas hier lors d'un déjeuner de travail avec Aline Kozma et Claude Soullier sur Brié. Que la diversité et la liberté sont belles. Echanger dans la tolérance sans arrière pensée et dire exactement ce que l'on pense sujet par sujet même si les avis peuvent beaucoup diverger. Puis rencontrer les personnes qui s'occupent du Manoir Grenoble Brié. La terre, les animaux, la passion : la plus belle fusion. Il y a presque 30 ans, cet équipement alors localisé ailleurs était un endroit où nous nous rendions souvent. Marie a toujours considéré que nos enfants devaient aimer les animaux et la nature. Travailler sérieusement leurs études bien sûr. Mais au-delà vivre avec des animaux et avec la nature. Le mot qui compte c'est "avec" car ce mot porte l'égalité, la complicité. Pour être complice avec les animaux, il faut en connaître la diversité. Apprendre du regard d'un chien comme de la sensibilité réactive d'un cheval. Par conséquent, dès leurs plus jeunes âges, Jonathan et Thomas ont été éduqués dans ce cadre. Hier, voyant des jeunes en stage d'été, le retour agréable tant d'années auparavant. Des images qui reviennent en surface. D'autant plus que l'une d'entre elles (cf ci-dessous) est en permanence dans mon bureau. Se souvenir, c'est vivre une seconde fois. Lorsqu'il s'agit de tels souvenirs, que c'est agréable !
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A ce rythme, après le dégagisme, l’explosion … ?
Les mouvements de fond s'expliquent par la sociologie et la géographie. Les ouvrages de Christophe Guilluy, géographe, sont une des clefs de qualité d'interprétation des mouvements actuels annoncés par lui de longue date. Le choc de fond est double : d'une part entre les élites médiatisées qui ignorent la France invisible par eux. D'autre part, par une mondialisation qui est culturellement à l'opposé des valeurs fondamentales de la société française. Le mouvement de fond grave actuellement, c'est que Macron, élu d'abord par des métropoles qui ont réussi le tournant de la mondialisation, ne passe pas des messages aux périphéries qui ont mal et à celles qui ont peur d'avoir bientôt mal. Si la "France du succès" ignore la "France qui lutte pour survivre", l'explosion est garantie. Or depuis quelques semaines, nous assistons à la caricature de cette "ignorance". Que des bacheliers n'accèdent plus à l'Université sauf par tirage au sort, c'est une provocation. Que des APL soient minorées alors que des milliards vont aux JO qui peinent à trouver des candidats tant ils sont un gouffre financier sans fond avéré, c'est une provocation. Quand la détresse de salariés saute aux visages de ministres encravatés dans des costumes haut de gamme, c'est une provocation. Quand les députés défendent arcboutés leur IRFM (second salaire non fiscalisé en réalité) au moment où de longue date des salariés ont à justifier y compris les frais d'autoroute pour être remboursés, c'est une provocation. A force d'ajouter chaque jour des provocations de ce type qui sont aux antipodes des valeurs de la France populaire, il y a le sentiment de naissance d'une contre-société intolérable. Si le dégagisme parait une imposture, l'explosion deviendra incontournable dans l'actuel climat. A écouter les discussions, elle semble sérieusement mijoter actuellement …
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Tragique disparition d’Anne Dufourmantelle
Deux livres d'Anne Dufourmantelle m'ont particulièrement plu : "l'intelligence du rêve" et "la puissance de la douceur". Une pensée subtile attentive à des éléments parfois perçus comme anodins et capable de leur restituer du sens. Vendredi sur la plage de Pampelonne, à Ramatuelle, en voyant deux enfants en difficulté au large, elle n’a pas hésité à se jeter à l’eau. Hélas, elle s’est retrouvée à son tour prise au piège d’une forte houle. Quand les maîtres-nageurs sauveteurs sont venus à son secours, il était trop tard. Les deux enfants, eux, s’en sont sortis indemnes. Elle avait écrit : "…quand il y a réellement un danger auquel il faut faire face (…), il y a une incitation à l’action très forte, au dévouement, au surpassement de soi". Des mots qui ont trouvé un passage à l'acte dramatique. Comme quoi son écriture était une vraie composante de son tempérament. Beaucoup de tristesse.
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La menace de la fin peut-elle altérer la vanité ?
Cette semaine, la revue Sciences et Avenir a fait état des conclusions d'une étude publiée dans la revue Science au sujet des forêts d'Afrique. Le coût de la déforestation serait supérieur à celui du maintien des arbres voire même à celui de la reforestation ! Cette étude très sérieuse menée par des techniciens interdisciplinaires et sans chiffrer les impacts sur les espèces animales menacées arrive à une conclusion pratique simple : respecter l'équilibre naturel de base en payant les populations locales pour les placer dans cet esprit de respect des forêts coûte moins cher collectivement que devoir ensuite corriger les impacts de la déforestation. Alors que chaque jour porte une alerte majeure sur ce déséquilibre, combien de temps encore faudra-t-il attendre pour que l'opinion se mobilise sur de tels sujets ? C'est comme les annonces par Météo France des îlots urbains de chaleur quand seuls le béton et le bitume vont composer des quartiers… Jusqu'où faudra-t-il se rapprocher de la fin pour mettre un terme à cette vanité ou à cette voracité financière délibérément ignorantes du lendemain collectif ? Incompréhensible à ce point.
