Depuis 1995, le PS est fâché avec l'organisation de consultations populaires : pas un seul referendum organisé sur un sujet important en plus de 15 ans de pouvoir local sans partage.
Un pouvoir sans partage avec une autre formation politique au sein même des majorités locales. Les Verts ont été des "cautions ponctuelles ou dédiées" tandis que le PCF est prêt à tout pour garder ses derniers bastions.
Un pouvoir sans partage avec une formation politique d'opposition. D'ailleurs pourquoi "partager" puisque pendant des années "l'opposition",
qui mérite d'ailleurs davantage le terme de "minorité" en raison de sa faiblesse à … s'opposer, semblait d'abord vouée à entretenir ses oppositions … internes. Pourquoi à ce point ? Dans l'intérêt de qui ?
Mais surtout un pouvoir sans partage avec les habitants : pas un seul referendum sur un sujet important. C'est une rupture majeure grave par rapport aux traditions locales. Pendant des années, Grenoble a été une ville où la décision était le fruit de consultations populaires.
En juin 1983, la municipalité Carignon a organisé un referendum sur le tramway : une initiative alors particulièrement novatrice qui a changé la perception de cet investissement structurant dans la ville.
Puis ce fut le referendum sur les voies sur berges. D'autres consultations sectorisées ont également été organisées.
Depuis 1995, en dehors des élections, c'est le chômage civique imposé, obligatoire. Impossible d'y échapper !
Le SCOT de la Région Grenobloise n'échappe pas à cette logique. Il est vrai que plutôt que d'organiser un vaste débat sur ce dossier, l'actualité est à la mobilisation sur les élections présidentielles et les plans de carrières personnelles qui pourraient bénéficier d'une éventuelle alternance. Les rumeurs les plus variées bruissent. Même les perdants imaginent le lot de consolation à la faveur du mercato de printemps qui pourrait être organisé à partir du 7 mai.
Bref, le SCOT a été élaboré dans des conditions technocratiques sans précédent. Maintenant, tout est organisé pour que la population reste bien à l'écart d'un document qui doit surtout rester le produit d'administrations locales allergiques aux automobiles, allergiques aux espaces peu densifiés et allergiques à un péri-urbain mieux reconnu.
Le calendrier de l'enquête publique sur le SCOT est la caricature de la volonté de laisser à l'écart les citoyens alors même que c'est leur vie quotidienne de demain qui est en cause avec cet outil de programmation.
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