La présidentielle de mai 2012 a été caractérisée par l'absence de conscience de la crise. Les législatives de juin seront probablement marquées par l'absence de crise de conscience. Qu'une opinion sanctionne un style davantage qu'un projet pour l'avenir, c'est déjà préoccupant. Le style appartient à un candidat tandis que le projet pour l'avenir appartient à tous. Mais que les législatives se déroulent sans le moindre recul sur ce constat, c'est encore plus préoccupant.
Un débat politique de qualité dépend de deux facteurs :
– un idéal,
– des moyens concrets pour évoluer vers cet idéal.
Les législatives vont bientôt prendre fin. Elles auront constitué une nouvelle descente dans un dérèglement quasi-généralisé.
1) Pas de débat ou si peu ou si mal : comment bien choisir quand les candidats ne permettent pas la comparaison sur pieds, en direct à plusieurs reprises pour bien tester leurs capacités, leurs véritables tempéraments ? Impossible. Un exemple pratique : G. Fioraso arrive en retard de 20 minutes à un débat public. Elle ne doit plus être acceptée parce qu'un débat public n'est pas un libre service. La candidate de l'égalité peut ainsi vivre personnellement dans l'inégalité de traitement ?
2) L'idéal : si peu de lignes comme si tout le monde s'habituait à ce climat où chacun peut s'en foutre ou s'en contrefoutre. Un candidat ou une candidate est manifestement frappé (e) de nullité de notoriété publique. Il ou elle sera quand même bon ou bonne à récolter les "suffrages bloqués" parce qu'elle a la "bonne carte du parti politique". C'est un étiage d'exigence à désespérer.
3) Les moyens concrets : quelques généralités partagées qui perdent tout intérêt tant les mots cachent des réalités souvent si différentes des priorités affichées.
A en croire certains, ce climat serait le "langage du peuple". Quelle insulte pour le peuple !
La gauche locale et quelques "auxiliaires" toujours "bien manoeuvrés" ont exploité une énième fois la plus triste des mémoires celle qui ne pense qu'à une facette du passé avec une logique de mécanique répétitive digne d'un obscurantisme d'une autre époque. Toute stigmatisation était à proscrire à entendre certains discours. Fut-ce véritablement le cas ? Non. Y compris dans des correspondances qui circulent de façon ciblée avec habileté.
C'était encore tôt pour la crise de conscience sur la présidentielle. Mais ce sera malheureusement bientôt une singulière responsabilité que de voir des scrutins d'une telle importance se dérouler comme une formalité aussi "banale". Pas sûr que ceux qui ont témoigné un tel heroïsme pour conquérir le droit de déposer un bulletin dans une urne aient pu imaginer une telle ambiance comme si la véritable démocratie devenait pesante, inaccessible, hors de portée, prête à se contenter de si peu.
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