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Les 3 naissances de chaque individu !
Chaque individu a en réalité 3 naissances : la première c'est celle de l'état civil. Le nouveau né n'est alors pas responsable. Avec la seconde naissance, la part de responsabilité existe fortement : le choix de sa vie : la famille à créer, la profession … Mais il faut compter aussi avec une troisième naissance : les engagements collectifs. C'est par cette naissance que chacun montre qu'il vit en communauté. L'objet de la communauté peut alors être varié : défense d'animaux, d'espèces menacées, de sanctuaires naturels, culture, sport, religion, engagement civique … A côté de la vie professionnelle, l'engagement civique a toujours été un centre d'intérêt fort pour moi. C'est aussi le meilleur moyen pour disposer d'une gamme large de connaissances parce que la vie professionnelle spécialise, réduit cette gamme. Ce week-end, le Club 20 fête son 6 ème anniversaire. Ce collectif est un cadre très agréable de débats, de propositions, bref d'engagements. Lors des dernières municipales sur Grenoble, il a participé à une liste : 59 membres + mandataires financiers + donateurs à trouver. En quelques brèves semaines de campagne, cette liste de société civile a égalisé le score d'une formation comme le Modem avec ses nombreuses années d'ancienneté. Ses centres d'intérêts sont clairs, assumés. Son nombre d'adhérents n'a jamais été aussi élevé. De beaux objectifs sont discutés actuellement avec d'autres associations. Merci à toutes celles et tous ceux qui participent à cette naissance permanente qu'est l'engagement.
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Pourquoi faire si on est bon à ne rien faire ?
Aux Etats-Unis actuellement, avec la révélation du cancer de John McCain, une partie de l'opinion, très critique face à la classe politique de Washington, découvre le détail de certaines fonctions, l'ampleur des choix donc celle des responsabilités. Une partie des regards change. Cette réalité montre qu'en France, où également la classe politique est fortement décriée, à quoi peut tenir le changement ? A une diminution du nombre d'élus ? A une diminution du montant des dépenses liées au fonctionnement des élus ? … Non. Au retour aux fondamentaux du pouvoir : être exemplaire, agir et être responsable des résultats. Etre exemplaire, bien au-delà de la base de l'honnêteté, c'est être compétent par les connaissances sérieuses de dossiers de pans entiers d'activités. Agir, c'est refuser le bouclier de l'impuissance généralisée : du "c'est pas moi c'est l'autre" au "c'est impossible" en passant par la date d'une action promise mais toujours … reportée. Et surtout être responsable de résultats. La responsabilité a été croissante partout, parfois même dans le secteur privé sur des bases expéditives, pourquoi la société civile, dans ces conditions particulières, accepterait-elle de payer pour des personnes qui ne seraient responsables de rien ? Bref, le retour au crédit de la classe politique passe par le refus d'une mentalité très développée :"pourquoi faire si on est bon à ne rien faire ?". C'est peut-être la principale leçon donnée involontairement par McCain, véritable légende de la politique américaine depuis les conditions de sa détention au Vietnam. Il a fait. Il n'a jamais accepté d'être bon à ne rien faire. Et il assumé toutes les responsabilités de ses actions y compris quand elles ont été malheureuses comme le choix de Palin en 2008. Si les politiques français ne s'inspirent pas que des mauvais travers de la politique américaine, c'est peut-être une leçon à méditer ?
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La France et le défi toujours sans succès du pouvoir politique modeste
La démission du Chef d'Etat Major des Armées est l'illustration malheureuse d'un mal français profond des professionnels de la politique : toujours croire que la désignation par le suffrage universel direct parerait de toutes les vertus. Ce serait la clef pour la "compétence universelle" parfois même exprimée avec une arrogance insupportable dans ce cas. Le seul vrai chef c'est celui qui gagne ses galons sur le terrain de la compétition concernée. Et le "bon" chef désigné au suffrage universel direct est celui qui sait reconnaître et déléguer le pouvoir aux "chefs des terrains". En France, cette évolution du pouvoir politique modeste est toujours un défi sans succès à ce jour. C'est dommage et très pénalisant parce que la gouvernance moderne c'est cette capacité au pouvoir modeste pour permettre l'éclosion des talents. Avec cette démission, Macron montre qu'il est très "old school" en la matière.
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Alibaba : monter jusqu’où ?
En juillet 2016, le cours de l'action d'Alibaba était de 81 dollars. 12 mois plus tard, il est de … 152 dollars. Rarement le nom emblématique d'une société n'a été aussi mérité comme caverne à trésors. Dans le même temps, Amazon, autre "logisticien" d'envergure mondiale, a vu le cours de son action passer de 700 à 1012 dollars sur la même période. Jamais dans l'histoire de l'économie, des sociétés ont été aussi rapidement constituées, reconnues et dotées d'un capital rendant les démultiplications possibles aussi gigantesques. La capitalisation boursière d'Alibaba aujourd'hui c'est 5 fois Danone, plus de 6 fois GDF – Suez, près de 20 fois Veolia Environnement, pour citer quelques-unes des références du CAC 40. Un nouveau monde économique est en train de naître et la compétition se concentre beaucoup Etats-Unis / Chine … Le décrochage français de plus en plus manifeste dans cette course aux leaders mondiaux modernes. Une réalité qui mériterait d'être analysée avec davantage de rigueur.