Denis Bonzy

L’Isère et le socialisme héréditaire

D'ordinaire, les réussites n'obéissent pas à la commande. En Isère, les réussites même dans les élections obéissent maintenant à la commande. Il n'y a même plus place pour l'éthique du doute à lire les commentaires des observateurs. L'élection devient ainsi une sorte de pourboire donné au peuple pour que l'espace d'un instant il puisse s'imaginer qu'il participe à un scrutin joué d'avance parce qu'ici le socialisme est héréditaire.

Dans ce climat irréel dès qu'un minimum de recul est pris par tout citoyen pourvu d'un minimum de bon sens, il y a même des candidats dits de droite


qui en sont à s'excuser d'être de … droite comme si le prêtre devait avant de commencer sa messe s'excuser de croire en … Dieu pour avoir le droit de s'exprimer. Difficile de convaincre dans de telles conditions mais la raison même de telles candidatures est-elle bien de chercher à convaincre ?

Ce socialisme en héritage, c'est d'abord un "socialisme familial" qui se partage les postes en cumulant la fonction d'élu à un endroit avec celle de fonctionnaire à un autre. C'est un socialisme familial où les deux membres de couples, de droit comme de fait, occupent souvent des postes à hautes responsabilités dans le secteur para-public local notamment.

Ce socialisme en héritage a ensuite  ses codes. Il a même ses mythes. Le socialisme local surfe sur l'image de féodaux qui seraient des "grands capitaines d'industrie" et au besoin les médias complaisants sont mobilisés à cette fin. Dans le quotidien Le Monde, Corys, qui a suscité des communications explicites à l'exemple d'un rapport d'expertise judiciaire est érigée en modèle d'une start up qui resterait dans les annales des réussites locales.

Les "200 familles" qui portent le socialisme isérois en héritage vivent d'un discours de fraternité mais aussi d'un "parcours de capitalistes" au moins dans les revenus, moins dans le goût d'entreprendre. Ce capitalisme rentier appliqué à eux n'est alors plus une insulte. C'est un témoignage de talent. Un" capitalisme bien singulier" parce qu'il est presque toujours marqué à l'originalité de l'économie mixte, celle qui permet de privatiser les bénéfices mais surtout de laisser les pertes aux … contribuables.

Enfin, ce socialisme aime l'ordre quand … il l'incarne. C'est un ordre qui flirte beaucoup avec la servitude depuis les critères d'octrois de subventions, l'accès aux salles publiques voire même, semble-t-il dans certains cadres, les conditions d'accès aux stages d'été qui seraient "quantifiées" par élu dans certaines collectivités : un tel ayant "droit" à tant de stages à pourvoir, tel autre un nombre différent … Sous ce dernier visage, c'est un socialisme qui aime l'égalité quand elle donne encore un peu plus à ceux qui ont beaucoup déjà.

Ce socialisme héréditaire prépare sa "génération de demain". Ceux qui, nourris à l'auto-proclamation sans frontière, seront chargés de protéger le système, d'en assurer sa survie et sa reproduction.

Voilà le véritable enjeu des législatives. Dommage que ce socialisme héréditaire n'ait pas été confronté à beaucoup de véritables rebelles parce que la démocratie iséroise mérite mieux que ce système inquiétant, injuste et inefficace.

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