Le dossier de la Syrie ajoute à la gravité d’une tendance d’un extrême danger qui est celle de la création permanente d’une mise en histoires de la contre-réalité. Les « printemps arabes » ont été une illustration d’une scénarisation permettant à des opinions publiques de vivre en choeur l’évolution qu’elles espéraient mais qui ne correspondait pas aux réalités : l’avancée de la démocratie dans de nouvelles géographies.
L’espace de quelques semaines, les petites histoires étaient censées construire la grande. Mais le réveil fut difficile.
Cette scénarisation efface les faits derrière une grille de lecture qui est celle de la pertinence de la plausibilité.
Ce qui est possible prend le pas sur ce qui est vrai.
Et c’est ainsi que les opinions publiques avancent de
tromperies en tromperies.
C’est ainsi que la politique progressivement est devenue une sorte de capacité à tromper. Les opinions publiques s’y prêtent avec une quasi-délectation passant d’un sujet à l’autre comme si c’était la faculté à ne pas reconnaître la tromperie passée cautionnée.
La France s’adonne à ce jeu avec excellence.
Sur le plan national, Hollande, Fabius … n’ont jamais exposé comment
demain les frappes militaires amélioreraient la situation de respect de toutes les composantes de la Syrie dont la survie de ceux qui ne se reconnaissent pas dans un islam intégriste.
Tant qu’il ne sera pas répondu à cette question, c’est une tromperie de plus qui est en marche.
C’est pour moi une réelle déception de constater une personnalité comme Obama participer également à ce jeu qui est une forme d’obscurantisme moderne.
Le progrès des civilisations n’est pas seulement dans l’interdiction d’armes maudites.
Il est aussi dans la lutte contre les tenants de religions qui veulent ramener à un archaïsme contre lequel il importe aussi de lutter : la non-émancipation des femmes, le non-respect des autres religions …
Si je peux éprouver de la déception devant ce qui relève à mes yeux d’incompétences fortes en matière économique notamment, là, la responsabilité de Hollande, Fabius change de dimension. Il en est de même pour des médias qui acceptent de servir de caisses de résonnance à cette mise en histoires de contre-réalités.
Après le réveil sur les « printemps arabes », c’est une des premières fois où j’éprouve à ce point le sentiment que les valeurs qui ont fait la civilisation occidentale dont notre socle religieux indispensable sont bradées à ce point.
Le « capitaine de pédalo » faisait rire. Maintenant le « capitaine sous-chef de guerre des américains » inquiète. Ce n’est plus le même registre.
DB
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